Lundi 17/03/2014

Lundi 17/03/2014
« La guerre de Crimée »
Napoléon III
L’actualité nous parle beaucoup de la Crimée. Or la Crimée c’est aussi une guerre qu’a menée la France au côté des britanniques et des Turcs contre la Russie tsariste (1853-1856).
La raison en était que la Russie souhaitait agrandir son territoire au détriment de l’Empire Ottoman. Les britanniques qui n’ont jamais supporté qu’un pays du continent tente d’augmenter sa puissance se sont alliés aux Turcs.
Napoléon III a trouvé pertinent de rentrer dans le jeu européen, à côté des britanniques, après le congrès de Vienne de 1815 qui avait marqué la fin des rêves de Napoléon 1er d’une France hégémonique.
Mais ce mot du jour fait suite à une revue de presse du week end d’Ivan Levai sur France Inter. Ivan Levai a 76 ans, c’est un homme d’une extraordinaire érudition et si sa revue de presse ne dit pas grand chose de l’actualité, elle parle énormément de l’Histoire.
Et Ivan Levai a rappelé ce que la guerre de Crimée a laissé comme traces à Paris. Je m’en suis inspiré et j’ai fait également quelques recherches complémentaires.
D’abord la station de métro Crimée sur la ligne 7 dans le XIXème et qui a été ouverte en 1910
L’appellation de cette station vient de la rue de Crimée homonyme, située à proximité et qui est la plus grande rue (2 540 m) du 19ème arrondissement de Paris.
Et puis il y a le boulevard Sébastopol, long de 1 332 mètres et large de 30, il part de la place du Châtelet et se poursuit au nord par le boulevard de Strasbourg.
Il sépare les 1er et 2e, d’une part, des 3e et 4e arrondissements d’autre part.
Et puis il y a parallèlement la station Réaumur – Sébastopol qui est une station des lignes 3 et 4. Elle prend ce nom le 15 octobre 1907.
Rappelons que le siège et la chute de Sébastopol constituent les éléments les plus importants de la guerre de Crimée et conduisent à sa conclusion
Pour défendre Sébastopol, les russes disposent d’un ouvrage fortifié qui s’appelle le fort de Malakoff.
Le 7 septembre 1855, le général Patrice de Mac Mahon attaque le fort de Malakoff, clé de la défense russe. Le lendemain, les Russes abandonnent la position après y avoir mis le feu. La tour Malakoff tombe aux mains des Français et des Britanniques. Par cette victoire, Mac Mahon passe à la postérité. C’est à ce moment qu’il prononce son fameux « J’y suis ! J’y reste ». L’exploit fut célébré dans toute l’Europe.
Et puis, en France, un certain Alexandre Chauvelot reconstitua la tour Malakoff au sud de Paris, au cœur de son nouveau jardin surnommé la nouvelle Californie. Et ensuite ce quartier de la ville de Vanves se sépara de sa commune originelle et prit tout naturellement le nom de Malakoff en 1883.
Evidemment, il y a L’avenue Mac-Mahon qui est une rue partant de la place de l’Etoile et arrivant sur l’avenue des Ternes. Sa longueur est de 402 mètres, et sa largeur de 36 mètres.
Et encore le Pont de l’Alma.
L’Alma est un fleuve de Crimée et a aussi été le lieu de la bataille de l’Alma (1854) en Crimée.
Ce pont relie le quai Branly (dans le 7e arrondissement, sur la rive gauche) à l’avenue de New-York (dans les 8e et 16e arrondissements, sur la rive droite).
Le pont est inauguré par Napoléon III le 2 avril 1856
L’extrémité nord du pont est desservie par la station du métro Alma – Marceau, et l’extrémité sud, par la gare du RER Pont de l’Alma.
Et puis il y a le Zouave du Pont de l’Alma
La statue du zouave sert d’instrument populaire de mesure des crues de la Seine. Lorsque le niveau de la Seine atteint les pieds de ce zouave, les voies sur berges sont en général fermées.
Lorsque l’eau monte jusqu’aux cuisses du zouave, la Seine n’est plus navigable. Lors de la crue historique de 1910, l’eau est montée jusqu’aux épaules.
Les zouaves étaient des unités d’infanterie légère appartenant à l’Armée d’Afrique qui dépendait de l’armée de terre française.
La guerre de Crimée est la première campagne des zouaves en dehors de l’Algérie.
En Crimée, à la bataille de l’Alma, le 3e régiment de zouaves prend par surprise les Russes en gravissant des escarpements rocheux, en s’emparant de leur artillerie puis en la retournant contre eux.
Cette action participa grandement à faire tourner la bataille en faveur des alliés.
Et c’est tout naturellement en hommage à cette victoire qu’est réalisé le zouave du pont de l’Alma, sur la Seine, à Paris.
J’arrête là, je suis sûr qu’il y aurait encore à trouver bien d’autres traces.
Le nouvel Obs publie sur son site <Des photographies de la guerre de Crimée en 1855> Tout au début de l’Histoire de la photographie.
Que le ciel vous tienne en joie et vous rappelle que l’on ne peut comprendre le monde que si on connaît un peu d’Histoire.

