Mardi 09 avril 2013

Mardi 09 avril 2013
« L’Union européenne est fille de l’Economie et orpheline de la Politique »
Jean-Paul Fitoussi
Lors de la même émission évoquée hier, Jean-Paul Fitoussi a exprimé de façon poétique, ce que nous savons tous et qui constitue une grande partie du problème ou plutôt une grande partie de la non solution.

Lundi 08 avril 2013

Lundi 08 avril 2013
« Le théorème du lampadaire »
Jean-Paul Fitoussi
Il s’agit du titre du dernier ouvrage de l’économiste Jean-Paul Fitoussi.
Il fait référence à une blague connue : Un homme cherche sa clé sous un lampadaire. Quelqu’un l’interroge et lui demande « vous avez perdu vos clés ici ? » et le chercheur de répondre : « Non je les ai perdues devant ma porte, mais ici c’est le seul lieu éclairé de la rue, c’est pour ça que je cherche ici ! »
Et Fitoussi nous explique que dans le changement de monde que nous vivons, tout le monde cherche sous le lampadaire des chiffres qu’on publie : PIB, pouvoir d’achat, taux d’endettement…
Alors que le problème n’est pas celui-là : le problème est celui du bien-être des populations et de la soutenabilité du système. A regarder sous le lampadaire on ne trouve rien et le problème s’aggrave : la dette ne diminue pas, le mal-être des gens augmente, comme leur défiance de plus en plus forte envers la démocratie.
Voici le résumé de la quatrième de couverture.
Ce livre est une invitation au voyage dans les territoires que nous avons entraperçus durant les crises qui se sont succédé depuis 2007-2008 : la crise de la théorie économique, la crise financière mondiale, la crise bancaire, la crise européenne des dettes souveraines, celle enfin de nos système de mesure.
Avec un constat accablant : nous affrontons l’avenir les yeux rivés sur les cercles de lumière qui nous viennent du passé ! Nous ne pouvons rien trouver sous ces lampadaires-là s’ils n’éclairent pas les temps présents. Nos théories économiques – invalidées à plusieurs reprises par les faits – et nos politiques fixées sur les objectifs qui en découlent – stabilité des prix, concurrence, soutenabilité de la dette – ne parviennent plus à rendre compte du réel ni à répondre aux besoins des populations.

Vendredi 05 avril 2013

Vendredi 05 avril 2013
« Ecouter la forêt qui pousse,
plutôt que l’arbre qui tombe »
Friedrich Hegel (1770-1831)
Beethoven qui était né la même année que Hegel a dit : « Je préfère un arbre à un homme »
Mais le propos de Hegel est beaucoup plus positif.
D’ailleurs on n’entend pas la forêt qui pousse et pourtant elle pousse.
Ils se passent actuellement dans le monde et dans la société des humains de telles évolutions que nous ne savons pas de quoi demain sera fait.
Nous voyons et entendons des arbres qui tombent. Mais nous n’entendons pas et ne voyons probablement que très mal la forêt qui pousse.
Dans 30 ans cette forêt nous surprendra peut être de manière positive.
Peut-être que dans 30 ans il n’y aura plus de paradis fiscaux, parce que ce qui se passe en ce moment les rendra tellement insupportable qu’ils ne pourront perdurer.
Rappeler vous un petit fait : Le précédent président a affirmé qu’il était à Berlin le jour de la chute du mur de Berlin. Une demi-heure plus tard apparaissait sur la toile les informations qui montraient que cette annonce était un mensonge. Deux jours plus tard avec des explications alambiquées il lui a fallu reconnaître piteusement qu’il « s’était trompé ».
Tout ceci changera le monde, pourquoi ne pas penser que ce sera pour le bien ?

