Mercredi 06 novembre 2013

Mercredi 06 novembre 2013
« Une chasse d’eau de WC doit contenir 5 litres »
La commission européenne
C’est quoi ce mot du jour à la con, Alain ?
Ben, c’est le « Times » qui l’a révélé puis d’autres journaux qui ont emboîté le pas.
On apprend donc que la commission européenne va proposer de normaliser les contenances des chasses d’eau des WC européens à 5 litres et puis les urinoirs à 1 litre etc.
Pour ce faire, il a fallu réaliser un rapport de 122 pages, 3 ans de réflexion pour un coût estimé à 89 300 euros.
Donc ce mot du jour contribue à vous faire poser des questions sur l’intérêt des sujets qu’aborde la commission européenne dans la situation actuelle de l’Union.
Un des articles consacrés à cette belle question :

Mardi 05 novembre 2013

«Le président « normal » est uruguayen.»
Daniel Cohn Bendit

Ce propos a été tenu par Daniel Cohn Bendit lors de son émission sur Europe 1 du 04/11/2013.

Il parle de José Mujica Cordano, surnommé « Pepe Mujica » qui est né à Montevideo le 20 mai 1935 et a été élu président le 29 novembre 2009.

Ex-guérillero des Tupamaros dans les années 1960-1970, il a été détenu en tant qu’otage par la dictature (1973-1985).

Dès son arrivée au pouvoir il a décidé de reverser 87 % des 250 000 pesos mensuels (9 400 euros) de son salaire de chef d’État à des organismes d’aide au logement social.

Son secrétaire, Julio Martinez, affirme :

«Pour Mujica, la carrière politique ne doit pas être un moyen de se servir des ressources de l’État, mais de rendre service au citoyen»,

Depuis qu’il est président, il a dépénalisé l’avortement, légaliser la vente de cannabis, autoriser le mariage homo sexuel.


Dans Courrier international : la presse d’Amérique du sud reste ébahie par le style de Pepe Mujica. Le président refuse d’habiter le palais présidentiel. Il préfère vivre dans une ferme, avec son épouse qui est sénatrice.

La maison est sommaire : une seule chambre et un toit en zinc.

Est-ce de la démagogie ? Apparemment non. Le seul « luxe » du président est une Coccinelle bleue, achetée en 1987. Pepe Mujica refuse la société de consommation. Il cite les philosophes de l’antiquité : « le pauvre, c’est celui qui a besoin de beaucoup ».

Le cinéaste et musicien d’origine serbe, détenteur de deux palmes d’or cannoises Emir Kusturica a décidé de consacrer un documentaire à cet homme étonnant.

Courrier international lui a consacré un numéro en août qu’il a intitulé déjà : « Le vrai président normal »

Il a tenu un discours très remarqué à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU, le 24 septembre 2013, en disant notamment :

« Je suis du Sud, je viens du Sud » […] « Si l’humanité entière aspirait à vivre comme un Américain moyen, nous aurions besoin de trois planètes » [c’est ] « une civilisation contre la simplicité, contre la sobriété, contre tous les cycles naturels, et, ce qui est pire, une civilisation contre la liberté de disposer du temps de vivre les relations humaines, l’amour, l’amitié, l’aventure, la solidarité, la famille. »

Lien vers l’émission de Cohn Bendit : <Le président normal est uruguayen>

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Lundi 04 novembre 2013

Lundi 04 novembre 2013
« Die Schuld »
Langue allemande, La dette en langue allemande
Nous savons combien « la dette » occupe de place dans le langage d’aujourd’hui et aussi justifie des pans entiers de la politique économique menée dans l’Union européenne.
Nous connaissons aussi la place que joue l’Allemagne dans cette politique.
La sortie d’un livre particulièrement documentée sur la dette et dont les médias français se font l’écho, m’ont rappelé ce qu’un commentateur avait souligné il y a quelques mois, le mot qui signifie dette en allemand « Schuld » est le même mot qui signifie « Faute ». En allemand dire « tu es coupable » se traduit « du bist schuldig »
Evidemment si on considère que celui qui a des dettes est coupable ou a commis une faute, on comprend beaucoup de chose dans la manière de réagir des allemands.
Or un anthropologue américain, David Graeber a écrit un pavé de 624 pages : Dette : 5000 ans d’histoire , Les liens qui libèrent, 2013, où il explique que la dette est un mécanisme consubstantiel au capitalisme.
Voici ce qui est écrit sur la quatrième page de couverture :
Voici un livre capital, best-seller aux États-Unis – près de 100 000 exemplaires vendus – écrit par l’un des intellectuels les plus influents selon le New York Times et initiateur d’Occupy Wall Street à New York.
Un livre qui, remettant en perspective l’histoire de la dette depuis 5 000 ans, renverse magistralement les théories admises. Il démontre que le système de crédit, apparu dès les premières sociétés agraires, précède de loin l’invention des pièces de monnaie. Quant au troc, il n’a été qu’un pis-aller et ne s’est réellement développé que dans des situations particulières ou de crise.
La dette a donc toujours structuré nos économies, nos rapports sociaux et jusqu’à nos représentations du monde. David Graeber montre que le vocabulaire des écrits juridiques et religieux de l’Antiquité (des mots comme « culpabilité », « pardon » ou « rédemption ») est issu en grande partie des affrontements antiques sur la dette. Or il fonde jusqu’à nos conceptions les plus fondamentales du bien et du mal, jusqu’à l’idée que nous nous faisons de la liberté. Sans en avoir conscience, nous livrons toujours ces combats… Selon l’auteur, l’endettement est une construction sociale fondatrice du pouvoir.
Si autrefois les débiteurs insolvables ont nourri l’esclavage, aujourd’hui les emprunteurs pauvres – qu’il s’agisse de particuliers des pays riches ou d’Etats du tiers-monde – sont enchaînés aux systèmes de crédit. « L’histoire montre, explique Graeber, que le meilleur moyen de justifier des relations fondées sur la violence, de les faire passer pour morales, est de les recadrer en termes de dettes – cela crée aussitôt l’illusion que c’est la victime qui commet un méfait. » Trop d’économistes actuels perpétuent cette vieille illusion d’optique, selon laquelle l’opprobre est forcément à jeter sur les débiteurs, jamais sur les créanciers. Ils oublient aussi une leçon déjà connue de la civilisation mésopotamienne : si l’on veut éviter l’explosion sociale, il faut savoir « effacer les tablettes »… Un essai essentiel et foisonnant qui nous permet de mieux comprendre l’histoire du monde, la crise du crédit en cours et l’avenir de notre économie.
où il parle aussi de la « Schuld ».

