Jeudi 05/06/2014

Jeudi 05/06/2014
« Je me retire,
parce que sinon
 j’empêcherai l’équipe d’avancer »
Jonny Wilkinson
Ce sont les mots que Jonny Wilkinson a prononcé après le match Toulon Castres et que j’ai entendu sur France Inter, dimanche matin dans le journal de 9h00.
Rappelons que Jonny Wilkinson est ce rugbyman anglais qui a tout gagné dans sa carrière et qui ce samedi a gagné le championnat de France de rugby avec l’équipe de Toulon. Toulon a gagné 18-10 et Wilkinson a marqué 15 des 18 points.
Seulement, il a 35 ans et il a la sagesse de se retirer parce qu’il sait que les prochaines années il ne pourra plus apporter la même plus-value à l’équipe.
Je me retire pour permettre à l’équipe de continuer d’avancer.
Puisse cette sagesse envahir l’esprit de nos politiques

Mercredi 04/06/2014

Mercredi 04/06/2014
«Le soleil a cinquante ans,
Mais il est né bien avant. «
François Morel
Ce sont les premiers mots du billet de François Morel dans son hommage au 50 ans du <Théâtre du Soleil d’Ariane Mnouchkine>
Dire que j’ai habité 10 ans à Montreuil, à moins de 20 mn (11mn sans circulation selon Google Maps) de ce lieu d’humanisme et de culture et que je ne suis allé qu’à un seul spectacle.
C’était le cercle de craie caucasien de Bertold Brecht.
Mais je m’en souviens encore.
A l’entracte nous mangions la soupe dont avions senti le parfum de la préparation pendant le premier acte.
C’est un lieu magique que la Cartoucherie de Vincennes où se trouve le théâtre du soleil mais aussi d’autres théâtres.
Dans ce lieu destiné d’abord aux armes, à la poudre et à la guerre, quelques esprits libres ont créé un lieu de lumière et d’art.
Et au sein de ce lieu il y a une grande âme : Ariane Mnouchkine.
Et François Morel dont le billet sait parfois se transformer en pure poésie a rendu hommage à ce lieu et à cette Dame de la Culture :
«Le soleil a cinquante ans.
Mais il est né bien avant.
Il brille depuis Aristophane, Sophocle ou Euripide.
Sur les collines d’Athènes, une petite gardienne de troupeau se raconte des histoires,
Elle s’appelle Ariane…»

Mardi 03/06/2014

Mardi 03/06/2014
« Un enfant pleure,
devant lui, dans son assiette,
un ballon de foot a remplacé les aliments »
Paulo Ito
En réalité, le mot du jour est un dessin ou plutôt une fresque d’un artiste à Sao Paulo : Paulo Ito
La coupe du monde de football va commencer dans 10 jours.
Parmi les destinataires du mot du jour, il y a des passionnés de football, d’autres qui sont très hostiles à ce sport qui consiste à faire payer très cher à des gens modestes le droit d’aller regarder des millionnaires courir après un ballon, et il y a aussi des indifférents.
Tout le monde se retrouvera en revanche derrière la dénonciation du coût exorbitant de ce mondial au Brésil alors que les brésiliens ont tellement de besoins non satisfaits.
Ce dessin en dit plus que de nombreux discours.
Par exemple, il était demandé au Brésil de disposer de 8 stades, mais les autorités ont décidé d’en avoir 12 comme par exemple un stade au cœur de l’Amazonie qui a été entièrement construit dans une ville qui ne dispose d’aucun club en première division, alors que 90% de la population n’a pas accès au tout-à-l’égout.
Mais les brésiliens protestent de plus en plus vigoureusement comme le montre l’article de Mediapart joint et n’en déplaise à notre Platini national qui leur conseille de se taire pour ne pas gâcher la fête et de protester après la compétition. <Ici avec les commentaires de la presse Belge>
Pour les connaisseurs de football et d’Histoire, il faut reconnaître qu’il y a du progrès : en 1976 lors de la coupe du monde en Argentine, il n’y avait pas de manifestations sous la dictature militaire du sinistre Videla. D’ailleurs Platini y a participé en tant que joueur. C’est peut-être ce souvenir, qui le conduit, aujourd’hui, à considérer des manifestations avant le mondial comme incongru.
Au Brésil, en 2014, au moins il y a la démocratie et des brésiliens peuvent dire leur mécontentement et leur désaccord avec les priorités mis en œuvre.
<297>

