Vendredi 23 Janvier 2015

Vendredi 23 Janvier 2015
«Comment peut-on faire des économies sur l’avenir de nos enfants ?
L’enseignement en France va mal car il rend pas les gens égaux »
Fabien Marsaud, dit Grand Corps Malade
Dans la dérive de certains jeunes beaucoup évoquent l’Ecole qui ne peut pas tout, mais qui pourrait beaucoup.
Après le beau discours d’hier du président de la République sur l’Ecole, les gouvernants sauront-ils trouver les ressources sur tous les plans humains, financiers, organisation, capable d’inscrire les belles intentions dans la réalité ?
Sur la réalité d’aujourd’hui, comme souvent ce sont les artistes qui expriment les choses de la manière la plus sensible et la plus simple.
Voici un extrait de ce texte du slammeur, Grand Corps Malade que mon fils m’a fait découvrir il y a quelques années :
«Alors si tout s’joue à l’école, il est temps d’entendre le SOS
Ne laissons pas s’creuser l’fossé d’un enseignement à deux vitesses
Au milieu des tours y a trop de pions dans le jeu d’échec scolaire
Ne laissons pas nos rois devenir fou dans des défaites spectaculaires
L’enseignement en France va mal et personne ne peut nier la vérité
Les zones d’éducation prioritaires ne sont pas des priorités
Les classes sont surchargées pas comme la paye des profs minés
Et on supprime des effectifs dans des écoles déjà en apnées
Au contraire faut rajouter des profs et des autres métiers qui prennent la relève
Dans des quartiers les plus en galère, créer des classes de 15 élèves
Ajouter des postes d’assistants ou d’auxiliaires qui aident aux devoirs
Qui connaissent les parents et accompagnent les enfants les plus en retard
L’enseignement en France va mal, l’état ne met pas assez d’argent
Quelques réformes à deux balles pour ne pas voir le plus urgent
Un établissement scolaire sans vrais moyens est impuissant
Comment peut-on faire des économies sur l’avenir de nos enfants
L’enseignement en France va mal car il ne rend pas les gens égaux
Les plus fragiles tirent l’alarme mais on étouffe leur écho
L’école publique va mal car elle a la tête sous l’eau
Y a pas d’éducation nationale, y a que des moyens de survies locaux
Alors continuons de dire aux p’tits frères que l’école est la solution
Et donnons-leur les bons outils pour leur avenir car attention
La réussite scolaire dans certaines zones pourrait rester un mystère
Et l’égalité des chances un concept de ministère »
Et voici la vidéo YouTube où il slamme ce texte : <https://www.youtube.com/watch?v=Oi05d9sb6h8 >

Jeudi 22 Janvier 2015

Jeudi 22 Janvier 2015
«Les écoles […] doivent rester l’asile inviolable où les querelles des hommes ne pénètrent pas.»
Jean Zay, Circulaire du Ministre de l’Éducation nationale du 31 décembre 1936
Le président de la République a cité, dans <ses vœux au Monde éducatif> du 21 janvier 2015, cette phrase de Jean Zay, le Ministre de l’Education Nationale du gouvernement du Front Populaire de Léon Blum
A l’époque, d’autres forces totalitaires étaient à l’œuvre, Hitler, Mussolini et Staline étaient au pouvoir, la guerre d’Espagne faisait rage, des ligues d’extrême droite étaient actives en France. Et Jean Zay a rédigé une circulaire sur l’interdiction des propagandes politiques et confessionnelles dans les établissements scolaires qui se terminait par ces mots :
«Tout a été fait dans ces dernières années pour mettre à la portée de ceux qui s’en montrent dignes les moyens de s’élever intellectuellement. Il convient qu’une expérience d’un si puissant intérêt social se développe dans la sérénité. Ceux qui voudraient la troubler n’ont pas leur place dans les écoles qui doivent rester l’asile inviolable où les querelles des hommes ne pénètrent pas. »
Jean Zay était un immense serviteur de l’Etat. Lorsque la guerre éclata il devint un héros et mourut assassiné à 40 ans par les fascistes de la Milice française.
Né le 6 août 1904 à Orléans dans le Loiret, il est un brillant élève boursier au lycée Pothier de la ville, puis un étudiant en droit, passionné de littérature et de journalisme. Il devient avocat en 1928, puis est élu député radical du Loiret en 1932.
Réélu en 1936, il devient Ministre de l’Education nationale et des Beaux-Arts de 1936 à 1939. Il reste à son poste sous les divers gouvernements du Front Populaire qui se succèdent jusqu’à sa démission le 2 septembre 1939 afin de rejoindre l’armée combattante.
Il a mis une grande volonté à démocratiser et moderniser le système scolaire français.
Nous lui devons de nombreuses réformes dans le domaine de l’éducation notamment l’unification du primaire, de nouvelles instructions pédagogiques qui invitaient déjà aux méthodes actives, l’obligation scolaire à 14 ans, l’accès aux bourses, les premiers pas des services d’orientation, l’amélioration de la formation des enseignants et le développement de la recherche pédagogique, le développement de l’éducation physique, le développement des classes transplantées…
Dans ses attributions figurait également la culture française. Dans ce domaine, il ne resta pas non plus inactif : il crée le Musée de l’Homme, le Musée d’Art Moderne, il réorganise les théâtres nationaux, développe la lecture publique et est à l’origine du CNRS. Il encourage par ailleurs le principe des bibliothèques mobiles (les bibliobus) et propose également la création du Festival de Cannes.
Engagé volontaire en 1939, il s’embarque sur le Massilia en juin 1940 avec les parlementaires opposés à l’armistice pour rejoindre l’Afrique du Nord. En octobre 1940, Vichy le condamne pour désertion en présence de l’ennemi, à la déportation à vie et à la dégradation militaire. Sa peine est commuée en internement et il est incarcéré à Riom.
C’est dans sa prison qu’il est enlevé le 20 juin 1944 par des miliciens français déguisés en résistants. Ces derniers l’abattront à Molles, dans l’Allier, puis le jetteront dans un puits. Il avait 40 ans. Son corps ne sera retrouvé qu’en 1946.
Étant juif par son père, protestant par sa mère, franc-maçon et radical de gauche… Il suscitait la haine de la part des nazis et miliciens en raison de ses convictions et de son combat contre le nazisme
Trouverons-nous parmi les hommes politiques d’aujourd’hui un homme de la qualité et du dévouement de Jean Zay ?

