Vendredi 19 décembre 2014

Vendredi 19 décembre 2014
« Mieux vaut une société où les riches ont 1000 et les pauvres 100, qu’une société où les riches ont 200 et les pauvres 50 »
Cela devient lassant de dire que les inégalités explosent dans le monde, mais un rapport de l’OCDE qui vient de paraître va plus loin en démontrant que les inégalités ne sont pas bonnes pour l’économie, en effet ce rapport publié le 09/12/2014  prétend que si on diminuait les inégalités cela doperait la croissance.
En effet «  L’effet le plus important constaté sur la croissance est provoqué par le creusement de l’écart entre, d’un côté, la classe moyenne inférieure et les ménages pauvres et, de l’autre, le reste de la société. L’éducation est la clé : c’est principalement à cause de l’investissement insuffisant des ménages pauvres dans l’éducation que les inégalités pèsent sur la croissance. »
Et Xavier Timbaut, directeur du Département analyse et prévision à l’OFCE et invité à cette émission a rappelé ce propos du philosophe libéral John Rawls qui est connu pour avoir développé la théorie de la justice qui est une théorie libérale qui justifie l’inégalité.
En la simplifiant on pourrait la développer en deux étapes :
Les inégalités sont efficaces parce que ceux qui travaillent plus, prennent plus de risques, font le plus d’efforts doivent toucher plus de revenus pour entretenir leur motivation. Sinon ces personnes qui sont les moteurs de l’économie ne produiraient pas autant d’efforts et de richesses.
La seconde  correspond au mot du jour, elle se base sur ce postulat c’est que dans une société où les riches sont beaucoup plus riches, les pauvres en profitent et sont aussi plus riches que dans une société où il y aurait des riches moins riches.
C’est ce second postulat qui est mis à mal par l’étude l’OCDE : dans la société d’aujourd’hui les pauvres ne profitent plus du fait que les riches deviennent plus riches et c’est même le contraire.
Julia Cagé, professeur d’économie à Sciences po Paris qui était aussi invité rapporte que « des études aux Etats Unis ont montré que l’augmentation des revenus des 1% les plus riches étaient directement liée à la diminution du taux marginal de l’impôt sur le revenu qui était appliqué à ces revenus. Dès lors l’Etat se prive de revenus qu’elle ne peut investir dans l’enseignement et c’est ainsi qu’on constate que dans toute une partie de la classe moyenne le nombre d’enfants qui font des études supérieures est en diminution constante. »
Xavier Timbaut a alors été encore plus explicite en élargissant le propos à la France et aux grandes écoles, c’est par le coût des études comme par la qualité des premiers niveaux que les riches évincent de plus en plus la classe moyenne des Grandes Ecoles et se retranchent derrière une méritocratie de façade pour justifier la réussite de leurs enfants et capter tous les débouchés rémunérateurs. Ce phénomène est général dans quasi  tous les pays. Cette émission nous apprend aussi que la Suède, si souvent montrée en exemple, est le pays où les inégalités ont le plus progressé ! Oui même la Suède, il est vrai qu’il partait d’un niveau très égalitaire.
Sur la page d’accueil de ce site, vous pourrez notamment lire :
« Ces éléments indiscutables montrent à quel point il est crucial de s’attaquer à l’aggravation des inégalités si l’on veut favoriser une croissance forte et pérenne, et combien il importe de placer cette question au premier plan des débats sur l’action à mener », constate Angel Gurría, Secrétaire général de l’OCDE. « Ce sont les pays qui œuvrent à l’égalité des chances dès le plus jeune âge qui parviendront à relever le défi de la croissance et de la prospérité ».
« Le creusement des inégalités a coûté plus de 10 points de croissance au Mexique et à la Nouvelle-Zélande ces vingt dernières années, et entre 6 et 9 points aux États-Unis, à l’Italie et au Royaume-Uni. Le même phénomène s’observe en Finlande, en Norvège et en Suède, même si les niveaux d’inégalité étaient moins élevés. À l’inverse, une situation plus égalitaire a contribué à faire progresser le PIB par habitant en Espagne, en France et en Irlande avant la crise. 
Selon de nouveaux éléments mis en évidence dans ce rapport, les inégalités agissent principalement sur la croissance en limitant les possibilités d’instruction des enfants issus de milieux socioéconomiques modestes, ainsi que la mobilité sociale et le développement des compétences. 
Les résultats scolaires des personnes dont les parents ont un faible niveau d’instruction se dégradent à mesure que les inégalités de revenu sont plus prononcées. À titre de comparaison, ce n’est pratiquement pas le cas, voire pas du tout, lorsque le niveau d’instruction parental est moyen ou élevé.
Les effets des inégalités sur la croissance découlent de l’écart non pas entre les 10 % les plus pauvres de la population mais bien entre les 40 % les plus défavorisés et le reste de la société. L’OCDE estime que les programmes de lutte contre la pauvreté ne pourront, à eux seuls, résorber cet écart. Les transferts en nature et le renforcement de l’accès aux services publics, notamment à des services d’éducation, de formation et de soins de qualité, constituent un investissement social essentiel pour améliorer l’égalité des chances à long terme. »
Si c’est les économistes et plus seulement les moralistes et les gauchistes qui le disent, peut être qu’on va enfin s’occuper à réduire les inégalités !

