Le sénateur Claude Malhuret possède le sens des formules. Souvent ses analyses et opinions tranchées me semblent d’une grande pertinence. Cette fois, c’était lors de son intervention du 25 mars qu’il a utilisé ce proverbe turc qui décrit si bien ce qui se passe à la Maison Blanche.
Je reprends les termes de Philippe Corbé dans son dernier Zeitgeist du 6 avril pour relater la dernière sortie ou « énormité » ( j’avoue ne pas savoir quels mots utiliser) de cet héritier qui a fait faillite à de multiples reprises et qui est peut être en train de faire de même avec les États-Unis voire le monde.

Corbé écrit : « L’histoire retiendra qu’il était à peine passé 8 h en ce dimanche pascal, quand les chrétiens aux États-Unis et à travers le monde s’apprêtaient à célébrer la résurrection du Christ, que le président a séché la messe à laquelle il était prévu qu’il assiste pour louer Allah sur son réseau social, au milieu d’insultes vulgaires et de menaces de crimes de guerre. » :
« Mardi sera le jour des centrales électriques, et le jour des ponts, tout en un, en Iran.
Ouvrez ce putain de détroit, bande de bâtards dingues, sinon vous allez vivre en enfer.
REGARDEZ BIEN !
Louange à Allah.
Président DONALD J. TRUMP” »
Que dire ?
Certains s’arrêtent à « Praise be to Allah » en soulignant l’incongruité de cette invocation religieuse dans ce message ordurier. Oui que dire ? Ce clown serait-il, en plus, un malade mental ? Un déséquilibré à la tête de l’armée la plus puissante du monde et possédant une puissance destructrice qui pourrait annihiler toute vie humaine sur terre ?

Si on essaye d’oublier le langage vulgaire et la pauvreté abyssale de la sémantique pratiquée, que dit le président des États-Unis : il veut faire détruire les ponts et les centrales électriques de l’Iran. Zeitgeist cite le New York Times :
« Selon les Conventions de Genève, frapper des centrales électriques et des ponts utilisés principalement par des civils est interdit ; ils ne sont pas considérés comme des cibles militaires. Des responsables de l’administration commencent déjà à faire valoir que les viser ne constituerait pas un crime de guerre, car ils sont également essentiels aux programmes de missiles et nucléaire. Mais cette faille pourrait s’appliquer à presque n’importe quelle infrastructure civile, y compris les réserves d’eau. »
Trump a dit qu’il n’était pas intéressé par le droit international et que seule sa propre moralité pouvait lui fixer des limites. Il me semble qu’associer Trump et moralité constitue un oxymore. Même du point de vue de la religion, nous sommes au delà de la confusion, dans une sorte d’entropie sans limite. Je lis sur le site de Paris Match :
« Ce mercredi 1er avril, lors d’un déjeuner organisé à la Maison Blanche pour célébrer la semaine sainte, sa conseillère spirituelle Paula White-Cain, célèbre pasteure et télévangéliste, ne lésinait pas sur la comparaison. « À travers sa mort et sa résurrection (Jésus-Christ) fait preuve devant nous d’un grand leadership. (…) Monsieur le Président, personne n’a autant que vous payé le prix » du sacrifice, a-t-elle ainsi lancé. « Cela vous a presque coûté la vie. Vous avez été trahi, arrêté et faussement accusé. C’est un schéma familier que notre Seigneur nous a montré. Mais cela ne s’est pas arrêté là pour lui, et cela ne s’est pas arrêté là pour vous. Parce qu’il est ressuscité, vous vous êtes relevé. Parce qu’il a vaincu, vous avez vaincu. » D’un air humble, Trump, debout derrière elle, buvait ses paroles.
Comme le tout-puissant, « Saint Donald » aurait donc vécu un chemin de croix pour résister à ses ennemis (juges, médias…) et se faire réélire président. Beaucoup, parmi les ultra-conservateurs de son électorat, le croient. Et c’est aussi, peu ou prou, la thèse de Paula White-Cain, qui occupe le poste très officiel de « directrice du bureau de la foi à la Maison Blanche
»

