Jeudi 24/07/2014

Jeudi 24/07/2014
« J’ai la ferme conviction que cette affaire [Areva/UraMin] a été montée pour distribuer des sommes d’argent considérables à des hautes personnalités tant africaines que françaises. »
Vincent Crouzet
Entre corruption et crime organisé, vérité et mensonge, Vincent Crouzet révèle les dessous de l’affaire Areva / UraMin dans son roman « Radioactif », paru aux éditions Belfond.
Pour écrire son roman Radioactif, Vincent Crouzet s’est inspiré de faits et de personnages réels. Un exercice qui lui a valu d’être entendu pendant sept heures par la brigade financière de Paris, en qualité de témoin. Ce roman brode autour du rachat d’UraMin par Areva et intéresse beaucoup les enquêteurs.
En 2007, Areva rachète la compagnie UraMin qui détient de concessions d’uranium en Centrafrique, en Namibie et en Afrique du Sud. La somme de ce rachat est de 2, 5 milliards de dollars. Selon la version officielle ces gisements n’ont rien rapporté parce que les cours se sont effondrés. Mais dans son roman, Vincent Crouzet a une thèse selon laquelle l’argent a servi à arroser en pots-de-vin de multiples rétrocessions.
« Les enquêteurs m’ont avoué que c’était la première fois qu’ils convoquaient un romancier pour être auditionné sur une affaire d’une telle ampleur », explique Vincent Crouzet, romancier et consultant géopolitique. Ce sont les sources et les témoins qui intéressent particulièrement les enquêteurs.
« Dans la vérité et dans mon roman, la compagnie paie 75 fois la valeur initiale de ces trois mines. Donc, il faut savoir où est parti cet argent car je ne peux pas imaginer que des gestionnaires d’une grande société, comme Areva ou Murana dans mon roman, peuvent se permettre de payer 75 fois une compagnie. »
 Dans Radioactif, on pourrait croire que peu de choses sont romancés. Pourtant, Vincent Crouzet assure qu’il a inventé, même si c’est un roman à clé assez facile.
« J’ai fictionné parce que je n’ai que des éléments. C’est un vrai roman d’espionnage. Je me suis emparé des éléments qui étaient en ma connaissance pour en faire un vrai thriller et un roman d’espionnage. »
« Si j’avais eu des éléments et des preuves j’aurai bien évidemment écrit un document, mais j’avais tout ce qu’il fallait pour écrire un très beau roman. Je ne pensais pas que la justice me rattraperait. »
La corruption est immense et omniprésente. La France n’est pas épargnée, bien au contraire

Mercredi 23/07/2014

Mercredi 23/07/2014
«Contrats à durée déterminée d’usage courant »
Contrat de travail à Radio France
Un article publié le 15/07 sur RUE 89 de la journaliste Anouk Cohen revient sur l’abus de l’intermittence à Radio France.
« C’est curieux mais c’est ainsi : comme France Télévisions, Radio France abuse du système de l’intermittence. A la Maison ronde, les producteurs animateurs sont tous intermittents, embauchés en contrats à durée déterminée d’usage courant (CDDU) pour une saison radiophonique.
Deux types d’intermittence existent :

le contrat de grille, où l’employé est embauché sur une période de dix mois et payé via un forfait de cachets mensualisés ;

l’intermittence basique, où l’employé est embauché pour des périodes de travail aléatoires.

En 2012 – la DRH nous a affirmé que les chiffres n’avaient pas beaucoup bougé depuis –, 5 000 collaborateurs étaient en CDDU à Radio France.
Selon la société, ces collaborateurs ont « toujours » été intermittents.
Interrogé en 2013 par les députés membres de la mission d’information sur les conditions d’emploi dans les métiers artistiques, Jean-Luc Hees, alors patron de Radio France, a justifié le recours à des emplois non permanents « pour permettre la modification de la grille des programmes qui évolue chaque année ». Le rapport des élus précise :
« Il a en outre expliqué que l’embauche de salariés sous contrat à durée indéterminée, par exemple de producteurs, posait la question du motif du licenciement de ces salariés en cas d’évolution de cette grille.
Il a donc estimé que l’emploi sous de tels contrats conduirait à “ geler ” les programmes de Radio France et a, par ailleurs, noté que le contrat à durée déterminée d’usage présentait un avantage pour les salariés non reconduits dans leurs fonctions, en raison des indemnités de fin de collaboration auxquelles il ouvre droit. »
Les syndicats sont eux plus réservés sur la question. Le rapport poursuit : « Ainsi que l’a noté le syndicat Sud Radio France, la situation des salariés en contrat à durée déterminée d’usage est fragile : Radio France leur impose une situation précaire alors qu’ils occupent, pour certains, des fonctions permanentes de l’entreprise. Il en résulte une absence de réelle évolution de carrière et, en outre, un préjudice important en matière de retraites. »
La logique voudrait en effet qu’ils aient un statut de salarié permanent, affilié au régime général. Mais pour faire des économies, Radio France les maintient dans la « permittence ». «
Voilà un autre concept la « permittence » : se dit de celui qui travaille exclusivement pour un employeur mais reste intégré au régime d’intermittent.
Une productrice se confie à la journaliste sur cette manière de lien avec son employeur : « C’est épuisant toute une vie. »