Vendredi 14 mars 2014

« »Errare humanum est, perseverare diabolicum »
« L’erreur est humaine, persévérer [dans son erreur] est diabolique »»
Citation parfois attribuée à Sénèque, mais probablement de manière impropre.

On retrouve des formes semblables chez des auteurs antérieurs tels :

  • Tite Live (Storie, VIII, 35) « Venia dignus est humanus error » (littéralement : « Chaque erreur humaine mérite le pardon ») ;
  • Cicéron « Cuiusvis est errare: nullius nisi insipientis, in errore perseverare » (littéralement : « L’erreur est une chose commune ; seul l’ignorant persévère dans l’erreur »).
  • Une autre forme assez proche fut publiée par Augustin d’Hipponedans Sermons (164, 14) : « Humanum fuit errare, diabolicum est per animositatem in errore manere » (littéralement : « Commettre des erreurs est le propre de l’humain, mais il est diabolique de persister dans l’erreur par orgueil »).

Je tire ce moment d’érudition de <wikipedia>

Le mot du jour aurait pu être « Passer par 7 proxy » parce que Xavier Porte cité dans le mot du jour d’hier s’est trompé ou a été abusé.

Il explique cela dans une nouvelle chronique publiée aussi sur <rue89> :  Passer par sept proxies » et autres expressions

Xavier de La Porte | France Culture :

« Mercredi, j’ai dit une bêtise.

[…] j’ai évoqué l’intervention d’Edward Snowden à la conférence South By South West à Austin (Texas).

L’ancien employé de la NSA à l’origine du dévoilement du système de surveillance mis en place par les Etats-Unis s’y exprimait en visioconférence depuis la Russie où il s’est réfugié.

Et, pour montrer les précautions prises par le jeune informaticien pour que l’origine de la communication ne soit pas identifiable, j’ai repris l’information donnée par son avocat qui a dit en introduction de la conférence qu’il serait « passé par sept proxies » (« through seven proxies »).

Et tout à fait doctement, je vous ai expliqué que les proxies étaient des intermédiaires entre des machines connectées, intermédiaires permettant l’anonymisation de la communication, et que Snowden était donc passé par sept de ces intermédiaires.

Et voici qu’un peu avant 17 heures Mercredi, le site Arrêt sur Image publie sous les doigts de Vincent Coquaz un petit papier instructif.

Où l’on apprend que « passer par sept proxies » (« trough seven proxies ») est une expression, qui ne signifie pas littéralement qu’on est passé par sept proxies, mais juste qu’on a été très prudent.

 Bon, déjà, en soi, c’est assez vexant. Mais ce qui est encore plus vexant, c’est que cette expression est une sorte de blague pour se moquer de ceux qui ne comprennent pas grand-chose aux technologies

et qui vont être très impressionnés par le fait qu’on puisse être passé par sept proxies. Et qu’en plus, c’est une vieille blague. Triplement vexant donc.

