Mardi 28/01/2014

Mardi 28/01/2014
«La crise, c’est quand le vieux se meurt
et que le jeune hésite à naître.»
Antonio Gramsci (1891-1937)
Membre fondateur du Parti communiste italien.
Cette pensée m’a été suggérée par un autre texte consacré au revenu de base et publié sur le site de Mediapart.

Lundi 27/01/2014

Lundi 27/01/2014
« Un revenu de base pour tous »
Baptiste Mylondo
Je crois comprendre que le mot du jour du 20 janvier qui donnait la parole à des maîtres du monde économique prétendant que 1/5 de la population active pouvait suffire à maintenir l’activité économique mondiale a choqué ou déstabilisé nombre d’entre vous.
Certaines informations qui montrent que des régions économiques bien qu’en croissance actuellement ne créent pas d’emplois ou, comme en Allemagne, créent des emplois, mais de faibles revenus, semblent indiquer que cette affirmation péremptoire présente quelques indices de vraisemblance.
C’est dans ce contexte que l’émission de France Culture « Du Grain à moudre du 11/12/2013 m’a interpellé.
Le titre de cette émission était : « Toute existence mérite-t-elle salaire ? « 
Parmi les invités il y avait un homme de gauche, Baptiste Mylondo, qui défendait l’idée d’un revenu de base pour tous, revenu distribué de manière inconditionnelle.
Ce qui est étonnant c’est qu’il y avait une femme politique, nettement de droite, Christine Boutin qui défendait le même principe. Les motivations n’étaient pas exactement les mêmes, mais le concept de revenu minimum ou de revenu de base était identique.
Que voilà une idée farfelue encore !! Peut-être que non ! Cette émission m’a rappelé que Dominique de Villepin, qui avait un moment imaginé se présenter aux présidentielles de 2007, avait défendu cette idée.
Et pour vous convaincre que ce n’est pas une idée saugrenue, je vous apprendrai que nos solides, riches et pragmatiques voisins suisses vont organiser une votation consacrée à la mise en place d’un revenu minimum pour tous ! Parfaitement !
Cette émission de France Culture vous apprendra que cette idée a été avancée dès le XVIe siècle par Thomas More et a continué à progresser jusqu’au au XXe siècle. Elle a même trouvé des défenseurs aux Etats-Unis, ainsi de l’économiste James Tobin (inventeur malgré lui de la taxe du même nom).
Un revenu minimum pour tous : que l’on soit jeune ou vieux, que l’on soit pauvre ou riche, que l’on travaille ou pas : pour tous donc !
Il aurait pour vertu :

de lutter contre la précarité

de faire diminuer le chômage

de mettre fin à la stigmatisation de plus pauvres

d’émanciper l’individu en ne l’obligeant plus à travailler.

Cette idée est largement débattue sur Internet.
Il existe même un site consacré à ce seul sujet : http://revenudebase.info/
J’aime beaucoup la phrase mise en exergue de la page d’accueil « Il n’est rien au monde d’aussi puissant qu’une idée dont l’heure est venue. » Victor Hugo (Encore une idée de mot du jour gâchée parce que je veux trop en dire en une seule fois362)
Que le ciel vous tienne en Joie et vous conserve l’esprit ouvert aux idées nouvelles