Mercredi 21 Janvier 2015

«La maison des Saoud»
Film de Jihan El Tahri

Si on veut dépasser les émotions et les propos simpliste, il faut tenter de comprendre.

Pour tenter de comprendre la complexité du Monde il faut s’en donner les moyens.

Si on se contente de regarder TF1 et consorts, ce n’est pas gagné.

Sur Internet il y a de tout : des sites conspirationnistes, des informations erronées mais aussi de vrais trésors d’intelligence et de science.

Tel est le cas du documentaire « La Maison des Saoud » de Jihan El Tahri.

Jihan El Tahri est une journaliste franco-égyptienne qui a fait ce film en 2005 après les attentats du 11 septembre.

En effet, si on veut comprendre d’où viennent les djihadistes, il faut revenir à leur source religieuse des salafistes et des wahhabites.

Ils ont été financés et soutenus par l’Arabie Saoudite qui voulait imposer sa vision de l’Islam partout dans le monde.

Comme souvent, ces créatures ont échappé en partie à l’Arabie Saoudite qui n’aime pas cette publicité ainsi que le manque de distinction et de diplomatie de ces mouvements extrémistes.

Ces mouvements qui en outre risquent même de vouloir remettre en cause le pouvoir de la famille Saoud.

Evidemment pour appréhender ce documentaire, il faut y consacrer un peu de temps, il dure 1 h 43, mais on y apprend énormément de choses.

En synthèse j’ai retenu les choses suivantes :

1° D’abord il est étonnant que ce pays des lieux sacrés de La Mecque et de Médine et qui professe une soumission totale à Dieu, soit le seul pays du monde dont le nom intègre la référence à la famille régnante terrestre « Les Saoud ».

A cela une explication est donnée, à l’intérieur de l’empire Ottoman et au milieu de tribus rivales, c’est l’alliance entre des religieux, « les oulémas » issus de la secte des Wahhabites (de  Ibn Abdelwahhab nom du prédicateur qui a créé cette secte fondamentaliste qui veut revenir au texte initial du Coran sans le faire évoluer) et d’un chef de guerre de la famille des Saoud qui ont permis à l’Arabie Saoudite de naître et de devenir ce pays à la fois florissant à cause du pétrole mais aussi archaïque et totalitaire.

Dès lors, la famille Saoud ne saurait, sans danger pour son pouvoir politique et économique, remettre en cause la stricte application de la charia voulue par ces religieux.

Les wahhabites sont très proches des salafistes qui s’inspirent aussi de Ibn Abdelwahhab  (nom issu de salaf les ancêtres, c’est à dire les premiers compagnons de leur prophète et qui prônent de la même manière un retour absolu vers l’islam des premiers temps).

Distinguer les deux n’est pas aisé, sauf sur un point : les salafistes souhaitent un retour du califat, c’est à dire une autorité religieuse unique qui exerce le pouvoir religieux mais aussi politique sur la communauté des croyants : l’oumma. Vous comprendrez que la naissance particulière de l’Arabie Saoudite implique, pour les wahhabites, une séparation entre le chef politique et les docteurs de la loi religieuse.

2° Ce documentaire montre aussi les relations très fortes qu’il y a eu entre les Etats Unis et ce pays qui repose sur le contrat suivant : L’Arabie approvisionne les Etats Unis de Pétrole bon marché et en quantité importante, en retour les religieux et le roi font ce qui leur plait dans leur pays avec la protection extérieure de l’armée américaine.

Un accord qui permettra aux quatre plus grandes compagnies pétrolières américaines regroupées sous le nom d’Aramco de s’installer dès les années 30 au cœur du royaume. Evidemment les choses sont plus compliquées depuis les attentats du 11 septembre qui ont été réalisés par des ressortissants de ce pays.