Mardi 22/07/2014

Mardi 22/07/2014
«Dites-nous qui donne naissance aux irresponsables ? […]
Tout le monde sait comment on fait les bébés
Mais personne sait comment on fait des papas»
Stromae Papaoutai
Des destinataires de ce mot du jour connaissent bien mieux que moi ce chanteur belge venu enchanter (témoignage de Cécile) les Nuits de Fourvière de Lyon, le 12 Juin 2014
Je crois que nous pouvons tous fan, pas fan ou néophyte partager ces paroles.
Nous vivons, en France, dans un monde où des gens en sortant d’une boite de nuit <sont agressés à la machette>
Où parmi des gens qui veulent manifester pacifiquement pour dire leur désaccord avec l’usage de la violence à Gaza <Des jeunes attaquent une épicerie casher>
Parmi cette population de jeunes border line, cherchant ses repères et basculant dans l’extrémisme ou simplement la délinquance, dans combien de cas l’absence ou la non présence des pères est primordiale ?
Quelquefois la mère est absente aussi, mais malgré les évolutions, dans notre société globalement les mères continuent à être plus présentes et à se préoccuper davantage du devenir de leurs enfants.
Alors cette question : sait on comment on fait les papas est plus que pertinente, fondamentale.
Pour celles et ceux qui ne connaissant rien de Stromae ( comme moi !) :
Stromae, « maestro » en verlan, de son vrai nom Paul Van Haver, né le 12 mars 1985 à Bruxelles, est un auteur-compositeur-interprète et producteur belge de hip-hop, de musique électronique et de chanson française.
Stromae est né en Belgique de père rwandais et de mère flamande. Au mois d’avril 1994, alors que la guerre fait rage au Rwanda, un appel leur annonce le décès de son père et l’hécatombe qui décime presque toute sa famille élargie au cours du génocide au Rwanda. Sa mère élève seule à Bruxelles, puis en périphérie, une fratrie de quatre fils et une fille. À l’âge de onze ans, Stromae commence à s’intéresser à la musique et s’inscrit à l’Académie musicale de Jette pour prendre des cours de solfège et de batterie. Sa mère l’envoie à l’internat jésuite de Godinne. <La suite sur Wikipédia>
Parole de Papaoutai:
Dites-moi d’où il vient
Enfin je saurais où je vais
Maman dit que lorsqu’on cherche bien
On finit toujours par trouver
Elle dit qu’il n’est jamais très loin
Qu’il part très souvent travailler
Maman dit « travailler c’est bien »
Bien mieux qu’être mal accompagné
Pas vrai ?
Où est ton papa ?
Dis-moi où est ton papa ?
Sans même devoir lui parler
Il sait ce qu’il ne va pas
Ah sacré papa
Dis-moi où es-tu caché ?
Ça doit, faire au moins mille fois que j’ai
Compté mes doigts
Où t’es, papa où t’es ? etc. [Refrain]
Quoi, qu’on y croit ou pas
Y aura bien un jour où on y croira plus
Un jour ou l’autre on sera tous papa
Et d’un jour à l’autre on aura disparu
Serons-nous détestables ?
Serons-nous admirables ?
Des géniteurs ou des génies ?
Dites-nous qui donne naissance aux irresponsables ?
Ah dites-nous qui, tient,
Tout le monde sait comment on fait les bébés
Mais personne sait comment on fait des papas
Monsieur Je-sais-tout en aurait hérité, c’est ça
Faut l’sucer d’son pouce ou quoi ?
Dites-nous où c’est caché, ça doit
Faire au moins mille fois qu’on a, bouffé nos doigts
[Refrain]
Où est ton papa ?
Dis-moi où est ton papa ?
Sans même devoir lui parler
Il sait ce qui ne va pas
Ah sacré papa
Dis-moi où es-tu caché ?
Ça doit, faire au moins mille fois que j’ai
Compté mes doigts
Où est ton papa ?
Dis-moi où est ton papa ?
Sans même devoir lui parler
Il sait ce qui ne va pas
Ah sacré papa
Dis-moi où es-tu caché ?
Ça doit, faire au moins mille fois que j’ai
Compté mes doigts
[Refrain]
Stromae

