Mercredi 3 juin 2015

« En France, vous avez un art très rare qui est de fabriquer des religions sans dieu. Vous n’avez pas de roi mais un président qui ressemble à un roi, vous n’avez pas de religion d’Etat mais vous avez le Panthéon ».
Kamel Daoud

Kamel Daoud, né en Algérie, est un écrivain et journaliste algérien d’expression française. Selon Wikipedia

«S’il écrit en français et non en arabe, c’est, dit-il, parce que la langue arabe est piégée par le sacré, par les idéologies dominantes. On a fétichisé, politisé, idéologisé cette langue.»

Depuis 1994, il écrit au Quotidien d’Oran, il est aussi parfois chroniqueur dans des journaux français comme Le Point.

Il a acquis aussi un surplus de notoriété en écrivant un roman «Meursault, contre-enquête » sur lequel je reviendrai plus loin. C’est pour ce roman qu’il avait été invité le 13 décembre 2014, dans l’émission « On n’est pas couché sur France 2 ».

ll a parlé de son rapport à l’islam.

« Je persiste à le croire : si on ne tranche pas dans le monde dit arabe la question de Dieu, on ne va pas réhabiliter l’homme, on ne va pas avancer. La question religieuse devient vitale dans le monde arabe. Il faut qu’on la tranche, il faut qu’on la réfléchisse pour pouvoir avancer. »

Et suite à cette émission un imam salafiste, Abdelfattah Hamadache Zeraoui, a appelé à son « exécution », écrivant que « si la charia islamique était appliquée en Algérie, la sanction serait la mort pour apostasie et hérésie ». « Il a mis le Coran en doute ainsi que l’islam sacré ; il a blessé les musulmans dans leur dignité et a fait des louanges à l’Occident et aux sionistes. Il s’est attaqué à la langue arabe, écrit Abdelfattah Hamadache Zeraoui. (…) Nous appelons le régime algérien à le condamner à mort publiquement, à cause de sa guerre contre Dieu, son Prophète, son Livre, les musulmans et leurs pays. »

C’est cet homme qui était l’invité de France Inter du 27 mai 2015. <En France vous avez l’art de fabriquer des religions sans dieu>

C’est souvent l’œil extérieur qui sait porter le regard le plus pertinent sur une situation ou une société. Interrogé par un auditeur sur l’autocensure de certains intellectuels ou pratiquée dans les médias français sur la question de l’islamisme par peur de représailles ou lâcheté intellectuelle, il a eu ce propos :

« L’islamisme est le nouveau totalitarisme de notre siècle donc il pèse par la peur, par l’oppression, par la violence, par le meurtre. En Algérie, la dernière polémique visait une étudiante exclue parce qu’elle portait une jupe trop courte. En France, on a le contraire, une jupe trop longue. C’est assez symptomatique du siècle et de ces « maladies ». En France, j’ai été frappé du fait que vous n’arrivez pas à redéfinir facilement les choses : qu’est-ce que la liberté, qu’est-ce que dessiner, qu’est-ce que la laïcité. Vous avez une élite qui jacasse beaucoup mais qui est incapable de définir la liberté pour un écolier de 15 ans. Je pense que vous avez besoin d’un dictionnaire. Vous avez une collection de tabous extraordinaires. Je me sens beaucoup plus libre paradoxalement quand j’exerce mon droit d’intellectuel en Algérie qu’ici ».

Et puis il a ajouté ce qui est le mot du jour d’aujourd’hui.

Enfin il a eu ce rapprochement audacieux :

«Il y a finalement peu de différences entre les islamistes qui me menacent dans mon pays et la montée du Front national en France. D’ailleurs, le mot « salafiste » veut dire « souche »».

Kamel Daoud est devenu plus célèbre en France, en octobre 2013 quand sort son roman «Meursault, contre-enquête»

Il a loupé le prix Goncourt d’une voix : 4 contre 5 à Lydie Salvayrepour pour son roman « Pas pleurer »

Ce livre est une réponse à «l’Étranger» d’Albert Camus

L’Étranger d’Albert Camus, roman de 1942, met en scène un personnage-narrateur nommé Meursault, vivant à Alger en Algérie française. Dans la première partie du roman, il enterre sa mère, qu’il a internée à l’hospice de Marengo et il assiste aux funérailles, sans avoir l’air d’être triste, il ne veut pas simuler un chagrin qu’il ne ressent pas.

Par la suite il est mêlé à une dispute entre son voisin et sa maîtresse qui est arabe. Quelques jours après en se promenant sur la plage avec son voisin il croise deux Arabes, dont le frère de la maîtresse. Une bagarre éclate. Plus tard, Meursault, seul sur la plage accablée de chaleur et de soleil, rencontre à nouveau l’un des Arabes, qui, à sa vue, sort un couteau. Meursault tire sur l’homme, puis tire quatre autres coups de feu sur le corps.

