Lundi 18 mars 2013

Lundi 18 mars 2013
« T.I.N.A. »
Margaret Thatcher
Alors que Chypre vient à son tour de se voir imposer des mesures drastiques, non issues du pouvoir démocratique, mais des instances européennes
Alors qu’on constate que sur le plan économique la politique du président actuel est très peu différente de celle de son prédécesseur.
Je propose, pour mot du jour, cet acronyme : « T.I.N.A. »
There is no alternative (TINA, « Il n’y a pas d’alternative » en français) est un slogan politique couramment attribué à Margaret Thatcher
Il vient d’être repris par François Bayrou dans son livre « De la vérité en politique ».
Bayrou explique même que s’il n’est pas certain qu’à l’époque de Thatcher cette formule était exacte, elle l’est aujourd’hui.
L’opinion de Bayrou n’est peut-être pas la plus importante, il faut cependant reconnaître que pour l’instant cette formule semble parfaitement s’appliquer dans tous les pays de l’Union européenne.
C’est une question grave, car s’il n’y a pas d’alternative à quoi servent la démocratie et les élections ?
A voir cet excellent article de Wikipedia et les liens qu’il propose : http://fr.wikipedia.org/wiki/TINA

Jeudi 14 mars 2013

Jeudi 14 mars 2013
« Habemus Papam »
Eglise Catholique

C’est une formule qui lorsqu’on la prononce, soi-même, possède un caractère jubilatoire. Plus encore si on y accole la phrase d’introduction :

« Annuntio vobis gaudium magnum : habemus papam, »
Je vous annonce une grande joie : nous avons un pape.

C’est une phrase séculaire et rare.

La dernière fois qu’elle avait été prononcée, Chirac était encore notre président.

Et la fois d’avant j’avais 20 ans, preuve que c’était il y a longtemps.

Ainsi le comité central du parti catholique qui revendique plus d’un milliard d’adhérents a désigné son secrétaire général, le même jour où la république communiste chinoise de plus d’un milliard d’individus a confirmé son nouveau président.

Pardon mais c’est très faux d’écrire les choses ainsi, puisque le parti communiste s’est inspiré de l’organisation de L’Eglise catholique et de son centralisme démocratique, non le contraire.

Donc ce qui est juste d’écrire : le conclave des cardinaux a désigné l’Evêque de Rome.

On ne rappellera jamais assez que si le christianisme est né en Judée, en Orient, il s’est développé dans l’Empire Romain dont il a repris l’organisation territoriale, la capitale et le vocabulaire comme « souverain Pontife » par exemple.

L’Église Catholique est donc la continuation de cet Empire disparu au Vème siècle.

« Habemus Papam » est aussi un très beau film de Nanni Moretti où Michel Piccoli joue le rôle du Pape nouvellement désigné et qui au moment d’aller sur le balcon saluer les fidèles est pris d’une violente crise d’angoisse et s’enfuit.