Selon ses courtisanes et courtisans, Trump serait une sorte de Christ, un homme profondément imprégné de foi chrétienne. Mais le jour le plus sacré de la religion chrétienne, le dimanche de Pâques, l’histrion de Mar-a-Lago ne se rend pas à la messe. Zeitgeist nous décrit sa matinée :
« Pendant ce temps-là, en ce matin de Pâques, pendant que des millions d’Américains se rendent à l’église, le président fait tout autre chose. Il appelle plusieurs journalistes au téléphone, dont des reporters de Fox News, Axios, The Hill, ABC News, et bien d’autres, pour leur parler de son ultimatum lancé à l’Iran. Puis, à défaut d’aller à la messe comme c’était prévu en ce jour le plus sacré pour les chrétiens, il entreprend une étrange tournée de la capitale fédérale, où il était exceptionnellement resté pour ce week-end pascal. Une curieuse procession en cortège présidentiel avance lentement autour de Memorial Circle, non loin de ce pont où il rêve de faire ériger une arche à sa propre gloire. Puis le cortège roule lentement jusqu’à son golf en Virginie, de l’autre côté du Potomac.»
Je pourrais continuer à narrer ses grossièretés notamment à l’égard de ses alliés, ses mensonges, ses revirements, sa brutalité. Vous les connaissez aussi bien que moi.
Philippe Corbé dans son livre « Arme de distraction massive », explique que Trump utilise ses mensonges, sa grossièreté pour sidérer tous les jours et ainsi créer de la distraction, détourner l’attention pour lui permettre d’agir dans les domaines qui lui paraissent importants.
Force est de constater que cela ne fonctionne pas bien dans la guerre contre l’Iran. On attribue à Sun Tzu, l’auteur de « l’Art de la guerre » cette prophétie : « La stratégie sans tactique est la voie la plus lente vers la victoire. La tactique sans stratégie est le bruit avant la défaite. ». Sur le plan intérieur, il semble aussi que sa politique n’a pas les résultats attendus par une grande part des américains qui l’ont élu.
Sur le plan mondial, il décrédibilise la parole et la position des États-Unis. Pour Dominique Moïsi, sa politique a pour conséquence principale de renforcer la Chine qui apparait comme une force de stabilité. Alors s’il y a un plan caché, ce serait par des délits d’initié permettre à des proches de s’enrichir et permettre aux entreprises de la tech américaine ainsi que de l’IA de progresser sans limite et sans régulation.
Normalement, les élections de novembre 2026 devraient conduire à une défaite nette et permettre aux démocrates de gagner la majorité du pouvoir législatif pour assurer un contre-pouvoir efficace à l’hubris de cet autocrate. Mais certains doutent que ces élections aient lieu dans des conditions normales permettant l’alternance. Pour les penseurs influents de son camp comme Curtis Yarvin et Peter Thiel qui détestent la démocratie, il faut empêcher que les mécanisme électoraux de la démocratie remettent en question le pouvoir de l’exécutif. Et que se passerait il s’il y avait défaite et que Trump refuserait de reconnaître les résultats des élections ?

Nous sommes dans une situation extrêmement grave. Comment est-il possible que la démocratie puisse conduire à l’arrivée au pouvoir d’un tel homme ?
Une certitude apparait : il faut résister à ce pouvoir chaotique et prédateur. L’Europe et la France disposent t’elles d’hommes ou de femmes d’État capable de le faire ?
Et s’ils existaient, auront ils des peuples fiers et lucides sur lesquels s’appuyer pour mener cette lutte. Car si nous disons non à Trump ! Nous devons nous attendre à souffrir dans notre confort, notre vie quotidienne, tant le prédateur américain a des moyens pour nous contraindre et nous tourmenter. Je ne savais pas qu’une décision américaine pouvait nous priver de tout paiement dématérialisé comme cela est pratiqué pour les juges de la CPI. Il peut aussi contraindre les laboratoires américains à augmenter les prix des médicaments vendus aux européens et bien d’autres choses encore.
Bien sûr, toutes ces mesures auraient aussi des conséquences négatives pour les États-Unis, mais pour faire le poids il faudra que l’Europe parle d’une seule voix. Cette union plutôt que les réactions égoïstes des principaux pays préférant la lâche soumission peut elle être espérée ?
Serons nous capable, collectivement de sortir de notre douce somnolence, de nos dénis et de nos combats d’hier ? .

En octobre 2025, alors que le prédateur américain avait déjà parlé de son appétit pour la plus grande île du monde, hors continent, le Danemark a décidé de continuer à
Raymond Aron utilisait déjà cette formule : la « République impériale » à propos des États-Unis. Depuis Raymond Aron, une autre République impériale est née : La Chine. Et puis on constate que d’autres acteurs aspirent à ce statut : l’Inde et la puissance nucléaire de la Russie. L’Union européenne toujours désunie, sans puissance politique ou militaire tombe dans un rôle bien inquiétant. 




Il a envoyé au journal « Daily Express » de Londres un article publié le 5 septembre 1945, sous le titre «
Certains auteurs racontèrent de manière empathique et vraie ce que fut le drame des hibakusha.
Un dessin valant mieux qu’un long discours, Corbé publie ce schéma qui montre l’évolution du PIB par trimestre depuis début 2021 qui correspond au début du mandat de Biden.
Il n’y a jamais de sous-couche d’ironie, de complexité, de nuance ou de profondeur. Tout est superficiel. Certains Américains pourraient considérer cela comme une approche rafraîchissante et directe. Eh bien, nous ne le pensons pas. Nous le considérons comme dépourvu de monde intérieur, d’âme.
Dans le Figaro du 2 avril 2025 : «
C’est l’ancien chef cuisinier de la Maison Blanche qui vantait ainsi les mérites du potager biologique de Michelle Obama. Après le cuisinier, un autre orateur s’approche de la scène. Un certain Michael Hebb. Da Empoli consulte immédiatement sa biographie en ligne et découvre qu’il fut le pionnier de la consommation réfléchie de chocolat en entreprise. 
L’ouvrage qui l’a fait connaître en France est « Terres de sang » dans lequel il fait le récit du massacre de masse qui a été perpétré par l’Allemagne nazie et l’Union soviétique sur un territoire auquel il donne le nom de « Terres de sang » et qui s’étend de la Pologne centrale à la Russie occidentale en passant par l’Ukraine, la Biélorussie et les pays Baltes.
Pour Timothy Snyder, la liberté négative est celle qui nous permet de ne pas être opprimée par le gouvernement. C’est une première étape vers la liberté positive mais ce n’est qu’une première étape.
Snyder pense donc qu’on ne peut pas être pleinement libre, si les autres ne le sont pas. Mais il pense aussi que l’individu qui veut être libre doit non seulement s’intégrer dans la société dans laquelle il vit mais aussi s’inscrire dans l’Histoire.