Jeudi 04 avril 2013

Jeudi 04 avril 2013
« On reproche souvent aux hommes politiques de promettre des choses impossibles,
mais ce n’est pas la réalité, en réalité ils promettent des choses contradictoires.
Or si on peut réaliser l’impossible, on ne peut atteindre des choses contradictoires. »
Raymond Aron
Quand j’étais jeune étudiant en Droit, je lisais beaucoup Raymond Aron.
Je cite de mémoire une de ses réflexions dont je trahis peut être légèrement le verbe mais pas l’esprit.
Et il me semble qu’il citait comme exemple la promesse de diminuer les impôts et d’augmenter les prestations publiques.
Kennedy avait promis l’impossible : aller sur la Lune. Les américains l’ont réalisé en y mettant les moyens grâce à la NASA.
Par rapport aux derniers évènements cette réflexion me paraît plein de sens.
Et on pourrait multiplier les exemples :
On ne peut pas promettre le libre-échange, la globalisation et des prix bas d’un côté et de l’autre assurer que l’Etat providence de nos pays occidentaux peut continuer à rester au même niveau de prestations.
On ne peut pas promettre l’équité fiscale et la juste contribution de chacun selon ses moyens à la cause commune
et continuer à accepter qu’il existe des paradis fiscaux.
Cela est vrai pour notre Administration, on ne peut pas continuer à diminuer les moyens et les emplois sans toucher de fond en comble l’organisation de nos services, de notre maillage territorial et du nombre de nos cadres et prétendre qu’on peut continuer à rendre un service de même niveau.
Je vous laisse continuer…

Mercredi 03 avril 2013

Mercredi 03 avril 2013
« Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant »
Jean Jaurès, Discours à la jeunesse, 1903
Après le « choc des simplifications », le choc de la vérité.
La fraude fiscale n’est pas bien vue, à juste titre, dans notre maison.
Mais quand celui qui la commet, accepte de devenir Ministre du budget, notre Ministre, l’infraction s’aggrave
Quand il nie et menace d’attaquer en diffamation le journal qui dénonce ses turpitudes, il commet un crime contre l’Honneur.
Quand enfin, il ment devant le Parlement de la France, il commet un crime contre la Démocratie.
Je laisse le mot du jour à un Homme qui faisait du bien à la Démocratie :
Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ;
C’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant
[…]
Le courage, ce n’est pas de laisser aux mains de la force la solution des conflits que la raison peut résoudre (…).
Le courage, c’est de supporter sans fléchir les épreuves de tout ordre, physiques et morales, que prodigue la vie.
Le courage, c’est de ne pas livrer sa volonté au hasard des impressions et des forces (…).
Le courage, c’est de comprendre sa
Le courage, c’est de comprendre sa propre vie, de la préciser, de l’approfondir, de l’établir et de la coordonner cependant avec la vie générale (…).
Le courage, c’est de dominer ses propres fautes, d’en souffrir mais de ne pas en être accablé et de continuer son chemin.
Le courage, c’est d’aimer la vie et de regarder la mort d’un regard tranquille ; c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel ; c’est d’agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni s’il lui réserve une récompense.
Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques. » […]
Jean Jaurès, Discours à la jeunesse, 1903

Mardi 02 avril 2013

Mardi 02 avril 2013
« Le choc de simplification »
François Hollande, Président de la République interview du Jeudi 28 mars
Notons d’abord qu’il s’agit d’un bel oxymore : Le choc, c’est violent, brutal, ça fait mal. La simplification, c’est doux, ça fait du bien.
Ce slogan est certainement encore une invention d’un communicant.
C’est le nouveau concept que nos technocrates et administrations centrales vont nous resservir à satiété.
Le diagnostic est ancien, les velléités de simplifier récurrents, mais nos technocrates assaillis par des armées de lobbyistes en sont-ils capables ?
Et pourtant la France et les français ont tant besoin de simplifications :
Lors du mot du jour du 13/12/2012, j’avais évoqué un matin de France Culture où était invité Jean-Paul Delevoye, Président du Conseil économique, social et environnemental.
Il avait par un raccourci saisissant expliqué la chose suivante
Au XIXème siècle, pour construire une infrastructure publique nous avions besoin de deux mois pour décider et de quatre ans pour construire, aujourd’hui nous avons besoin de 10 ans pour décider et de 6 mois pour construire.
Mais comment faire confiance alors que la dernière idée géniale est, pour réduire le mille-feuille administratif français, de créer une structure supplémentaire : « la métropole européenne », sans rien supprimer de toutes les autres structures.
Mais gardons l’espoir, Le Premier Ministre a fait les premières annonces aujourd’hui : http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20130402trib000757056/ayrault-declenche-un-choc-global-de-simplification-.html

