Mercredi 9 juillet 2014

« Pour la jeunesse et la paix »
Latifa Ibn Ziaten

Latifa Ibn Ziaten est la mère d’Imad, le premier soldat tué à Toulouse en mars 2012, l’une des sept victimes de Mohamed Merah.

Le mot du jour est le nom de l’association qu’elle a créée et dont le nom complet est « l’association Imad Ibn Ziaten pour la jeunesse et la paix »

« J’ai découvert cette femme lumineuse par l’émission de France Inter – ils changent le monde – du 30 juin »

Je dois même dire que j’ai été submergé par l’émotion, d’entendre cette femme simple, musulmane voilée, parler avec une langue limitée mais avec une intelligence du cœur incroyable de l’éducation, de la république, de la paix entre les religions, du respect que mérite chacun. J’ai été impressionné par sa dignité et son humanité.

Dans cette émission elle raconte d’abord le début de l’histoire pour elle : Un coup de fil en Turquie, où elle séjourne en vacances avec son mari, Ahmed, cheminot à la retraite, leur apprend la mort d’Imad, abattu d’une balle dans la tête, près d’un gymnase. Le couple arrive à l’aube à Toulouse. Latifa veut voir son fils à la morgue.

Mais la police l’en empêche et la soumet toute la journée à un interrogatoire d’où il ressort que la police soupçonne son fils d’être mêlé à de sombres trafics et d’avoir été victime d’un règlement de compte.

«Un policier m’a dit : « Madame, vous ne connaissez pas toute la vie de votre fils. » Parce qu’il s’appelait Imad et qu’il était arabe, la police a pensé qu’il était délinquant, s’indigne-t-elle. Mes enfants, je les ai les élevés dans le respect de l’autre, de la République. A la fin de l’interrogatoire, il est trop tard, la morgue est fermée et Latifa ne peut plus voir son fils.

Et elle raconte aussi comment, après la mort de son fils, elle a pris un taxi pour retourner à Toulouse dans le quartier des Izards, où a grandi l’assassin de son fils. Elle a approché des jeunes en train de fumer un joint, leur a demandé qui était Mohamed Merah : «Vous le connaissez pas, madame ? C’est un martyr, un héros !». Cette réponse l’a tuée «une seconde fois», dit-elle.

Mais elle, la musulmane voilée, va faire face, elle va leur dire qui elle est et ces jeunes d’abord méfiant, vont être ébranlés puis vont s’excuser et écouter cette femme leur dire qu’ils sont dans l’erreur et que l’Islam ne leur dit pas d’être violent, de faire du mal.

Puis elle créée l’association, pour faire de la pédagogie aller à la rencontre des parents et des enfants en train de se perdre. Elle sillonne les collèges, les lycées, les prisons, à la rencontre des jeunes.

«Si je peux éviter qu’une mère souffre comme je souffre, dit-elle, si je peux éviter un autre Merah, c’est un bon combat.»

Marie Huret écrit dans Marianne :

« On se dit qu’elle n’était pas préparée à ça, Latifa, la jeune Marocaine de Tétouan arrivée à 18 ans en France pour rejoindre son homme. C’est mal la connaître. Elle s’est toujours battue, a appris le français au centre social, pris le bus, fait du Solex. «Il fallait que je trouve ma liberté», dit-elle. Ses enfants grandissent dans une cité, des tours de 10 étages à Sotteville-lès-Rouen. Le couple achète un pavillon, ici, pas au Maroc. Chez les Ibn Ziaten, on ne dort pas jusqu’à midi, on range sa chambre, on partage le ménage, on fait ses devoirs. Mais on dialogue, on choisit son sport, ses petits amis, ses études. Ses cinq enfants ont reçu une double culture, tous ont un métier, standardiste, prof de sport, chargé de com… Imad était le second. «Mon fils, il faisait mieux les gâteaux que moi, confie Latifa. L’éducation, c’est la base. Ce n’est pas à l’école d’éduquer nos enfants. Le repas se prend en famille. « L’école, ça va ? Les devoirs, ça va ? » C’est ça, le dialogue. J’ai cadré mes enfants, quand j’ai senti qu’ils étaient capables, je les ai laissés trouver leur chemin.»