Dans la seconde moitié du roman, Meursault est arrêté et questionné. Ses propos sincères et naïfs mettent son avocat mal à l’aise. Il ne manifeste aucun regret. Lors du procès, on l’interroge davantage sur son comportement lors de l’enterrement de sa mère que sur le meurtre. Meursault se sent exclu du procès. Il dit avoir commis son acte à cause du soleil, ce qui déclenche l’hilarité de l’audience. La sentence tombe : il est condamné à la guillotine. Meursault voit l’aumônier, mais quand celui-ci lui dit qu’il priera pour lui, il déclenche sa colère. Avant son exécution, Meursault finit par trouver la paix dans la sérénité de la nuit.

Camus décrit Meursault comme un étranger au Monde, il ne donnera jamais de nom à l’Arabe victime de Meursault.

Kamel Daoud écrit son roman en prenant pour narrateur le frère de « l’Arabe » tué par Meursault et le sort donc de l’anonymat.

Wikipedia nous apprend qu’en Algérie, le livre est l’objet d’un malentendu :

« Sans l’avoir lu, de nombreuses personnes ont pensé que c’était une attaque de L’Étranger, mais moi je n’étais pas dans cet esprit-là. […] Je me suis emparé de L’Étranger parce que Camus est un homme qui interroge le monde. J’ai voulu m’inscrire dans cette continuation. […] J’ai surtout voulu rendre un puissant hommage à La Chute, tant j’aime ce livre. »

Kamel Daoud est en tout cas un homme passionnant, et ce qu’il dit de la France est si juste :

Nous nous disons républicains mais nous sommes des monarchistes qui révoquons notre roi tous les 5 ans et des laïcs qui allons voter le dimanche dans notre maison laïque sacrée de l’École. Enfin nous disposons d’un Temple : Le Panthéon où notre roi décide quels sont les saints laïcs que nous pourrons vénérer.

Pour toutes les autres nations, nous autres français ne pouvons apparaître que bizarres et contradictoires.

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Mardi 2 juin 2015

Mardi 2 juin 2015
«L’immunothérapie permet des traitements efficaces contre des cancers très agressifs, pour lesquels on ne disposait que de peu de solutions. […]
On n’a jamais connu tel bouleversement»
Pr Gilles Vassal,
Directeur de la recherche clinique à l’institut Gustave-Roussy
Le Parisien du 29 mai 2015 titrait sur sa une : « Cancer : enfin un progrès décisif ».
Le journal consacre deux pages à l’immunothérapie, « technique nouvelle qui permet de soigner tous les types de tumeurs », notant que « les plus grands chercheurs, réunis à Chicago à partir d’aujourd’hui [le 29 mai 2015 donc], croient en [ce] nouveau traitement. Il est fondé sur la réaction de notre système immunitaire ».
Claudine Proust [la journaliste du Parisien] observe ainsi qu’« un grand changement arrive dans le traitement des cancers. Il a pour nom l’immunothérapie. Et ses résultats sont prometteurs.
Soigner les cancers, les réduire, les contenir par des trithérapies, comme on l’a fait pour le VIH, n’a plus rien d’une utopie ».
La journaliste relève qu’« alors que s’ouvre aujourd’hui […] le congrès annuel de l’Asco à Chicago, grand-messe mondiale des spécialistes du cancer, médecins et chercheurs s’y précipitent avec une «excitation scientifique» sans précédent, face à ce qu’ils qualifient unanimement de «bouleversement» ».
« Parmi les plus de 4.800 études qui doivent y être dévoilées, ressort la promesse d’un changement d’approche radical d’une maladie que l’on a longtemps soignée organe par organe », poursuit Claudine Proust.
La journaliste constate que « les thérapies ciblées ont ouvert la voie à ce changement. Mais la révolution, à laquelle l’édition 2015 de ce congrès ouvre la porte en grand, et dont peuvent déjà bénéficier certains malades pourtant atteints de tumeurs redoutables, «c’est la confirmation éclatante de la place centrale de l’immunothérapie dans l’arsenal thérapeutique», souligne le Pr François Sigaux, directeur de la recherche et de l’innovation à l’Institut national du cancer (INCa) ».
Le spécialiste remarque que « pendant des années, les chercheurs ont travaillé sur le côté positif : comment produire une réponse immunitaire plus forte.
Les résultats sur les animaux promettaient beaucoup, mais l’espoir est retombé : à trop booster cette réponse, on provoque aussi des maladies auto-immunes. La trouvaille, c’est d’avoir compris qu’il fallait aussi s’intéresser au côté négatif : au verrou qu’enclenche la tumeur pour freiner la réponse immunitaire ».
Claudine Proust note que « trois traitements ont déjà été découverts. «La réserve de recherche est encore grande», estime le Pr Sigaux. Ethique oblige, ces nouvelles approches sont d’abord mises à l’essai chez les patients en phase très avancée, en échec thérapeutique.
Mais les résultats sont si prometteurs que les médecins prédisent des traitements innovants, incluant l’immunothérapie, de plus en plus précoces. […]
Les études montrent que les thérapies ciblées doivent être utilisées de plus en plus tôt en combinaison entre elles ou avec des chimiothérapies classiques ».
Dans un entretien, le Pr Gilles Vassal, directeur de la recherche clinique à l’institut Gustave-Roussy, déclare notamment : « Ce qui est totalement nouveau, c’est que l’immunothérapie permet des traitements efficaces contre des cancers très agressifs, pour lesquels on ne disposait que de peu de solutions. […] On n’a jamais connu tel bouleversement, et ce n’est pas de l’emphase de ma part ».
Comment ça marche?
Notre moelle osseuse produit des cellules, les lymphocytes T, qui assurent en détectant et éliminant les attaques extérieures (microbes, virus, bactérie) et les cellules tumorales à notre organisme.
Or, les cellules cancéreuses envoient des signaux qui désactivent les lymphocytes T. Ces derniers ne sont alors plus en mesure d’identifier les attaques ni de les détruire. L’immunothérapie consiste donc à stimuler les défenses naturelles de l’organisme pour qu’elles luttent contre les cellules tumorales.
Les récentes découvertes ont permis la création d’une troisième famille de traitement. Il envoie dans l’organisme des molécules empêchant les cellules cancéreuses de désactiver les lymphocytes T, en bloquant les immunomodulateurs (CTLA4, PD-1).
Ces nouvelles thérapies consistent en des anticorps capables de bloquer les molécules impliquées dans la désactivation des lymphocytes T, appelées « immunomodulateurs » (immune checkpoints) afin de restaurer une réponse immunitaire efficace. 
« Avant, le but premier de la thérapie consistait à allonger l’espérance de vie du patient. Maintenant, on peut espérer que le cancer se transforme en pathologie chronique, ou mieux, qu’il soit guéri » explique Delphine Loirat, médecin oncologue et chercheur en immunologie à l’Institut Marie Curie.
Voilà une nouvelle qui va réjouir des millions de personnes [chaque année il y a plus de 14 millions de cas nouveaux qui sont déclarés dans le Monde].