Jeudi 18 décembre 2014

« L’entreprise libérée »
Concept d’organisation de l’entreprise sans hiérarchie

Théorisé il y a plus de cinquante ans aux Etats-Unis, ce concept débarque en France dans les années 1980. La fonderie Favi, qui est le premier groupe à le tester, supprime les pointeuses et incite ses ouvriers à travailler sans hiérarchie.

« D’autres entreprises suivent, mais ce sont des cas isolés. Quelque chose change pourtant à la fin des années 2000 », estime Isaac Getz, coauteur de Liberté & Cie, Quand la liberté des salariés fait le succès des entreprises (Fayard, 2012).

L’entreprise Chronoflex a fait la même démarche. France Inter, dans son émission « On n’arrête pas l’Eco » du samedi 13 Septembre a fait un reportage de 10 min sur « Le mouvement de libération des entreprises » en s’intéressant à cette entreprise. Les journalistes sont allés en reportage à l »entreprise ChronoFlex et son leader libérateur Alexandre Gérard y témoignent et quelques autres personnes y donnent leur avis.

Vous pouvez réécouter ce reportage ici (il se situe dans l’émission entre 23′ à 33′).

Pour Chronoflex c’est l’histoire d’un beau rebond. En 2009, le chiffre d’affaires de Chrono Flex s’effondre. Frappée par la crise, la PME spécialisée dans le dépannage de flexibles hydrauliques sur engins de chantier subit deux plans de licenciements. « Une expérience traumatisante que je ne souhaitais pas revivre, raconte Alexandre Gérard. C’est pourquoi je me suis intéressé à d’autres formes d’organisation. »

Le PDG du groupe révolutionne alors le management de Chrono Flex. Les salariés sont réorganisés en petites équipes géographiques, chacune cooptant son capitaine. Exit les contrôles et les symboles de pouvoir, place à la prise d’initiatives. Quatorze mois après ce changement de cap et dans une conjoncture toujours aussi morose, le chiffre d’affaires a augmenté de 15 %. Le taux d’absentéisme a chuté. « Et 2013 a été notre meilleure année depuis la création de l’entreprise », s’enthousiasme M. Gérard.

Aux Etats-Unis, l’e-marchand de chaussures Zappos a supprimé tous ses postes de managers pour mettre en place des équipes auto-organisées. En France, des entreprises comme Poult, Lippi et Chrono Flex optent aussi pour la déhiérarchisation.

La crise semble, en tout cas, avoir joué en faveur d’une responsabilisation des collaborateurs et d’une déstructuration de la bureaucratie hiérarchique. Le succès des sociétés qui ont osé le pari de la déhiérarchisation fait le reste. L’entreprise libérée est dans toutes les bouches.