Vendredi 24/01/2014

Vendredi 24/01/2014
« Un geste de tendresse »
Wounda
Aujourd’hui, je veux partager avec vous une vidéo de Youtube.
Elle ne dure que 5mn, si vous êtes très pressé aller tout de suite à 3 mn.
Mais ce serait dommage parce que ce qui se passe avant explique ce qui va se passer.
C’est un moment rare où la frontière entre l’humain et l’animal s’évanouit.
C’est un instant d’éternité où il est question de tendresse, d’un geste de tendresse : le geste de tendresse de Wounda pour Jane
Mais Wounda est un chimpanzé et Jane est une femme.
Tout cela est filmé.
Suis-je naïf ? Je crois que ce geste est spontané.
En juin dernier, une jeune femelle chimpanzé prénommée Wounda recouvrait la liberté sur l’île de Tchindzoulou, en République démocratique du Congo.
L’animal, avait été secouru, tout bébé, par l’Institut Jane Goodall fondé une primatologue britannique du même nom.
Il avait été recueilli, entre la vie et la mort, alors que sa mère avait été tuée par des braconniers.
Après des moments difficiles ou ses soigneurs avaient pensé la perdre, suivis d’une longue convalescence au Centre de réhabilitation pour chimpanzés de Tchimpounga, Wounda était enfin prête à recouvrer la liberté, aux côtés des quatorze précédents chimpanzés relâchés, par l’institut, dans l’île.
Mais, avant de retourner à la vie sauvage, la jeune femelle chimpanzé a eu des gestes de tendresse poignants envers la directrice du centre de Tchimpounga, Rebeca Atencia, et, surtout, pour la primatologue Jane Goodall, qui a consacré sa vie à la sauvegarde des grands singes de son espèce.

http://www.youtube.com/watch?v=lf08i5vqIvQ

J’ai découvert ce moment de beauté ineffable grâce à un Article du Point : http://www.lepoint.fr/environnement/video-l-etonnant-elan-de-tendresse-d-un-chimpanze-rescape-pour-jane-goodall-23-01-2014-1783694_1927.php

C’est peut être l’occasion de faire remarquer, à celles et ceux qui ne l’auraient pas observé,
que ma signature se lit câlin.

<224>

Jeudi 23/01/2014

Jeudi 23/01/2014
«A Bruxelles, il y a deux écoles de pensée :
Les uns qui ne sont pas contents, jusqu’à ce qu’ils aient privatisé le dernier cimetière communal,
et les autres qui ne sont pas contents jusqu’à ce qu’on ait un règlement européen pour les enterrements.»
Martin Schulz Président du Parlement Européen Membre du SPD allemand
dans l’émission Tous Politique de France Inter du 12/01/2014
Et il a ajouté « Il faut terminer cela et que l’Europe se concentre sur le chômage, sur le commerce transcontinental, le changement climatique, l’évasion fiscale ».
Que voilà un bon programme !
Les institutions européennes qui émergeront après les élections européennes et les Etats seront-ils capables de le mettre en œuvre ?

Mercredi 22/01/2014

Mercredi 22/01/2014
« L’insoutenable légèreté de l’être »
Milan Kundera
Les aventures pathétiques d’un homme sur un scooter italien rejoignant une actrice n’inspirait de ma part qu’un silence gêné.
C’est alors qu’est revenu à ma mémoire ce livre de Kundera écrit en 1982 dont l’intrigue de situe à Prague en 1968 pendant l’intervention soviétique.
Au milieu des évènements historiques, le livre est une histoire d’amour compliquée entre Tereza qui est jalouse et son mari libertin.
« L’insoutenable légèreté de l’être », tout est dit…

Mardi 21/01/2014

Mardi 21/01/2014
« Vous n’avez pas la majorité de votre politique. »
François Mitterrand
Je ne sais pas pourquoi, mais cette réplique de François Mitterrand d’il y a plus de 40 ans à Jacques Chaban-Delmas à propos de la «nouvelle société» présentée en 1969 à l’Assemblée nationale par ce dernier, alors Premier ministre de Georges Pompidou, me paraît d’une remarquable actualité.
Rappelons que ce projet réformateur et social, avait été concocté par Jacques Delors et Simon Nora. Et ajoutons que François Hollande s’est toujours inscrit dans les pas de Jacques Delors.
Pour rappeler cette Histoire d’une réforme de modernisation qui ne s’est pas faite :

http://www.liberation.fr/medias/2001/07/05/le-monument-chaban_370424

Que l’Histoire vous accompagne, pour éclairer le présent.