3° Les Etats-Unis ont trompé l’Arabie Saoudite sur la création de l’Etat d’Israël.

Le 14 février 1945, le président Roosevelt et Ibn Saoud se réunirent à bord du croiseur Quincy, à cette occasion le Pacte de Quincy fut signé.

Ce pacte portait sur l’accord expliqué ci-avant. Mais lorsque Roosevelt tenta d’obtenir l’appui du roi pour la création d’un foyer national juif en Palestine, Ibn Saoud répondit que ce que Hitler avait fait aux juifs étaient abominable mais posait cette question :

«  pourquoi prendre de la terre arabe pour la donner aux juifs ? Si vous voulez faire quelque chose pour les juifs, pourquoi ne pas leur donner une partie de l’Allemagne ? »

Sur ce, Roosevelt promis de ne pas aller contre l’avis de l’Arabie Saoudite. Mais son successeur, Truman ne tint aucun compte de cet accord et votera pour la création de l’Etat d’Israël. Ce qui sera vécu comme une trahison par les saoudiens.

Pour le reste je vous engage à regarder ce documentaire, lorsque vous aurez du temps de cerveau disponible pour l’Histoire (1) : <Maison des Saoud>

<Et ici pour le fun vous verrez que certains Oulémas d’Arabie Saoudite interdisent même de construire des bonshommes de neige>

(1) je ne me lasse jamais de faire référence à ce magnifique aveu de Patrick Le Lay, ancien PDG de TF1 qui avait expliqué que le rôle des émissions de TF1 était de conserver du temps de cerveau disponible pour que par la publicité Coca Cola puisse vendre ses produits.

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Mardi 20 Janvier 2015

Mardi 20 Janvier 2015
«Lorsque l’Etat se dégrade et perd en autorité symbolique
il y a deux gagnants : les sectes et les mafias»
Régis Debray
Interview d’Anne Sinclair le 10/01/2015 (vers la minute 17)
Au début de l’émission il s’exprime sur le sursaut d’orgueil du peuple français « La pulsion de mort des uns réveille la pulsion de vie des autres. »
Vers la fin de l’émission, il évoque son livre, « Un candide à la fenêtre » et met l’accent sur le rôle des dirigeants et des élites dans une démocratie pour donner du sens, pour entraîner, car sinon d’autres prendront la place pour remplir le vide.
Et ce ne sont jamais les forces de l’intelligence, de l’humanisme et du progrès.
Il cite les mafias et les sectes comme ceux qui ont attaqué la France.
Il décrit les sectes et les mafias avec la formule suivante : «Les hallucinés et les cupides ou les tricheurs.»
Et il ajoute « Il faut que nos hommes d’Etat sachent qu’ils représentent beaucoup plus qu’eux même qu’ils représentent une Histoire et qu’ils acceptent de se dédoubler entre le corps symbolique et le corps physique.
[…]
Il n’y  pas assez de métaphysique
Tout pouvoir implique une métaphysique
Un pouvoir qui suscite le respect
et qui doit réveiller l’estime de soi chez les citoyens.
Il ne faut pas les abaisser en s’abaissant soi-même.
Et c’est le drame de tous ces présidents qui obéissent à leur conseiller de communication et n’ont qu’un mot à la bouche : la proximité.
Non qu’ils prennent un peu de hauteur !»
Il a aussi été l‘invité des matins de France culture du lendemain de la marche républicaine du 11 janvier, où il a eu ce propos :
«Il faut arrêter de considérer la France comme une entreprise.
Que les chiffres aient le dernier mot.
Que les gouvernants soient des comptables
Arrêter de parler de gouvernance qui est un mot tiré du monde des affaires
Parler de gouvernement et rappeler que les hommes ne peuvent s’unir que sur des choses qui les dépassent.»
D’une autre manière A pourrait faire penser à Aristote plutôt qu’à argent, B à Bach plutôt qu’à banque, C à Camus plutôt qu’à compétition, et S à Shakespeare plutôt que spéculation.