Jean-François Zobrist, ancien directeur de la fonderie Favi et porte-parole de l’entreprise libérée, se dit ainsi de plus en plus sollicité. « J’ai eu 112 demandes d’intervention, en 2013, par des groupements de patrons, des grandes écoles, et surtout des entreprises. » Des PME, mais aussi des grands groupes. A l’image d’Auchan, qui a annoncé une révolution de son modèle d’organisation au profit d’un management en pyramide inversée.

« En période de crise, ce sont ceux qui sont le plus près du terrain qui comprennent le mieux les besoins des clients et qui peuvent y répondre », explique Jean-André Laffitte, DRH d’Auchan France. Déhiérarchiser, c’est responsabiliser tous les collaborateurs, mais aussi supprimer des échelons.

Je tire ces informations d’un article du Monde > <ICI mais il faut être abonné>

En m’intéressant à Chronoflex j’ai aussi trouvé ce lien vers le site du blog qui raconte leur histoire d’innovation et l’explicacation de leur philosophie « <Sur le chemin de la libération>

< Et ici un site consacré à l’entreprise libérée>

En espérant bientôt l’Administration libérée

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Mercredi 17 décembre 2014

Mercredi 17 décembre 2014
« À aucun moment les techniques d’interrogatoire renforcées de la CIA n’ont permis de recueillir des renseignements relatifs à des menaces imminentes,
tels que des informations concernant d’hypothétiques « bombes à retardement », dont beaucoup estimaient qu’elles justifiaient ces techniques. »
Dianne Feinstein
Vous avez tous entendu parler de ce rapport du Sénat américain sur la torture de la CIA.
La commission sénatoriale était présidée par Dianne Feinstein, 81 ans, sénatrice de Californie depuis 1992, après avoir été maire de San Francisco.
La commission du renseignement du Sénat qui a rendu le 9 décembre un rapport de plus 6 000 pages sur « le programme de détention et d’interrogatoire de la CIA ».
Feinstein n’a rien d’une « colombe » et elle a même accusé Snowden de « trahison » lors des révélations hautement médiatisées de cet ancien agent du renseignement américain.
Mais elle croit profondément à l’Etat de droit et elle a tenu tête à d’invraisemblables pressions pour mener à terme son investigation.
L’extrait rendu public du rapport, long de quelque 500 pages [PDF], est en effet accablant.
Les traitements barbares infligés par la CIA à ses détenus vont en effet bien au-delà des simulacres de noyade (waterboarding) dont on connaissait déjà le caractère systématique.
Ce qui est encore plus terrible dans ce crime contre les droits de l’homme c’est qu’en plus il est inefficace.
Je critique souvent les Etats Unis, mais qu’une institution officielle comme le Sénat soit capable d’aller aussi loin dans la critique et la dénonciation  de l’exécutif et des services de renseignement du pays est absolument exceptionnel.
Je ne crois pas qu’en France le Sénat ou l’Assemblée Nationale auraient été capable d’une telle liberté de ton et d’investigation.