Lundi 02/06/2014

Lundi 02/06/2014
«Les plus pauvres peuvent mourir»
Giannis Vichas, cardiologue grec
Le mot du jour est la conclusion d’une réflexion d’un cardiologue grec qui voit le système de santé et le système social s’effondrer autour de lui en Grèce.
Ces propos et bien d’autres informations terribles sont rapportés par Maria Malagardis, journaliste à Libération et envoyée spéciale à Athènes.
Je vous donne le lien vers cet article à la fin du message.
On apprend que sur 10 millions de Grecs, ils sont en effet plus de 3, 5 millions à ne plus avoir aucune assurance santé. Elle est automatiquement supprimée après un an de chômage voire immédiatement pour les professions libérales. Et les personnes qui ne peuvent payer sont exclues des hôpitaux publics.
La journaliste rapporte aussi l’histoire des «bébés fantômes» […]. En principe, les hôpitaux ne peuvent pas refuser un accouchement, même pour des femmes sans couverture sociale. Mais, quand la mère ne peut pas payer, certains hôpitaux gardent le bébé jusqu’à ce que les parents s’acquittent des 700 euros impayés. C’est moins fréquent aujourd’hui, sauf que certains confisquent les papiers d’identité ou refusent de délivrer l’acte de naissance. Du coup, certaines mères sans couverture médicale empruntent la carte encore active d’une proche en changeant la photo. Le bébé est alors déclaré sous un faux nom, avec toutes les complications administratives que ça suppose. Ce sont eux, les bébés fantômes.»
Selon la revue médicale The Lancet, la mortalité infantile a augmenté de 43% et le nombre d’enfants mort-nés de 21% depuis le début de la crise. En mars, le gouvernement a brusquement décidé de fermer tous les centres de soins dépendant de la Sécurité sociale, licenciant plus de 5 000 médecins. Un autre réseau s’est mis en place, «où tout est évidemment payant».
[…] «Je me suis souvent demandé pourquoi le gouvernement agissait ainsi : par incompétence, par souci réel d’économie ? Soupire Giannis Vichas, cardiologue de 51 ans. Mais tous ces malades qui ne sont plus soignés, tous ces nouveaux risques de contagion ou d’épidémie faute de vaccins auront forcément un coût. Il n’y a donc qu’une seule explication, et elle est idéologique : les plus pauvres peuvent mourir.»
Le praticien a ouvert fin 2011, une clinique qui, comme celle de Médecins du monde, soigne gratuitement ceux qui n’ont plus de couverture sociale. «27 000 patients sont venus ici et nous avons désormais 40 centres similaires dans tout le pays», explique le Dr Vichas, qui s’est plusieurs fois heurté au ministre de la Santé, Adonis Georgiadis.
Ci-après l’article de Libération du 21/05 dans son intégralité

Mercredi 28/05/2014

Mercredi 28/05/2014
«Et que leurs prières soient péchés»
Psaume 109, verset 7 Livre des Psaumes
Je ne me lasserai pas de dénoncer les crimes odieux réalisés au nom de la religion.
Le christianisme, le judaïsme ont eu leur part.
Il est vrai aujourd’hui que le projecteur éclaire davantage les crimes commis au nom de l’Islam.
Bien sûr, il ne faut pas mettre tous les religieux dans le même panier.
Ni nier, la richesse et la profondeur de la réflexion spirituelle qui s’interroge sur la finitude de l’Homme et son destin dans l’Univers.
Mais aucune indulgence ne doit être accordée à ces criminels, ces monstres qui prennent le prétexte de la religion, justifie leur perversité par l’appel à des dogmes ignobles.
Trois exemples récents de ces dérives :
Pour introduire ce sujet, j’ai fait appel à un texte religieux issu de la religion juive : le livre des Psaumes.
Son incantation qui entend punir par le fondement même de ce qui sert de carburant à leurs crimes me parait appropriée.
Pour ceux qu’intéresse la bible j’ai trouvé un site qui compare différente traduction.
J’ai ainsi trouvé ces traductions du même verset :
« Quand on le jugera, qu’il soit déclaré coupable, Et que sa prière passe pour un péché! »
« Quand il sera jugé, fais qu’il soit déclaré méchant, et que sa prière soit regardée comme un crime. »
« Quand il sera jugé, qu’il soit déclaré méchant, et que sa prière lui soit comptée comme un péché; »
Voici ce site où les traductions bibliques sont comparées «http://saintebible.com/psalms/109.htm»