Lundi 19 Janvier 2015

«Conspiracy Watch»
Rudy Reichstadt
Cela a commencé avec les couleurs du rétroviseur de la voiture des deux frères fanatiques qui ont assassinés ceux de Charlie Hebdo.
Par la suite Jean-Marie Le Pen a affirmé que l’assassinat portait la marque des services secrets.
Sur la toile se multiplie désormais les théories du complot à propos de ce qui s’est passé à Paris entre le 7 et le 9 janvier 2015.
Le conspirationnisme a toujours existé. Un des exemples les plus fameux fut l’invention du <Le Protocole des Sages de Sion> qui parlait d’un complot juif mondial et qui a été largement utilisé par les antisémites de tous bords et particulièrement les nazis. Les historiens ont fait leur travail et peuvent désormais affirmer avec certitude que ce document a été créé de toute pièce par la police secrète de l’empire russe au début du XXème siècle.
Une autre théorie complotiste toujours très vivace est celle des illuminati.
Il a existé une « société de pensée » allemande en Bavière appelée « les Illuminati » Cette société a été  dissoute en 1785. Selon les complotistes elle aurait perduré dans la clandestinité et poursuivrait un plan secret de domination du monde. Ces théories prétendent que les Illuminati réalisent leur plan en infiltrant les différents gouvernements, en particulier ceux issus de révolutions, et les autres sociétés initiatiques dont la franc-maçonnerie. En particulier, la théorie du complot Illuminati déclare que certains Pères fondateurs des États-Unis, dont certains étaient francs-maçons, ont été corrompus par les Illuminati. Cette très ancienne théorie du complot est encore soutenue de nos jours.
Aujourd’hui un homme très actif sur internet Alain Soral dont les liens avec Dieudonné sont avérés, expliquent le monde à travers les conspirations juives et américaines. Les attentats de la semaine dernière n’échappant pas à cette explication du monde.
C’est pourquoi le site Conspiracy Watch créé par Rudy Reichstadt est tellement utile pour déconstruire toutes ces théories. C’est un site qui est devenu référence et que j’ai découvert, encore une fois grâce à l’émission de Caroline Fourest, « Ils changent le monde » dans laquelle il avait été invité <Ici le lien vers cette émission de Caroline Fourest>  que je vous invite à écouter. Vous y apprendrez notamment qu’Alain Soral a été financé par l’Iran lors de sa campagne électorale pour les européennes pour la liste qu’il avait créée avec Dieudonné.
Il a été bien entendu très vigilant sur ces stupidités qui ont été inventées sur les attentats de Paris et je vous invite à aller sur ce site pour lire ses arguments.
Le combat contre ces conspirationnistes ne signifie pas qu’il n’existe jamais de complot. Le coup d’état contre Salvadore Allende a bien été un complot de la CIA, de riches industriels chiliens et d’une partie de l’état-major de l’armée chilienne. Il est établi aussi que la CIA a bien aidé au développement d’Al quaida en Afghanistan, parce qu’ils avaient un ennemi commun : l’Union Soviétique.
Mais il faut se méfier devant cette obsession qui explique tout à travers les théories des complots, ou qui cherche même à nier certains faits historiques comme les premiers pas d’Amstrong sur la lune.
Il semble que beaucoup de jeunes soient attirés par ces théories.
Une des raisons qui pousseraient les jeunes vers ces thèses vient du fait du peu de confiance qu’ils manifestent à l’égard des grands médias télévisés et de l’appel systématique de ces derniers à un petit groupe de « prétendus experts » qui expliquent les choses à leur façon et qui sont très souvent critiquables.
Toujours est-il que l’homme raisonnable et rationnel dispose grâce à Rudy Reichstat d’un site critique et argumentée.
Mais nous ne devons pas nous départir de notre sens critique, même en consultant de site « conspiracy watch » qui peut se tromper mais qui s’efforce toujours par un raisonnement rigoureux et l’appel à des sources fiables à faire « exploser en vol » la plupart des théories des conspirationnistes. Ces derniers ne sont jamais des hommes neutres qui cherchent à décrypter la réalité, mais ce sont des doctrinaires qui expriment des théories en cohérence avec leur vision haineuse.
Voici ce site utile pour l’hygiène de l’esprit : http://www.conspiracywatch.info/