Lundi 20/01/2014

Lundi 20/01/2014
« Dans le siècle à venir, deux dixièmes de la population active suffiraient à maintenir l’activité de l’économie mondiale. »
Washington SyCip
et d’autres invités prestigieux de la fondation gorbatchev
fin septembre 1995
Hôtel Fairmont de San Francisco
Tous les femmes et hommes qui dirigent les riches pays occidentaux soutiennent la thèse que nous traversons une crise terrible, mais qu’avec de la rigueur, de l’innovation et beaucoup de libéralisme nous pourrons retrouver le chemin de la croissance et par suite presque le plein emploi.
C’est aussi le cas de François Hollande. Ils s’expriment comme s’il s’agissait d’une vérité scientifique.
Ce n’est pas une certitude scientifique, c’est la seule certitude que nous pouvons avoir.
Il s’agit d’une croyance, nous sommes dans l’univers de la foi, pas de la science.
Ce que ces femmes et hommes espèrent est dans le domaine du possible, mais il est aussi possible qu’ils aient absolument tort.
Le mot du jour n’est pas l’élucubration de quelques cerveaux utopistes. Il s’agit d’une réflexion des patrons des plus grands groupes internationaux, en 1995, dans le cadre de la fondation Gorbatchev.
J’entends de ci de là que cette affirmation « qu’il n’y a pas de travail pour tout le monde » est fausse, pensons aux services à la personne, au monde culturel etc…
Oui, mais ces métiers, dans le cadre d’une logique de marché libérale ne génère pas des plus valus capable de distribuer des salaires convenables pour un niveau de vie moyen des occidentaux qui souhaitent se loger, se nourrir, s’habiller, se soigner et même avoir quelques loisirs. C’est cela que voulaient dire, en 1995, ces maîtres du monde économique. Ces métiers ne peuvent être payés convenablement que si l’on accepte des mécanismes sociaux de redistribution importante. Ce qui n’est pas acquis.
Cette réflexion provient d’un livre écrit il y a déjà 20 ans par deux auteurs germaniques : Hans-Peter MARTIN et Harald SCHUMANN, « le piège de la mondialisation »
Ce livre m’avait été prêté par mon ami Fabien, l’emblématique responsable du Service de la Publicité Foncière de Trévoux.
Ce n’est pas non plus une certitude scientifique, c’est une thèse concurrente de la précédente et dont la plausibilité est au moins égale.
Vous trouverez ci-joint un extrait de ce livre, et ci-dessous un extrait de l’extrait.
Ainsi votre lecture peut être de 4 niveaux : s’arrêter ici et maintenant ou lire le message jusqu’au bout ou lire aussi la pièce jointe ou enfin tenter de se procurer le livre…dont on parle beaucoup sur Internet.
Hôtel Fairmont de San Francisco
C’est dans ce cadre chargé d’histoire qu’à la fin septembre 1995, l’un des rares personnages à avoir lui-même écrit l’histoire accueille l’élite du monde : il s’agit de Mikhaïl Gorbatchev. En signe de reconnaissance, les mécènes américains viennent de lui créer une fondation au Presidio, une ancienne zone militaire située au sud du Golden Gate, que les Américains ont abandonnée après la fin de la guerre froide. Cette fois, Gorbatchev a fait venir, de tous les continents, cinq cents hommes politiques, leaders économiques et scientifiques de premier plan. Ce nouveau « brain-trust global », pour reprendre la définition que donne de cette assemblée triée sur le volet le dernier président de l’Union soviétique et prix Nobel de la paix, doit ouvrir la voie au XXIe siècle, « en marche vers une nouvelle civilisation1* ». D’anciens dirigeants mondiaux expérimentés comme George Bush, George Schultz ou Margaret Thatcher sont venus retrouver les nouveaux maîtres de la planète. On y rencontre le patron de CNN, Ted Turner, dont l’entreprise a fusionné avec Time Warner pour en faire le plus grand groupe médiatique du monde, ou le magnat sud-asiatique du négoce, Washington SyCip. Trois journées durant, ils comptent mener une réflexion intensive, travailler en petits groupes de travail avec les global players de l’informatique et des finances, mais aussi avec les grands prêtres de l’économie, les professeurs d’économie enseignant aux universités de Stanford, Harvard et Oxford.