Mardi 16 décembre 2014

Mardi 16 décembre 2014
«The economy minister must convince Brussels his reforms are liberal,
and French Socialists they are not »
[M. Macron] « doit convaincre Bruxelles que ses réformes sont libérales,
et les socialistes français qu’elles ne le sont pas
J’entendais votre surprise :«Menfin pas de mot du jour sur la Loi Macron ???  »
Car en effet, Le ministre de l’économie Emmanuel Macron a présenté mercredi 10 décembre en conseil des ministres le projet de loi « pour la croissance et l’activité ». Ce texte de 90 articles doit apporter, selon le ministre, une réponse aux « trois maladies de la France » que sont « la défiance, la complexité et le corporatisme ».
Il faut dire que cette loi me rend assez dubitatif et finalement l’article de ce journal anglais semble assez bien résumer la situation.
<L’Esprit Public de Philippe Meyer> A consacré la première partie de son émission du dimanche 14/12 à cette loi. Et on apprend des choses intéressantes, par exemple que la loi qui règlemente la profession du notariat est la loi 25 du ventôse an XI.  Ce n’est pas tout à fait l’ancien régime mais cela s’en rapproche.
J’ignorais aussi qu’une Société Privée ne pouvait en France, sans obtenir de multiples autorisations rarement accordées, mettre en place une ligne régulière qui pouvait concurrencer la SNCF. Grâce à la Loi Macron on pourra prendre l’autocar pour faire Bordeaux Lyon par exemple. Macron que tout le monde et en particulier Attali décrit comme un esprit brillantissime a eu cette belle formule « <Grâce aux autocars les pauvres voyageront plus facilement>« , parce qu’a priori les prix seront beaucoup moins chers que pour les trains que la SNCF fait rouler. Ce sera un peu plus long, quoique … Ce sera un peu plus inconfortable, ou peut-être pas selon certains trains ….
Le regretté Patrice Chéreau avait fait ce film « Ceux qui m’aiment prendront le train », aujourd’hui on fera le film « Ceux qui m’aiment prendront l’autocar »
Après il y a cette discussion millimétrée et touchant la civilisation, l’ouverture des magasins 5 dimanches dans l’année, système actuel, c’est bien. Mais selon Martine Aubry, 12 dimanches c’est mal, c’est un problème de société. Peut être. Selon moi si c’est vraiment un problème de société il faut s’arrêter à 0 dimanche. Discuter où commence la régression entre 5 et 12, plutôt 7, plutôt 10 me surprend.
Après il y a tout ceux qui auraient dû être dans la Loi et qui en sont sortis, les taxis, les pharmaciens etc…
Sachant que la loi, étant donné les procédures parlementaires ne pourra valablement être définitivement votée qu’en avril 2015, Thierry Pech l’a comparé au « vieil homme et la mer » d’Hemingway. Vous connaissez l’histoire de ce pêcheur qui a pêché un grand poisson qui sur le chemin du retour voit son poisson être dévoré au fur et à mesure par des requins, de sorte qu’arrivé au port, il ne lui restait plus que les arêtes.
Thierry Pech a peur que cela puisse être le destin de cette Loi.
Cela n’est pas pour rassurer Bruxelles.
Je suis dubitatif, mais ça je vous l’ai déjà écrit…

Lundi 15 décembre 2014

Lundi 15 décembre 2014
« Angels in hell »
GMB Akash
Angels in hell, anges de l’enfer, est une série de photographie du photographe Bengali GMB Akash qui a capturé des images très fortes dénonçant le travail des enfants au Bengladesh.
Des photographies révoltantes qui laissent sans voix, dévoilant les conditions de travail très dures des enfants, envoyés dans les usines à partir de 5 ans pour un salaire de misère…
Selon l’UNICEF, plus de 7,4 millions d’enfants sont engagés dans l’activité économique au Bangladesh.
Ce photographe qui a déjà remporté plus de 68 récompenses internationales pour son travail, vient de remporter pour cette série le grand prix décerné par les Neutral Density Photography Awards 2014.
J’avais partagé avec vous, le mardi 14 mai 2013, après le drame de l’usine textile du Bengladesh, le Rana Plaza (l’immeuble de neuf étages qui s’est effondré près de Dacca le 24 avril, a fait 1 127 morts, selon le bilan rapporté par le Parisien du 13/05), cette question de deux chercheurs en sciences humaines Michel Wieviorka & Anthony Mahé qui devrait plus que  nous interpeller : « Sommes-nous capables de regarder en face (la vie de) ceux qui nous permettent de consommer comme nous le faisons ? »
Avec ces photos nous sommes mis dans l’épreuve de notre capacité à regarder en face.
J’en mets une en fin de message.
Le reste est sur ce site : <Photos angels in hell/gmb-akash>
Je pointe quand même une limite à cette publication, les photos ne sont pas contextualisées.
Elles mériteraient un minimum d’explication, on voit notamment des pieds dont on n’est pas certain que ce soient des pieds d’enfants attachés par une chaîne et un cadenas, le site de publication de la photo aurait été inspiré d’expliquer l’environnement de la photo. Cela étant, il s’agit d’un témoignage qui ne saurait laisser indifférent, même si notre esprit critique doit rester en éveil.
En pièce jointe le billet de mediapart qui m’a fait découvrir ces photos.
Il y a aussi de belles choses dans notre monde, mais certaines sont terribles …et nous en profitons.