Vendredi 16 Janvier 2015

Vendredi 16 Janvier 2015
« Le blasphème c’est sacré »
Sophia Aram
En effet, le blasphème a un rapport intime et consubstantiel avec le sacré.
Pour qu’il y ait blasphème, il faut d’abord qu’un groupe de personnes ait élevé une idéologie et une collection de dogmes à un niveau qu’il prétend sacré.
Au sein de ces dogmes, certaines idées, paroles ou écrits sont interdits et celui qui les transgresse blasphème.
Quand il s’agit de la réalisation d’actes interdits, la qualification est le sacrilège.
Quand il s’agit de paroles, d’écrits ou bien sûr de dessins il y aurait blasphème.
Pierre Joxe a  donné ce bon conseil, alors qu’il était invité au Journal de 12:30 du vendredi 9 janvier à France Culture : « Pour les questions chaudes, il faut des raisonnements froids. »
Et bien soyons froids !
Voici donc un groupe qui a élevé un certain nombre  de dogmes à un niveau qui est sacré pour lui.
Parmi ces dogmes, il y a des interdits.
Et celui qui brave les interdits, par la parole, blasphème.
Pour les croyants appartenant à ce groupe, pourquoi pas, c’est leur choix.
Ils peuvent s’imposer des contraintes et les respecter.
Mais le diktat qui est posé aujourd’hui par certains responsables de ces groupes ou d’hommes politiques dont certains sont même venus défiler dimanche, c’est de dire :
C’est mon texte sacré, c’est mon interdit sacré
Et toi qui ne crois pas, pour qui mon texte n’est pas sacré, tu dois aussi respecter cet interdit !
Et bien non !
Pour moi, pour Charlie Hebdo ce n’est pas interdit.
Nous ne reconnaissons pas le droit à ces individus qui professent des dogmes auxquels nous ne croyons pas, de nous imposer leurs interdits !
Ils ont parfaitement le droit de ne pas aimer la une de Charlie Hebdo bien que selon moi elle soit géniale. (Ce qui n’était pas toujours le cas, selon mes goûts, de certaines autres caricatures de Mahomet).
Ils ont parfaitement le droit de ne pas acheter Charlie Hebdo.
Ils ont même le droit de détourner la tête, si leur regard croise cette image quand il passe dans la rue ou de zapper l’image à la télé ou à l’ordinateur.
Et constatons que dans les pays où ces hommes professent soit comme guide religieux, soit comme chef politique, le blasphème n’est jamais qu’un des aspects, un interdit parmi beaucoup d’autres sur la liberté d’opinion que ce soit en Arabie Saoudite, en Egypte, en Iran, au Yémen et aussi en Turquie.
Le bloggeur qui a été condamné à 1000 coups de fouet, n’a pas fait de caricature de leur prophète, il n’a même pas critiqué le prophète. Il a voulu ouvrir une discussion sur les actes de la police religieuse. C’est à dire leur KGB à eux.
Car oui !  quand des siècles de luttes, de philosophes, de scientifiques n’ont pas su imposer des limites fortes à la religion, bref quand la religion gouverne elle est totalitaire.
Elle est totalitaire comme le stalinisme, comme le maoïsme, c’est à dire que d’abord elle cherche par tout moyen à détecter celles et ceux qui sont déviants, dissidents (tous ces concepts inventés pour le communisme peuvent être repris) et alors elle exerce une violence absolue, extrême contre tous ceux soupçonnés de ne pas être dans la ligne du Parti religieux. L’amour tant vanté dans le discours des doux rêveurs est totalement absent dans les buchers et les tortures inquisitoriales chrétiens, dans les lapidations, les décapitations, les amputations et les flagellations musulmanes, exactement comme dans le goulag et les exécutions soviétiques.
C’est un grand aveuglement, de ne pas comprendre qu’il n’y a pas de différence entre les totalitarismes politiques qui sont apparus au XXème siècle et les totalitarismes religieux qui existaient avant et qui existent encore aujourd’hui.
Voici un territoire, sur ce territoire la loi totalitaire s’exerce, personne ne doit s’en éloigner. Et puis si on peut élargir cette loi totalitaire à d’autres territoires pourquoi s’en priver ?
L’inquisition a été le fruit du christianisme, même si s’en est un fruit pervers.
Le djihad est le fruit de l’islam, même si s’en est un fruit pervers.
Car, avec la crainte de me répéter, je ne parle pas de l’aspiration mystique qui se trouve dans chacune de ces religions et qui est une réflexion, une relation avec la mort et l’au-delà. Souvent d’ailleurs les plus grands mystiques ont été opprimés par ces chefs dogmatiques.
Je parle de ce besoin  consubstantiel de ces idéologies d’organiser la société, la vie sociale et contraindre les gens par la peur et la violence.
C’était le cas du christianisme de l’inquisition, c’est le cas aujourd’hui de l’Arabie Saoudite, de l’Iran, du Pakistan et de tant d’autres. 
Mais il y a un second sens à ce mot du jour et c’est celui que veut lui donner Sophia Aram. En France, et j’en suis fier et j’espère que vous aussi, le délit de blasphème n’existe pas.
En France blasphémer c’est sacré !
Ce qui est interdit c’est l’incitation à la haine envers un groupe de personnes, une communauté.
Et si ce délit est constitué, la réponse est donnée par les tribunaux et la Justice de la République.
Ce qui est certain, c’est que ce sont les hommes qui ont créé les dieux.
L’hypothèse que Dieu a créé l’homme est une croyance qui ne présente aucune certitude pour la raison.
Mais notre esprit froid et raisonnable doit reconnaître qu’il n’y a pas non plus la certitude du contraire.
Ce doute ne saurait nous éloigner d’une opposition totale et absolue contre tous les totalitarismes dont le totalitarisme religieux est un des principaux composants.