Lundi 1 juin 2015

Lundi 1 juin 2015
Le rire est le plus court chemin d’un homme à un autre»
Georges Wolinski,
né le 28 juin 1934 à Tunis et mort assassiné le 7 janvier 2015 à Paris lors de l’attentat contre Charlie Hebdo
Cité par Philippe Val
Enfin un mot du jour où il n’est pas nécessaire de commentaire, sauf à se souvenir de son expérience et de se rappeler que lorsque le rire se déclenche, les barrières entre les humains se lèvent.
Quand on cherche un peu on trouve des textes qui attribuent à Charlie Chaplin : « Le rire est le chemin le plus court entre deux personnes ».
Et aussi cette affirmation de Rabelais « Le rire est le propre de l’homme ».
Poésie ? Prémonition ? Le mot religion vient du latin religare signifiant « relier »
« Le rire libère de la peur du diable» c’était le début du mot du jour du 12 janvier, extrait du nom de la Rose d’Umberto Ecco que j’avais choisi comme premier mot après les attentats du 7 janvier.
Il porte le numéro 66 de la sélection de 100 mots du jour des 500 qui ont été écrits et que vous trouverez en pièce jointe avec leurs commentaires.

Vendredi 29 mai 2015

Vendredi 29 mai 2015
« – Les enfants, savez-vous ce qu’est un champ lexical ? »
– Maîtresse, c’est un champ de fleurs !
Et toi,  maîtresse, tu es très belle ! »
Échange entre une maîtresse et un garçon rapporté par Bernard Maris dans son livre posthume

Longtemps, j’ai lu beaucoup de livres. Aujourd’hui, j’en lis peu.

Je pourrais ajouter : et maintenant je me couche de bonne heure.

Ceux qui ont de la culture comprendront…

Toutefois, j’ai acheté «et si on aimait la France » de Bernard Maris et j’ai commencé à le lire.

En voici un extrait :

« Nous sommes dans une école de banlieue, dans cette si joliment nommée Ile-de-France, qui fut autrefois le paradis des rois.

La maîtresse est douce, avec son museau pointu sous ses lunettes.

« Les enfants, savez-vous ce qu’est un champ lexical ? » Elle attend, souriante « Alors ? »

Elle n’espère pas de réponse, bien sûr….
La classe de CE1 est sage.
Mais une main de petit garçon se lève :
« Maîtresse, c’est un champ de fleurs ! »

Un champ de fleurs…Elle rit. Comme c’est mignon, un champ de fleurs, quel charmant petit garçon !
Elle secoue la tête, va pour expliquer, mais le petit crépu ajoute :
« Et toi,  maîtresse, tu es très belle »

Cette histoire m’a été racontée par mon ami Michel Bernard, écrivain, et de belle langue.