Vendredi 12 décembre 2014

Vendredi 12 décembre 2014
« Il est des moments où une cure de gauchisme est nécessaire.»
Michel Rocard
J’avoue un faible depuis longtemps pour Michel Rocard. Cette phrase extraite d’une tribune qu’il vient de publier dans le Monde a de quoi surprendre.
Mais finalement elle est compréhensible, car dans ce dérèglement de l’économie libérale, l’explosion des inégalités et l’arrogance des hyper riches et des puissants il peut être sain de s’adonner à une cure de gauchisme.
Michel Rocard rappelle cependant qu’il ne suffit pas d’être gauchiste et il fait dire à Karl Marx : « Camarades, c’est bien de vouloir changer le monde. Mais vous n’y arriverez que si vous commencez à travailler comme des forcenés pour comprendre comment il marche… », ce qui ne doit donc pas être le cas des gauchistes d’aujourd’hui selon l’ancien patron du PSU.
Et il finit son propos par cette belle phrase : «   [renforcer la chance] de voir éclore la société des hommes à la place de celle de l’argent.   »
Voici le propos remis dans son contexte, l’article complet se trouve en pièce jointe.
« Cela appelle une dernière réflexion nécessaire, concernant le gauchisme. Qu’est-ce que le gauchisme sinon l’attitude consistant à refuser le discours politiquement correct auquel se sont ralliées les institutions et les chefs en place ? Il est des moments où une cure de gauchisme est nécessaire.
Le gauchisme, je connais, j’en sors, j’en suis, c’est ma famille. J’avais 16 ans, mon pays baignait dans la joie de la liberté retrouvée. Il tomba d’accord, tout entier, socialistes compris,  pour  entreprendre en Indochine la reconquête de son empire colonial. Je dénonçai cette honte, et me découvris gauchiste. Moins de dix ans après, rebelote, à propos de l’Algérie. L’accord était général. De nouveau, je fus gauchiste, et moins seul dès le début. Nous sauvâmes au moins l’honneur de la gauche.
Et puis un bref moment – Mai 68 – je fus un chef gauchiste, estampillé extrémiste par le ministère de l’intérieur, pour avoir osé réclamer le droit à la parole dans la société hiérarchisée.
Franchement, n’y avait-il pas aussi quelque gauchisme à proclamer, dix ans plus tard, que l’accord solennel de toute la gauche autour du programme commun de gouvernement puis des 110 propositions du candidat ne préparait pas la vraie transformation sociale dont la France et le monde avaient besoin ?
Une cure de gauchisme n’est donc ni pour me surprendre ni pour me déplaire. Mais, mais… le fondateur du gauchisme, au fond, est un camarade à nous qui s’appelait Karl Marx. J’ai grand crainte que nos gauchistes d’aujourd’hui ne soient en train d’oublier sa plus forte leçon. Il ne l’a pas écrite comme telle, c’est sa vie qui la donne. Elle est évidente à résumer : « Camarades, c’est bien de vouloir changer le monde. Mais vous n’y arriverez que si vous commencez à travailler comme des forcenés pour comprendre comment il marche… »
En l’absence d’une soudaine explosion générale, aussi peu probable que souhaitable, ce sera lent. Le peuple que nous défendons aura toujours besoin de ses emplois, c’est- à-dire que la machine marche. Or elle ne peut fonctionner que dans ses règles, qui certes ne sont pas les nôtres, mais sont celles dont elle a besoin. Si nous avons ensemble une vraie confiance et une vraie unité autour de notre vision de l’avenir long, nous n’avons pas le droit de dérégler la machine par des brutalisations de court terme qui peuvent l’affaiblir. Il n’y a de gauchisme utile que pertinent et cohérent.
Voilà la raison qui nous fait obligation de renouveler, renforcer, réunir notre Parti socialiste, dans la France d’aujourd’hui, le seul outil de demain. Ce faisant, nous pourrions même contribuer au réveil de quelques partis frères, renforçant par-là la chance de voir éclore la société des hommes à la place de celle de l’argent. »