Jeudi 28 mars 2013

Jeudi 28 mars 2013
« Penser, c’est dire non »
Alain Propos sur les pouvoirs, « L’homme devant l’apparence », 19 janvier 1924, n° 139 ou Propos sur la religion, LXIV
Je n’ai pas la culture et la force argumentaire de mon illustre homonyme philosophe.
Si j’osais rectifier son propos je dirai, Penser, c’est s’autoriser à dire non.
Nous vivons, notamment dans notre univers professionnel, dans un moule tellement conformiste.
Dans nos actes comme nos écrits nous disons si souvent oui à des pratiques, des organisations, des règles, alors que si nous y réfléchissions vraiment nous devrions dire non.
Pas un « non » abrupt qui signifie une impasse, mais un « non » ouvert, positif qui propose d’autres solutions.
Replacé dans son contexte voici ce que disait en 1924 Alain :
« Penser, c’est dire non.
Remarquez que le signe du oui est d’un homme qui s’endort ; au contraire le réveil secoue la tête et dit non.
Non à quoi ? Au monde, au tyran, au prêcheur ? Ce n’est que l’apparence.
En tous ces cas-là, c’est à elle-même que la pensée dit non. Elle rompt l’heureux acquiescement. Elle se sépare d’elle-même.
Elle combat contre elle-même. Il n’y a pas au monde d’autre combat.
Ce qui fait que le monde me trompe par ses perspectives, ses brouillards, ses chocs détournés, c’est que je consens, c’est que je ne cherche pas autre chose.
Et ce qui fait que le tyran est maître de moi, c’est que je respecte au lieu d’examiner.
Même une doctrine vraie, elle tombe au faux par cette somnolence.
C’est par croire que les hommes sont esclaves.
Réfléchir, c’est nier ce que l’on croit.
Qui croit ne sait même plus ce qu’il croit.
Qui se contente de sa pensée ne pense plus rien. »
ALAIN
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Jeudi 21 mars 2013

Jeudi 21 mars 2013
«Les impôts sont le prix à payer pour une société civilisée,
trop de citoyens veulent la civilisation au rabais»
Henry Morgenthau, secrétaire au Trésor américain sous la présidence de Roosevelt, 1937
Tout le monde comprendra l’intérêt, en ce moment, de rappeler ce propos tenu il y a plus de 75 ans, aux Etats Unis. Henry Morgenthau avait écrit dans un rapport que lui avait commandé le président Roosevelt en 1937 sur la fraude fiscale : «Les impôts sont le prix à payer pour une société civilisée, trop de citoyens veulent la civilisation au rabais», (Citation originale «Taxes are what we pay for civilized society. Too many citizens want the civilization at a discount»)
Il avait aussi écrit dans ce rapport : « L’une des constatations les plus décourageantes faite lors de notre enquête est que des juristes de haut vol conseillent leurs clients dans l’utilisation des moyens les plus retors de frauder le fisc, et qu’ils en font eux-mêmes un usage intensif »
Donc rien de neuf sous le soleil.
Sauf qu’à l’époque Roosevelt était un homme d’Etat qui savait imposer des décisions drastiques : « En 1932, quand Roosevelt arrive au pouvoir, le taux de l’impôt fédéral sur le revenu applicable aux plus riches était de 25 % aux Etats-Unis. »
Le nouveau président décide de le porter immédiatement à 63 %, puis 79 % en 1936, 91 % en 1941, niveau qui s’appliqua jusqu’en 1964, avant d’être réduit à 77 %, puis 70 % en 1970. Pendant près de cinquante ans, des années 30 jusqu’en 1980, jamais le taux supérieur ne descendit au-dessous de 70 %, et il fut en moyenne de plus de 80 %. »
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Mercredi 20 mars 2013

Mercredi 20 mars 2013
« J’espère qu’il est innocent »
Eric Ciotti
Il est question, bien sûr, de notre ministre démissionnaire.
Ces mots ont été tenus par le député UMP Eric Ciotti : « J’espère qu’il est innocent parce ce que si ce n’est pas le cas », après « ce qu’il a dit devant l’Assemblée nationale, ce sera un coup terrible pour la démocratie, cette république exemplaire que prônait le président normal, elle foutra le camp ». [..] Ce serait un coup terrible si son innocence n’était pas établie, parce que des pans entiers du discours public s’effondreraient. Porter atteinte à la crédibilité de la parole publique, c’est porter atteinte à notre fonctionnement démocratique et ouvrir la voie à un populisme en train de monter dans notre pays ». Ça c’est le volet politique.
Mais pour nous autres à la DGFiP comment exercer notre mission si le ministre flamboyant qui était à notre tête avait fauté précisément dans le domaine où nous devons agir, a fait précisément ce que nous combattons et qu’il disait combattre aussi ?
Oui j’espère, pour nous aussi, qu’il soit innocent.