J’ignorais ce qu’était un « champ lexical »

Renseignement pris, on parle de champ lexical pour désigner « un ensemble théorique de noms, de substantifs, d’adjectifs et de verbes appartenant à une même catégorie syntaxique et liés de branches par leur domaine de sens »

[et il donne un exemple] « Le médecin guérit le malade » est  un champ lexical de trois substantifs. [D’après mon expérience récente, cette phrase est fausse, mais c’est un champ lexical].

Doit-on assener une telle horreur à des enfants ?

Des enfants qui ne demandent qu’à être ce qu’ils sont, des poètes, comme ce petit garçon qui voit d’abord un champ de fleurs, et dans ces fleurs une jolie maîtresse…»

« Doit-on assener de telle horreur à des enfants. »

Moi aussi je ne connaissais pas le champ lexical jusqu’à ce mes enfants entrent au collège et subissent des cours de français.

J’ai aimé lire la somptuosité des textes de Victor Hugo, j’ai été saisi par les poèmes de Baudelaire et tant de fois subjugué par la langue française, par Flaubert, Balzac, Zola et tant d’autres.

Mais je ne savais pas ce qu’était un champ lexical.

Et cela ne me manquait pas, comme tant d’autres concepts certainement intéressants, utiles, allons jusqu’à indispensables au niveau universitaire quand on veut étudier techniquement la langue.

Mais totalement inapproprié avant.

Et Bernard Maris de continuer :

« Dans notre classe de CM1, notre maître M. Vergniaud – c’était un maître très sévère- nous faisait la lecture chaque vendredi soir, en récompense d’une semaine studieuse. C’était la Guerre du feu de Rosny aîné, ou Un marin de Surcouf de Louis Garneray. Bras croisés, muets de terreur et d’émotion, nous écoutions les courses et les ruses du Malouin qui échappait toujours aux Anglais. Il n’usait pas de  « champs lexicaux » ou autres inconvenances. Il nous donnait simplement envie de lire.»

« Il nous donnait simplement envie de lire. »

Vous savez ce que disait Montaigne ?

« Je n’enseigne pas,  je raconte. »

Laissons la conclusion à l’inoubliable Bernard Maris qui écrit un peu plus loin, page 31,

« La réponse du petit garçon était très encourageante et… très française. Il charmait sa maitresse par une phrase poétique. Il tournait un compliment. Bref, il parlait à une femme.»

A propos, à Lyon ce weekend end il y a des champs de fleurs sur toute les places. <Des champs de roses>

Et si vous voulez appeler cela des champs lexicaux, comme le jeune garçon, personne ne vous en voudra.

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Jeudi 28 mai 2015

Jeudi 28 mai 2015
«Je voudrais dire aux enfants : Prenez conscience du miracle d’aller à l’école»
Fabrice Lucchini
Fabrice Lucchini est un immense artiste.
Il a une faconde intarissable, un ego qui prend de la place.
Je ne sais pas si tout ce qu’il dit est intelligent ou pertinent, mais l’écouter est un moment de grâce.
Il était l’invité de Patrick Cohen sur France Inter le 22 mai pour parler de son spectacle « Poésie ? » où il fait salle comble, chaque soir.
Spectacle où il dit des textes de Rimbaud, de Baudelaire, de Molière, de Flaubert et de Labiche.
Il adore citer les autres comme Nietzsche : « Il n’y a que la contradiction qui nous rend fécond»
Il  rassure aussi quand il dit qu’il n’y a rien à comprendre au bateau ivre de Rimbaud.
Mais pour une fois on peut le citer pour des propos qu’il a tenu lui-même.
Vous savez qu’il est autodidacte  et qu’il a été renvoyé de l’école au CM2.
Et c’est en rappelant cela qu’il a dit :
«J’en ai marre du mythe de l’autodidacte
Il est vrai que l’autodidacte les seules choses qu’il sait,  il le sait de manière moins conventionnelle.
Mais je voudrais dire aux enfants : Prenez conscience du miracle d’aller à l’école
Moi je n’y suis pas allé assez, je suis complètement dépossédé de connaissances générales
J’ai tellement de lacunes, je ne connais rien en Histoire et dans tant de choses.»
Il a aussi cité Johnny Halliday avec qui il avait participé à un film.
Un jour, ils devaient tourner le soir et Johnny lui a demandé ce qu’il avait fait de son temps dans la journée
Et Lucchini de répondre :
«J’ai fait comme d’habitude, j’ai fait une marche de 2 heures pour mon rythme cardio-vasculaire, après je suis rentré, j’ai déjeuné et j’ai écouté Glenn Gould pendant 2 heures, après j’ai lu Schopenhauer « métaphysique de l’amour et de la mort »»
Et Johnny m’a regardé et il m’a dit cette phrase étonnante : «Tu t’es fait chier quoi !»
«Ça a l’air de rien mais c’est génial.» a-t-il ajouté.
Et il parle aussi de nos hommes politiques d’aujourd’hui mais là je vous invite à écouter… http://www.franceinter.fr/emission-linvite-fabrice-luchini