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Mardi 12 mars 2013

Mardi 12 mars 2013
« Je l’ai su,
Mais je ne l’ai pas cru,
Et parce que je ne l’ai pas cru,
je ne l’ai pas su. »
Raymond Aron
Il y a des mots du jour qui parlent à l’intellect.
Il en est qui sont des traits d’humour, mais il en existe qui touchent au plus profond de l’âme humaine.
Raymond Aron vivait à Berlin en 1933, lors de l’arrivée au pouvoir d’Hitler, il a passé la guerre à Londres dans l’entourage de De Gaulle, il était donc très bien informé de ce qui se passait en Allemagne.
Bien après 1945 quand on lui a demandé : « Saviez-vous ce que les allemands faisaient aux juifs dans les camps de la mort ? »
Il a eu cette réponse extraordinaire :
« Je l’ai su, Mais je ne l’ai pas cru,
Et parce que je ne l’ai pas cru, je ne l’ai pas su. »
Quand une réalité se trouve en dehors de nos schémas de pensées, à l’extérieur de ce que nous estimons dans le champ du possible, nous ne croyons pas ce que nous savons et nous ne savons plus.
La lecture de ce mot du jour peut s’arrêter ici.
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Elle peut aussi continuer, si vous en avez la patience et souhaitez savoir pourquoi j’ai écrit ce mot du jour aujourd’hui et quel est le sens de l’introduction.
Si vous lisez les journaux, vous savez que se déroule actuellement le procès du fondateur de l’école en bateau et de ses complices.
L’école en bateau est, dans la suite de la pensée de 68, une expérience de pédagogie alternative à l’institution scolaire, où des enfants entre 9 et 15 ans, voire plus, apprennent non pas dans une salle de classe mais en voyageant sur un bateau, en prenant la responsabilité de son fonctionnement dans toutes ses dimensions.
Parmi les victimes se trouvent 3 garçons de ma famille proche.
J’ai rencontré plusieurs fois le fondateur et plus encore son second.
Cette expérience était pour moi à l’époque absolument passionnante et je la présentais sous les angles les plus positifs.
Si on reste dans les indicateurs objectifs et qu’on passe sous silence l’aspect humain, cette expérience a été remarquable.
Sachez que l’ainé de cette fratrie a quitté le système scolaire français pendant 4 ans, il l’a réintégré à 16/17 ans, en Terminale, c’est à dire sans aucune perte de temps dans son cursus scolaire.
Ce garçon a intégré, deux ans après, le nec plus ultra de la réussite scolaire française : l’Ecole Normale Supérieure de la rue d’Ulm.
Le second est resté 5 ans sur ce bateau, il a réintégré le système en seconde. Il a réussi l’Ecole Centrale de Paris.
Le troisième qui n’est resté qu’un an poursuit également une belle carrière, il a fait Science Po Paris et a raté d’un rien l’ENA.
Ces 3 garçons parlent couramment plusieurs langues, ils sont très bricoleurs et très débrouillards dans la vie.
Mais sur le plan de l’équilibre et de l’épanouissement humain, la situation est plus difficile.
Le début du procès a déjà montré que la pédophilie du fondateur préexistait à cette aventure de l’école en bateau. Il est vraisemblable que toute cette expérience reposait sur la manipulation de cet homme organisant un harem d’enfants pour sa perversité, dans un lieu idéal pour assouvir ses fantasmes.
Les parents et moi-même, ne pouvions pas ne pas le savoir.
Il avait écrit un livre dont il est question dans les journaux et qui décrivait comment cet homme concevait les relations entre enfants et adultes.
Un jour j’ai montré le journal que l’école en bateau produisait, à un ami qui ne connaissait personne de cette aventure.
Au bout de 2 minutes, cet ami m’a regardé et m’a dit : « Mais enfin, ce que tu me montres là, c’est un paradis de pédophile ».
Je l’ai su, mais je ne l’ai pas cru.
Et parce que je ne l’ai pas cru, je ne l’ai pas su.
Tout cela doit rendre très humble.
Nous apprenons rarement de l’expérience des autres.
Mais la vie n’est finalement rien d’autre que d’essayer, chaque jour, de devenir moins stupide et moins naïf.
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Vendredi 08 mars 2013

Vendredi 08 mars 2013
«Une moitié de l’espèce humaine est hors de l’égalité,
il faut l’y faire rentrer : donner pour contrepoids au droit de l’homme le droit de la femme. »
Victor Hugo (1802-1885) – Actes et Paroles
Lors de la journée des femmes, le mot du jour ne peut qu’évoquer la meilleure part de l’Humanité.
En France l’égalité, notamment au niveau des revenus, reste un idéal à atteindre, mais dans le monde il existe beaucoup de pays où la situation est bien pire, dans certaines sociétés, il existe un véritable apartheid et une grande violence à l’égard des femmes.
Je voudrai en ce jour redonner la parole à ce grand humaniste, visionnaire et précurseur qu’on a un peu oublié même s’il reste un monument.
Monument austère et lointain dont on oublie l’actualité : chantre de l’Union politique de l’Europe (mot du jour du 08/11/2012), combattant contre la peine de mort et rédacteur de cette profession de foi de l’Humanisme : ‘Chaque fois qu’on ouvre une école, on ferme une prison. »

Jeudi 07 mars 2013

Jeudi 07 mars 2013
« Il n’y a qu’en prison qu’on a le temps de lire et de penser aux choses sérieuses »
Régis Debray
Pour consoler Berlusconi qui vient d’être condamné à un an de prison par un tribunal milanais, ce propos d’un homme qui parle de son expérience. Propos tenu le 03/03/2010 dans l’émission Nonobstant et que j’ai noté.

