Mardi 24 mai 2016

«La vérité est qu’entre 2 millions d’années et 10 000 ans, le monde a hébergé, en même temps, plusieurs espèces humaines.»
« Yuval Noah Harari
Sapiens : Une brève histoire de l’humanité, Pages 15 à 30 »

La première information étonnante que le livre « Sapiens » m’a apprise, est la cohabitation de notre espèce avec d’autres espèces humaines, alors que j’avais compris qu’il y avait eu succession des espèces.

Harari explique d’abord la classification utilisée par les scientifiques :

«  Les biologistes classent les organismes en espèces. On dit d’animaux qu’ils appartiennent à la même espèce s’ils ont tendance à s’accoupler l’un avec l’autre, donnant naissance à des rejetons féconds. Juments  et ânes  ont un ancêtre commun récent, et partagent maints traits physiques. Sexuellement cependant ils ne s’intéressent guère les uns aux autres. Ils s’accoupleront si on les pousse, mais ils donneront des mules ou des mulets stériles. […] Les deux types d’animaux sont considérés comme des espèces différentes. […] En revanche, un bouledogue et un épagneul paraissent très différents, mais ils sont membres de la même espèce, partageant le même vivier d’ADN.
Les espèces issues d’un ancêtre commun sont réunies sous le vocable de genre. lion, tigre, léopard et Jaguar sont des espèces différentes du genre « panthera ».
Les lecteurs de ce livre sont vraisemblablement tous des Homo sapiens : de l’espèce sapiens (sage) et du genre homo (hommes).
Les genres sont à leur tour regroupés en famille : ainsi les [félins] : Lions, guépards, chats domestiques. »

Il poursuit en rappelant que l’homme a une famille :

« Homo sapiens appartient lui aussi à une famille. […] Homo sapiens a longtemps préféré se croire à part des autres animaux : un orphelin sans famille, privée de frères et sœurs et de cousins, et surtout, sans parents. Or, ce n’est pas le cas. Qu’on le veuille ou non, nous sommes membre d’une grande famille particulièrement tapageuse : celle des grands singes. Parmi nos plus proches parents vivants figurent les chimpanzés, les gorilles, et les orangs outans. Les plus proches sont les chimpanzés. Il y a 6 millions d’années, une même femelle eue deux filles : l’une qui est l’ancêtre de tous les chimpanzés; l’autre qui est notre grand-mère. »

Et puis il révèle un secret, au moins une réalité qui n’a pas été pleinement explicitée jusqu’ici, parce que il nous a été raconté une évolution du genre humain quasi linéaire, d’un homo très proche du singe jusqu’à l’homo sapiens. Depuis quelques années cependant, l’histoire de la cohabitation ou au moins de la présence simultanée sur terre de l’homme de Neandertal et d’homo sapiens a été révélée et interrogée. Mais Yuval Noah Harari va beaucoup plus loin dans cette description d’espèces voisines.

« Les humains sont apparus en Afrique de l’Est voici environ 2,5 millions d’années, issus d’un genre antérieur de singe, l’« australopithèque », qui signifie « singe austral ». Il y a environ 2 millions d’années, une partie de ces hommes et femmes archaïques quittèrent leurs foyers d’origine pour traverser et coloniser de vastes régions d’Afrique du Nord, d’Europe et d’Asie. La survie dans les forêts enneigées d’Europe septentrionale n’exigeant pas les mêmes qualités que la survie dans les jungles fumantes d’Indonésie, les populations humaines évoluèrent dans des directions différentes il en résulta divers espèces distinctes, auxquels les savants ont assigné des noms latins pompeux. […]
Les humains d’Europe et d’Asie occidentale ont donné l’Homo neanderthalensis (l’homme de la vallée de Neander), plus communément connu sous le nom de « Neandertal ». Plus trapu et plus musculeux que le sapiens, le Neandertal était bien adapté au climat froid de l’Eurasie occidentale à l’âge glaciaire.
Les régions orientales de l’Asie étaient peuplées par l’Homo erectus, ou «homme dressé, droit » qui survécut près de 2 millions d’années – ce qui en fait l’espèce humaine la plus durable qui ait jamais vécu. Il est peu probable que ce record ne soit jamais battu, même par notre espèce. […]
Sur l’île de Java, en Indonésie, vivait l’homo Soloensis, « hommes de la vallée de solo », mieux armés pour vivre sous les tropiques. […]
En 2010, un autre frère perdu fut arraché à l’oubli, quand les chercheurs fouillant la grotte de Denisova, en Sibérie, découvrirent une phalange fossilisée. La génétique prouva que le doigt était celui d’une espèce humaine encore inconnue, qu’on a baptisé du nom d’Homo Denisova.. »

et il en cite encore d’autres et conclut enfin :

« un sophisme commun est d’imaginer une ascendance linéaire, [d’un premier] qui engendre erectus, qui engendre Neandertal, qui lui-même mène à nous. Or, ce modèle linéaire donne l’impression fausse qu’à tout moment un seul type d’humains aurait habité la terre, et que toutes les espèces antérieures ne seraient que des modèles plus anciens de nous-mêmes, la vérité et qu’entre 2 millions d’années et 10 000 ans, le monde a hébergé, en même temps, plusieurs espèces humaines. […] Nous le verrons sous peu, nous, les sapiens, avons de bonnes raisons de refouler le souvenir de nos frères et sœurs. »

Il existe deux théories :


  • la théorie du métissage qui pense que sapiens se mêla à d’autres espèces
  • la théorie du remplacement qui raconte une histoire très différente

[Histoire] « d’incompatibilité et de répulsion, voire de génocide. Dans cette optique sapiens remplaça toutes les populations humaines antérieures sans se mêler à elle. Si tel est le cas on peut faire remonter tous les lignages humains contemporains à la seule Afrique orientale voici 70 000 ans. Nous sommes tous de « purs sapiens »[…] dans les dernières années, la théorie du remplacement a été communément reçue. […] Mais cette situation a pris fin en 2010, quand ont été publiés les résultats de quatre années d’efforts pour dresser la carte du génome néandertalien. […]
Il est apparu que de 1 % à 4 % de l’ADN unique des populations modernes du Moyen-Orient et d’Europe est de l’ADN de Neandertal. Ce n’est pas énorme, mais c’est significatif. Un second choc survint quelques mois plus tard, quand il apparut que l’ADN extrait du doigt fossilisé de Denisova partageait jusqu’à 6 % de son ADN unique avec les mélanésiens et les aborigènes d’Australie actuels !
[…] On ne saurait parler de « fusion » entre sapiens et d’autres espèces humaines. [Il s’agit simplement de traces. La théorie du remplacement reste la plus vraisemblable.]

Au fil des 10 000 dernières années, Homo sapiens s’est si bien habitué à être la seule espèce humaine que nous peinons à envisager toute autre possibilité. […] Quand Charles Darwin expliqua qu’Homo sapiens n’était qu’une espèce d’animal parmi les autres, les gens poussèrent de hauts cris. Aujourd’hui encore, beaucoup refuse d’y croire. Si les Néanderthal avaient survécu, nous considérerions nous encore comme une créature à part ? Peut-être est-ce précisément ce qui incita nos ancêtres à effacer les Néanderthal. Ils étaient trop familiers pour que l’on feigne de les ignorer, trop différents pour qu’on les tolère. »

Et  l’auteur sans, bien entendu, être capable d’expliquer comment ce phénomène se produisit, montre la coïncidence entre l’arrivée dans une région d’Homo sapiens et la disparition quasi concomitante de l’autre espèce humaine qui était présente sur ce lieu…

Peut-être qu’il y eut des génocides bien avant la folie nazi ?