Jeudi 15 Janvier 2015

Jeudi 15 Janvier 2015
« Des musulmans modérés ?
Non ! Des citoyens »
Charb
Il y a les dessins de Charlie Hebdo, les caricatures, la provocation.
Charlie Hebdo est unique dans le monde a dit Sylvie Kaufmann dans l’émission l’Esprit Public du dimanche 11 janvier.
Le financial Times a dit explicitement qu’un Charlie Hebdo ne serait pas possible dans un pays anglo-saxon.
La presse anglo-saxonne, n’a pas de limite pour fouiller dans les caniveaux et la vie privée des gens mais elle s’abstient largement à toucher à la religion. A chacun ses priorités.
Il ne s’agit pas de nier l’apport primordial des anglais à la Liberté, à la limitation du pouvoir mais avec la religion ils n’ont pas l’esprit français, Voltaire est français pas anglais.
Mais, ce que je voudrai souligner ici c’est que les journalistes de Charlie Hebdo exprimaient aussi des idées autrement que par des dessins  et des idées qui font chaud au cœur et du bien à l’esprit.
Le mot du jour rapporte la réaction de Charb suite à des manifestations fanatiques chrétiennes, celles-la et où il exprime une réflexion très pertinente sur ce concept de « musulman modéré » :
C’était en 2011 des catholiques intégristes s’attaquaient au Théâtre du Rond-Point qui représentait Golgota Picnic pièce de théâtre de l’auteur argentin Rodrigo Garcia mettant en scène Jésus.
Dans une vidéo d’un peu plus de trois minutes, le dessinateur rappelle la nécessité de prendre position contre toutes les formes d’intégrismes, rappelant qu’« il y a un rapprochement des intégrismes de toutes les religions ». Dans la deuxième partie de la vidéo (à partir de 2’40 »), Charb, renvoie dans leurs chaumières, ceux qui réclament des « musulmans modérés » qu’ils s’engagent « plus que ça contre l’islam radical ». Pour lui, ce ne sont pas les musulmans modérés qui doivent s’exprimer mais « les citoyens » : 
« On s’inquiète de voir les musulmans modérés ne pas réagir. Il n’y a pas de musulmans modérés en France, il n’y a pas de musulmans du tout, il y a des gens qui sont de culture musulmane, qui respectent le ramadan comme moi je peux faire Noël et bouffer de la dinde chez mes parents, mais ils n’ont pas à s’engager plus que ça contre l’islam radical en tant que musulmans modérés, puisqu’ils ne sont pas musulmans modérés, ils sont citoyens. […] Ce qui me fait chier c’est qu’on les interpelle toujours en tant que musulmans modérés, il n’y en a pas de musulmans modérés. C’est comme si on me disait à moi : « Réagis en tant que catholique modéré. » Je ne suis pas catholique modéré, même si je suis baptisé. Je ne suis pas catholique du tout. »
L’article qui rappelle cet épisode est <ICI>
Je pourrai aussi rappeler le sketch de Raymond Devos « Faites l’amour pas la guerre, on vous met devant un choix » que j’ai mentionné dans le du mot du jour du 2 décembre 2014.
Ainsi, si un citoyen français a eu des parents pratiquant l’islam on le met devant un choix binaire : « Tu es musulman modéré ou musulman fondamentaliste ? ».
Il y en a certainement beaucoup parmi eux qui veulent être autre chose.
Et je pense comme Charb que quasi tous voudront bien être citoyen de la République française.

Mercredi 14 Janvier 2015

Mercredi 14 Janvier 2015
« Nous allons répondre à la terreur, par plus de démocratie, plus d’ouverture et de tolérance »
Jens Stoltenberg
Premier Ministre Norvégien au moment du massacre de Utoya
Le 22 juillet 2011, un choc secoue l’Europe entière. La Norvège, l’un des pays les plus sûrs, considéré comme apaisé est frappé par un double attentat causant la mort de 92 personnes.
Le pays est sidéré. Les deux attaques ont eu lieu quasi simultanément. Tout d’abord à Oslo, où une bombe explose, soufflant les vitres du bureau du Premier ministre Jens Stoltenberg. Puis sur l’île d’Utoya où étaient réunis des dizaines de jeunes membres ou proches du Parti travailliste. Ce même Parti travailliste que le tueur, Andres Breivik, pensait complice de l’islamisation prétendue de l’Europe contre laquelle il luttait. « Marxistes culturels », les qualifiait-il dans ses textes.
Comme dans l’attaque de mercredi contre Charlie Hebdo, c’est le modèle d’une société ouverte et tolérante que l’on a cherché à atteindre.
Et face à ce drame Jens Stoltenberg réagit d’abord par ce slogan  <Nous n’abandonnerons jamais nos valeurs>.
Et donne comme réponse à l’attaque ce que j’ai repris au mot du jour.
Parce qu’il y a un danger, après le 11 septembre L’Amérique de GW Bush a réagi par le Patriot Act et toutes ses conséquences désastreuses pour nos valeurs démocratiques.
Et si nous agissons ainsi, les fanatiques gagnent puisque nous nous mettons à leur niveau, sur leurs valeurs.
Il dit notamment : «Enfin, pensons aussi en cette heure d’épreuve au piège politique que nous tendent les terroristes. Ceux qui crient « allahou akbar » au moment de tuer d’autres hommes, ceux-là trahissent par fanatisme l’idéal religieux dont ils se réclament. Ils espèrent aussi que la colère et l’indignation qui emportent la nation trouvera chez certains son expression dans un rejet et une hostilité à l’égard de tous les musulmans de France. Ainsi se creuserait le fossé qu’ils rêvent d’ouvrir entre les musulmans et les autres citoyens. Allumer la haine entre les Français, susciter par le crime la violence intercommunautaire, voilà leur dessein, au-delà de la pulsion de mort qui entraîne ces fanatiques qui tuent en invoquant Dieu. Refusons ce qui serait leur victoire. Et gardons-nous des amalgames injustes et des passions fratricides.»
Bien sûr il faut se donner les moyens pour lutter contre nos ennemis, mais en préservant toujours nos valeurs, les droits de l’Homme et la Liberté.
Si on observe froidement les faits que ce soit Mehrah le tueur de Toulouse, les deux frères assassins de Charlie Hebdo ou le tueur de la Porte de Vincennes et de Montrouge, toutes ces personnes étaient connues par la Police et suivis. Mais il y a eu un problème de communication entre les services et probablement de moyens humains pour surveiller. Ils étaient détectés.
Mais le fait que les services secrets enregistrent mes communications ou les vôtres ou de millions d’autres français n’apportera rien sinon une terrible régression de nos droits.
Pour l’instant Manuel Valls semble être d’accord avec ce point de vue
Benjamin Franklin, l’un des Pères fondateurs des États-Unis (1706-1790), l’a dit en une phrase : « Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux. »