Mardi 27/05/2014

Mardi 27/05/2014
« Si, d’aventure, à l’occasion de cette vérification démocratique, une crise profonde se produisait ou des élections législatives intervenaient, contredisant l’élection présidentielle, nous en tirerions toutes les conséquences en quittant la présidence.»
François Hollande
C’est un petit extrait <de Devoirs de vérité> un livre d’entretien de François Hollande avec Edwy Plenel en 2006, alors directeur de la rédaction du Monde.
François Hollande disait alors :
« Je ne crois plus à la possibilité de venir au pouvoir sur un programme pour 5 ans dont il n’y aurait rien à changer au cours de la mandature. Je pense qu’il y a forcément un exercice de vérification démocratique au milieu de la législature. Le devoir de vérité, c’est d’être capable de dire : « Nous revenons devant la majorité, peut-être même devant le corps électoral afin de retrouver un rapport de confiance ».
Et il ajoutait :
« Si, d’aventure, à l’occasion de cette vérification démocratique, une crise profonde se produisait ou des élections législatives intervenaient, contredisant l’élection présidentielle, nous en tirerions toutes les conséquences en quittant la présidence. Le quinquennat est un exercice de cohérence. La cohabitation a sa part dans la désaffection civique; elle n’a plus de raison d’être ».
Edwy Plenel répliquait alors «Vous faites le pari que, demain, un président de gauche saura renoncer au pouvoir avant terme en cas de crise de confiance avec le pays. Reconnaissez que c’est une garantie démocratique bien fragile!»

Lundi 26/05/2014

Lundi 26/05/2014
« J’ai été très marqué par une chose que je n’avais pas trouvée en France : la peur de l’avenir et de la guerre.
 Surtout dans les pays de l’ancien Pacte de Varsovie, plus touchés que nous par les événements en Ukraine. »
Jean Lassalle
Jean Lassalle est ce député singulier, député centriste des Pyrénées-Atlantiques qui avaient quitté les ors du Palais Bourbon pendant 8 mois pour marcher à la rencontre des gens. Il s’est appelé lui-même : le député qui marche.
Il aussi créé <Un blog> où il a mis en exergue cette invitation : «J’invite chacun à faire ce qu’il pourra, ce qu’il osera, pour m’aider à vaincre l’indifférence du monde qui nous entoure.»
Il a repris son bâton de pèlerin pour sortir des frontières hexagonales à la rencontre d’européens.
Marianne l’a interrogé et dans cet article il dit ce que j’ai choisi comme mot du jour, au lendemain d’élections européennes, où même si en France les résultats étaient attendus, ils restent déstabilisants
« Vaincre l’indifférence du monde qui nous entoure », voici encore un beau programme

