J’ai adhéré à cette langue et elle m’a adopté…
C’est une question d’amour. Je l’aime et elle m’aime… ».
Une langue venue d’ailleurs,
«La France, elle va faire 50 milliards d’économie et ce n’est pas si facile. […] La France, elle ne fera pas davantage parce que ce serait mettre en cause la croissance.»
«L’Europe, elle a besoin de la France parce que nous sommes la deuxième économie de l’Europe. […] Alors la France, elle compte.»
«Les résultats, ils tardent à venir, je le sais, je le vois.»
«Le scepticisme, bien sûr qu’il est grand»
L’ancien Président qui voulait faire autre chose, revient, il veut agir.
Pour ce retour, ce mot mystérieux de Paul Valéry :
Je vais encore parler de quelque chose que je ne connais pas et que je n’ai pas vu. Alors, je vais essayer de le faire bien.
J’écoutais, hier, pendant la pause méridienne le journal de 13h de France Inter.
A la fin, il a été question de la biennale de la danse de Lyon.
Dimanche a eu lieu le grand défilé (le 10ème) dans les rues de Lyon, plus grande parade chorégraphiée d’Europe et 300 000 spectateurs.
Une vidéo montre et évènement <Le défilé de la biennale de la danse 2014>
La biennale c’est 45 spectacles et cette année il y a une ouverture sur le monde du cirque incarnée par la compagnie XY.
Et pour décrire le spectacle de cette compagnie, la journaliste de France Inter a eu ces mots :
« Tout commence par un combat de corps au sol,
puis bien vite les artistes prennent de la hauteur,
des tours humaines s’érigent
2,3 ou 4 corps empilés les uns sur les autres,
sans aucun dispositif de sécurité.
Le spectateur retient son souffle,
puis les corps prennent leur envol
et virevoltent à 2, 4, 8 mètres de hauteur.
Les jeunes filles se transforment en anges,
Propulsées par des hommes puissants.
Leur bras font office de tremplin.
Le tout avec une facilité déconcertante [..]
Dans les différents tableaux se mêlent rire et poésie.
L’objectif est bien de transmettre des émotions au public.»
Puis Peggy, membre de la Compagnie, s’exprime :
« Les gens étaient beaucoup plus émus par ce que ça impliquait de faire des portés, de la solidarité entre les gens sur le plateau que des prouesses techniques elles-mêmes »
Et c’est alors qu’elle a énoncé ce proverbe africain :
«Tout seul on va plus vite. Ensemble on va plus loin.»
Je l’ai trouvé beau dans le contexte dans lequel il était révélé et profond dans la sagesse qu’il dévoile.
Peggy a ajouté :
Je crois qu’il y a quelque chose comme ça chez nous»
Le spectacle s’appelle il n’est pas encore minuit….
Le site de cette compagnie <La compagnie XY>
Il n’y a pas encore de vidéo sur ce spectacle, mais voici un petit extrait d’un spectacle précédent <Le grand C>
Que l’art vous garde votre joie.
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Émile Durkheim (1858-1917) est un des fondateurs et des plus brillants maître de la sociologie.
Je crois qu’il dit quelque chose de fondamental : pour que l’Etat providence puisse pleinement se déployer il faut qu’il existe ce que Durkheim dit.
Cette constatation a été rappelée dans la conclusion du livre publié en 2014 aux éditions de la Découverte sous la direction de François Dubet : « Inégalités et justice sociale »
François Dubet, sociologue moderne, directeur d’études à l’EHESS était l’invité de l’émission de France Culture La Grande Table du 30/06/2014 qui avait pour thème : « Est ce que toutes les inégalités se valent. »
François Dubet insiste beaucoup sur le fait que la seule dénonciation globale des inégalités sociales ne suffit pas, car toutes les inégalités ne se « valent » pas : certaines sont visibles, d’autres moins, certaines sont perçues comme injustes, d’autres non. Il faut donc pouvoir décrire et mesurer les inégalités sociales, mais aussi savoir ce que nous en faisons et comment elles affectent plus ou moins profondément la vie et l’action des individus.
Et il pose les questions suivantes :
« Que nous font les inégalités dans notre expérience de vie ? Comment se crée une économie morale autour des inégalités ? Comment les inégalités produisent de l’action ? »
Et il finit par un constat :
« Pour vouloir l’égalité des autres, il faut s’en sentir responsable car la seule dénonciation des inégalités ne suffit pas à vouloir leur égalité. »
La conclusion de l’ouvrage qu’il a dirigé a pour titre, « le chainon manquant : la solidarité ».
L’état providence et la formidable redistribution qu’elle sous-tend oblige la solidarité entre l’ensemble des humains qui y participe.
Et Dubet rappelle alors cette réflexion, constatation du grand sociologue Durkheim.
Force est de constater que les grandes avancées sociales et de redistribution se sont déployées dans les Etats européens au sortie des deux guerres mondiales où l’appartenance à une même société faisait très largement consensus.
L’esprit de solidarité s’est largement émoussé et Durkheim nous donne la clé.
Les ultras riches mais aussi les élites mondialisées ainsi que les fragments de la population qui se sont réfugiés, pour de multiples raisons, dans l’identité communautaire ne tiennent plus à la même société qui trace les frontières de la redistribution. Et bien sûr nous qui n’appartenons à aucun de ces groupes, avons aussi de plus en plus de mal à aimer les populations de ces groupes et de considérer que nous faisons partie d’une même société.
Et si nous ne faisons plus partie de la même société, comment se reconnaître mutuellement des droits et une solidarité du niveau auquel est parvenu notre système social ?
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