Mardi 13 janvier 2015

Mardi 13 janvier 2015
« Dans un pays comme la France, je ne pense pas que les passions soient solubles dans l’Économie»
Bernard Maris
Dans l’émission ce soir ou jamais de Frédéric Taddeï du 07/11/2014 ayant pour thème : « L’entreprise peut-elle sauver la France ? »
J’aimais Bernard Maris. C’était un économiste pédagogue et encore beaucoup plus rare un économiste drôle.
Il était aussi humaniste et d’une érudition extraordinaire.
Je tire le mot du jour d’une émission de télévision d’il y a deux mois où l’économiste qu’il était, se changeait en philosophe pour dénoncer la vacuité de la pensée économique contemporaine :
« [l’économie] est une nouvelle morale.
Contrairement à ce qu’on croit, c’est une morale très dure.
[C’est une suite d’injonctions]
Tu dois être compétitif !
Tu dois être concurrentiel !
Tu dois marcher sur les autres !
Tu dois être dans la compétition de tous contre tous !
Et malheureusement surtout dans un pays comme la France, je ne pense pas que les passions soient solubles dans l’Économie
Que les passions soient solubles dans des taux de croissance ou des demi points de plus ou de baisse du taux de chômage.
Ce qui signifie que cette nouvelle morale, cette nouvelle religion, l’Économie, conduit à ce qu’il n’y a de vérité qu’économique
On ne parle plus que de cela.
[Cela] risque d’être désastreux à terme parce qu’on sera bien déçu une fois qu’on aura déshabillé l’économiste et l’économie, cette soit disant création de la richesse, création de valeur.
Car l’Économie crée de la richesse !
Personne ne se pose la question de ce que signifie « la richesse. »
On [croit] que désormais la richesse n’appartient plus qu’aux entreprises.
Il y a d’autres façons de voir la richesse.
Quand on verra que cette richesse est une pseudo richesse, qu’on verra que le roi est nu comme dans le conte, je pense que les passions vont se réveiller et des passions relativement mauvaises.
Et je pense que l’une des raisons [du renouveau] de certains nationalismes, de vieilles passions, de vieilles rancœurs tristes [se trouve dans le fait] que l’économie a pris le pas sur tout autre forme de discours.
Vous n’êtes plus qu’un taux de rentabilité, vous n’êtes plus qu’un chiffre dans des graphiques qui sont dressés par des gens qui ne sont pas très compétents.
Mais ce n’est pas ça, la vie d’une société !»
Vous trouverez ce propos ainsi que d’autres notamment de Régis Debray dans la vidéo ci-après : <Extrait de ce soir où jamais d’où est tiré le mot du jour> [à partir de 19:55]
Bernard Maris a participé à de nombreuses émissions et notamment pendant 7 ans au débat économique sur France Inter le Vendredi matin avec un économiste, moins drôle et plus orthodoxe ; Dominique Seux directeur de la rédaction des Echos.
C’était une émission de mon panel de podcasts que j’écoutais chaque semaine.
Ce vendredi 9 janvier, le débat n’a pas eu lieu, Bernard Maris est tombé sous les balles des fanatiques avec ses copains de Charlie. France Inter a remplacé le débat par une émission hommage : http://www.franceinter.fr/emission-le-debat-economique-hommage-a-bernard-maris
Un des extraits de cette émission montrait sa vision de l’Economie :
« C’est du jargon, c’est de la rhétorique, ce n’est pas de la science, c’est un peu de statistiques, c’est beaucoup de psychologie et pas mal de bavardages »
A la fin de cette hommage vous entendrez un extrait d’une chanson hilarante mais sérieuse enregistrée par Bernard Maris avec ses potes de Charlie Hebdo, dans lequel il écrivait sous le nom célèbre d’Oncle Bernard.
Derrière ce lien la version intégrale de <La Messe du CAC de Bernard et de Charlie Hebdo>
Bernard Maris avait 68 ans. Il était le fils de Républicains espagnols émigrés en France. Après de brillantes études d’économie, et une thèse en 1975, il avait suivi le cursus honorum qui devait le mener au poste de professeur. Il a publié des livres dont le titre est déjà un programme : Ah Dieu ! Que la guerre économique est jolie ! (en 1998), ou Lettre ouverte aux gourous de l’économie qui nous prennent pour des imbéciles (en 1999). Il fut  aussi l’auteur de  l’Antimanuel d’économie.
Depuis son assassinat, j’ai appris qu’il avait épousé en 2007, la fille de Maurice Genevoix, Sylvie Genevoix décédé d’un cancer en 2012.
Et une information qui n’avait pas été révélée jusque-là : il était franc maçon dans la même loge que Jean-Luc  Melenchon au Grand Orient de France (GODF).
Il aurait aussi dit : »Moi qui suis de gauche et athée, il n’y a aucune chance que je me retrouve à la Droite de Dieu>
Le rire est la meilleure part de l’humain
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Lundi 12 janvier 2015

