Hier, avec Annie, nous sommes allés à la Philharmonie de Paris écouter un concert avec l’Orchestre de Paris sous la direction de son directeur musical : Klaus Mäkelä.
Klaus Mäkelä a fêté ses 30 ans, ce 17 janvier.
Nous sommes partis avec enthousiasme mais aussi incrédulité : est-il possible qu’un homme si jeune soit capable d’embrasser cette œuvre des dernières années de Beethoven, œuvre de complexité et de spiritualité réservée à la grande maturité ?
Ce n’est pas la première fois que je parle de la Missa Solemnis opus 123 et écrite entre 1819 et 1823.
Je l’ai cité à plusieurs reprises dans la série consacrée aux 250 ans de l’anniversaire : « Beethoven est né, il y a 250 ans. » mais surtout j’en avais fait le centre de mon millième mot du jour : « Venue du cœur puisse t’elle retrouver le chemin du cœur » que Beethoven a écrit en exergue de son œuvre.
J’expliquais alors le sommet qu’elle représentait dans la musique de Beethoven et de la musique classique occidentale :
« Or, si en effet, la Missa Solemnis est une des œuvres les plus achevées de Beethoven et de la musique occidentale, c’est une œuvre difficile d’accès.
Si vous avez du mal avec la musique classique, ce n’est certainement avec la Missa Solemnis qu’il faut commencer.
Commencez avec les quatre saisons de Vivaldi qui est un authentique chef d’œuvre, la flûte enchantée de Mozart, le concerto de violon de Beethoven, pas avec la Missa Solemnis.
La Missa Solemnis est exigeante, il faut être prêt à affronter la complexité et l’âpreté de son écriture pour en tirer la beauté immatérielle et extatique qu’elle révèle. »
Avant ce jeudi 26 janvier, je n’avais jamais entendu cette œuvre au concert. Depuis que nous sommes abonnés à l’Auditorium de Lyon, elle n’a jamais été mise au programme.
Quand, le directeur artistique de l’Auditorium de Lyon, Ronald Vermeulen, lors de sa présentation de la saison 2019-2020, annonça avec enthousiasme que le programme fêterait dignement l’année Beethoven avec les concertos de piano, 4 symphonies dont la neuvième, des sonates et des quatuors, j’ai refroidi l’ambiance par une question brutale : « Pourquoi ne programmez-vous pas son œuvre la plus accomplie, à savoir la Missa Solemnis qui n’est quasi jamais jouée, alors que vous reprenez toujours les mêmes symphonies et concertos, année après année. »
Après avoir repris sa respiration, Ronald Vermeulen a tenté cette explication :
« La Missa Solemnis est une œuvre incroyablement difficile, il existe peu de chefs prêts à l’interpréter. »
Pour donner crédit à cette explication, je n’ai, par exemple, pas trouvé trace d’une interprétation de Claudio Abbado.
Riccardo Muti qui l’a dirigée, a expliqué que la complexité de cette œuvre qu’il compare à l’ascension de l’Everest lui a paru si importante qu’il a attendu des décennies avant de se sentir prêt à la diriger.
A Lyon, la dernière fois que cette œuvre a été jouée ce fut en janvier 2006. Le programme du concert de Paris rapporte que la dernière interprétation de l’Orchestre de Paris date de 2008.
Alors que pouvait réaliser ce jeune chef finlandais ?
Ce fut admirable !
Il entre dans cette œuvre avec un souffle incroyable et mène l’œuvre jusqu’à son terme dans une immense arche de spiritualité et de force.
Il finit le Gloria et commence le Credo avec un tempo qui pousse l’orchestre et les solistes à leurs limites sans les dépasser.
Et puis arrive le Benedictus dans lequel Beethoven a écrit une cantilène pour violon qui plane dans l’aigu, dans un chant ineffable qui accompagne celui des solistes et des chœurs dans un moment suspendu qui mieux que des mots explique ce qu’est la spiritualité.

Depuis janvier 2026, Sarah Nemtanu occupe le poste de violon solo de l’Orchestre de Paris qui était vacant depuis le décès de Philippe Aïche en 2022. Sarah Nemtanu a été auparavant le violon solo de l’Orchestre National de France pendant 23 ans, poste qu’elle avait obtenu à l’âge de 21 ans. Autrement dit c’est encore une musicienne précoce.
Sarah Nemtanu a joué comme une voix d’ange faisant de ce moment unique une expression du sublime. Sans que ma raison n’intervienne, des larmes coulèrent sur mes joues.
L’œuvre se termine par l’Agnus Dei qui reste dans la même intériorité et spiritualité.
L’Orchestre de Paris fut encore à la hauteur des exigences de son incroyable chef, le quatuor de solistes (Chen Reiss, Wiebke Lehmkuhl, Andrew Staples, Gerald Finley) fut de grande qualité, et que dire du Chœur de l’Orchestre de Paris qui chaque fois que je l’entends m’impressionne davantage.Il me semble juste de donner le nom du chef qui est à l’origine de cette excellence : Richard Wilberforce.
La critique Hélène Adam, dans son article : « Une Missa Solemnis ardente » trouve ces mots justes :
« Le jeune chef de l’Orchestre de Paris ne finit pas de nous éblouir depuis plusieurs années à présent. […]
Il a démontré hier soir sa formidable capacité à donner sa propre interprétation parfois audacieuse, d’une œuvre déjà dirigée et enregistrée par les plus grands. Car Mäkelä n’est jamais plus inventif dans sa manière de diriger que lorsque l’œuvre est à ce point complexe. […]On passe de l’intime, du recueillement, au solennel grandiose, et l’œuvre, par sa démesure, contraint le chef à maintenir une difficile unité. Rien de plus visiblement exaltant pour Mäkelä qui, à son habitude, danse littéralement sur son estrade. […]
Une soirée sous le signe de l’événement musical auquel Klaus Mäkelä nous a désormais habitués, soirée d’exception après soirée d’exception, affermissant son exploration du répertoire. »
Dans un précédent mot du jour consacré à un autre concert de Mäkelä « Symphonie n°7 « Leningrad » », j’exprimais l’intuition qu’avec ce chef, l’Orchestre de Paris vit son âge d’or .