Jeudi 11 décembre 2014

Jeudi 11 décembre 2014
« Les dépenses sont publiques, mais les recettes seront… privées ! »
Damien Lempereur
C’est ainsi que l’avocat et homme politique Damien Lempereur analyse une Loi de l’Assemblée Nationale. Plus précisément il écrit : « Euro 2016 : les dépenses sont publiques, mais les recettes seront… privées ! »
En effet, dans la nuit du mercredi 3 au jeudi 4 décembre, dans la plus grande discrétion, l’article 24 du projet de loi de finances rectificative pour 2014 a été adopté […] Cet article exempte la société commerciale «Euro 2016 SAS» d’impôts et de taxes pour toute la durée de la Coupe d’Europe des nations qui se déroulera en France en juin et en juillet 2016 !
Damien Lempereur explique : « Vos impôts préparent à coup de milliards la compétition à venir  [la France a déjà dépensé plus de deux milliards d’argent public uniquement pour rénover ou construire les stades qui accueilleront la compétition.], mais lorsqu’il s’agit d’en encaisser les dividendes, l’Etat en fait cadeau à … l’organisateur. Concrètement, la société en charge de l’organisation commerciale de la compétition ne sera redevable ni de l’impôt sur le revenu, ni de l’impôt sur les sociétés, ni de la taxe sur les salaires, ni de la taxe d’apprentissage […] Ce sont ainsi plusieurs centaines de millions d’euros de recettes fiscales auxquels l’Etat renonce par avance. Dans un contexte de crise et d’austérité, alors que l’on demande à chacun de faire toujours plus d’efforts pour économiser quelques dizaines de millions ici et là, il est anormal qu’une société commerciale qui va réaliser d’énormes bénéfices soit autorisée à ne pas payer d’impôt et de taxe en France.
Comme trop souvent en France les dépenses sont publiques, mais les recettes, elles, seront bien privées ! »
« Karine Berger, […] Secrétaire Nationale à l’économie du Parti Socialiste, [a twitté] : «honte sur nous qui venons de déposer les armes et céder au chantage fiscal le plus antirépublicain ».
« Alors bien sûr, l’Etat ne manquera pas de répondre que la candidature de la Fédération Française de Football à l’accueil de la compétition imposait que le gouvernement prenne, à l’égard des entités organisatrices, l’engagement de leur consentir un régime fiscal dérogatoire. Cet engagement a [été pris par la majorité précédente], dès 2010, d’un courrier ministériel joint au dossier de candidature. Doit-on comprendre que le ministre des finances et des comptes publics a un nouveau patron, à savoir la Fédération Française de Football. A moins qu’il ne s’agisse plutôt de l’UEFA, depuis les rives du Lac Léman en Suisse?»
Enfin, pour éviter que cet article 24 ne soit trop facilement reconnu inconstitutionnel – puisqu’une société commerciale va de facto être exemptée d’impôts et de taxes – le gouvernement a jugé bon d’élargir le régime fiscal dérogatoire à «toute compétition sportive internationale attribuée dans le cadre d’une sélection par un comité international, (…) d’un niveau au moins équivalent à un championnat d’Europe et (…) organisée de façon exceptionnelle sur le territoire français». L’Euro 2016 ne sera donc pas le seul à être exempté d’impôts! Le championnat d’Europe de Basket de 2015 organisé par la FIBA devrait pouvoir en bénéficier également.
La France devient donc pour les organisateurs de compétition sportive internationale un paradis fiscal !
Si la France n’avait pas donné cette exemption l’UEFA ne lui aurait pas donné l’organisation du tournoi.
Devant ce choix, la France a-t-elle fait le bon choix ?
Pour ma part, je ne le pense pas.