<Cette hypothèse cependant n’a pas trouvé pour l’instant d’indice>

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Lundi 23 mai 2016

Lundi 23 mai 2016
«L’Histoire commença quand les humains inventèrent les dieux et se terminera quand les humains deviendront des dieux.»
Yuval Noah Harari
Yuval Noah Harari est un jeune homme, il est né en 1976 et il a écrit un livre «Sapiens»
Le Philanthrope, patron du laboratoire le plus performant sur l’intelligence artificielle et fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg a invité ses milliers d’abonnés à lire ce livre et a écrit : « Ce livre est une grande narration historique de la civilisation humaine – à partir du moment où nous avons évolué de chasseurs-cueilleurs jusqu’à celui où nous avons organisé notre société et notre économie de nos jours.»
Mais l’avis de Zuckerberg n’est pas déterminant pour moi, peut-être même qu’il pourrait avoir un effet répulsif.
En revanche, mon ami Jean-François de Dijon a entrepris un vaste complot pour tenter de me faire débourser 24 € pour acheter ce livre de 500 pages dont le sous-titre est « Une brève Histoire de l’humanité »
Il a tenté de convaincre Annie de l’acheter pour me l’offrir, puis il m’a incité directement à le faire en me promettant de le rembourser s’il ne me plaisait pas.
Je l’ai donc acheté et profité de ma semaine de congé fin février, semaine pendant laquelle je n’étais pas obligé d’occuper ma journée par des tâches d’un intérêt intellectuel réduit et souvent consternant pour le seul motif de gagner ma vie, pour en débuter la lecture. Et je n’en ai achevé la lecture que lors du week-end de l’Ascension.
Je vais donc vous entretenir pendant quelques jours de ce livre éblouissant.
Je me suis d’abord intéressé à l’auteur : Docteur en Histoire médiévale et diplômé de l’Université d’Oxford, Yuval Noah Harari enseigne dans le département d’Histoire de l’université hébraïque de Jérusalem.
Il a d’abord écrit son livre en hébreux puis l’a traduit, lui-même, en anglais, la traduction française date de septembre 2015.
Cet ouvrage me semble unique. L’objet de son analyse n’est pas l’Histoire d’une civilisation, d’une Culture mais l’histoire de notre espèce : « L’homo sapiens ».
Comment sapiens s’est imposé par rapport aux autres espèces du genre « homo », puis s’est comporté avec les autres espèces du règne animale.
Comment sapiens a
  • Colonisé la terre ;
  • Inventé l’agriculture ;
  • Imaginé les religions ;
  • Créé des villes puis les empires ;
  • Développé le capitalisme ;
  • Enfin, bouleversé la nature, la vie, la société par la révolution scientifique et industrielle.
Existe-t-il un sujet de nature à nous intéresser davantage que l’Histoire de notre espèce ?
C’est, en effet, un livre d’une extraordinaire érudition où Harari mobilise les connaissances scientifiques et historiques pour non seulement décrire l’histoire de l’Humanité mais surtout analyser et jeter un regard décapant sur l’histoire de notre espèce. Car au départ, nous Homo sapiens, n’étions encore qu’une espèce insignifiante parmi d’autres. En 1500, nous étions environ 500 millions. Aujourd’hui, nous sommes 7 milliards. Exit l’homme de Neandertal, adieu l’Homo erectus. L’Homo sapiens est la seule espèce humaine qui a survécu et elle contrôle la planète et les autres espèces..
Comment est-on passé de notre simple condition d’homme-singe à celle de maître du monde? C’est la question qu’il pose.
Et il donne des explications, ouvre des hypothèses, donne des avis qui ne peuvent que nous interpeller et parfois nous heurter.
Il nous heurte notamment quand il décrit la révolution agricole, comme la plus grande escroquerie de l’Histoire. (pages 101-117)
Cette histoire qui débute vraiment il y a 70 000 ans et qui va jusqu’à aujourd’hui, dans le cœur de la silicon valley où des hommes, a priori sérieux, poursuivent ce rêve ou ce cauchemar de la recherche de l’immortalité.
Le premier mot du jour consacré à Sapiens, est une pensée que Yuval Noah Hariri met en exergue sur son site : http://www.ynharari.com/fr/ et se trouve aussi sur la quatrième page de couverture.

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Vendredi 20 mai 2016

Vendredi 20 mai 2016
«Cette photo m’a finalement sauvé la vie»
Nidhi Chaphekar
Une nouvelle réflexion sur une photo. Peut-on tout photographier ? Jusqu’où va la liberté de la photo de reportage ? Et où commence la vie privée ?
Nidhi Chaphekar est une hôtesse de l’air indienne de 42 ans, mère de deux enfants. Un cliché d’elle assise sur un banc, couvert de sang et de poussière, lors des attentats de Bruxelles le 22 mars 2016, a fait le tour du monde sans que l’on ne lui demande son accord
Ce cliché a été pris quelques instants seulement après les explosions à l’aéroport Zaventem de Bruxelles. Dans le choc, cette femme a perdu une chaussure, et sa chemise jaune a été déchirée en lambeaux. Accrochée des deux mains à cette chaise qui la maintient, elle semble ne pas réaliser ce qu’il vient de se passer. Avec cette photo, Nidhi Chaphekar est devenu le visage de l’horreur de ces attentats meurtriers, qui ont fait 31 morts. Le cliché a notamment été repris en une de nombreux journaux, comme le Guardian, le New York Times, ou encore Le Parisien.
Des journalistes ont retrouvé cette femme qui a déclaré «Cette photo m’a finalement sauvé la vie. Des gens du monde entier m’ont apporté du courage dans les moments difficiles. Ce n’est certainement pas la plus belle photo de moi, mais des milliers de personnes ont prié pour moi. Cela m’a donné beaucoup de force». 
Dans les différents articles,  on apprend que cette femme avait été brûlée aux bras, aux jambes, au visage et au dos, et qu’elle a subi de multiples opérations chirurgicales. Outre de nombreuses fractures, les médecins lui ont également découvert un clou logé derrière l’oeil. Placée dans un coma artificiel pendant 22 jours, elle a finalement survécu à ses nombreuses blessures. 
Nidhi Chaphekar est reparti en Inde le 5 mai dernier en s’envolant pour Mumbai.
Sur la photo, il y a une autre femme qui se trouve au premier plan. Cette seconde femme sur la photo, la main ensanglantée et au téléphone se nomme Stefanie De Loof et elle est Belge. Stefanie De Loof n’a, quant à elle, pas apprécié la photo. «Visiblement, tout le monde peut reprendre la photo car elle tourne sur Twitter. Maintenant, je dois essayer de passer au-dessus de ça, mais j’ai bien l’intention de repartir à Haïti pour Médecins sans frontières», conclut-elle.
A t-on le droit de photographier dans ce type de situation ?
En France, juridiquement non !
En effet, s’il est tout à fait possible de reproduire et diffuser une image captée dans un lieu public et lors d’une manifestation si celle-ci ne présente pas un cadrage restrictif ou n’isole une personne aisément reconnaissable, tel n’est pas le cas lorsqu’on peut reconnaitre une personne, ce qui est le cas ici. Dans ce cas, il faut l’autorisation de la personne, ce qui ne fut pas fait pour ce cliché.
Mais il me semble qu’ici nous sommes dans une situation très particulière, or cette photo symbolise toute la terreur des attentats de Bruxelles. En tant que telle, elle est information, elle devient aussi Histoire !
Mais c’est une question délicate.
À la suite des attentats du 11 septembre 2001 à New York, la photo de Nancy Borders avait également fait le tour du monde. Couverte de cendres, la jeune femme de 28 ans à l’époque des faits, avait alors été surnommée la «Dust Lady» («dame de poussière»). Cette femme avait vécu par la suite une véritable descente aux enfers marquée par une paranoïa maladive et des addictions multiples. Elle s’est éteinte le 24 août dernier d’un cancer de l’estomac à l’âge de 42 ans, sans être parvenue à dompter ses démons qui n’étaient pas la photo mais bien les attentats de New York.