« Un autre article, dans l’Express qui lui est consacrée se finit par cette réflexion : «A 52 ans, Latifa qui cherchait « un peu de lumière » a trouvé sa voie: tenter d’oublier ses souffrances, les cantines et le musée de Rouen pour prôner la réconciliation universelle. Avec juste cette hantise: « Qu’on se serve de ma douleur comme un label et que je finisse par faire commerce avec ma souffrance ». Lucide jusqu’au bout.

Le monde reste beau, tant qu’il existera des femmes comme Latifa Ibn Ziaten

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Mardi 08/07/2014

Mardi 08/07/2014
«Nous sommes dans un moment de réformisme affolé»
Laurence Lemouzy, rédactrice en chef de la revue « Pouvoirs Locaux » et directrice scientifique de l’institut de la gouvernance territoriale
C’est ainsi que Laurence Lemouzy décrit la réforme territoriale actuellement préparée par le gouvernement <Dans une émission ‘le Grain à moudre du 18/06/2014 très critique à l’égard de cette réforme>
Elle présente notamment deux réflexions qui me paraissent pleines de bon sens :
Une réforme de cette envergure a vocation à être annoncée lors de la campagne électorale présidentielle, de sorte que celui qui est élu peut se prévaloir du suffrage universel pour réaliser cette évolution.
Une telle réforme territoriale ne peut pas être déconnectée d’une réforme de l’Etat qui doit être réalisée en parallèle et en cohérence avec l’autre.

Lundi 07/07/2014

Lundi 07/07/2014
« trolls de brevets »
(patent trolls, en anglais)
Un ami, Didier, destinataire du mot du jour a attiré mon attention sur une émission d’ARTE concernant les brevets que vous pouvez regarder en replay mais encore très peu de temps et qui sera aussi rediffusé Mardi 15.  Le lien est <ICI>
Vous apprendrez combien cette folie des brevets impacte la vie quotidienne surtout des américains mais aussi la nôtre.
Au départ on brevetait une invention que l’on souhaitait exploiter et produire.
Mais aux Etats Unis on a voulu ouvrir de plus en plus la possibilité des brevets.
On a permis ainsi de breveter une idée et aussi le vivant.
Dans l’émission un spécialiste explique que tout est dans les mots qu’on utilise. Cette politique de brevets est en train de tomber dans le côté obscur de la force, comme dirait un Jedi.
Et dans cette émission, entre autre, vous apprendrez à connaître les « trolls de brevets » (patent trolls, en anglais), ces entreprises dont le seul but consiste à faire valoir leurs brevets en justice.
Ces entreprises accusent d’autres entreprises d’exploiter un produit qui contrefait un de leurs brevets. Après dans un échange qui peut s’analyser en une opération de chantage ils vont convaincre l’autre entreprise, à l’amiable (drôle d’expression dans ce contexte, il n’y a rien d’amical dans cette démarche) de leur payer un « dédommagement » afin d’éviter de porter le litige devant les tribunaux. Ils profitent notamment de la Justice américaine qui avantage énormément le demandeur.
Il semblerait selon le monde, dont je joins un article à ce message que la Maison Blanche a l’intention depuis un an de combattre ces abus. On apprend dans cet article que les pratiques de ce groupe d’entreprises comptent pour 60 % des plaintes liées aux brevets déposées aux Etats-Unis. Si vous ne l’avez pas encore vue, regarder cette émission d’Arte, pour mieux comprendre les dérives de notre économie dérégulée et libérale.

Vendredi 04/07/2014

Vendredi 04/07/2014
«Vous serez intelligent le jour où vous aurez compris
ce que signifie vraiment le mot démagogie.»
Monsieur Comtesse, Mon professeur de français de Troisième.
Je me souviens de cette parole que j’ai entendue il y plus de 40 ans.
Et depuis, je m’efforce de rester vigilant.
Le démagogue gouverne et dirige très mal.
Mais hélas, le plus souvent, ce sont les démagogues qui sont élus.
Normalement avec les réseaux sociaux, l’extraordinaire mémoire de nos systèmes dématérialisés qui gardent toutes les professions de foi, tous les discours, toutes les promesses. Nous devrions globalement toujours pouvoir démasquer les démagogues.
Avec cette mémoire qui est à notre disposition il est simple à reconnaître : un démagogue ne fait pas ce qu’il dit, ne dit pas ce qu’il fait et promet ce qu’il sait ne pas pouvoir tenir.
J’ai la drôle d’impression que malgré tous ces outils nous continuons globalement à nous laisser abuser.
Que le Ciel vous tienne en joie et nous permette tous de progresser et de devenir plus intelligent au sens où l’entendait mon professeur qui est soit très vieux, soit plus de ce monde.
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Jeudi 03/07/2014