< Voici le clip sur Dailymotion >

Lundi 21/07/2014

Lundi 21/07/2014
« Mon peuple habitera dans un lieu de paix… ».
Livre d’Isaïe Chapitre 32 verset 18
Dans ce déchainement de violence à Gaza auquel nous assistons de manière impuissante, il existe en Israël un village dont parle l’Hebdomadaire « Le Point ».
Le nom de ce village est Neve Shalom-Wahat al-Salam
Ce village coopératif, dont le nom signifie en hébreu et en arabe « oasis de paix », regroupe depuis 1977 à la fois des familles juives et des familles arabes palestiniennes (musulmanes ou catholiques).
Fondé en 1970 par le frère dominicain Bruno Hussar, juif d’origine et de nationalité israélienne, il offre depuis l’exemple d’une cohabitation équilibrée et sans accrocs entre deux peuples prétendument irréconciliables.
<L’article de Wikipedia qui lui est consacré> dit qu’il tire son nom du Livre d’Isaïe (32, 18) où il est dit « Mon peuple habitera dans un lieu de paix… » qui est le mot du jour d’aujourd’hui.
Si on y ajoute le verset précédent : on obtient de ce livre, écrit environ 8 siècles avant notre ère, cette parole de sagesse :
«Et le produit de la justice sera la paix, et le fruit de la justice le repos et la sécurité pour jamais.
Mon peuple habitera dans un séjour de paix, dans des habitations sûres, dans des demeures tranquilles.»
De ces deux peuples sur une même terre, la guerre ne résoudra rien. La paix ne pourra être que le fruit de la justice et de la sécurité, pour chacun des deux peuples.
Selon « Le Point » le village de Neve Shalom-Wahat al-Salam (NSWAS) est unique en son genre. Situé entre Jérusalem et Tel-Aviv, non loin de la frontière cisjordanienne, il constitue une enclave pacifiste dans une région marquée par l’éternel conflit israélo-palestinien.
L’ancien membre des Pink Floyd Roger Waters y avait délocalisé son concert du 22 juin 2006 initialement prévu à Tel-Aviv, attirant du même coup plus de 40 000 personnes ce soir-là ! Et l’auteur-compositeur de déclarer : « J’ai fait changer le lieu du concert, qui aura lieu à Neve Shalom-Wahat al-Salam en signe de solidarité avec les voix de la raison, palestiniennes ou israéliennes, qui cherchent une voie non violente pour une paix juste. »
Une cinquantaine de foyers, soit plus de 200 personnes, composent ce village, et des travaux d’extension sont en cours pour accueillir 34 nouvelles familles. Deux voire trois autres extensions sont d’ores et déjà à l’étude. L’activité principale de NSWAS réside dans le travail éducatif pour la paix, l’égalité et la compréhension entre les deux peuples. De fait, plusieurs institutions sont tournées vers cet objectif. D’abord, une crèche, un jardin d’enfants et une école primaire, dotés d’un système éducatif laïque, bilingue et biculturel. Dans ce dernier établissement, les enfants juifs et palestiniens suivent pendant six ans une éducation commune. Ensuite, une « école pour la paix », par le biais de conférences et de séminaires, forme les jeunes ainsi que les adultes à la médiation de conflits ou à la connaissance approfondie de la culture de l’autre, par exemple. Ses enseignants interviennent en outre dans des universités israéliennes et comptent lancer prochainement un master de « résolution des conflits » avec l’université du Massachusetts de Boston. Enfin, le village accueille un centre spirituel pluraliste, le Doumia-Sakinah, où les résidents et les visiteurs des différentes confessions, juive, musulmane mais aussi chrétienne, viennent se rencontrer. Des activités y sont ainsi organisées : dialogue, étude ou encore méditation.
Les habitants « veulent démontrer ainsi la possibilité de coexister en développant une communauté sociale, culturelle et politique, fondée sur l’acceptation mutuelle, le respect et la coopération dans la vie quotidienne – chaque personne demeurant fidèle à sa propre identité nationale, culturelle et religieuse ». « La vie quotidienne de la communauté est organisée sur des bases démocratiques. Un secrétaire et un secrétariat sont élus chaque année et tous les membres participent aux assemblées régulières où les questions concernant la communauté sont discutées et décidées. NSWAS est indépendant de toute autorité extérieure et n’est affilié à aucun parti politique. »
L’objectif affiché du village n’est pas la fusion mais la cohabitation des deux peuples et des deux cultures.
Et enfin pour ceux qui veulent aller voir le Livre d’Isaïe <En voici une traduction>
La paix sera le fruit de la Justice et de la Sécurité