Jeudi 19 mai 2016

Jeudi 19 mai 2016
«King Abdullah Economic City,»
La ville privée

Nous avons donc compris que les maîtres de la Silicon Valley voulaient faire disparaître la politique et l’Etat.

C’est encore le jeune patron de Facebook, Mark Zuckerberg, qui a annoncé un projet urbain baptisé « Zee Town ».

Pour un montant estimé à 200 milliards de dollars, le roi des réseaux sociaux prévoit de construire sur 80 hectares, dans la Silicon Valley, rien de moins qu’une ville complète dédiée à ses 10.000 salariés, avec supermarchés, hôtels, villas et même dortoirs pour les stagiaires du groupe.

Mais ce n’est pas aux Etats-Unis, pas encore peut-être, mais dans ce « beau ? » pays, qui abrite les villes saintes de l’Islam, où l’alcool est interdit, où les femmes suivent la mode pudique, ce pays où toute autre religion que l’Islam est interdite sauf peut-être la religion de l’argent qu’est en train de se bâtir la première ville privée du monde : KAEC , King Abdullah Economic City.

Il est vrai que dans ce pays « saint », il est habituel de tout privatiser puisqu’ils ont même privatisé le nom de l’Etat qui porte le nom privé de la famille régnante.

Mais qu’est-ce que KAEC ?

KAEC n’a pas de maire, elle est gouvernée par le PDG d’Emaar Economic City (EEC), Fahd Al Rasheed, qui juge le modèle « très bon pour les villes ».

« Par définition, le secteur privé doit créer de la valeur : je dois donc vendre plus cher que le coût de revient, explique-t-il A l’inverse, les politiciens ont parfois du mal à créer de la valeur avec les services : ils en connaissent le coût, mais le prix qu’ils facturent à leurs administrés dépend de facteurs politiques. »

A Kaec, les habitants ne paient pas de taxes mais des « frais de services » pour la sécurité, l’eau ou la collecte des déchets, qui sont sous-traitées à différents entrepreneurs.

« Les habitants nous payent pour un service, pas pour financer une administration. Et comme ce sont nos clients, ils n’hésitent pas à se plaindre si les services sont mal rendus. Dans ce cas, la ville peut facilement changer de prestataire. »

Les concepteurs de ce projet visent près de 2 millions d’habitants, pardon de clients d’ici à 2035

Dans le cas de Kaec, un partenariat public-privé a été conclu entre le gouvernement saoudien et un groupe immobilier de Dubaï, Emaar Properties.

Vous trouverez toutes les informations utiles derrière ces liens :

Dans le Figaro : <Kaec, la première ville cotée en Bourse au monde>

Dans les Echos : <Villes privées : la nouvelle utopie>

Et sur un site spécialisé en urbanisme : <Kaec : une ville 100% privée>

Une ville privée !

Il est vrai que ville vient du mot latin VILLA qui signifie ferme agricole, domaine rural voir maison de campagne. C’est à dire, à l’origine, quelque chose de privée.

Le mot VILLA a donné d’abord village, comme une communauté de villa puis ville.

Le mot vilain vient aussi du latin VILLA car l’ancien français désignait sous le terme de vilain un « habitant du domaine rural », bref un paysan.

En latin VILLA ne désignait pas la ville ; Le terme latin pour désigner ville est «urbs». C’est à partir de cette racine que nous connaissons urbain, urbanisme, urbanité etc.

Lorsqu’il était employé avec une majuscule, l’Urbs désignait alors « la ville d’entre toutes les villes », Rome.

Ainsi la bénédiction papale le jour de Pâques est : « Urbi et Orbi », « À Rome et au Monde ».

Mais il y a un autre mot pour désigner la réalité de la ville : En Grèce antique on parlait de la « polis » qui est bien sûr la racine de « politique » dont les patrons des technologies numériques ne veulent plus.

Et dans l’étymologie latine « polis » est devenu « civitas » c’est à dire une cité-État, autrement dit une communauté de citoyens libres et autonomes.

Dans la pensée grecque antique, la cité préexiste à l’homme.

À titre d’exemple, la cité d’Athènes n’existe pas en tant que telle : c’est la cité des Athéniens, tout comme Sparte est la cité des Lacédémoniens.

Toutes ces informations sont tirées de Wikipedia qui rappelle aussi qu’Aristote disait :

« la cité est une communauté — une koinônia — « d’animaux politiques » réunis par un choix — proairésis — de vie commune (Politique, 1252 – 1254). »

En français, ce mot « la cité » a aujourd’hui mauvaise réputation. Ce n’est pas très valorisant de venir de la cité

Mais le mot cité eut son heure de gloire, il y avait les cités Etat : Venise, Gêne, il reste la cité du Vatican.

Aujourd’hui on garde une connotation historique pour certains quartiers ou centres historiques l’Ile de la cité à Paris ou encore la cité de Carcassonne.

On utilise aussi ce mot pour désigner un ensemble immobilier qui a une fonction particulière : La cité universitaire, La cité ouvrière ou encore comme un nom commercial « La cité de la gastronomie » ou à la Lyon « la cité internationale ».

Mais c’est bien à la racine latine de cité que s’attaque la ville privée car si cité vient du latin civitas (« état de citoyen, droit de cité, ensemble des citoyens d’une ville, cité, nation, État »), il est surtout apparenté à civis (« citoyen »).

Et de citoyen, il n’est plus question à KAEC !

A KAEC n’y a plus que des consommateurs !