Lundi 12 janvier 2015
« Le rire libère de la peur du diable, […]
Le rire distrait, quelques instants de la peur.
Mais la loi s’impose à travers la peur, dont le vrai nom est crainte de Dieu. […]
Et que serions nous, nous créatures pécheresses, sans la peur, peut être le plus sage et le plus affectueux des dons divins ? »
« Jorge de Burgos »
Le nom de la Rose, Septième jour : Nuit
Umberto Ecco

Vous avez probablement vu le film « Le nom de la Rose » et peut être, même mieux, lu le livre d’Umberto Ecco.

Vous vous souvenez que le moine Guillaume de Baskerville (joué dans le film par Sean Connery) enquêtait sur des morts suspectes de moines dans une abbaye bénédictine.

Au bout de son enquête, il se rend compte que ces moines étaient morts empoisonnés parce qu’ils avaient lu un livre de la bibliothèque et que les pages qu’ils tournaient après avoir mouillé leur doigt avaient été enduites de poison par le bibliothécaire aveugle de l’abbaye : Jorge de Burgos.

Le livre dont il s’agissait était le second tome « de la Poétique d’Aristote » qui faisait un éloge du rire.

Le mot du jour est la réponse du moine chrétien fanatique à la question  de Guillaume de Baskerville :

« Mais qu’est-ce qui t’a fait peur dans ce discours sur le rire ? »

Les religions totalitaires et le totalitarisme de tout bord n’aiment pas le rire.

Le rire libère de la peur.

Le rire est une force, une résistance aux certitudes, un appel permanent au doute.

Le totalitarisme ne s’y trompe pas, celui qui rit conteste, ne croit pas ce qu’on lui dit, ce qu’on veut lui imposer.

Les soviétiques avaient développé toute une batterie de blagues pour supporter le régime totalitaire :

« Je fais semblant de travailler, pour que l’Etat puisse faire semblant de me payer ».

Ou encore plus sarcastique dans un camp du goulag :

« Tu as été condamné à combien ?
– 5 ans !
– Et tu as fait quoi ?
– Mais je n’ai rien fait, rien !
– Ça, ce n’est pas possible, quand on n’a rien fait c’est 3 ans ! ».

Et puis sur un autre plan je vous engage à regarder cette vidéo : <Nasser parle de son entretien avec les frères musulmans>

Cette vidéo montre Nasser lors d’un meeting politique expliquer qu’il a voulu discuter avec les frères musulmans, c’est à dire les salafistes, pour les associer au pouvoir. Et quand il dit que leur première exigence est que « nos femmes sortent dans la rue voilées » vous entendez, la salle qui éclate de rire.

Tout est dit. Il ne peut exister de réponse plus forte que ça. C’est beaucoup plus fort que si la salle criait « NON ». Vous pouvez écouter la suite de la vidéo, édifiant. Il faudrait pourvoir la comparer avec un meeting des frères musulmans.

Et le rire qui est joie, dédramatise aussi.

Dans ma modeste expérience, quand parfois, c’est plus dur au quotidien parce que mon corps est meurtri par des thérapies qui sont utilisées pour guérir un mal plus grand, c’est l’amour de mes proches, la musique qui apaise mais aussi l’humour et le rire qui redonnent force de vie et volonté de continuer le chemin, la tête haute.

C’est le rire qu’on a assassiné le 7 janvier dans les locaux de Charlie Hebdo, parce que le rire est insupportable à certains, parce qu’il libère de la peur comme dit le personnage d’Ecco et que cela ce n’est pas possible pour ceux qui veulent imposer une loi totalitaire pour tous.

Tous les dessins de Charlie Hebdo ne m’ont pas fait rire.

Mais aujourd’hui  je défends sans aucune restriction Charlie Hebdo, son droit de faire rire, de pratiquer la dérision.

Et puis le mot du jour insiste sur l’addiction des totalitarismes à la peur et c’est bien par la peur que ces fanatiques et les intellectuels qui les inspirent veulent imposer leur loi, leurs idées, leur vision du monde et de la société.

Charb a dit « je préfère mourir debout que vivre à genoux. » et il a ajouté  « L’humour est un langage que les intégristes ne comprennent pas. Eux s’appuient sur la peur. (…) Je n’ai pas l’impression d’égorger quelqu’un avec un feutre. Je ne mets pas de vies en danger. Quand les activistes ont besoin d’un prétexte pour justifier leur violence, ils le trouvent toujours. »

<Les inrocks ont repris cette interview>

Charb qui était en train d’écrire un livre contre l’islamophobie.

Je m’incline devant ce héros et les autres qui étaient avec lui.

Les manifestations de ce dimanche sont une grande réponse du peuple français à cette tentative de faire peur.

Mais n’oublions pas de rire, même si quelquefois ce sont les larmes qui submergent.

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