Mercredi 06 mars 2013

Mercredi 06 mars 2013
« Il faut être toujours ivre…
de vin, de poésie ou de vertu,
à votre guise,
mais enivrez-vous ! »
Baudelaire
L’Europe s’enfonce dans la crise.
La France s’enlise.
Chavez qui a encore au moins un défenseur en France, Melenchon, est mort.
Mais il y a de plus en plus de milliardaires dans le Monde et de plus en plus riches
La liste comporte désormais 1.426 noms, soit 210 milliardaires de plus que l’année dernière et leur patrimoine a augmenté de 17%.
Dans ce contexte revenons à ce conseil de Baudelaire.
Et puis ivre de vertu, c’est peut être une solution lorsque certains pensent que la solution se trouve dans la décroissance soutenable, la sobriété heureuse, la simplicité volontaire.

Mardi 05 mars 2013

Mardi 05 mars 2013
« Doit-on déterminer notre politique économique
en fonction de considérations électorales ? »
Manuel Barroso
Hubert Védrine est invité sur France Culture tous les vendredis dans l’émission appelé « Le monde selon Hubert Védrine »
Vendredi dernier il a analysé les réactions après les élections italiennes et a mis en exergue cet avis « Doit-on déterminer notre politique économique en fonction de considérations électorales ? » Manuel Barroso ? Président de la commission européenne.
Comme l’explique Hubert Védrine la réponse que sous-tend cette question de notre éminent président de la commission européenne est « NON »
Et Hubert Védrine d’expliquer que si ce n’est pas le vote des citoyens qui détermine la politique, c’est que nous entrons dans une ère postdémocratique.
Emmanuel Todd avait écrit « Après la démocratie ».
Je crois que jamais un responsable de ce niveau (Barroso) n’a dit avec autant de « fraîcheur » que les experts n’en avaient que faire de l’avis des gens.
Hubert Védrine, dans un avis que je partage, trouve cela très dangereux.

Mercredi 27 février 2013

Mercredi 27 février 2013
« Non seulement la mort ne me fait pas peur
mais je pense qu’elle m’accueillera avec la même gentillesse
que j’ai été accueilli tout au long de ma vie par les êtres que j’ai rencontrés.
Je lui fais confiance. »
Stéphane Hessel
Stéphane Hessel est mort cette nuit
Stéphane Hessel faisait en 2010 l’objet d’un documentaire dans la série « Empreintes » diffusée sur France 5. L’auteur avait évoqué la manière dont il abordait la mort face à la caméra de Sophie Lechevalier et de Thierry Neuville.
« Pour moi, la mort a été à certains moments de ma vie très proche puisque je l’ai frôlée plusieurs fois. Aujourd’hui que j’atteins l’âge où la mort est là, toute proche, elle ne pourra plus guère tarder maintenant à accomplir ma vie.
Je la considère avec beaucoup de respect. Je la considère avec une attente très amicale. La mort est pour moi une amie. Je sais qu’elle est là. Je sais qu’elle prendra son temps, qu’elle trouvera son heure.
Je suis convaincu qu’elle ne mettra pas seulement fin à la vie de mon corps mais qu’elle ouvrira la porte à quelque chose dont je ne sais absolument pas ce que c’est. Elle est aussi sans doute le commencement d’un rapport de cet être que nous sommes avec une autre dimension.
Non seulement (la mort) ne me fait pas peur mais je pense qu’elle m’accueillera avec la même gentillesse que j’ai été accueilli tout au long de ma vie par les êtres que j’ai rencontrés. Je lui fais confiance. »

Jeudi 21 février 2013

Jeudi 21 février 2013
« Les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires. »
Montesquieu De l’esprit des lois (1748)
François REBSAMEN, Le maire de Dijon exprimait récemment la crainte suivante : « Il ne faudrait pas sombrer dans l’inflation législative » (cf. lien vers article du Monde ci-après)
Cela m’incite à mettre comme mot du jour, cette parole de sagesse de Montesquieu, toujours actuelle.
Tacite, il y a bien plus longtemps (historien et sénateur romain né en 58 et mort vers 120 ap. J.-C.) disait déjà : « La plus mauvaise république est celle qui a le plus de lois »
Demain, il n’y aura pas de mot du jour, je passerai ma journée avec des médecins.