Vendredi 18/07/2014

Vendredi 18/07/2014
[Après la sanction des Etats-Unis contre la BNP]
« les autorités européennes, grecques, italiennes… pourraient sanctionner Goldman Sachs pour avoir truqué les comptes publics grecs qui ont permis à Athènes d’entrer dans la Zone euro, et JP Morgan pour avoir vendu des prêts toxiques en Italie. »
Gaël Giraud
Gaël Giraud est ce Jésuite, économiste et directeur de recherche au CNRS qui avait déjà été cité lors du mot du jour du 19 mars 2014.
Dans un article de l’Express, il s’exprimait un peu avant que l’amende ait été définitivement infligée par les Etats Unis à la BNP et donne une suggestion sur le bon usage que l’Europe pourrait en faire.
Il écrit notamment :
«Prétendre que BNP Paribas a respecté les lois françaises ou européennes et que la seule faute qui lui vaut une menace d’amende est l’utilisation du dollar relève de la mauvaise foi: les Etats-Unis ont toujours clairement signifié aux entreprises installées chez eux (où elles gagnent donc de l’argent, les Etats-Unis représentant plus de 10% du chiffre d’affaires de la BNP) qu’elles devaient respecter les embargos américains. Ce n’est pas au titre de l’utilisation du dollar que la première banque française se fait gourmander mais parce qu’elle était parfaitement informée qu’en ne respectant pas ces lois, elle prenait un gros risque. A ce titre, « l’Union Sacrée » qui s’est construite dans la presse française autour de ce qui pourrait devenir un BNPGate, avec ces cris d’orfraies au son de « Il faut sauver le soldat BNP » est confondante.
Autant que je sache, BNP Paribas est poursuivi pour avoir violé des embargos américains (à l’aide de dollars US compensés aux États-Unis) mais aussi pour avoir détruit des documents compromettants, entravant par là le cours de la justice, et accessoirement pour avoir traité les procureurs américains avec l’arrogance dont certains banquiers ne sont plus capables de se départir… J’en conclus, pour ma part, que, si sanction il y a, elle est légitime.
Dix milliards de dollars sont une petite somme pour ce monstre bancaire dont l’actif au bilan (1800 milliards d’euros fin 2013) est proche du PIB français (2000 milliards), et dont les fonds propres pèsent 90 milliards. Au pire, les actionnaires de la banque ne percevront pas de dividendes cette année. Ce sera leur contribution à la précarité dans laquelle les excès financiers (dont font partie les actions qui sont aujourd’hui reprochées à BNP Paribas) ont plongé une bonne partie des citoyens européens.
[…]
La bonne « réponse » à cette offensive de l’administration américaine n’est certainement pas de nous chercher des excuses pour que BNP Paribas échappe à la justice. Au contraire, les autorités européennes, grecques, italiennes… pourraient sanctionner Goldman Sachs pour avoir truqué les comptes publics grecs qui ont permis à Athènes d’entrer dans la Zone euro, et JP Morgan pour avoir vendu des prêts toxiques en Italie. «
<328>