Il est encore à Paris pour une saison 2026-2027, puis il s’envolera vers deux destinations encore plus prestigieuses puisqu’il deviendra directeur musical de deux des plus remarquables orchestres de la planète : l’Orchestre du Concertgebouw d’Amsterdam et le Chicago Symphony Orchestra.

En octobre 2025, alors que le prédateur américain avait déjà parlé de son appétit pour la plus grande île du monde, hors continent, le Danemark a décidé de continuer à
Raymond Aron utilisait déjà cette formule : la « République impériale » à propos des États-Unis. Depuis Raymond Aron, une autre République impériale est née : La Chine. Et puis on constate que d’autres acteurs aspirent à ce statut : l’Inde et la puissance nucléaire de la Russie. L’Union européenne toujours désunie, sans puissance politique ou militaire tombe dans un rôle bien inquiétant.
Cette année je vais de nouveau m’intéresser à un sujet alimentaire présent sur les tables de Noël : « La bûche de Noël ». L’histoire de cette bûche est racontée dans le livre « La Bûche et le gras » d’Anton Serdeczny paru en octobre 2025. L’auteur est historien, il est actuellement chercheur au Medici Archive Project à Florence.
La cérémonie de la bûche consiste à brûler une souche. Elle peut d’abord être baptisée par des libations diverses (vin, eau bénite, sel, huile, eau-de-vie), parfois en prononçant une prière. Dans le feu, la bûche est frappée pour en faire jaillir le plus d’étincelles possible. Il est probable que les illuminations des arbres de Noël soient issues de cette tradition.
Mais que dire de Jean-Luc Melenchon qui aspire à devenir Président de la République et donc à travailler à l’Unité du peuple qu’il entend diriger, lorsque ce dernier plutôt que de dire que le propos de Julien Théry est exagéré ou hors de propos, écrit le tweet suivant pour répondre à la LICRA qui s’est indigné des propos de M Théry :
Comme le dit la cofondatrice des guerrières de la Paix nous sommes en face d’une offensive mondiale de l’extrême droite, de la renaissance des logiques d’empire, nous ne pouvons nous permettre, pour ceux qui veulent la paix, c’est à dire la coexistence pacifique de deux peuples sur la terre entre la mer et le jourdain, de nous invectiver et d’aspirer à la pureté des idées.





La maternité des Lilas va définitivement fermer ses portes ce 31 octobre 2025.
La Maternité des Lilas va s’inscrire dans ce mouvement.
Pour la naissance de 1991 nous habitions près de la Place d’Italie à Paris. En fin de cette année nous avons déménagé dans une résidence, avenue Jean Moulin à Montreuil sous bois. Nous avons eu la surprise d’apprendre, peu à peu, que tous les parents que nous fréquentions régulièrement, étaient allés à la maternité des Lilas, sauf un couple qui était allé à la maternité des Bluets.







Le film se situe d’abord dans une fête totalement déjantée au sein d’une élite économique et militaire de Tel Aviv. Un couple d’artistes désargentés est employé pour divertir et pousser cette élite jusqu’à la limite de la folie, des orgies sexuelles et des paradis artificiels. Ce couple a un bébé avec lequel ils se comporte à peu près comme des parents normaux. Mais c’est la seule normalité qu’on perçoit chez eux, pour le reste pour reprendre la description du « Monde » : « ils se vautrent, sans état d’âme, dans le stupre et la turpitude. Ils veulent réussir, à n’importe quel prix. »
Pour trouver l’inspiration Y quitte le foyer familial et convoque un amour de jeunesse, rencontré au conservatoire de musique, Leah.
Pour ma part, je ne sais pas à quoi sert ce type de film. Je pense que beaucoup d’israéliens ne se reconnaîtront par dans l’image d’une élite hors sol et dépravée. Les palestiniens et leurs défenseurs seront fortifiés dans leurs certitudes négatives contre la société israélienne. Les modérés, comme moi, ne peuvent sortir qu’anéantis devant un film sans espérance.