Mercredi 10 décembre 2014

Mercredi 10 décembre 2014
« [La France] repose donc sur 40% de ses habitants.
Les autres vivent de la redistribution […].
C’est ce qui explique les impôts et les charges élevées en France, mais aussi le déficit persistant. »
François Lenglet
C’est le fait «40% des français» et les conséquences selon son avis que François Lenglet a développé lors de sa chronique sur RTL du 8 décembre : <La France travaille t’elle assez ?>
Dans cette émission il a notamment fait les développements suivants :
«Quand Manuel Valls dit que « les 35 heures ce n’est plus le problème », il a raison. C’est vrai qu’il existe désormais de nombreuses possibilités pour assouplir ce cadre, à la hausse comme à la baisse. Mais « pour ou contre les 35 heures ? », c’est une guerre idéologique bien française, souvent passionnée.
Pour les opposants aux 35 heures, c’est la cause de notre faiblesse économique, alors que la réalité du travail français est très différente. On travaille plus de 40 heures par semaine, avec les heures supplémentaires et la prise en compte des artisans, des professions libérales et des commerçants, qui tirent la moyenne vers le haut.
Il est vrai que l’on a plus de RTT et de jours de congés. Quand on calcule le temps de travail sur une année, la France est à 1.489 heures. C’est l’un des chiffres les plus faibles de l’OCDE. Mais c’est davantage que l’Allemagne, les Pays-Bas ou le Danemark. Trois pays sont on ne peut pas vraiment dire qu’ils marchent mal.
Notre problème, ce n’est pas le temps de travail de ceux qui exercent une activité professionnelle. Le problème français, c’est que ceux travaillent sont trop peu nombreux. À peine 40% des habitants de notre pays sont au boulot. Si on prend l’ensemble des heures travaillées en France sur une année et qu’on le divise par le nombre d’habitants, on arrive à 605 heures par an et par habitant.
Voilà la vraie mesure du travail français. Cela fait quatre petits mois seulement en moyenne. En Allemagne, c’est 700 heures. C’est 800 aux États-Unis et au Royaume-Uni, et près de 1.100 en Corée du Sud.
Avec cette mesure qui est la plus fiable, nous sommes le pays qui travaille le moins de toute la zone OCDE. Chez nous, ceux qui travaillent bossent, et ils bossent vraiment, mais ils ne sont pas assez nombreux. 
Cette place s’explique par des carrières plus courtes qu’ailleurs, avec un taux de seniors au travail plus faible qu’en Europe du Nord, un chômage élevé, 400.000 emplois non fournis et peu (ou pas) d’apprentissage. Ce n’est pas irrémédiable.
Il y a des solutions : faciliter les créations d’emploi, réformer le marché du travail, mieux former les jeunes et les moins jeunes.
Le pays repose donc sur 40% de ses habitants. Les autres vivent de la redistribution (retraites pour les seniors, allocations diverses pour certains, sans compter le financement de l’État). C’est ce qui explique les impôts et les charges élevées en France, mais aussi le déficit persistant. »
Pour ceux qui préfèrent les émissions de télévision ci-après le replay de l’émission de 1h20 qu’il a consacré le même jour, au même thème sur France 3 : <http://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-2/l-angle-eco/l-angle-eco-du-lundi-8-decembre-2014_767147.html>
C’est un éclairage intéressant sur notre société française et aussi sur sa comparaison avec les autre sociétés comparables.