Même le Guardian s’est fait avoir…

Toute proportion gardée, c’est un peu comme si je vous avais expliqué en détail comment on fait passer un chameau par le chat d’une aiguille ou que je vous avais décrit précisément la route qu’il faut prendre pour se rendre à Pétaouchnok.

Je ne sais pas s’il faut en être rassuré, mais je n’ai pas été le seul à reprendre littéralement cette blague comme s’il s’agissait d’une information : Le Monde, CNN, Forbes et même le Guardian se sont fait avoir.

Une fois passée la blessure d’orgueil, que dire de cela ?

D’abord que même pour ceux que ça intéresse au quotidien, les cultures numériques conservent leur hermétisme.

 C’est encore le papier d’Arrêt sur images qui nous l’apprend, cette expression est née sur 4chan. 4chan, c’est un lieu passionnant.

Une sorte d’énorme forum, entièrement anglophone, entièrement anonyme, où des internautes discutent manga, jeux vidéo, musique, mais aussi sexe et politique

(4chan est un des points de ralliement des Anonymous, ces activistes numériques).

Je vous avouerai que c’est un lieu troublant, pour moi assez exotique. Mais s’y élabore une culture numérique, à la fois en termes de pratiques (le forum, le pseudonymat), mais aussi de représentations (la grande place de la culture japonaise) et de vocabulaire.

Avec des mots, des abréviations, et des expressions donc, qui naissent sur 4chan, s’y développent, et parfois en sortent. C’est manifestement le cas de l’expression « through seven proxies ».

« Ingooglelable », « bugger »…

Mais cette expression n’a manifestement pas encore franchi le cap, elle n’est pas encore entrée dans la langue, comme nombre d’autres mots et d’autres expressions provenant d’Internet. Elle a encore moins franchi cette étape supplémentaire, et signe de notre acculturation au numérique, qui consiste à sortir de la culture numérique pour être utilisée dans d’autres contextes que celui de l’informatique et d’Internet.

Regardez comme on parle couramment de « logiciel » pour désigner un corpus idéologique en politique (la droite doit « changer son logiciel ») ; de plus en plus on reproche à quelqu’un de « troller » une réunion ou une conversation (c’est-à-dire de s’y être comporté comme un troll sur un forum internet, en pourrissant la discussion), on dit aussi de quelqu’un qui se met soudainement à raconter n’importe quoi qu’il « bug ». Et tout le monde voit très bien ce qu’on entend par là.

Il faut se rassurer, ce phénomène n’est pas limité au français. En suédois, quand une personne est discrète au point qu’on a du mal à savoir quelque chose d’elle, on dit qu’elle est « ingooglelable ». En turc, j’aime beaucoup, les jeunes disent qu’ils ont « paramétré quelqu’un » quand ils l’ont remis à sa place, qu’ils lui ont cloué le bec (« paramétrer » quelqu’un sur un réseau social, c’est en gros lui limiter l’accès à une partie de nos contenus). En turc toujours, quand quelqu’un reste sans voix ou tient des propos incompréhensibles, on dit « Error vermek », mélange de turc et d’anglais qui signifie à peu près « il affiche erreur », comme un écran d’ordinateur. »

Bref nous sommes ainsi plus savant et nous ne répéterons pas avec « assurance » une expression qui ne correspond pas à la réalité.

Nous devons ce rectificatif à Vincent, heureux destinataire de ce mot du jour, et qui veillait au grain.