Il y a bien sûr des sites saoudiens qui vantent cet objet du futur déjà présent :

https://www.visitsaudi.com/fr/see-do/destinations/kaec/kaec-family-fun-in-the-sun

https://www.arabnews.fr/node/Economie

Et le site de <la ville en anglais>

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Mercredi 18 mai 2016

Mercredi 18 mai 2016
« Une course à mort est engagée entre la technologie et la politique. »
Peter Thiel un des fondateurs de Paypal
Cité par Marc Dugain et Christophe Labbé dans leur livre « L’Homme nu »
Le romancier Marc Dugain et le journaliste Christophe Labbé viennent de faire paraître, chez Plon, un livre : « L’Homme nu » qui a pour sous-titre : « La dictature invisible du numérique »
Dans cet ouvrage ils expliquent en détail la force des « Big data » dans nos vies aujourd’hui et surtout ce que les maîtres de l’internet et des objets connectés seront capables de réaliser et de diriger demain.
Sur le chemin de leurs ambitions, se dresse une structure qui les embarrasse et qu’ils qualifient tantôt d’inefficace, tantôt d’archaïque et quelquefois des deux : L’Etat.
Cette vieille structure qui crée le Droit et la Loi, ces deux concepts qui ont pour ambition de protéger le faible contre le fort. Ce n’est pas toujours concluant, mais il suffit de voir ce qui se passe dans des pays dans lesquels l’Etat est chancelant, comme la Somalie ou l’Irak, dans ce cas plus rien ne protège le faible.
L’Etat qui dans nos contrées a inventé l’Etat social ou providence comme le préconisait William Beveridge dans son célèbre rapport de 1942.
L’Etat qui est dirigé par la politique, c’est à dire une assemblée de citoyens qui élit des parlementaires, donne son avis, choisit entre plusieurs propositions politiques.
J’ai acheté ce livre et je partage avec vous cet extrait que je tire des pages 22 à 28 :
«Depuis 2010, l’humanité produit autant d’informations en deux jours qu’elle ne l’a fait depuis l’invention de l’écriture il y a 5300 ans. 98 % de ces informations sont aujourd’hui consignés sous forme numérique.
On assiste à une véritable mise en données du monde. […]
Si 70 % des données générées le sont directement par les individus connectés, ce sont des entreprises privées qui les exploitent. C’est ainsi qu’Apple, Microsoft, Google ou Facebook détiennent aujourd’hui 80 % des informations personnelles numériques de l’Humanité. Ce gisement constitue le nouvel or noir. Rien qu’aux États-Unis, le chiffre d’affaire mondiale de la big data, le terme n’a fait son entrée dans le dictionnaire qu’en 2008, s’élève à 8,9 milliards de dollars. En croissance de 40 % par an il devrait dépasser les 24 milliards en 2016.
Les GAFA ont réussi à conquérir en une dizaine d’années l’ensemble du monde numérique. Ces « sociétés du septième continent », comme on les appelle, sont la nouvelle incarnation de l’hyper puissance américaine. […]
Les GAFA ont construit leur puissance au détriment des individus. L’exact inverse de ce qu’elles prétendent. Le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, a ainsi expliqué ou 31 millions d’internautes qui le suivent sur le réseau social son coup de cœur pour The End of Power de Moisés Naim. Un livre qui, explique-t-il avec enthousiasme, raconte « comment le monde change pour donner davantage de pouvoirs aux individus aux dépens des grandes organisations comme les gouvernements ou l’armée ». Selon Zuckerberg, l’individu se libère puisque le véritable pouvoir n’est plus centralisé entre les mains d’un Etat, mais dépend des individus et des liens sociaux qu’ils tissent entre eux, ce que permet de faire notamment Facebook…
Le voilà, l’ennemi : la puissance étatique. Pour la plupart des entrepreneurs de la Silicon Valley, l’État dans sa forme actuelle est l’obstacle à abattre. Leur crainte ce n’est pas Big Brother, mais Big Father. Patri Friedman, petit-fils du célèbre économiste libéral Milton Friedman et ancien ingénieur chez Google, considère le gouvernement comme « une industrie inefficace » et la démocratie comme « inadaptée ». Il explique à qui veut l’entendre que le système politique actuel est sclérosé, les règles de régulation du commerce de l’usage des données privées et publiques obsolètes, et que tout cela empêche le progrès. Patri Friedman milite en faveur d’une sécession des entrepreneurs de la high-tech. En 2008, il a mis sur pied le Seasteading Institude, dont l’objectif est de couvrir la planète de « villes nations flottantes » échappant à la souveraineté des Etats. Friedman a déjà levé 1,5 millions de dollars auprès du multimilliardaire Peter Thiel, à l’origine de PayPal, le leader mondial du paiement en ligne, aujourd’hui principal concurrent du réseau des cartes de crédit.  Le même a déclaré en avril 2009, sur le site du libertarien think tank Cato Institute, qu’«une course à mort était engagée entre la technologie et la politique».
À l’automne 2013, quand un conflit sur le budget a forcé le gouvernement fédéral américain à fermer provisoirement une partie de ses services, Peter Thiel a aussitôt taclé : « les entreprises transcendent le pouvoir. Si elles ferment, le marché boursier s’effondre. Si le gouvernement ferme, rien n’arrive, et nous continuons à avancer parce que cela n’a pas d’importance. La paralysie du gouvernement est en réalité bonne pour nous tous. » »
Un monde dont on aura retiré toute politique pour ne laisser jouer que la loi du marché me semble quelque chose d’assez proche de la jungle.
L’article du Point qui présente ce livre, finit son analyse par ces considérations :  
« Pour les big data, la démocratie est obsolète, tout comme ses valeurs universelles. Exit le concept de citoyen inventé par les Grecs ! Antoinette Rouvroy, chercheuse en droit de l’université de Namur, estime que ces firmes visent une « gouvernementalité algorithmique ». Un mode de gouvernement inédit « opérant par configuration anticipative des possibles plutôt que par réglementation des conduites, et ne s’adressant aux individus que par voie d’alertes provoquant des réflexes plutôt qu’en s’appuyant sur leurs capacités d’entendement et de volonté ».
Le futur configuré par les big data risque donc d’être la déclinaison d’un mode de société où Etat-nation et classe politique vont s’évaporer jusqu’à disparaître. Les démocraties s’essoufflent, autant que leur système de représentation. Est-ce que voter tous les quatre ou cinq ans aura encore une signification quand, dans quelques années, les big data seront capables de connaître en temps réel la réaction de chaque individu à toute proposition sur l’organisation collective de la société ? C’est peu probable. »
Marc Dugain était l’invité de France Inter : http://www.franceinter.fr/emission-linvite-du-57-marc-dugain