[…]
David Packard, cofondateur du géant de la haute technologie Hewlett-Packard […] préfère poser la question centrale : « De combien d’employés as-tu vraiment besoin, John ? » « Six, peut-être huit, répond sèchement Gage. Sans eux, nous serions fichus. Cela dit, l’endroit de cette Terre où ils habitent est parfaitement indifférent. » C’est alors au tour du président de séance, le professeur Rustum Roy, de la Pennsylvania State University, de demander : « Et combien de personnes travaillent actuellement pour Sun Systems ? » Gage répond : « Seize mille. A une petite minorité près, ce sont des réserves de rationalisation. » On n’entend pas le moindre murmure dans la salle : pour les personnes présentes, l’idée qu’il existe des légions de chômeurs potentiels encore insoupçonnées est une évidence.
Aucun de ces managers de carrière aux salaires considérables, provenant des secteurs du futur et des pays d’avenir, ne croit plus que l’on retrouvera un jour, dans les anciens pays riches, et dans quelque secteur que ce soit, un nombre suffisant d’emplois nouveaux et correctement rémunérés sur les marchés de croissance, avec leur grande consommation de technologie. […]Dans le siècle à venir, deux dixièmes de la population active suffiraient à maintenir l’activité de l’économie mondiale. « On n’aura pas besoin de plus de main-d’œuvre », estime le magnat Washington SyCip. Un cinquième des demandeurs d’emploi suffira à produire toutes les marchandises et à fournir les prestations de services de haute valeur que peut s’offrir la société mondiale. Ces deux dixièmes de la population participeront ainsi activement à la vie, aux revenus et à la consommation – dans quelque pays que ce soit. Il est possible que ce chiffre s’élève encore d’un ou deux pour cent, admettent les débatteurs, par exemple en y ajoutant les héritiers fortunés. Mais pour le reste ? Peut-on envisager que 80 % des personnes souhaitant travailler se retrouvent sans emploi ? « Il est sûr, dit l’auteur américain Jeremy Rifkin, qui a écrit le livre La Fin du travail, que les 80 % restants vont avoir des problèmes considérables. »
[…] Les managers débattent sobrement des dosages envisageables et se demandent comment le cinquième fortuné de la population pourra occuper le reste superflu des habitants de la planète. La pression accrue de la concurrence ne permettra pas de demander aux entreprises une participation à cet effort social. D’autres instances devront donc s’occuper des sans-emploi. Les participants au colloque comptent sur un autre secteur pour donner un sens à l’existence et garantir l’intégration : le bénévolat en faveur de la collectivité, les services de proximité, la participation aux activités sportives et aux associations de toute espèce. « On pourrait valoriser ces activités en les couplant avec une rémunération modeste, ce qui aiderait des millions de citoyens à garder conscience de leur propre valeur », estime le professeur Roy. Les patrons des groupes industriels s’attendent en tout cas à ce que l’on revoie prochainement, dans les pays industrialisés, des gens balayer les rues pour un salaire pratiquement nul, ou accepter des emplois de domestiques en contrepartie d’un logement misérable.
Il fallait bien un mot du jour conséquent après ces 4 jours de jeûne….