Jeudi 17/07/2014

Jeudi 17/07/2014
« L’impôt sur le revenu a 100 ans »
Il a été instauré par la loi du 15 juillet 1914
Je n’ai pas voulu reprendre le titre de l’article de Laurent Mauduit sur Mediapart que je joins au message : « Le sinistre centenaire de l’impôt sur le revenu ».
Mais il est vrai qu’on n’entend pas beaucoup commémorer cet évènement qui a constitué une avancée remarquable vers plus de justice de l’impôt. Mais aujourd’hui l’impôt sur le revenu n’a pas bonne presse.
Mauduit écrit : « Commémorant le centenaire de l’impôt sur le revenu, l’Institut des politiques publiques livre une note ravageuse montrant comment, depuis trente ans, ce prélèvement a été progressivement démantelé.
Cette radiographie constitue un réquisitoire contre la politique fiscale conduite par François Hollande, au mépris de « l’esprit de la République ».
C’est un anniversaire important mais que les dignitaires socialistes français, oublieux des combats de leurs glorieux prédécesseurs, se sont bien gardés de commémorer : instauré par la loi du 15 juillet 1914, l’impôt sur le revenu vient juste d’avoir cent ans. Aucun oubli pourtant dans cette absence de célébration : si ni François Hollande ni Manuel Valls n’ont jugé opportun de saluer cet événement historique, c’est qu’en vérité, la politique fiscale qu’ils conduisent aujourd’hui tourne radicalement le dos aux principes de justice fiscale et sociale qui ont été à l’origine de la création du plus célèbre des prélèvements français.
En douterait-on, il suffit de consulter la passionnante étude que vient de publier à cette occasion l’Institut des politiques publiques (IPP). Retraçant l’histoire fiscale du siècle écoulé, elle établit une radiographie consternante de ce qu’est devenu l’impôt sur le revenu : un impôt croupion, qui taxe bien davantage les classes moyennes que les très hauts revenus. «
Une affiche reproduite dans l’article montre qu’au moment de sa création la violence de la lutte contre cet impôt de justice était forte.

Mercredi 16/07/2014

Mercredi 16/07/2014
«Tout ce qui est techniquement possible
n’est pas humainement souhaitable»
Jean Leonetti  député des Alpes-Maritimes à l’origine de la loi de 2005 relatives aux droits des malades et à la fin de vie.
Eric Kariger, médecin en charge de Vincent Lambert au CHU de Reims, avait été invité de France Info au lendemain de la décision de la Cour européenne des droits de l’Homme de le maintenir en vie, malgré l’avis du Conseil d’Etat.
Depuis il a démissionné de son poste, il était l’objet de menace de mort.
Lors de cette émission il avait exprimé son souhait que les choses juridiques aillent vite.
Le médecin souhaitait également revenir sur la décision du Conseil d’Etat, la plus haute juridiction administrative française, qui elle a reconnu « la totale légalité de la procédure que nous avons mené, qui vient confirmer aussi douloureusement que cela puisse être que la situation de notre patient est bien qualifiée d’obstination déraisonnable ». « Cet avis fait aussi avancer les choses », explique-t-il. Cette affaire « nous rappelle que la loi Leonetti est une loi probablement la plus équilibrée des pays européens, et suffisante ».
Concernant le recours devant la Cour européenne, il s’interroge : c’est « peut-être le recours de trop, dans une société qui a oublié que la mort n’est pas un drame, qu’elle fait partie de la vie, que nous y passerons tous, que respecter la mort c’est respecter la vie ».
Et il a cité cette parole de sagesse de Jean Leonetti : « Tout ce qui est techniquement possible n’est pas humainement souhaitable »
Jean Léonetti a aussi été quelque jour avant <Le grand témoin du 20 06 2014>

Mardi 15/07/2014

Mardi 15/07/2014
«la finale de la Coupe du monde symbolise les progrès de la parité en politique»
Jean-Marie Pottier
Que dire d’intelligent, maintenant que ce grand show sportif et médiatique, organisé par une organisation mafieuse, la FIFA, a donné son verdict.
En réalité, il s’agit d’un grand rut des nations qui ont trouvé un moyen moins violent que la guerre pour s’affronter et désigner le mâle dominant, pardon l’équipe victorieuse.
Mais grâce <à un article de Slate> et du journaliste Jean-Marie Pottier, cette coupe du Monde nous montre une évolution tout à fait sympathique.
Pour la première fois, la finale fut, au niveau des nations, une affaire exclusivement de femme : La présidente du Brésil, nation invitante, est Dilma Rousseff, la chancelière de l’Allemagne est Angela Merkel et la présidente Argentine est Christina Kirchner.
Cette réflexion conduit à un autre article qui montre l’évolution de l’Amérique du Sud entre les années 70 et aujourd’hui et qu’on peut montrer par une photo.
Ce mot du jour est donc dédié aux femmes et au Progrès. Rappelons que sur le drapeau du Brésil il y a la formule du positiviste français Auguste Comte : »Ordre et Progrès »