Mardi 17 mai 2016

Mardi 17 mai 2016
« La vie est une tragédie. Réaliser des films est la seule distraction que j’ai trouvée pour la supporter. »
Woody Allen
Le festival de Cannes a commencé le 11 mai et s’achèvera le 22 mai 2016.
Le dernier film de Woody Allen : « Café Society » a été présenté, hors compétition.
L’express a réalisé une interview du cinéaste, interview qui a été évoqué dans <la revue de presse de Frédéric Pommier du samedi 7 mai> :
«Du film, on dira juste que c’est une histoire d’amour. L’histoire d’une femme qui doit choisir entre deux hommes. L’un qui lui propose la sécurité, tandis que l’autre lui propose plutôt l’aventure. Mais c’est aussi l’histoire d’une famille juive à New-York, ville adorée du cinéaste qui s’exprime cette semaine dans les colonnes de L’EXPRESS. Titre de cet article : « Dépressif heureux ». Vous l’avez reconnu ? Il s’agit de Woody Allen…
Woody Allen, dont le nouveau film, Café Society, fera mercredi l’ouverture du Festival de Cannes. Et c’est donc à cette occasion que Stéphanie Chayet est allée le rencontrer, dans l’écrin de son studio fétiche new-yorkais. Une belle interview dans laquelle le cinéaste met à mal quelques rumeurs le concernant. Non, il n’est pas aussi névrosé qu’on le pense et il a une vie très normale. Non, il n’est pas du tout ce qu’on appelle un intello. Chez lui, il boit des bières devant des matchs de foot américain à la télé. Et à l’école, d’ailleurs, il était très mauvais élève. Il n’y a qu’en sport qu’il parvenait à faire des étincelles. « Enfant, explique-t-il sans rire, j’étais un athlète exceptionnel ».
Mais aujourd’hui, là où Woody Allen continue de briller, c’est avant tout dans le regard qu’il porte sur le monde. Un regard corrosif, mais non dénué de facétie. Notamment sur la résurgence de l’antisémitisme. « Les Juifs sont une cible facile car ils sont peu nombreux, dit-il. Mais s’il n’y avait plus un seul Juif sur terre, on trouverait une autre minorité à persécuter. Et si toutes les minorités étaient éliminées, les bruns se retourneraient contre les blonds, les droitiers contre les gauchers. » Et le réalisateur ajoute, fataliste, que « l’homme n’est pas, à l’évidence, la plus noble des espèces ».
Il commente également la politique américaine… Il commente et il pronostique l’échec de Donald Trump, qu’il connaît pour l’avoir fait tourner dans Célébrity. « Il essuiera, prédit-il, la défaite la plus cuisante qu’un républicain ait jamais connue, et ceci quel que soit son adversaire démocrate : Hillary Clinton, Bernie Sanders ou bien ma mère. » Et tant pis si sa mère est morte il y a plus de dix ans.
Et puis, bien sûr, Woody Allen parle de cinéma. Un cinéma qu’il juge globalement de moins en moins bon. Et pourquoi donc certains de ses films ont-ils nettement plus de succès en France qu’aux États-Unis ? « Ma théorie, dit-il, c’est qu’ils gagnent à être traduits. Dans une autre langue, les gens, visiblement, ne se rendent pas compte de leurs défauts. » Et pense-t-il continuer longtemps à ce rythme effréné d’un long-métrage par an ? « Mais que faire d’autre ? », répond-il. « La vie est une tragédie. Réaliser des films est la seule distraction que j’ai trouvée pour la supporter. »
L’entretien de l’Express se trouve derrière ce lien et a pour titre : «J’ai un public de déprimés fidèles (mais il faut être abonné)» : http://www.lexpress.fr/culture/cinema/woody-allen-j-ai-un-public-de-deprimes-fideles_1788603.html
J’adore Woody Allen, mais je ne suis pas déprimé, il est possible d’aimer Woody Allen sans être déprimé​

Jeudi 12 mai 2016

«Les accords Sykes-Picot»
Accords secrets franco-britannique signés le 16 mai 1916

Lundi, il y a 100 ans, le 16 mai 1916 ont été signés les accords secrets Sykes – Picot dont tout le monde parle encore aujourd’hui.

Quand les combattants de Daech ont ouvert la frontière entre l’Irak et la Syrie pour créer un territoire sur les deux pays, ils ont affirmé :

«Nous avons détruit la frontière Sykes-Picot.»

Dans une explication simpliste, on raconte que les Britanniques et les Français se sont mis d’accord pour se partager le Moyen-Orient et ont créé l’Irak la Syrie dans une réunion entre deux diplomates : un anglais Mark Sykes et un français François Georges-Picot.

Si Paris-Match, aborde ce sujet il vous précisera, en outre, que le diplomate François Georges Picot avait une sœur qui s’appelait Geneviève Georges-Picot. Que cette sœur a épousé Jacques Bardoux, un homme politique. Et que ce couple a eu plusieurs enfants, dont une fille Marthe Clémence qui est la mère de Valéry Giscard d’Estaing.

Mais les choses sont beaucoup plus complexes, les discussions entre Britanniques et Français ont été très longues et après l’accord il y a encore eu beaucoup de changements.

Prenons d’abord le plan de cet accord :

Si vous cherchez à retrouver les frontières actuelles de la Syrie, de l’Irak, de la Jordanie, du Liban, de la Palestine et d’Israël dans ce schéma, vous aurez beaucoup de mal.

Je confirme cela ne correspond pas.

La carte comporte 5 zones :

2 zones bleus pour la France, une d’administration directe et une autre d’influence appelée zone Arabe

 – 2 zones rouges pour le Royaume-Uni , organisées de la même manière.

 – Et une cinquième zone, brune, comprenant la Palestine et Jérusalem qui devait selon les accords Sykes-Picot être internationale ou mixte.

Tout ceci va être défait et refait : ainsi la zone internationale ne sera administrée que par les britanniques et Mossoul ira également chez les britanniques et deviendra une ville d’Irak.

Mais fondamentalement, ce que révèlent les accords Sykes-Picot, c’est une superposition de conflits, assez semblable à ce qui se passe aujourd’hui.

Il y a d’abord le conflit central, la guerre 14-18. Les territoires dont nous parlons font partie de l’Empire Ottoman. Or, l’Empire Ottoman s’est allié à l’Allemagne et aux Austro-Hongrois, il est donc l’ennemi de la France et de la Grande Bretagne.

Mais à l’intérieur de l’Empire Ottoman, il y a aussi conflit, les Arabes n’ont pas beaucoup de considération pour les Turcs, les maîtres de l’Empire. L’Islam est né en leur sein, Mohammed était un des leurs, les Turcs ne sont que des mercenaires rustres. Ils veulent s’en débarrasser et devenir indépendant.

Alors les français et surtout les britanniques qui dominent l’Egypte essayent de convaincre les Arabes de se révolter contre les Turcs pour faciliter la victoire des alliés. C’est ici que se situe Lawrence d’Arabie qui va devenir l’ami des Arabes et se battre à leurs côtés contre les Turcs. Mais les Arabes ont des exigences : ils veulent battre les turcs avec les anglais mais après, ils veulent que ce soit créé un grand Etat Arabe unifié.

Et un autre conflit s’ajoute à tout cela : la rivalité entre l’empire colonial britannique et l’empire colonial français. Ce conflit doit être mis entre parenthèse, parce qu’ils sont alliés dans le conflit majeur, il reste pourtant omniprésent.

Et de la résultante de ces conflits sort cette carte bizarre, les français et les anglais ont chacun leur part des dépouilles de l’Empire Ottoman qui cependant n’est pas encore vaincu.

Et, il y a la zone Arabe, à cause de la promesse des Britanniques pour créer la grande entité Arabe mais restant cependant sous l’influence de la France et des Britanniques, pour les conseiller. Et aussi un peu pour le pétrole dont on perçoit toute l’importance lors de la première guerre mondiale.

Mais quand on parle des Arabes, ce n’est pas simple non plus. Car il y aussi conflit à l’intérieur des Arabes.