Jeudi 03/07/2014
« [La Loi] doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse. «
Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen 1789 – Article 6
Quand je me suis mis hier soir, comme chaque jour, à la quête d’un mot du jour, différentes réactions et propos entendus à travers les médias m’ont conduit tout naturellement vers ce texte fondateur de notre République.
Il a existé une France d’avant 1789. Dans ce monde-là, régnaient les privilèges. Un noble n’était pas soumis aux mêmes impôts, aux mêmes juges que la femme et l’homme du tiers Etat. Le manant pouvait s’asseoir quand le noble était assis et le lui permettait, quand il le croisait il devait s’écarter et bien d’autres choses encore.
C’est pour mettre fin à ce monde-là, que des hommes se sont révoltés.
Imprégnés des valeurs des Lumières ils ont rédigé et fait connaître ce texte libérateur dont l’article 6 dispose :
Art. 6. La Loi est l’expression de la volonté générale.
Tous les Citoyens ont droit de concourir personnellement, ou par leurs Représentants, à sa formation. Elle doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse.
Tous les Citoyens étant égaux à ses yeux sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents.
Dans le Monde tel qu’il est, le Puissant ou le Riche ne sera jamais plus mal traité par la Justice que le Modeste ou le Pauvre et c’est normal. L’inverse n’est hélas pas toujours vrai. Nul besoin d’en dire plus.

Mercredi 02/07/2014

Mercredi 02/07/2014
«Crucifiement»
Attacher un homme sur une croix

Le crucifiement est une ancienne méthode d’exécution consistant à placer le supplicié sur une croix, un support en forme de T ou un arbre et à l’attacher par divers moyens (clous, cordes, chaînes, etc.). Il existe plusieurs variantes du supplice que l’on retrouve à différentes périodes (dès l’Antiquité) et dans différentes civilisations.

Plusieurs recherches semblent indiquer que la mort a lieu par asphyxie, du fait de la traction sur les muscles supérieurs qui entraîne une compression du diaphragme.

« Crucifixion » est réservée au supplice du Christ et des œuvres d’art qui décrive ce sujet.

Après le mot et la chose, voici le mot et le sujet.

Souvent pour mot du jour, je connais le sujet mais je dois chercher le mot.

Mot qui éclaire, mot qui explique, mot qui introduit, mot qui provoque.

Comment dénoncer les monstres qui sous le masque de la religion s’adonnent à la cruauté en Irak et en Syrie ?

<Ce groupe qui s’est donné pour nom Etat Islamique de l’Irak et du Levant et qui revendique aujourd’hui le califat a réinventé cet usage barbare et antique pour impressionner les foules qu’il entend soumettre>

Voilà un groupe qui fait la guerre, guerre de religion, s’empare d’une ville, sépare les chiites des sunnites et puis massacre tous les chiites.

Cela nous rappelle les méthodes nazies, mais ils vont encore plus loin dans l’horreur. Quand les nazis assassinaient en masse, ils le cachaient. Ils organisaient même des visites de la croix rouge dans des camps « modèles » de nature à tromper la vigilance du monde.

Rien de tel dans ce groupe de fou haineux. A l’instar de l’ONU ou de la Cour des Comptes, <Il publie son rapport annuel> Rapport de 400 pages où ils énumèrent et détaillent leurs exactions, bref ils se vantent de leurs crimes.

On apprend aussi que ce groupe <est très riche, On estime sa fortune à 2, 3 milliards de dollars>

Et pour tout cela nous pouvons continuer à remercier George W Busch qui par son intervention insensée a préparé le terrain pour ces guerres de religion. Il vit tranquillement dans son ranch du Texas où il peint et expose ses peintures…