Mercredi 27 mai 2015

Mercredi 27 mai 2015
«Celui qui atteint tous ses objectifs
 a sans doute fixé la barre trop bas.»
Herbert von Karajan
Herbert von Karajan fut un personnage controversé, notamment parce qu’il n’a pas hésité à adhérer au parti Nazi parce que cela pouvait aider sa carrière.
Il avait décrit cet épisode en se comparant à un skieur en haut des pistes qui a furieusement envie de s’engager dans la descente et à qui on demande pour avoir le droit de le faire, d’adhérer à l’association locale.
C’était aussi un chef d’orchestre de l’ancien temps, autoritaire, quasi dictatorial.
Mais c’était également un immense artiste et un remarquable musicien, un des plus grands chefs d’orchestre du XXème siècle et un perfectionniste qui approfondissait chaque œuvre qu’il abordait, il préférait limiter son répertoire pour mieux approfondir..
J’aime beaucoup cette phrase qui se trouve en exergue sur le site qui lui est consacré : http://www.karajan.org/jart/prj3/karajan/main.jart?reserve-mode=active&rel=fr
« Celui qui atteint tous ses buts a sans doute fixé la barre trop bas. »
Je pense que c’est une bonne philosophie de vie.
Vous trouverez ici le début d’une radioscopie avec Jacques Chancel : <http://www.ina.fr/audio/PHD86011050>
Il a fallu 960 jours pour arriver à 500 mots du jour, à ce rythme il semble possible d’arriver à 1000 en janvier 2018.
Mais en serais-je capable ?   Nous verrons bien…

Mardi 26 mai 2015

Mardi 26 mai 2015
«L’intelligence ce n’est pas quelque chose que l’on reçoit,
c’est quelque chose que l’on construit»
Albert Jacquard
Vous lisez le 500ème mot du jour.
Pour ce moment singulier, je souhaite partager avec vous un entretien qu’Albert Jacquard avait accordé à Elisabeth Martichoux sur France 5 et où la question centrale était de définir ce qu’était la vraie intelligence.
Il commence par des nombres :
«Pour devenir idiot, il suffit d’être passif.
Pour, peu à peu, fabriquer son intelligence, il suffit de faire fonctionner son cerveau.
Le cerveau est un outil extraordinaire.
On a du mal à imaginer ces nombres.
Dans le cerveau d’un bébé qui nait, il y a de l’ordre de 100 milliards de neurones
Et après la naissance, chacun de ces neurones envoie des protubérances vers les voisins.
A la puberté, il y a ainsi 10 000 connexions qui partent de chaque neurone.
Un million de milliards de connexions.
C’est fabuleux ce qu’il y a dans le cerveau d’un adolescent de 15 ans.
Et une façon de se rendre compte combien c’est un nombre énorme, consiste à le rapprocher du temps de vie d’un jeune de 15 ans : Il a vécu environ 400 millions de secondes, ce qui signifie qu’en moyenne au cours de sa jeune vie il a mis en place, chaque seconde, 2 millions et demi de connexion.
[Quand je parle à un enfant et qu’il m’écoute attentivement, je participe à la création de son intelligence à travers ces connexions]»
La journaliste lui pose alors cette question : « il y a quand même des personnes qui sont plus intelligentes que d’autres ?»
La réponse de Jacquard est la suivante :
«Ça, ça ne veut rien dire du tout. […]
Einstein, par exemple, avait horreur de ne pas comprendre et il passait tout son temps à essayer de comprendre ce qu’il n’avait pas encore compris. Et cela prenait souvent beaucoup de temps.
La vraie forme d’intelligence c’est de comprendre qu’on n’a pas encore compris et de faire le nécessaire pour comprendre quand même.»
Et Elisabeth Martichoux de continuer : «Mais quand un enfant est à l’école, on va lui dire tu as tel QI et si tu as untel QI tu réussiras bien. Avec un moindre QI tu réussiras moins bien et cela se vérifie le plus souvent.»
Albert Jacquard explique alors : 
«Évidemment. Si je dis à une fille qu’elle est laide et que je lui répète tous les jours qu’elle est laide. Elle a beau être jolie, elle finira par se croire laide. Et puis, elle prendra une drôle d’allure et elle fera des grimaces et elle deviendra laide.
Cela fait partie des prévisions qui sont auto réalisatrices.
Il est criminel de dire à un enfant : tu n’es pas doué, tu n’es pas capable d’avoir un QI de tant et de tant et par conséquent tu vas rater.
Ce n’est pas vrai ce que vous dites, simplement on le provoque.
Il y a un mot horrible qui a été inventé par les québécois : le mot douance.
Dire à un enfant :  « toi tu as de la douance », et l’enfant qui est à côté comprend qu’il n’a pas de douance, alors il se prend pour un imbécile et il devient un imbécile.
Par conséquent, il faut savoir que l’intelligence ce n’est pas quelque chose que l’on reçoit, c’est quelque chose que l’on construit.»
et Elisabeth Martichoux revient à la charge pour dire «mais il existe des enfants pour lesquels on dit qu’ils sont surdoués»
et Albert Jacquard de répondre alors :
«On a bien tort de le dire. Ça ne veut rien dire.
Dans « Surdoué » il y a deux syllabes qui sont toutes les deux idiotes.
« Sur » cela veut dire qu’il y a une hiérarchie, or il n’y a pas de hiérarchie dans quelque chose qui est aussi subtile que l’intelligence qui est multi dimensionnelle.
et « Doué », cela laisse supposer que c’est un don de la nature qui fait qu’on est intelligent. Non, on est doué parce qu’on s’est donné à soi-même son intelligence.
Et nous sommes tous responsables de devenir plus ou moins intelligent. Il faut, peu à peu, la construire. Et bien sûr, tout le monde ne construira pas la même, certains iront plus vite que d’autres.
Mais méfions nous, la vitesse n’est pas une caractéristique tellement remarquable de l’intelligence.
Ceux qui vont vite, en général, ce sont des bluffeurs.
Moi je crois plutôt à celui qui va lentement, qui a l’esprit de l’escalier, qui revient sur lui même et qui arrive peu à peu à acquérir un certain nombre d’outils intellectuels intérieurs. […]
Le plus important est toujours d’avoir compris qu’on n’a pas compris»
Vous trouverez cet entretien sur un grand nombre de sites, par exemple ici : <http://www.universcience.tv/video-albert-jacquard-et-la-vraie-intelligence-5806.html>
Et ici un article sur le même sujet : <Qu’est ce que cela veut dire l’intelligence ?>