Le conflit oppose deux dynasties : la première descend du prophète, c’est la dynastie des Hachémites, Hachem était le grand père de Mohamed. Le chef de cette dynastie s’appelle Hussein, c’est le roi qu’on voit dans Lawrence d’Arabie et qui est joué par Alec Guiness. Son fils aîné est Ali, joué par le bel Omar Sharif. Il a encore deux autres enfants qui vont jouer un grand rôle dans cette partie du Monde. Hussein est le Chérif de La Mecque. En aidant les britanniques, il espère devenir calife d’une grande Arabie unifiée.

L’autre dynastie règne sur le centre de l’Arabie Saoudite, cette région appelée le Nejd avec pour capitale Ryad. Cette dynastie est celle d’Ibn Seoud, qui ne descend pas du prophète mais s’est alliée à la secte rigoriste des Wahabites

La zone côtière, de la mer Rouge qui comprend les villes religieuses de La Mecque et de Médine, s’appelle Hedjaz et c’est dans cette région que va se lancer la révolte Arabe vu dans Lawrence d’Arabie et qui va aller conquérir Aqaba puis Damas.

Et il y a même un autre conflit à l’intérieur de l’administration coloniale britannique, il y a le camp du Caire qui est pour Hussein et le camp de l’Inde qui est pour Ibn Seoud.

Au bout d’un certain nombre de négociations (Clemenceau va lâcher aux britanniques Mossoul et la zone internationale de Palestine) et de trahisons :

  • Hussein va tenter de devenir Calife et régner sur le Hedjaz,
  • Son fils Faycal va tenter de devenir roi de Syrie mais devra quitter ce trône et ira s’installer sur le trône d’Irak, il y restera jusqu’à sa mort en 1933. Son fils Ghazi lui succéda, puis son petit-fils mais qui fut renversé par un premier coup d’état militaire du général Kassem en 1958 et après une période d’instabilité Saddam Hussein pris le pouvoir en 1963.
  • Son fils Abdallah devint roi de Jordanie, son petit-fils Abdallah II règne toujours

Ali, le prince joué par Omar Sharif resta avec son père et fut vaincu avec lui en 1924 par les troupes de Ibn Séoud qui instaura son régime wahhabite sur toute l’Arabie. Cette terre qui est prétendument sacrée pour les musulmans et qui est la seule au monde dont le nom de l’Etat comporte le nom de la famille régnante.

Aujourd’hui les descendants de Hussein, le roi Abdallah II de Jordanie et de Ibn Séoud, le roi Salmane continuent à régner, sans avoir jamais demandé l’avis des populations qu’ils gouvernent et en gardant toujours d’excellentes relations avec les pays occidentaux, la France et le Royaume-Uni.

C’est très compliqué je vous l’ai dit et pourtant j’ai beaucoup simplifié.

Le rôle des britanniques et des français dans toute cette histoire n’est pas très moral.

Mais le rôle des deux dynasties arabes ne l’est pas davantage.

Si vous voulez lire des articles plus détaillés, vous les trouverez ci-après :

<Comment l’Empire ottoman fut dépecé>

<L’ombre de l’accord Sykes-Picot continue à empoisonner le monde>

<Les 100 ans des accords Sykes-Picot>

<701>

Mercredi 11 mai 2016

Mercredi 11 mai 2016
«Que fait l’abeille ?
Elle fait du miel ? Mais fondamentalement on s’en fiche !
L’abeille, elle pollinise !»
Yann Moulier Boutang
Vous lisez ce matin le 700ème mot du jour.
Pour chaque centaine, j’essaye de m’échapper un  peu des contingences de l’actualité pour dévoiler une réflexion plus profonde et plus universelle.
Si je puise une partie de l’inspiration de ces billets quotidiens dans mon butinage sur Internet, mes lectures de livres et ma culture passée ou présente, l’essentiel de ma matière première est constitué de podcast, c’est à dire des émissions radios ou des conférences que j’écoute le plus fréquemment avec un lecteur de mp3, le plus souvent possible en marchant.
La plupart, je les écoute puis je les efface.
Et puis, il y a certains enregistrements que je conserve sur un disque dur. Depuis 2009, j’en ai conservé plus de 2000.
Une des toutes premières conférences qui m’a incité à adopter cette pratique est une conférence du mercredi 4 février 2009, où l’économiste Yann Moulier Boutang a présenté un de ses livres à la librairie Mollat de Bordeaux.
J’ai pu constater que cette conférence était encore en ligne : http://www.mollat.com/audio/090204MOULIERBOUTANGpad.mp3
Dans cette conférence, il a eu ce développement qui est un des moments d’intelligence dont je me souviendrai toujours :
« Je vais vous parler des abeilles.
Qu’est-ce que fait l’abeille ?
L’économie politique qui s’intéresse aux produits, aux produits vendables, vous répond : l’abeille produit du miel.
L’apiculteur va remplacer l’essaim sauvage où l’abeille produit du miel, pour elle-même et pour ses larves, par des ruches avec des rayons.
Puis il va subtiliser le miel des rayons, car l’abeille ne produit pas naturellement du miel pour les humains. Et en lui retirant le miel des rayons, l’abeille va produire, produire et encore produire du miel.
On va lui laisser juste ce qu’il faut pour se reproduire, elle et ses larves, et le surplus sera approprié par l’apiculteur.
Cela ne vous rappelle rien ?
Moi ça me rappelle la plus-value ou la survaleur de Marx.
Mais maintenant que fait vraiment l’abeille maintenant que nous savons un peu plus de complexité.
Eh bien fondamentalement, je vais vous dire : le miel on s’en fiche !
L’abeille, elle pollinise !
Et Einstein disait, un monde où les abeilles auront disparu ne laissera que 4 à 5 ans de survie à l’espèce humaine. [Cette disparition est d’ailleurs une question d’actualité]
L’abeille pollinise, cela veut dire que 80 % de la production agro-alimentaire en terme de légumes et de fruits est produite grâce aux abeilles.
Il faut aussi rajouter des choses comme le tournesol pour lequel la pollinisation de l’abeille prend la plus grande part.
L’abeille pollinise !
Nous pouvons mesurer, puisqu’un économiste doit pouvoir mesurer des quantités et des prix, l’impact des abeilles. Si l’on prend les États-Unis d’Amérique, si vous faites l’hypothèse qu’il n’y a plus de pollinisation, vous pouvez compter entre 30 et 35 milliards de dollars par an, qui disparaissent. Et je ne parle même pas de la flore, des parcs sauvages, je parle simplement de la production agricole. [Lire aussi cet article de Sciences et avenir sur la disparition des abeilles et ses conséquences]
Donc qu’est-ce que produit l’abeille, en termes de valeur économique ?
D’un côté elle produit aux États-Unis pour 100 millions de dollars de miel et de l’autre côté elle participe à la production d’une valeur entre 30 et 35 milliards de dollars.
En conséquence, ce que fait fondamentalement l’abeille du point de vue économique, au niveau de l’écosystème elle produit 350 fois plus que le miel, en valeur.
Voilà les proportions.
D’un côté il y a ce qui est calculé par un output marchand, simple, clair : l’abeille produit du miel.
Et de l’autre côté, elle pollinise et nous savons qu’on peut se passer de miel, mais on ne peut pas se passer de pollinisation.
Nous comprenons donc que l’abeille fait du miel pour vivre et se nourrir, mais qu’en vivant, elle circule, elle pollinise et que sa véritable contribution productive, c’est ça !
En tout cas, en terme de valeur, c’est ça l’étalon principal.
En économie traditionnelle, on voit l’abeille qui consomme et l’abeille qui produit. Un input et un output.
Mais, ce qui est fondamental, c’est son rôle dans la reproduction du vivant et ça elle le fait même sans s’en apercevoir, puisqu’elle fait cela en même temps qu’elle consomme, comme un produit  annexe de sa consommation : elle répand le pollen.
Le plus important c’est qu’elle circule en se nourrissant, ce n’est pas son travail industrieux dans la ruche ou elle transforme le nectar en miel ou en gelée royale.
Et ce raisonnement est en terme de valeur, de richesse économique !
Retour à l’être humain.
Qu’est-ce que fait l’humain principalement ? Un output marchand à partir de marchandise ?
Non ! il produit essentiellement du vivant à partir du vivant.
L’humain ne fait pas que se reproduire, il met au monde des enfants mais qu’il élève et en cela il crée quelque chose de nouveau !
Il produit son environnement, il produit des relations, il produit du lien etc.
Mais pour des humains, en dehors des sociologues qui faisait de grandes déclarations qui disaient « le lien social c’est important », les assistantes sociales qui disaient « il ne faut pas couper dans les dépenses publiques », « il ne faut pas couper dans l’éducation parce que c’est la base de la société, parce que c’est la richesse de la société ». Parce que c’est aussi la possibilité pour les entreprises de ne pas avoir des employés qui sont totalement malades ou totalement handicapés sur tous les plans.
En dehors de cela, ce n’était pas tellement connu et surtout pas des économistes, parce que je peux vous dire que mes confrères ont une propension à ne pas s’intéresser à la pollinisation et à se focaliser sur la production du surplus de miel qui est notoirement connu. »
La richesse de cette compréhension de ce qui est important me paraît incommensurable.
Bien sûr le miel n’est pas indifférent, puisque c’est pour produire le miel que l’abeille va butiner les fleurs, mais la grande valeur, le grand apport de l’abeille c’est bien la pollinisation.
Je vous laisse à cette réflexion féconde pour l’Humanité qui tirerait tous les enseignements de ce constat que contrairement au raisonnement primaire de l’économiste et de l’épicier, ce que fait l’abeille de plus important c’est de polliniser pas de produire du miel.
Yann Moulier Boutang a d’ailleurs écrit un livre : <L’abeille et l’économiste>
Vous pouvez aussi voir cette vidéo : https://vimeo.com/49977836
Et n’oublions pas notre rôle de pollinisateur…