Que le ciel vous tienne en joie et vous éloigne de la persévérance dans l’erreur

<258>

Jeudi 13/03/2014

Jeudi 13/03/2014
« Aujourd’hui si on veut avoir des secrets,
il vaut mieux être un ingénieur système
qu’un ancien président de la république »
Xavier de la Porte
Notre ancien président a été écouté, cela a beaucoup surpris Xavier de la Porte qui réalise une chronique technique sur France Culture juste avant 9 heures.
Serait-ce le manque d’appétence de nos élites à l’égard de la technologie moderne ?
Xavier de la Porte nous rapporte en effet que Snowden est intervenu dans une conférence publique et que la NSA n’a pas été en mesure de repérer l’endroit d’où il intervenait…
Voici un extrait de cette chronique :
« Toute cette affaire d’écoute de l’ancien président de la République pose mille questions […] Mais il y a une qui m’est venue tout de suite à l’esprit et qu’on pose peu : comment se fait-il qu’il soit si facile, du point de vue technique, de mettre sur écoute un ancien président de la République ? Comment se fait-il que quelqu’un qui est assez au courant de ce qu’il est possible de faire en terme de surveillance (il a quand même été ministre de l’Intérieur et Président), qui aussi a les moyens de se faire conseiller (parmi les proches de Nicolas Sarkozy on compte quelques obsédés de la surveillance), comment se fait-il que quelqu’un qui a les moyens de se payer du matériel, qui se sait dans le viseur de la justice, qui veut manifestement avoir des conversations secrètes, comment se fait-il que cette personne ne trouve pas d’autre moyen de protéger ses communications que la multiplication des téléphones, inévitablement identifiés et mis sur écoute les uns après les autres ?
Soit Nicolas Sarkozy a d’autres canaux mieux sécurisés pour des conversations vraiment sensibles, soit il est d’une légèreté stupéfiante, victime d’une forme de dissonance cognitive qui mérite d’être étudiée. Car, oui, dans notre monde, il est très facile d’être mis sur écoute, très facile d’être surveillé, légalement ou pas. La question c’est : que fait-on de cela ?
Il y a deux jours, Edward Snowden, l’ancien employé de la NSA à l’origine du dévoilement du système de surveillance mis en place par les Américains, intervenait à la grande conférence technologique South by South Ouest qui se tient chaque année à Austin au Texas. Il intervenait en vidéo, depuis un lieu secret, en Russie où il s’est réfugié. Pour ne pas être tracée, la communication traversait sept proxy, c’est-à-dire sept serveurs l’anonymisant à chaque fois.
Cette intervention était la preuve en acte qu’on peut échapper à la surveillance. Et Edward Snowden l’a rappelé pendant cette intervention. Il a rappelé que l’on peut chiffrer les données, qu’on peut chiffrer les conversations. Et malicieusement, il a rappelé aussi qu’il avait été si prudent dans sa copie des documents de la NSA que la NSA n’était toujours pas en mesure de savoir quels documents qu’il avait copiés.
La morale : aujourd’hui si on veut avoir des secrets, il vaut mieux être un ingénieur système qu’un ancien président de la république. Mais il est possible d’avoir des secrets. Bien sûr, seulement c’est une conquête technologique. Il faut se donner un peu de mal. »
Voici l’article dans son intégralité où Xavier La Porte parle aussi d’un film de Francis Ford Coppola <ICI>