Vendredi 22 mai 2015

Vendredi 22 mai 2015
«Richard Descoings et Patrick Buisson,
deux transgressions françaises »
Frédéric Métézeau
Dans son billet du 14 mai, Frédéric Métézeau a associé deux personnages assez sulfureux qui avaient des idées diamétralement opposées mais qui sont parvenus tous les deux à séduire l’ancien président : Nicolas Sarkozy.
Chacun a eu droit, récemment, à un livre écrit par des journalistes du Monde.
Ces deux personnages qui ont eu les faveurs des plus hautes autorités de l’Etat avaient en effet une part d’ombre et des comportements ou des idées qui ne peuvent que surprendre.
Frédéric Métézeau a notamment dit :
«Trois consœurs du Monde confirment leurs talents d’enquête et d’écriture avec la sortie récente de deux ouvrages Richie de Raphaëlle Bacqué (éditions Grasset) consacré à feu Richard Descoings directeur de Sciences Po Paris et Le mauvais génie d’Ariane Chemin et Vanessa Schneider (éditions Fayard) sur Patrick Buisson.
A priori les deux personnages n’ont semble-t-il rien à voir. Le premier est gay et marié avec une femme, le second divorcé et sans relation connue. Buisson est aussi discret, effacé, ascète que Descoings est exhibitionniste, impudique, excessif et jouisseur. Diplômé de Sciences Po et de l’ENA, Descoings est un pur produit de ces élites que méprise Buisson ancien étudiant en Histoire à Nanterre.
Sans oublier leurs trajectoires politiques : Descoings, de centre-gauche, vante l’ouverture sur le monde et vers les banlieues ; Buisson est maurrassien, antisémite et islamophobe. Pourtant l’un et l’autre trouveront l’oreille de Nicolas Sarkozy pendant son quinquennat : comme conseiller à propos de la réforme des lycées et de la discrimination positive dans l’enseignement pour l’un, comme conseiller politique pour l’autre. Tous deux ont des capacités de séduction et d’adhésion hors-normes : Patrick Buisson avec ses sondages et ses considérations historiques captive voire envoûte à la façon d’un gourou, Richard Descoings veut faire de Sciences Po un « Harvard à la française » en cassant tous les codes, il séduit et entraîne façon rock star. Ils savent pareillement manipuler les esprits et ont l’art de la dissimulation : le jeune fêtard noctambule est un sage conseiller d’Etat le jour, l’homme des réunions confidentielles à l’Elysée enregistre à leur insu tous ses interlocuteurs sur un dictaphone.
Richard Descoings et Patrick Buisson sont à la croisée de plusieurs mondes : les media, la politique – avec pour chacun des amis à droite et à gauche – tout le monde tient tout le monde et beaucoup d’argent  circule, autour de Sciences Po Paris ou de Publifact la société de sondages de Buisson.
Ces deux récits passionnants, bien documentés et bien écrits nous racontent deux transgressions à la française. Le système science Po aurait-il implosé si son directeur était encore en vie ? Que ce serait-il passé si Nicolas Sarkozy avait dénoncé les accords d’Evian comme le lui suggérait son mentor pendant la campagne de 2012 ?»
Il se passe de drôle de choses dans les cercles de pouvoir.