Mardi 10 mai 2016

Mardi 10 mai 2016
« Il faut considérer la Silicon Valley comme un projet politique, et l’affronter en tant que tel. »
Evgeny Morozov
Evgeny Morozov est un chercheur et écrivain américain d’origine biélorusse, spécialiste des implications politiques et sociales du progrès technologique et du numérique.
Il est né à 1984 et c’est probablement un des plus grands penseurs critiques du numérique et notamment de la silicon Web.
Il a été invité, le 4 mai au Forum  « European Lab » de Lyon, où il est intervenu sur le thème suivant : « Mirage du Numérique : pour une politique des Big Data ».
Il avait été interviewé par Xavier de la Porte, pour Rue 89, en octobre dernier.
C’est cet article que je souhaite partager avec vous aujourd’hui : « Internet est la nouvelle frontière du néolibéralisme »
Xavier de La Porte le présente ainsi :
« Evgeny Morozov s’est imposé en quelques années comme l’un des contempteurs les plus féroces de la Silicon Valley. A travers trois ouvrages – « The Net Delusion » (2011, non traduit en français), « Pour tout résoudre, cliquez ici » (2014, FYP éditions) et « Le Mirage numérique » (qui paraît ces jours-ci aux Prairies ordinaires) –, à travers une multitudes d’articles publiés dans la presse du monde entier et des interventions partout où on l’invite, il se fait le porteur d’une critique radicale envers la technologie en tant qu’elle sert la domination des Etats-Unis. A 31 ans, originaire de Biélorussie, il apprend toutes les langues, donne l’impression d’avoir tout lu, ne se trouve pas beaucoup d’égal et maîtrise sa communication avec un mélange de charme et de froideur toujours désarmant. 
L’écouter est une expérience stimulante car il pense largement et brasse aussi bien des références historiques de la pensée (Marx, Simondon…) que l’actualité la plus récente et la plus locale. »
«[Ma critique de la Silicon Valley est ] plus radical qu’au début. Mais parce que j’étais dans une forme de confusion, je doutais de ce qu’il fallait faire et penser. J’ai aujourd’hui dépassé cette confusion en comprenant que la Silicon Valley était au centre de ce qui nous arrive, qu’il fallait comprendre sa logique profonde, mais aussi l’intégrer dans un contexte plus large.
 
Or, la plupart des critiques ne font pas ce travail. Uber, Apple, Microsoft, Google, sont les conséquences de phénomènes de long terme, ils agissent au cœur de notre culture. Il faut bien comprendre que ces entreprises n’existeraient pas – et leur modèle consistant à valoriser nos données personnelles serait impossible – si toute une série de choses n’avaient pas eu lieu : par exemple, la privatisation des entreprises télécoms ou l’amoncellement de données par d’énormes chaînes de grands magasins.
Cette histoire, il faut la raconter de manière plus politique et plus radicale. Il faut traiter cela comme un ensemble, qui existe dans un certain contexte.
Et ce contexte, c’est, il faut le dire, le néolibéralisme. Internet est la nouvelle frontière du néolibéralisme.
Le travail critique de la Silicon Valley ne suffit pas. Il faut expliquer que le néolibéralisme qu’elle promeut n’est pas désirable.  […]
Il faut travailler à l’émergence d’une gauche qui se dresse contre ce néolibéralisme qui s’insinue notamment par les technologies. […]
La Silicon Valley va au-delà de tout ce qu’on avait connu auparavant en termes d’impérialisme économique. La Silicon Valley dépasse largement ce qu’on considérait auparavant comme les paragons du néolibéralisme américain – McDonald’s par exemple – car elle affecte tous les secteurs de notre vie.
C’est pourquoi il faut imaginer un projet politique qui rénove en fond notre conception de la politique et de l’économie, un projet qui intègre la question des infrastructures en garantissant leur indépendance par rapport aux Etats-Unis.
 