Mercredi 12/03/2014

Mercredi 12/03/2014
« L’introduction du marché – qui suppose l’égalité juridique entre les contractants –
mine les sociétés d’ordres et de statuts.
[…] la montée en puissance des mécanismes de marché
a sa part dans l’établissement de la démocratie. »
Laurence Fontaine
Laurence Fontaine est une historienne qui vient de publier aux éditions Gallimard Le marché, histoire et usages d’une conquête sociale.
Dans cet ouvrage, elle défend le marché, certes régulé, mais elle affirme que le marché est un des seuls moyens pour les plus pauvres et les plus démunis pour sortir de leur état et pour retrouver les voies de l’égalité et de l’honneur. Elle prend le contre-pied de ceux qui pensent que le marché est l’ennemi de l’égalité et des modestes.
J’ai découvert cette historienne et ses thèses dans l’émission : Les-matins de France Culture du 06-01-2014.
En revanche le mot du jour est extrait d’un entretien publié par le Point dont voici un extrait :
[…] pourquoi s’en prendre aux mécanismes de l’échange entre les hommes, et non aux hommes eux-mêmes ? Le marché ne fait, en effet, que refléter les préférences des individus ; il est aussi l’occasion de manifester leur capacité à coopérer (d’où la polysémie du mot « commerce » – comme dans « il est d’un commerce agréable »), mais aussi leur cupidité. Le marché, je le montre dans mon livre, est un legs de l’histoire. Il s’est lentement dégagé des interdits qui en bloquaient le développement – comme l’interdit du crédit à intérêt par l’Église. Le commerce de l’argent a longtemps été confié à des étrangers dans la cité, à des groupes discriminés. N’étant pas citoyens, ils ne risquaient pas d’utiliser leur enrichissement à des fins politiques. Si la finance, aujourd’hui, est mal régulée, c’est peut-être parce que la gauche ne s’y est pas beaucoup intéressée : elle trouvait ça dégoûtant…
[pour théoriser un marché comme espace symbolique de l’échange entre acteurs économiques autonomes…]Au départ, il y a une transaction, et c’est de là qu’il faut partir. La fixation d’un prix, après discussion, entre une personne qui fait une offre et une autre qui détermine le montant qu’elle est prête à payer. C’est cet accord entre des personnes qui est important. Ensuite, en effet, viennent les lieux de socialité où se concrétisent ces transactions. Étudier leur histoire nous renseigne sur la manière dont le marché a évolué au fil des âges. J’ai voulu découvrir la manière dont il s’est dégagé progressivement des entraves qui avaient été mises à son développement par les pouvoirs.
Vous insistez beaucoup sur la dimension morale du marché : c’est le lieu où l’individu peut conquérir son autonomie – les femmes en particulier ; et il présuppose une égalité juridique entre contractants – ce pourquoi il serait incompatible avec les sociétés d’ordres et d’états. Pourquoi ?
Parce que les sociétés d’ordres sont fondées sur la distinction de groupes sociaux de nature profondément inégalitaire. Les nobles doivent constamment démontrer et afficher leur supériorité. Ils ne sauraient échanger sur un marché libre avec des individus qui n’appartiennent pas à la même caste qu’eux. Un aristocrate ne connaît que le don et le privilège, pas l’échange marchand et le prix négocié, puisque c’est lui qui est censé fixer la valeur des choses. On le voit bien avec l’exemple des œuvres d’art : si un grand seigneur a goûté un tableau, il s’en fera de nombreuses copies. La valeur de l’œuvre tient à l’appréciation de cet aristocrate, et non, comme aujourd’hui, à la cote de son créateur. D’ailleurs, le noble ne va pas lui-même au marché ; il y envoie ses serviteurs. Il ne saurait s’abaisser à négocier un prix sans déroger. Et lorsque ses fournisseurs lui envoient leur facture, il les corrige de sa main, afin de montrer que c’est lui qui établit les prix. Ce que j’ai montré, c’est comment l’introduction du marché – qui suppose l’égalité juridique entre les contractants – mine les sociétés d’ordres et de statuts. Contrairement à une idée répandue, la montée en puissance des mécanismes de marché a sa part dans l’établissement de la démocratie.
[…] J’ai voulu montrer, dans mon livre, que ces petits colporteurs, ces marchands ambulants, font partie du même système que les puissants marchands qui envoient leurs bateaux à l’autre bout du monde. Tout se tient dans le marché. Le local et le lointain sont solidaires. Le capitalisme, c’est quoi ? Faire de l’argent avec du temps. Cela concerne tous ceux qui agissent sur un marché.
[…]
Pour vous, l’accès au marché est l’intérêt de tous et, en particulier, des plus démunis et des exclus du monde du travail. Pourquoi ?
Parce que le marché est l’un des lieux d’expression privilégiés de la créativité personnelle. Je m’intéresse aux stratégies de survie des pauvres dans les pays du Sud, comme ici, dans l’Europe de la crise. Il paraît évident que l’accès au marché permet de sortir la tête hors de l’eau. J’ai étudié le cas de familles pauvres à plusieurs époques de notre histoire : l’imagination déployée est, dans certains cas, extraordinaire. Mais pour démarrer une activité, il faut du capital, et c’est ce qui a toujours fait défaut aux pauvres. Tout le monde devrait pouvoir accéder à ce capital de départ. En outre, l’accès au marché entraîne d’autres bénéfices, comme l’amélioration de l’hygiène et du niveau d’éducation. On a longtemps attribué au calvinisme la propreté étonnante des intérieurs hollandais, dès le XVIe siècle. Je montre qu’il s’agissait, pour des familles vivant du commerce laitier, de protéger leur production qui se serait gâtée sinon. L’apparition de la femme marchande au XVIIe siècle, en France, m’apparaît aussi comme une conquête féminine.
L’article se trouve <ICI>