Mercredi 30 octobre 2013

Mercredi 30 octobre 2013
«La liberté du consommateur et de l’individu moderne,
c’est la liberté du cochon devant son auge. »
Peter Sloterdijke

Peter Sloterdijke est un philosophe allemand né en 1947.

Je ne le connaissais pas, mais il a été cité par Hervé Juvin pendant les matins de France Culture du 16/10/2013.

Hervé Juvin avait été invité pour la sortie de son livre : « La grande séparation. Pour une écologie des civilisations »

Intellectuellement très fin, difficile à classer sur l’échiquier politique, Hervé Juvin a une hantise : l’avènement d’un « homme nouveau » partout sur la planète, l’homo economicus, réduit à son seul pouvoir économique.

Il explique très simplement que nul n’a plus le droit de discriminer selon l’origine, la religion, l’orientation sexuelle, mais il reste un critère de discrimination unique et massif : la richesse.

Cette discrimination est réelle, elle sépare, elle fait vivre les individus dans des mondes différents, elle justifie des comportements et des traitements différents.

Et c’est alors qu’il dénonce l’illusion de la liberté individuelle poussée à son paroxysme qui n’est devenu rien d’autre qu’une liberté à consommer. Consommer des biens, des idées, des loisirs, des services, des droits (du type droit à l’enfant).

Toutes choses dont on tient à nous convaincre que sans ces biens de consommation nous ne sommes rien.

Pour illustrer cette liberté de consommer il cite Peter Sloterdijke

A cela il oppose la liberté collective, la liberté de la nation et tout ce qui nous réunit et nous dépasse et nous permet de connaître nos racines et de sentir la solidarité de ceux qui partagent la même culture.

<Faut–il redécouvrir le vrai sens de la politique afin de préserver nos diversités ?>

Hervé Juvin est très clivant. Les réactions des auditeurs de France Culture sur la page, dont je vous envoie le lien, sont aux deux extrêmes, les uns crient au génie les autres disent que France Culture se diabolise à inviter cet intellectuel proche de Raymond Barre et de Marcel Gauchet.

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Mardi 29 octobre 2013

Mardi 29 octobre 2013
Cela devient cher d’être pauvre
Martin Hirsch
Titre du livre que Martin Hirsch vient de faire paraître.
Martin Hirsch tend à démontrer que les plus précaires payent, en proportion, plus cher que le reste de la population pour les mêmes produits et services.
Il multiplie les exemples en commençant par le logement où plus les surfaces sont petites, plus le prix au mètre carré est onéreux : « Quand le coût de l’abonnement pour l’électricité et le gaz est un prix uniforme, sa répercussion sur chaque kilowatt sera plus élevée pour ceux qui, parce qu’ils ont un appartement plus petit ou moins d’équipement, consomment moins. »
De la même manière ils n’ont pas accès aux forfaits téléphones, ils doivent acheter des cartes et dans ce cas le prix de la minute de conversation est plus cher.
L’article du Nouvel Obs. qui est consacré à ce livre rappelle Coluche : « Chez nous, les fins de mois étaient difficiles, surtout les trente derniers jours. »

Lundi 28 octobre 2013

Lundi 28 octobre 2013
«Aujourd’hui un enfant qui regarde un magazine pense que c’est un ipad en panne.»
Dominique Reynié, président de la Fondapol
Intervention lors de l’émission questions critiques de Jean-Marie Colombani, lors de l’émission du Vendredi 18 octobre 2013 consacré « au discours dominant sur l’identité française « 
Cette intervention était censée donner une image « choc » montrant la révolution dans le monde de la culture et de l’accès à l’information