Jeudi 21 mai 2015

Jeudi 21 mai 2015
«Le terme inceste est absent du Code pénal depuis 1791»
J’ai fait 4 ans d’études de Droit, dont 2 ans de Droit pénal mais je ne savais pas ou j’ai oublié qu’on ne pouvait pas être condamné pour inceste.
Car il faut savoir qu’en droit pénal, on ne peut sanctionner quelqu’un que si l’acte qu’il a commis est nommément désigné dans le code pénal.
Il y a bien sûr des hommes (peu de femmes) qui ont été condamnés parce qu’il avait commis l’inceste mais ce n’est pas pour inceste, c’était pour viol ou d’autres motifs présents dans le Code.
Vous me direz peu importe, puisqu’ils sont condamnés ?
Pas du tout comme vous l’apprendra cet article <http://leplus.nouvelobs.com/contribution> dont je vous cite des extraits ci-après :
« L’inceste, puni par la loi ? C’est ce que beaucoup croient, mais ce terme est en fait absent du Code pénal depuis… 1791.
Un amendement à la loi sur la protection de l’enfance prévoit de le réintroduire.
Les victimes l’attendent depuis longtemps. Comme Isabelle Aubry, violée par son père jusqu’à ses 14 ans. Elle témoigne :
J’ai été victime de mon père de 6 à 9 ans, puis de 11 à 14 ans.
Comme c’est souvent le cas dans ce type de situation, il a d’abord utilisé le jeu, dans le bain.
Au début, c’était des agressions sexuelles, sans pénétration.
Mon père a arrêté entre mes 9 et 11 ans, alors qu’il était en instance de divorce avec ma mère.
Puis quand j’ai eu 11 ans, alors que mes parents s’étaient séparés entre temps et que mon père a obtenu ma garde, les viols ont commencé, plusieurs fois par semaine.
Un jour, mon père a commencé à m’emmener à des soirées où j’étais agressée par plusieurs personnes. C’est souvent comme ça : on consomme ses propres enfants puis on se rend compte qu’ils ont de la valeur, alors on les vend. L’inceste n’est pas qu’une affaire de famille, c’est une traite d’êtres humains, un marché.
Les gens ignorent que, bien souvent, les images pédopornographiques que l’on trouve sur internet proviennent des familles elles-mêmes. […]
J’ai porté plainte à 15 ans […]
Mon père a été arrêté le lendemain, la police a fait une perquisition chez lui, où les preuves s’accumulaient. Il a avoué.
C’était en 1980, année où laquelle le viol est devenu un crime. Mon père a été jugé en 1981. 
Mon père n’a pas été jugé pour inceste
Mon avocate de l’époque, Gisèle Halimi, m’a dit que mon père pouvait être jugé aux Assises pour crime par un jury populaire et qu’il encourait 20 ans de réclusion.
Il ne pouvait pas être jugé pour inceste, ça n’existait pas dans la loi. Cela a été un premier choc pour moi. Deuxième choc : il fallait que je prouve qu’il m’avait agressée contre ma volonté. Pour que le viol soit qualifié, il fallait à la fois des pénétrations et une absence de consentement.
La juge d’instruction m’a demandé si j’étais consentante au moment des faits. Je ne savais pas ce que ça signifiait, je ne comprenais pas. Elle m’a alors demandé si j’ai dit « non », et ne sachant pas quoi dire, j’ai répondu : « Non, je n’ai pas dit non. »
Mon avocate m’a alors rétorqué que les jurés pouvaient considérer qu’il ne s’agissait pas d’un viol et que mon père pouvait ressortir libre. J’étais terrorisée à l’idée qu’il puisse sortir de prison et me tuer. […]
Le procès n’a donc pas eu lieu aux Assises, mais en correctionnelle, où il encourait non plus 20, mais 10 ans de prison. Il n’a pas été jugé pour agression sexuelle (où on exige le non-consentement), mais pour atteinte sexuelle (agression avec consentement).
Au final, mon père a été condamné pour proxénétisme aggravé à seulement six ans de prison. Il n’en a fait que quatre. Avec ce jugement, il pouvait lui aussi se dire que ce qu’il avait fait n’était finalement pas si grave. On n’en a jamais parlé, il est mort aujourd’hui.
Pour me reconstruire, j’ai dû me débrouiller comme je le pouvais. À 23 ans, alors que j’étais anorexique, que j’avais déjà fait deux tentatives de suicide et que j’étais prête à réessayer une troisième fois, mon médecin généraliste m’a dit : « Il faudrait peut-être que tu ailles voir un psy… » […]
Pour la société, j’étais responsable de ce qui m’était arrivé. J’ai mis longtemps à comprendre qu’il y avait un problème dans la loi.
L’inceste a été enlevé du Code pénal suite à la révolution française, en 1791, car on estimait alors qu’il relevait de l’interdit moral, du cercle familial, et qu’il ne nuisait pas à la société.  
Depuis plus de 200 ans, la société envoie ce message à la population : l’inceste, ça ne nous regarde pas.
Aujourd’hui, la loi punit le viol et l’agression sexuelle, mais il n’est pas qualifié d’inceste. Il l’a été en 2010 pendant 18 mois, mais le Conseil constitutionnel a abrogé la loi suite à une question prioritaire de constitutionnalité (QPC).
Dans la loi actuelle, l’inceste est autorisé entre adultes consentants. Vous pouvez même avoir des enfants, à partir du moment où vous ne vous mariez pas ! Mais l’enfant ne peut être reconnu que par un des deux parents. C’est d’une hypocrisie totale !
L’amendement à la loi de la protection de l’enfance qui vient d’être adopté par les députés prévoit de réinscrire l’inceste dans le Code pénal, mais il demeure très flou. Il définit une liste d’agresseurs pouvant être accusés d’inceste : ascendants, tuteurs. Les cousins ne sont pas dans la liste. Les frères, sœurs, oncles, tantes, neveux, nièces seront quant à eux concernés uniquement s’ils ont sur la victime « une autorité de droit ou de fait ». Pourquoi rajouter cette précision ?
Plus de deux siècles après la révolution française, il est grand temps de réintroduire l’inceste dans le Code pénal. Cette non reconnaissance juridique entraîne une incompréhension des enfants victimes : puisque ce n’est pas qualifié, ça n’existe pas, donc ils ne l’intègrent pas.
Aujourd’hui, il n’y a pas de prévention dans les écoles. Moi j’ai dit à mon fils : « Personne n’a le droit de te toucher, même pas moi ! »
En fait, tous les parents devraient dire ça à leurs enfants.»
Isabelle Aubry a tout raconté dans son livre “La première fois j’avais six ans” (Oh Editions. 2008).
La famille qui est le plus souvent protection, peut se révéler le pire des  enfers.
Il ne saurait exister de consentement lorsque l’inceste est établi.
C’est un crime, un viol aggravé.
Nous avons ici une faille dans notre code pénal