Mardi 11/03/2014

Mardi 11/03/2014
« La loi ne peut pas interdire la bêtise »
François Hollande
Propos tenus par le Président, lors de la Journée des femmes de cette année : http://www.bfmtv.com/politique/hollande-droit-femmes-est-un-combat-permanent-728058.html
Notre Président est très critiqué, mais ce propos me paraît d’une grande lucidité il faut donc le mettre en exergue.
Einstein avait dit : « Deux choses sont infinies l’Univers et la Bêtise humaine » mais je n’en suis pas totalement sûr pour l’Univers.
La bêtise notamment à l’égard des femmes a été de tous temps immense. Bêtise qui très souvent s’est muée en violence, violence extrême.
Et nous ne parlons pas du passé, aujourd’hui dans le monde cette violence est plus que jamais omniprésente.
Elle est présente, dans les pays où des religions imposent leurs lois imbéciles, dans les pays où la guerre s’attaque aux corps, à l’intimité, à la sensibilité et à l’honneur des femmes par le viol et la torture comme en Syrie ou d’autres pays dans des guerres oubliées ou ignorées de notre Occident. Elle est aussi très présente dans nos Etats occidentaux. Ainsi, « le Monde » parle de l’offensive des pays conservateurs sur les droits des femmes en Europe et dans le monde. Article que je joins en pièce jointe.
Si la loi ne peut pas interdire la bêtise, essayons comme le colibri de prendre notre part dans la lutte quotidienne contre ce fléau.

Lundi 10 mars 2014

« Il nous regardait comme si on était des diamants,
et forcément si on vous regarde comme ça,
vous devenez un diamant. »
Pierre Arditi rendant hommage à Alain Resnais
C’est en ce jour du 10 mars qu’aura lieu la cérémonie de l’Adieu à Alain Resnais.
J’ai eu ma première rencontre avec l’œuvre d’Alain Resnais, en 1978 à Strasbourg, en entrant par « Providence ». Dès les premières images je fus fasciné par la maîtrise du cinéaste qui filmait l’introspection et les fantasmes d’un vieil homme se penchant sur son passé.
Par suite j’ai suivi ce grand cinéaste souvent avec enthousiasme toujours avec intérêt que ce soit Mon oncle d’Amérique, On connaît la chanson, I want to go home ou cette extraordinaire performance d’acteurs que fût smoking / no smoking, et encore les herbes folles.
Des films si différents les uns des autres.
Et je trouve merveilleux cet hommage d’un de ses acteurs fétiches.
Il rappelle un point fondamental : le regard de l’autre est essentiel dans nos performances.
Des expériences l’ont montré : des élèves à qui on disait qu’ils étaient formidables avaient de meilleurs résultats que des élèves que l’on critiquait sans arrêt, alors qu’au départ les deux populations n’avaient pas des performances différentes.
<254>