Vendredi 23/05/2014

Vendredi 23/05/2014
«Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?»
Jacques Brel
Dans la continuité du mot du jour d’hier, ce poème de Brel. Seule la poésie et la musique peuvent nous aider à supporter le tragique et l’injustice de l’Histoire.
Ils étaient usés à quinze ans
Ils finissaient en débutant
Les douze mois s’appelaient décembre
Quelle vie ont eu nos grands-parents
Entre l’absinthe et les grand-messes
Ils étaient vieux avant que d’être
Quinze heures par jour le corps en laisse
Laisse au visage un teint de cendre
Oui, not’ Monsieur oui not’ bon Maître
Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?
On ne peut pas dire qu’ils furent esclaves
De là à dire qu’ils ont vécu
Lorsque l’on part aussi vaincu
C’est dur de sortir de l’enclave
Et pourtant l’espoir fleurissait
Dans les rêves qui montaient aux yeux
Des quelques ceux qui refusaient
De ramper jusqu’à la vieillesse
Oui not’ bon Maître oui not’ Monsieur
Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?
Si par malheur ils survivaient
C’était pour partir à la guerre
C’était pour finir à la guerre
Aux ordres de quelques sabreurs
Qui exigeaient du bout des lèvres
Qu’ils aillent ouvrir au champ d’horreur
Leurs vingt ans qui n’avaient pu naître
Et ils mouraient à pleine peur
Tout miséreux oui not’ bon Maître
Couvert de prêtres oui not’ Monsieur
Demandez-vous belle jeunesse
Le temps de l’ombre d’un souvenir
Le temps du souffle d’un soupir
Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?
Pourquoi ont-ils tué Jaurès?
Jacques Brel
<292>

Jeudi 22/05/2014

Jeudi 22/05/2014
«Un vilain acquittement»
Dominique Paganelli
Dominique Paganelli est un journaliste qui vient de publier un livre « Il a tué Jaurès » (La Table ronde, 213 pages).
Le mot du jour est un jeu de mot sur le nom de l’assassin Raoul Villain.
Eh oui, Raoul Villain qui tua Jaurès, le 31 juillet 1914, au Café du Croissant, près des Grands Boulevards, à Paris, fut acquitté.
Le 29 mars 1919, la cour d’assises de la Seine acquitte Raoul Villain, alors que Raoul Villain reconnaissait son crime, commis devant de nombreux témoins, allant même jusqu’à le revendiquer.
Détail consternant, la veuve de Jean Jaurès est condamnée aux dépens, en vertu de l’article 368 du code d’instruction criminelle alors en vigueur, selon lequel « l’accusé ou la partie civile qui succombera sera condamnée aux frais envers l’État et envers l’autre partie ».
Oui, un vilain verdict. Un article de Mediapart joint à ce message en dit un peu plus. Et le livre encore bien davantage.
<291>

Mercredi 21/05/2014

Mercredi 21/05/2014
« L’Allemagne est un pays que je n’aimerai pas avoir pour voisin »
Konrad Adenauer
Cité par Philippe Meyer lors de sa chronique du 13 mai 2014.
Il y présentait le livre que vient de publier François Roche « Voyage en Allemagne ».
Il a aussi cité une député française qui a eu ce mot qui aurait pu être du jour :  » La France a peur du risque, l’Allemagne a peur de l’avenir ». C’est ce que dit aussi François Roche dans une interview que vous trouverez <Ici>
Il dit en effet : « [J’ai été surpris de] la façon dont l’Allemagne se concentre sur les nouvelles technologies. Elle porte un effort considérable aux universités technologiques, aux entreprises et aux instituts de recherche, car elle a la volonté farouche d’être à la pointe des industries techniques, notamment en matière d’usine du futur et de robotique.
J’ai également été frappé par l’ouverture internationale de l’Allemagne, qui se projette dans le monde d’aujourd’hui bien plus que nous ne le faisons. Mais j’ai aussi découvert l’inquiétude profonde de ce pays quant à son avenir. L’Allemagne, qui a une faible natalité, se demande vraiment comment elle peut intégrer davantage d’étrangers tout en préservant sur le long terme la pérennité de son modèle. « 
Mais j’ai trouvé que mettre en exergue ce propos du vieux chancelier allemand qui connaissait si bien son pays et qui lui a permis, après l’abime créé par les nazis, de redevenir un pays prospère, ne pouvait que nous interpeller.
Si Adenauer le dit, c’est que ce doit être vrai. Le malheur, c’est que nous sommes voisin de cette Allemagne.
Que le ciel vous tienne en joie et vous rassure : L’Allemagne sera bientôt vieille, alors que la France aura encore toutes ses dents.