Mercredi 3 décembre 2014

Mercredi 3 décembre 2014
«Je suis sorti de la dépression en achetant un club de foot»
Roman Abramovic, président du club de football de Chelsea
Cette confession a été révélée par un philosophe Heinz Wisman dans une émission de France Culture dont je parlerai plus loin.
Heinz Wisman décrivait l’effet de la publicité sur le désir. La publicité donne envie à des gens d’acheter des choses qu’ils ne savaient même pas désirer.
On crée ainsi  un désir et on le satisfait tout de suite.
Et un désir qu’on satisfait trop vite crée la dépression
Et c’est dans cette « maladie » du désir que Wismann a apporté le témoignage de l’oligarque russe Roman Abramovic
Il a connu la dépression parce qu’il était devenu tellement riche qu’il pouvait satisfaire tous ses désirs.
Et ainsi il était arrivé à un stade où cette situation étouffait chez lui la capacité de désirer, ce qui est la définition clinique de la dépression.
Et c’est pourquoi il a acheté le club de football de Chelsea : pour sortir de la dépression.
En effet, il était assez riche pour acheter un club de foot et les meilleurs joueurs mais il ne pouvait pas acheter la victoire.
C’est ainsi que chaque week end il assiste à un match de foot avec l’espoir, c’est à dire le désir de voir son équipe gagner.
Il retrouvait donc se capacité de désirer et ainsi sortir de la dépression.
Voilà un témoignage doublement intéressant :
D’abord il nous explique combien la publicité peut avoir un effet pervers sur notre désir,
Ensuite il montre que finalement être si riche qu’on peut tout se payer rend très malheureux.
De manière collatérale cela permet aussi de comprendre pourquoi des riches milliardaires acceptent d’investir dans le football et de perdre de l’argent : C’est une thérapie.
Ce propos a été tenu dans une émission de France Culture : la Grande table consacrée à l’opposition entre la raison et la croyance : http://www.franceculture.fr/emission-la-grande-table-2eme-partie-la-fin-des-grands-clivages-25-2014-09-30
Je vais prendre quelques jours de congé, le mot du jour va donc s’interrompre jusqu’au 9 décembre, prochain mot le 10 décembre.
Je vais ainsi en profiter pour apprécier pleinement <La fête des lumières de Lyon>​.

Mardi 2 décembre 2014

Mardi 2 décembre 2014
« Vous ne voulez pas d’une jeunesse religieuse,
  la voulez-vous droguée ? » 
Recep Tayyip Erdogan,
Recep Tayyip Erdogan a été brillamment élu Président de Turquie il y a quelques mois.
Il y a quelques jours il a défrayé la chronique parce qu’il a osé dire lundi 24 novembre, Coran à l’appui, que les femmes ne pouvaient pas être considérées comme les égales des hommes, alors qu’ils intervenaient dans le cadre d’un séminaire sur le thème de la justice et les femmes. Il a ainsi affirmé « Notre religion (l’islam) a défini une place pour les femmes (dans la société): la maternité« .
Mais je préfère mettre l’accent sur un propos précédent qui est cité par plusieurs sites :
Ce propos est très instructif et décrit une des prétentions des religieux simplistes et souvent totalitaires.
La religion qui a pour source étymologique religare signifiant « relier » a certainement des choses à nous dire sur notre finitude sur notre rapport à la mort, plus généralement la transcendance.
Mais le plus souvent et dans beaucoup d’esprit c’est avant tout une morale contrainte, une organisation sociétale et bien sûr un asservissement des femmes.
Mais que dit Erdogan ? soit on est religieux soit on est drogué !
Raymond Devos avait en décrivant mai 68 fait ce sketch « Faites l’amour pas la guerre » il avait analysé : « on vous met devant un choix : faire l’amour pas la guerre ! » et avait ajouté, » il y en pas peut être qui voudrait faire autre chose. »
Soyez religieux ou soyez drogué ! C’est binaire !
Le mot du jour du 25 septembre 2013 donnait ce proverbe juif     « Quand tu n’as que deux solutions, choisis toujours la troisième »
En plus c’est archi-faux, la religion n’a pas empêché la pédophilie, la religion n’a pas empêché la violence, la religion n’ pas empêché l’alcoolisme, et on peut parfaitement être religieux et drogué !
Pour tous ceux qui comme moi sont ​excédés par ceux qui veulent que la religion se mêle de tout et surtout de la vie des autres <Vous pouvez écouter cette émission> où était invité Yvon Quinion qui vient de publier un essai : « Critique de la religion – Une imposture morale, intellectuelle et politique ». Il dit notamment « La religion devrait être un facteur de lien or elle est un facteur de division. »