Vendredi 07/03/2014

Vendredi 07/03/2014
« Attendre notre heure
Cacher nos capacités
Et ne jamais revendiquer le leadership »
Teng Hsiao-Ping
Cité par Claude Meyer, économiste, professeur à Sciences-Po. et grand spécialiste de la Chine alors qu’il était l’invité des Matins de France Culture du 19/02/2014
Il vient de publier « La Chine, banquier du monde » chez Fayard.
Le 18/02 l’Etat français et l’entreprise automobile d’Etat chinoise Dongfeng entraient au capital de PSA Peugeot Citroën après des mois de négociations compliquées.
Pour certains et notamment pour la famille Peugeot, cela ressemble à un mariage forcé. Pourtant, aussi bien l’Etat français que l’Etat chinois à travers Dongfeng ne détiendront (entre guillemets) que 14% du capital de PSA Peugeot Citroën et seront limités à cette portion.
La stratégie d’investissement chinois hors des frontières se poursuit donc, mais sous le regard des occidentaux.
Un regard vigilant certes mais aussi un regard gourmand, car qui dit Chine, dit argent et même beaucoup d’argent.
 Alors pourquoi tant de crainte vis-à-vis de l’investisseur chinois ?
Peut-être parce qu’on sait aujourd’hui qu’elle était la stratégie de l’Homme qui a sorti la Chine du maoïsme pour la jeter dans la compétition du capitalisme international.
Depuis, elle ne fait que surprendre par sa rapidité de développement et sa capacité à investir tous les domaines de l’économie.

Jeudi 06/03/2014

Jeudi 06/03/2014
«Nous savons maintenant qu’il est tout aussi dangereux d’être gouvernés par l’argent organisé que par le crime organisé.»
Franklin D. Roosevelt
C’est par cette phrase, prononcée par Franklin D. Roosevelt en 1936, que Jean-François Gayraud, haut fonctionnaire de police, commence un de ses ouvrages.
Il avait écrit « Géostratégie du crime.  » et vient de publier : »Le Nouveau Capitalisme criminel » chez Odile Jacob qui montre le capitalisme mafieux qui étend son emprise dans le monde, mafia dans laquelle les banques jouent un rôle considérable.
Il parle de la «collusion des élites».
En essayant de garder l’esprit du colibri