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Mardi 01/07/2014

Mardi 01/07/2014
«Tout est moins cher mais on est ruiné.»
Périco Légasse
Périco Légasse est journaliste à Marianne.
Une étude plus fine nous apprendra qu’il est avant tout journaliste gastronomique mais aussi le fils d’un homme politique basque « Marc Légasse » qui fut le fondateur du mouvement autonomiste au Pays basque français après la Seconde Guerre mondiale.
Enfin pour ceux qui aiment l’émission « on n’est pas couché » ils apprendront qu’il est le mari de Natacha Polony.
Je trouve qu’il dit quelque chose de fondamental dans l’évolution de notre modèle économique :
« Cela fait mal de voir l’excellence de ce qui fait la France s’écrouler avec les prix. Fallait-il être si devin pour se douter que la course folle au toujours moins cher condamnait notre industrie à aller se fournir ailleurs ? Et un si grand génie pour comprendre que le toujours moins cher érigé en système conduit au toujours moins bien ? L’intelligence et la vertu ont un prix, la liberté et la dignité aussi, l’environnement et la santé encore plus. Que nous dit, en fait, la grande distribution ?
«Ami consommateur, je vais te faire économiser de l’argent sur ce qui est utile – et souvent français – pour que tu puisses en dépenser davantage sur ce qui est futile – et souvent importé de loin – que je te fournirai aussi, bien entendu. Pour te séduire et te prouver mon souci de préserver ton pouvoir d’achat, ma raison d’être, je vais donc serrer un peu plus le cou des transformateurs qui pourront ainsi étrangler un peu plus leurs fournisseurs.»
Et nos agriculteurs de produire au rabais pour répondre à ce défi, en livrant des denrées de moins en moins chères, donc de moins en moins bonnes, à un lobby agroalimentaire fabriquant des produits de plus en plus économiques donc de plus en plus mauvais. […]
Certes, mais il faut bien que les pauvres se nourrissent pour pas cher, sans quoi le diabète, le cholestérol LDL et le cancer générés par la malbouffe ne rempliraient plus les caisses de l’industrie pharmaceutique. «Ami consommateur, continue à acheter à bas prix dans les grandes surfaces, tes maladies m’enrichissent aux frais de la Sécurité sociale.» Voilà le tableau, hélas si peu caricatural, de ce que devient la France. Tout est moins cher, mais elle en crève. « 
Voilà l’article cité est <ICI>
Que le ciel vous tienne en alerte, car notre manière de consommer n’est pas neutre sur ce sujet

Lundi 30/06/2014

Lundi 30/06/2014
«Le mot et la chose»
Abbé de L’Attaignant (1697-1779)
« Madame quel est votre mot
Et sur le mot et sur la chose
On vous a dit souvent le mot
On vous a fait souvent la chose
Ainsi de la chose et du mot
Vous pouvez dire quelque chose
Et je gagerais que le mot
Vous plaît beaucoup moins que la chose
Pour moi voici quel est mon mot
Et sur le mot et sur la chose
J’avouerai que j’aime le mot
J’avouerai que j’aime la chose
Mais c’est la chose avec le mot
Mais c’est le mot avec la chose
Autrement la chose et le mot
A mes yeux seraient peu de chose
Je crois même en faveur du mot
Pouvoir ajouter quelque chose
Une chose qui donne au mot
Tout l’avantage sur la chose
C’est qu’on peut dire encore le mot
Alors qu’on ne fait plus la chose
Et bien voici mon dernier mot
Et sur le mot et sur la chose
Madame passez-moi le mot
Et je vous passerai la chose »
Et pour peu que vaille le mot
Mon Dieu c’est toujours quelque chose
De là je conclus que le mot
Doit être mis avant la chose
Qu’il ne faut ajouter au mot
Qu’autant que l’on peut quelque chose
Et que pour le jour où le mot
Viendra seul hélas sans la chose
Il faut se réserver le mot
Pour se consoler de la chose
Pour vous je crois qu’avec le mot
Vous voyez toujours autre chose
Vous dites si gaiement le mot
Vous méritez si bien la chose
Que pour vous la chose et le mot
Doivent être la même chose
Et vous n’avez pas dit le mot
Qu’on est déjà prêt à la chose
Mais quand je vous dis que le mot
Doit être mis avant la chose
Vous devez me croire à ce mot
Bien peu connaisseur en la chose
Philippe Meyer m’a fait découvrir, ce matin, ces mots sur la chose et la chose à travers les mots