Vendredi 11/07/2014

Vendredi 11/07/2014
« A mon premier conseil des ministres,
j’ai pensé au Roi Lion – « Souviens-toi d’où tu viens »«
Thierry Braillard, secrétaire d’Etat aux sports
Interview à Lyon Capitale N° 733 Mai 2014 page 24
Faut-il commenter ?
Les lyonnais connaissent Thierry Braillard, un des députés de Lyon
Lyon Capitale prétend même qu’il souhaite devenir Maire de Lyon après Gérard Collomb qui après l’avoir soutenu pour battre aux dernières législatives le candidat soutenu par le PS, semble en froid avec lui.
Et cet homme politique est devenu secrétaire d’Etat. Il a donc l’honneur de participer au conseil des Ministres. Et quel est l’auteur qui l’inspire à ce moment solennel ?
Walt Disney
C’est simple ! C’est frais !
Pensons que si par Malheur, la France ne trouve pas les moyens de sauvegarder le système des intermittents (en le réformant bien entendu, en éliminant les trop nombreux abus, probablement en finançant en grande partie le système par l’impôt), la culture se résumera à Walt Disney et quelques autres grosses machineries américaines faisant appel aux bons sentiments, aux happy end mais où la profondeur et la subtile complexité de l’humain sera largement simplifiée.

Jeudi 10/07/2014

Jeudi 10/07/2014
«La notion de limite fait partie de moi
alors que j’avais l’impression d’être sans limite.>
Christian Streiff
Christian Streiff était le patron de Peugeot Citroën. Il travaillait comme un forcené.
Mais pour lui, tout a failli s’arrêter le 22 mai 2008. Ce Jeudi matin-là, éreinté, le patron de Peugeot et Citroën s’accorde une pause entre deux réunions. Une sieste de dix minutes, comme il en fait depuis quelque temps pour évacuer la pression. Avenue de la Grande-Armée, au siège parisien du groupe, il s’enferme dans son bureau du neuvième étage et demande que personne ne le dérange.
Mais la pause s’éternise. Quand sa secrétaire entrouvre la porte, elle le découvre gisant sur la moquette, nauséeux. Il respire mal. L’infirmière d’entreprise veut l’envoyer à l’hôpital. Il résiste : ce n’est qu’un petit malaise, non ? « Non, cette fois-ci, vous nous laissez faire », réplique son chauffeur, accouru lui aussi. Pied au plancher de la Peugeot de fonction, il emmène son patron à la Pitié-Salpêtrière. Diagnostic : un accident vasculaire cérébral. Sévère. Voilà le PDG du CAC 40 entre la vie et la mort.
Près de cinq ans plus tard, Christian Streiff est un autre homme.
Il était l'<Invité de l’émission le grand témoin du 26-06-2014> où il raconte sa nouvelle vie et détaille le livre qu’il a écrit pour raconter son AVC et sa très lente remontée vers une vie normale. Le fonctionnement de sa mémoire notamment est touché
Dans J’étais un homme pressé, aux éditions du Cherche-Midi, Christian Streiff fait le récit des trois ans qu’il va lui falloir pour se délivrer de son handicap et construire sa vie d' »après ». Obligé de quitter le rôle du capitaine d’industrie, il continuera malgré tout à se projeter dans l’avenir, à tout faire pour renouer avec ses projets et trouver un sens différent à son existence.
Ce livre, articulé autour de la perte d’une partie de soi, raconte son retour vers des passions simples qui avaient été progressivement chassées de sa course d' »homme pressé », ainsi que la reconquête de sa mémoire.
Ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre, Christian Streiff a retrouvé la souvenance des mots et recommence une carrière dans l’industrie, mais il protège désormais un temps pour ces autres facettes de lui-même que l’AVC lui a donné la chance de reconquérir.
Avant son AVC, il n’envisageait pas de prendre son temps. « Je courais de 5h jusqu’à 22h ou 23h. Aujourd’hui, je prends le temps de vivre, de retrouver ma famille, mes enfants, de lire, de me promener. »
Christian Streiff connaît aujourd’hui ses limites. « La notion de limite fait partie de moi alors que j’avais l’impression d’être sans limite. Chaque fois que je démarre quelque chose je pèse l’effort que cela va signifier. »
Christian Streiff est aujourd’hui vice-président de Safran. « Je pense prendre les problèmes beaucoup plus sereinement et beaucoup plus efficacement. »
Faire de nos épreuves une force, voilà le secret
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