Mercredi 05/03/2014

Mercredi 05/03/2014
« les menaces dépassant en gravité tous ce qu’on a connu jusqu’ici, les réponses doivent être à la hauteur »
Michel Rocard
Michel Rocard a donné cet avis sur le site du média l’Opinion. Pour pouvoir lire l’article il faut être abonné et je ne suis pas parvenu à m’abonner, il semble que mon navigateur n’était pas convaincu de la sécurité de la transaction.
Mais il y a des extraits de cet article sur d’autres sites. Ainsi sur le site des Echos, Article des Echos du 27/02 :
Les Etats européens ne doivent plus se financer sur le marché privé et payer des intérêts, et l' »orage menace » devant le niveau actuel de la dette mondiale, estime l’ancien Premier ministre socialiste Michel Rocard, dans une interview Jeudi à l’Opinion.
« Il faut financer les Etats sans leur faire payer d’intérêts (…) Il ne faut plus que les Etats, en Europe, se financent sur le marché privé », souligne M. Rocard.
« Depuis la fin des Trente Glorieuses, fait-il valoir, notre dette s’élèverait, dans ce scénario, à 20% du PIB au lieu de 90% ».
« J’admets que ce serait une violation absolue du consensus monétariste sous l’égide duquel on est gouverné », poursuit l’ancien Premier ministre.
« Mais il est temps, d’une part, de se rappeler que la croissance américaine et britannique est entièrement financée par la planche à billets; d’autre part, que la dette mondiale est actuellement trois fois supérieure au PIB mondial », relève-t-il.
Selon lui, « l’orage menace. Il faut sortir de cet étau. C’est vital (…) Je demande à tous les grands penseurs de sciences économiques de me dire si mon idée n’est pas tenable ».
« La Banque centrale européenne n’a pas le droit de se comporter comme elle le fait aujourd’hui. Il est vital que nous dépassions nos conformismes intellectuels, compte tenu du fait que les +savants+ n’ont rien vu venir et que la mise en place d’un autre système ne peut être, bien entendu, que progressive. Ni, cela va de soi, se limiter à la seule France », développe encore l’ancien Premier ministre.
« Le pouvoir, en France comme en Europe, doit se moquer des médias, enseigner à tous les logiques de l’économie, griller la quotidienneté et accepter l’évidence que, les menaces dépassant en gravité et en nature tout ce qu’on a connu jusqu’ici, les réponses doivent être à la hauteur », analyse-t-il aussi.
Un autre d’un journaliste : Dominique de Montvalon sur son blog
Une Europe sans boussole ni le moindre « commandement »; une dette qui grimpe, qui grimpe; un chômage qui s’étend; une précarité qui se généralise: Michel Rocard vient de confier à l’Opinion ses angoisses – ou plutôt: son angoisse.
Le propos, qui n’est pas ordinaire, ne relève pas une seconde de l’humeur, encore moins du calcul politicien. D’abord, parce que ce n’est pas le genre de l’ancien Premier ministre: à 83 ans, toujours sur la crête de la vague. Ensuite parce que l’homme, toujours très courtisé dans toute l’Europe, n’a plus rien à attendre, donc à demander: à gauche, il jouerait désormais plutôt, à sa façon, le rôle d’une vigie.
« L’orage menace », constate-t-il, faisant observer que la dette mondiale est actuellement trois fois supérieure au PIB mondial. Et de plaider pour que les Etats n’aient plus à payer demain -il l’admet, ce serait une vraie révolution- les intérêts de leurs dettes. « Il faut sortir de cet étau, c’est vital (…). Vous disant cela, je vous parle la peur au ventre car le risque, si nous continuons de glisser, c’est un nouvel Hitler ». Et quand on lui dit que la « crise » angoisse les Français, il a cette réplique, du tac au tac: « Et moi, vous ne voyez pas que je pue l’angoisse ? ». L’ancien Premier ministre – sans citer ni Hollande ni Barroso ni tous les autres – formule, sur un ton grave, des conseils à ceux qui, dans la tempête, ont en charge le destin de leurs compatriotes: « Le pouvoir, en France comme en Europe, doit se moquer des médias, enseigner à tous les logiques de l’économie, griller la quotidienneté (sic) et accepter l’idée que, les menaces dépassant en gravité et en nature tout ce qu’on a connu jusqu’ici, les réponses doivent être à la hauteur ». En clair: il serait impératif de sortir, pour éviter que « tout se termine dans la rue », de « nos conformismes intellectuels ».
La vision caricaturale d’un solitaire – un peu comme l’était un Stéphane Hessel, mort il y a exactement un an, le 26 février 2013 ? Ou la lucidité d’un homme d’action qui voit poindre avec effroi de noirs orages ? En tout cas, Michel Rocard ne sourit pas.
Pour ceux qui voudrait aller sur le site de l’Opinion : <ICI>

Mardi 04/03/2014

Mardi 04/03/2014
« Voir les jours monter, les soirs descendre
Voir les flammes devenir des cendres
Et savoir que le mieux à tout prendre
C’est d’être tendre »
Claude Nougaro
Claude Nougaro est mort le 4 mars 2004, il y a dix ans !
C’était un magicien des mots et des sons qui dansaient ensemble.
J’ai découvert un site étonnant qui s’appelle <Les mots de Claude Nougaro>
Voici le texte intégral
Quand les jours meilleurs se font attendre
La vraie solution c’est de s’entendre
L’un tout contre l’autre pour s’étendre
Et d’être tendre,
Voir les jours monter, les soirs descendre
Voir les flammes devenir des cendres
Et savoir que le mieux à tout prendre
C’est d’être tendre
Tendre l’autre joue quand on s’embrasse l’une
Pondre des poutous comme un prunier des prunes
Se voler dans les plumes à coups de bisous doux
On ne sait pas tout ce que l’on peut apprendre
D’un regard très doux, d’un sourire si tendre
C’est simple à comprendre
Pourtant ça vient l’on ne sait d’où
Quand les jours meilleurs se font attendre
La vraie solution c’est de s’entendre
L’un tout contre l’autre pour s’étendre
Et d’être tendre,
Tendre