Vendredi 27/06/2014

Vendredi 27/06/2014
«Si cela s’était passé un siècle plus tôt, l’archiduc François-Ferdinand et sa femme auraient peut-être été tués à Sarajevo, mais il n’y aurait peut-être pas eu la première guerre mondiale. «
Frank-Walter Steinmeier
Le ministre des affaires étrangères de l’Allemagne après sa participation au Conseil des Ministres de la République Française
Demain, il y a 100 ans Gavrilo Princip, qui n’avait pas encore 20 ans, commettait un acte qui allait avoir des conséquences désastreuses : 18, 6 millions de morts, voilà le bilan de la guerre 14-18.
Beaucoup d’historiens remettent en cause l’enchainement inexorable des évènements de cet assassinat vers la guerre. Ils veulent dire que cet enchainement n’était pas écrit comme le prétendait les livres d’Histoire de notre jeunesse. Il y a eu des erreurs d’appréciation, des incompréhensions tout au long de ce mois de juillet 1914.
Par exemple, des sources allemandes montrent que les responsables allemands étaient persuadés que le Royaume Uni n’entrerait pas en guerre au côté de la France, il semble bien que s’ils avaient été convaincus du contraire, ils n’auraient pas déclaré la guerre à la France.
Il est certain que cette guerre a été avant tout un échec de la diplomatie. Un siècle après, le 14 mai 2014 Le ministre des affaires étrangères de l’Allemagne participait au conseil des Ministres de la France.
Après cet évènement M. Steinmeier a déclaré : « J’étais non seulement très ému, mais, si cela s’était passé un siècle plus tôt, l’archiduc François-Ferdinand et sa femme auraient peut-être été tués à Sarajevo, mais il n’y aurait peut-être pas eu la première guerre mondiale. »
Que le Ciel nous tienne en joie, aujourd’hui nous nous disputons avec les allemands mais nous ne nous battons plus avec eux.
Le progrès existe, nous le vivons.

Jeudi 26/06/2014

Jeudi 26/06/2014
«Les autrichiens,
 c’est ce peuple qui a réussi à faire croire que
Hitler était allemand et Beethoven autrichien.»
Billy Wilder ou un autre on ne sait pas bien
Revenons au premier K de la Cacanie : les autrichiens.
Les autrichiens qui prétendent que l’anschluss a été fait à l’insu de leur plein gré comme dirait notre Virenque national.
L’Autriche qui a donné à l’ONU un secrétaire général puis récupéré pour Président de la République : Kurt Waldheim un vrai nazi ayant joué un rôle éminent dans les exactions de la Wehrmacht dans les balkans.
Et puis laissons donc la parole à une autrichienne : la prix Nobel Elfriede Jelinek :
«Cette nation qui a hérité soi-disant malgré elle de ce que les nazis ont instauré. De cette prétendue « innocence », car on croit que nous avons été occupés par les Allemands contre notre gré. Nous étions « innocents » et, dès lors, nous le sommes toujours. Mais pour quiconque ayant grandi dans l’après-guerre, on saisit bien toute cette contradiction, cette ambiguïté. L’Autriche a en effet connu une très rapide dénazification, qui s’est vite arrêtée pour ne jamais reprendre. Je le répète : nous étions « innocents », etc. On nous a alors offert quelques traités ou conventions internationales, et notre innocence a été ainsi reconnue par écrit. Dès lors, toute personne retirant la couverture de ce lit de mensonges est vue comme quelqu’un qui salit la patrie. C’est mon cas. Les bien-pensants et les tenanciers du politiquement correct aimeraient d’ailleurs bien écraser toutes ces voix « poil à gratter » – l’extrême droite nous a même surnommés « la société de chasse gauchiste ». Aujourd’hui, nous en sommes là.
[…] la formule [Les autrichiens, c’est ce peuple qui a réussi à faire croire que Hitler était allemand et Beethoven autrichien ] je l’ai maintes fois entendue – elle a été attribuée à de très nombreuses personnes, pas seulement à Billy Wilder. Et je dois bien reconnaître qu’elle n’est pas totalement fausse. C’est certainement l’un des pays les plus corrompus de l’Europe de l’Ouest – l’Autriche n’est d’ailleurs pas vraiment un pays occidental, c’est là que commencent les Balkans, dont on parle souvent d’une manière péjorative. On tient peut-être une partie du problème… L’Autriche se voit toujours comme la terre des grands classiques (même si ceux-ci la méprisent), celle de Freud (quand bien même il en a été expulsé !) et de l’avant-garde (même si elle n’en est, au fond, pas forcément fière).»