Vendredi 25 octobre 2013

Vendredi 25 octobre 2013
« Tout l’espoir n’est pas de trop pour regarder le siècle en face »
Aimé Césaire Revue Tropiques Nr 1, 1941
La Revue Tropiques qu’il avait fondée avec sa femme Suzanne.
Je suis allé voir le spectacle historiquement exact et humainement émouvant au TNP de Villeurbanne, « Une saison au Congo » d’Aimé Césaire qui raconte les quelques mois où Patrice Lumumba a été le premier ministre du Congo indépendant jusqu’à sa mort brutale devant la coalition des intérêts et des lâchetés.
Ce mot d’espoir, mais qui dit aussi les défis qu’il nous faut affronter a été cité par Christine Taubira mais je l’ai trouvé aussi dans l’hommage que l’Assemblée Nationale avait rendu à Aimé Césaire le Lundi 24 juin 2013
M. Thomas Thévenoud. : […]  » C’est l’appel de 1941 qui ouvre le premier numéro de la revue Tropiques et qui marque l’avènement du discours chez le poète.
Avant même d’être élu pour la première fois en 1945, Césaire appelle à la mobilisation collective :
« Nous sommes de ceux qui disent non à l’ombre. Nous savons que le salut du monde dépend de nous aussi.
Que la terre a besoin de n’importe lesquels d’entre ses fils. Les plus humbles.
L’Ombre gagne.
Ah ! tout l’espoir n’est pas de trop pour regarder [le siècle] en face !
Les hommes de bonne volonté feront au monde une nouvelle lumière, mais il n’est plus temps de parasiter le monde, c’est de le sauver plutôt qu’il s’agit.
Il est temps de se ceindre les reins comme un vaillant homme. » »
Voici le lien vers l’hommage de l’Assemblée Nationale : http://www.assemblee-nationale.fr/14/cri/2012-2013/20130281.asp

Mercredi 23 octobre 2013

Mercredi 23 octobre 2013
«Les impôts c’est comme le cholestérol,
ce n’est pas la dernière tranche de fromage
qui fait la mauvaise analyse de sang. «
Bernard Cazeneuve – Ministre du budget – successeur de Jérôme Cahuzac
Propos tenu hier à l’Assemblée Nationale
Une communication de plus en plus innovante, Des images de plus en plus en plus hardies : «Les impôts c’est comme le cholestérol ».
La chute montre une préoccupation pédagogique louable.
Mais il fallait oser comparer les impôts à une maladie

Mardi 22 octobre 2013

Mardi 22 octobre 2013
«La seule certitude que j’ai, c’est d’être dans le doute.»
Pierre Desproges

Titre d’un livre paru en 2001 qui est la transcription d’un entretien, très libre, de Pierre Desproges avec Yves Riou et Philippe Pouchain en décembre 1986.

C’est aussi le titre d’un spectacle de textes de Desproges lu par Christian Gonon qui passe actuellement Du 19 au 27 octobre 2013 à Paris, au Studio-théâtre de la Comédie-Française et qui viendra du 5 au 16 novembre à Villeurbanne au Théâtre national populaire.

C’est surtout un mot plein de sens que l’on pourrait compléter par le mot suivant : « Les personnes pleines de certitudes me plongent dans le doute ».

http://www.rue89.com/rue89-culture/2013/10/20/desproges-a-comedie-francaise-etonnant-non-246778

Lundi 21 octobre 2013

Lundi 21 octobre 2013
«Lorsque vous nommez une chose,
le mot vous distrait, vous éloigne de l’observation»
Krishnamurti Entretiens à Morcelo (Porto Rico)
Dans son livre « Aux Etudiants » paru chez Stock
Il y eut une époque où je lisais beaucoup ce philosophe d’origine indienne.
L’affaire Léonarda m’a rappelé cette parole de sagesse.
Je ne parle pas du fond de l’affaire : était-il justifié d’expulser cette famille, les policiers qui sont allés chercher cette jeune fille ont-ils agit humainement ? Ni de l’attitude des médias.
Ce dont je parle, c’est l’utilisation de « mots » qui classent, qui rangent dans la bonne case permettant d’éviter d’observer et de réfléchir à la réalité.
Ainsi quand on nomme une chose « l’immigration », « les roms », « la reconduite à la frontière », ce sont des concepts qui certes peuvent entraîner des raisonnements. Mais qui ne représentent pas la réalité.
Alors quand on parle de Léonarda qui est un prénom, on ne parle plus d’un concept, ni d’une case mais d’une personne, qui a un visage, une histoire, qui parle, qui a une humanité.
Et là on est interpellé et tout devient plus compliqué, les certitudes peuvent s’amollir.
Krishnamurti continue son discours par cette explication :
« Lorsque vous dites « c’est un cyprès », vous regardez l’arbre à travers le mot, donc vous ne le regardez pas vraiment mais à travers l’image que vous avez construite et cette image vous empêche de voir. »