Mercredi 20 mai 2015

Mercredi 20 mai 2015
«Les oiseaux ont le droit fondamental de voler dans le ciel»
Manmohan Singh
Juge indien de la haute cour de New Delhi
Ces derniers jours nous avons connu des décisions de justice controversées comme celle qui a <relaxé les deux policiers qui avaient été mis en cause lors du drame de Clichy sous-bois en 2005> ou d’autres encore si nombreuses qui condamnent à mort.
Mais voici une belle décision de justice qui nous vient d’Inde.
L’homme s’est érigé le droit de dominer la nature sous toutes ces formes. et ainsi enfermer des oiseaux dans des cages pour le seul plaisir de ses yeux lui semble normal.
En Inde, une association de protection des animaux s’est attaquée à un vendeur qui faisait commerce d’oiseaux et qui pour ce faire enfermait les oiseaux dans de très petites cages.
C’est un article du Huffington post qui nous apprend que «La défense des animaux fait un grand pas en avant en Inde. La haute cour de New Delhi vient en effet de prendre des mesures sévères contre le commerce des oiseaux, souvent maltraités par leurs propriétaires.
« Les oiseaux ont des droits fondamentaux et ne peuvent pas être tenus en cage ou être sujets à la cruauté », a déclaré le juge Manmohan Singh. Consterné que ces derniers ne soient pas autorisés à voler librement, il condamne le fait qu’ils soient « exportés illégalement vers des pays étrangers sans nourriture, sans eau et sans aide médicale ».
La Haute Cour de Delhi estime que « toute gestion de leur commerce » est désormais une « violation de leurs droits ». Le juge a également ajouté: « Il est clair dans mon esprit que tous les oiseaux ont le droit fondamental de voler dans le ciel, et qu’aucun être humain n’est autorisé à les garder en cage, que ce soit dans une optique commerciale ou autre ». […]  Cette décision fait suite à une plainte déposée par l’ONG People for Animals, contre un détenteur d’oiseaux qui les vendait d’après elle de manière illégale. »
Cela me rappelle mon fils Alexis qui voulait faire entrer les oiseaux dans le salon de notre appartement de Montreuil. Mais nous lui avons expliqué que ce n’était pas possible et que les oiseaux avaient besoin du ciel. Alors il a émis ce vœu poétique : «alors il faut qu’on fasse aussi entrer le ciel dans le salon.»
Cela devrait aussi vous rappeler la chanson de Pierre Perret :
«Ouvrez ouvrez la cage aux oiseaux
Regardez-les s’envoler c’est beau
Les enfants si vous voyez
Des p’tits oiseaux prisonniers
Ouvrez-leur la porte vers la liberté»
Encore quelques prises de conscience comme celle-là et nous deviendrons tous végétariens.