Mais si je suis pessimiste quant à l’avenir de l’Europe, c’est moins à cause de son impensée technologique que de l’absence flagrante d’esprit de rébellion qui l’anime aujourd’hui.
[…] Je parle de choses fondamentales comme le travail, l’éducation, la santé, la sécurité, les assurances. Dans tous ces secteurs, des changements majeurs sont en train d’avoir lieu et cela va continuer. […]
Ce qui m’intéresse, ce sont les discours de la Silicon Valley, ce sont les buts qu’elle se donne. Peu importe si, au moment où j’en parle, ce sont seulement 2% de la population qui utilisent un service. Il se peut qu’un jour, ce soient 20% de la population qui l’utilise. Cette possibilité à elle seule justifie d’en faire la critique. […]
Il est intéressant de regarder ce qui s’est passé avec la reconnaissance faciale. Il y a presque quinze ans, dans la suite du 11 Septembre, les grandes entreprises sont allées vendre aux Etats le discours de la reconnaissance faciale comme solution à tous leurs problèmes de sécurité. Or, à l’époque, la reconnaissance faciale ne marchait absolument pas. Mais avec tout l’argent des contrats, ces entreprises ont investi dans la recherche, et aujourd’hui, la reconnaissance faciale marche. Et c’est un énorme problème. Il faut prendre en compte le caractère auto-réalisateur du discours technologique. […]
Il faut considérer la Silicon Valley comme un projet politique, et l’affronter en tant que tel. […]
Mais c’est un défi gigantesque parce qu’il comporte deux aspects :
un aspect impérialiste : Facebook, Google, Apple, IBM sont très liés aux intérêts extérieurs des Etats-Unis. En son cœur même, la politique économique américaine dépend aujourd’hui de ces entreprises. Un réflexe d’ordre souverainiste se heurterait frontalement à ces intérêts et serait donc voué à l’échec car il n’existe aucun gouvernement aujourd’hui qui soit prêt à affronter les Etats-Unis ;
un aspect philosophico-politique : on pris l’habitude de parler de « post-capitalisme » en parlant de l’idéologie de la Silicon Valley, mais on devrait parler de « post-sociale-démocratie ».
Car quand on regarde comment fonctionne Uber – sans embaucher, en n’assumant aucune des fonctions de protection minimale du travailleur –, quand on regarde les processus d’individualisation des assurances de santé – où revient à la charge de l’assuré de contrôler ses paramètres de santé –, on s’aperçoit à quel point le marché est seul juge.
L’Etat non seulement l’accepte, mais se contente de réguler. Est complètement oubliée la solidarité, qui est au fondement de la social-démocratie. Qui sait encore que dans le prix que nous payons un taxi, une part – minime certes – sert à subventionner le transport des malvoyants ? Vous imaginez imposer ça à Uber….
Il faut lire le livre d’Alain Supiot, « La Gouvernance par les nombres » (Fayard, 2015), il a tout juste : nous sommes passés d’un capitalisme tempéré par un compromis social-démocrate à un capitalisme sans protection. C’est donc qu’on en a bien fini avec la social-démocratie.
[Comment a-t’on accepté cela ?]
Mais parce que la gauche en Europe est dévastée ! Il suffit de regarder comment, avec le feuilleton grec de cet été, les gauches européennes en ont appelé à la Commission européenne, qui n’est pas une grande défenseure des solidarités, pour sauver l’Europe.
Aujourd’hui, la gauche a fait sienne la logique de l’innovation et de la compétition, elle ne parle plus de justice ou d’égalité.
La Commission européenne est aujourd’hui – on le voit dans les négociations de l’accord Tafta – l’avocate d’un marché de la donnée libre, c’est incroyable ! Son unique objectif est de promouvoir la croissance économique. Si la vie privée est un obstacle à la croissance, il faut la faire sauter ! […]
Car certains à gauche – notamment dans la gauche radicale – ont pu croire que la Silicon Valley était une alliée dans le mesure où ils avaient un ennemi commun en la personne des médias de masse. Il est facile de croire dans cette idée fausse que les technologies promues par la Silicon Valley permettront l’émergence d’un autre discours.
On a accepté cela comme on accepte toujours les idées dominantes, parce qu’on est convaincus. Ça vient parfois de très loin. L’Europe occidentale vit encore avec l’idée que les Américains ont été des libérateurs, qu’ils ont ensuite été ceux qui ont empêché le communisme de conquérir l’Europe. L’installation de la domination idéologique américaine – de McDonald’s à la Silicon Valley – s’est faite sur ce terreau.
Il y a beaucoup de confusion dans cette Histoire. Il faut donc théoriser la technologie dans un cadre géopolitique et économique global.
[…] Il faut aller plus loin et voir comment nous avons succombé à une intériorisation de l’idéologie libérale jusque dans nos infrastructures technologiques.
 
Et c’est peut-être en Amérique latine, […] qu’on trouve la pensée la plus intéressante. […] Ils se donnent la liberté de penser des alternatives.
[Le marxisme], en tant qu’il permet de penser les questions liées au travail ou à la valeur, [reste un cadre de pensée opérant aujourd’hui]. Ces concepts doivent être utilisés. Mais il ne s’agit pas de faire une transposition mécanique. Tout ce qui concerne les données – et qui est essentiel aujourd’hui – n’est évidemment pas dans Marx. Il faut le trouver ailleurs.»
 
 Je pense qu’il est utile qu’il existe des penseurs comme Morozov. Je n’ai pas encore lu un de ses livres, mais cela ne saurait tarder.

Lundi 9 mai 2016

Lundi 9 mai 2016
«Je n’ai pas peur d’eux»
Tess Asplund
Déjà deux fois, «le mot du jour » était plutôt  «une photo du jour ».
Voici la 3ème réalisée par le photographe David Lagerlof le 1er mai à Borlange, en Suède, lors d’une manifestation anti-immigration organisée par un groupe de néonazis, le Mouvement de résistance nordique :
Tess Asplund  se tient, poing levé à la manière du Black Power, face à trois hommes qui marchent en ligne face à elle. Ces der-niers portent un même uniforme, partagent la même coupe de cheveux à la mode skinhead, arbo-rent une expression peu avenante, bref, ils donnent plus envie de changer de trottoir que de leur barrer la route. Et pourtant, la femme se dresse devant eux les yeux dans les yeux.
La terminologie contemporaine parle de photo virale, parce qu’elle a été vue et partagée rapidement des milliers de fois.
On parle aussi de photo iconique ou de photo culte.
Le premier mot du jour consacré à une photo fut celui consacré, sans la montrer, à la photo du petit réfugié Aylan qui était mort sur une plage, et où je partageais cette évidence : « Une vidéo capte un instant furtif, une photo fige une scène pour l’éternité » (mot du jour du 7 Septembre 2015)
Cette force de la photo par rapport à la vidéo apparait évidente si vous aller voir la video qui filme le même évènement et qui se trouve <ICI>
L’autre enseignement de cet incident est que le repli identitaire n’est pas un problème franco français, mais un problème beaucoup plus large qui touche l’occident, blanc et vieillissant.
A longueur d’articles, on nous vante le modèle et l’humanisme nordique.
Mais la photo a bien été prise en Suède, le modèle parmi les modèles, où l’extrême droite a récolté 13% des voix lors des élections législatives de 2014.
Vous apprendrez notamment que Tess Asplund est agée de 42 ans. Elle a déclaré : «Je n’ai pas vraiment réfléchi, j’ai juste bondi […] Je me suis juste dit : ‘vous n’avez pas à être là’. Alors, l’un d’entre eux m’a fixé du regard, et je l’ai dévisagé en retour.  Il n’a rien dit, je n’ai rien dit non plus.»
Quand au photographe, David Lagerlof, il a simplement déclaré : «En tant que photographe, j’essaie de toucher les gens avec mes images. Et manifestement, cette photo a touché beaucoup de personnes.»