Lundi 13/01/2014

Lundi 13/01/2014
« Les pays de l’OCDE ont gagné dix ans d’espérance de vie en quarante ans »
OCDE
L’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) est une organisation de 34 pays qui a succédé à l’Organisation européenne de coopération économique (OECE) issue du plan Marshall. Son siège se trouve au Château de la Muette dans le XVIème arrondissement de Paris.
L’OCDE produit des rapports ainsi elle a publié le « Panorama de la santé 2013 » le 21 novembre 2013.
Ce rapport nous apprend que l’espérance de vie a fait un bond de dix ans en quarante ans, comparé aux données de 1970. Certains pays ont connu une véritable révolution en la matière. Depuis 1970, la Corée et la Turquie ont gagné une vingtaine d’années d’espérance de vie pour atteindre respectivement 81, 1 et 74, 5 ans, le Chili plus de quinze ans. Même s’ils restent encore loin des standards OCDE, l’Indonésie et l’Inde, parmi les émergents, ont aussi gagné plus de quinze ans pour atteindre 69, 3 et 65, 5 ans.
Par contraste deux pays ont connu de sombres évolutions. L’Afrique du Sud décimée par le sida a une espérance de vie similaire à celle d’il y a quarante ans (52, 6 ans) et la Russie est retombée à son niveau de 1970 (69 ans). C’est aussi en Russie que les écarts hommes/femmes sont de loin les plus importants, les femmes vivant presque douze ans de plus que les hommes alors que l’écart moyen est de 5, 5 ans, 82, 8 pour les femmes, 77, 3 ans pour les hommes.
 « Cet écart énorme en Russie s’explique largement par les comportements à risque des hommes : les consommations d’alcool et de tabac et les morts violentes par accident de la route, homicide et suicides », explique Gaétan Lafortune, coordinateur du rapport.
Rien n’indique que cette tendance au long cours à l’allongement de la vie doive s’interrompre. Toutefois, le rapport souligne les « profondes répercussions » de la crise sur la vie des citoyens. En termes de santé ses effets sont contrastés. Ils ont paradoxalement eu des effets positifs en se traduisant par une baisse des consommations d’alcool et de tabac et par une moindre mortalité sur les routes.
Les dépenses de santé qui ont progressé plus vite que la croissance économique pendant des années ont marqué le pas depuis 2008. Elles ont même diminué dans onze des 34 pays de l’OCDE. Les économies se sont traduites par une rationalisation des dépenses. Il y a en la matière encore des marges de progrès, les génériques par exemple représentent encore moins de 25 % du marché des médicaments dans plusieurs pays comme la France, l’Italie ou le Japon, contre 75 % en Allemagne et au Royaume-Uni.
Ces économies n’ont pas eu d’impact sur la prise en charge de maladies potentiellement mortelles comme le cancer, les accidents vasculaires cérébraux ou les crises cardiaques, les taux de survie continuant globalement à s’améliorer. Cependant le rapport souligne plusieurs évolutions préoccupantes, voire « alarmantes ».
Il semble que « le long déclin du taux de mortalité infantile se soit inversé en Grèce après la crise », souligne ainsi le rapport, alors que les coupes budgétaires en matière de santé ont été drastiques dans le pays (– 11 %).
Il relève aussi « la hausse spectaculaire du nombre de nouveaux séropositifs parmi les toxicomanes par injection à Athènes ». Les personnes aux revenus les plus modestes sont les plus touchées par les baisses de prise en charge.
Plus largement, l’OCDE s’inquiète des coupes les plus faciles à faire, notamment celles touchant les programmes de prévention. Des « économies de bouts de chandelle », dénonce l’organisation : l’obésité croissante, les consommations d’alcool et de tabac ont des conséquences lourdes en termes de santé publique et d’espérance de vie. « Le Mexique est en queue de peloton des pays OCDE, notamment à cause de l’augmentation de ces facteurs de risque », relève Gaétan Lafortune.
Enfin, est-ce un effet de la crise, mais les consommations d’antidépresseurs ont cru de façon spectaculaire en dix ans. La France réputée pour être une grande consommatrice a été rattrapée et dépassée par de nombreux pays.
Ainsi l’Espagne et le Portugal ont doublé leur consommation en 2011 par rapport à 2000 pour atteindre respectivement 64 et 78 doses quotidiennes pour mille habitants, contre 50 pour la France (les données de la Grèce ne sont pas connues).
L’Allemagne n’a pas échappé à la contagion. Elle a aussi plus que doublé sa consommation pour rattraper la France.
Quelques particularités de la France
La France est en cinquième position en termes d’espérance de vie à la naissance, avec 82,2 ans. Mais elle est en première place pour l’espérance de vie à 65 ans : 23,8 ans pour les femmes et 19,3 ans pour les hommes. Bref, si vous atteignez 65 ans surtout ne quittez pas la France.
Avec 11,6 % du PIB dépensé dans la santé, la France figure au 3e rang des pays de l’OCDE, derrière les États-Unis et les Pays-Bas. Les dépenses à la charge des patients représentent 8 % des dépenses totales de santé (seuls les Pays-Bas ont un taux plus faible), contre 20 % en moyenne dans l’OCDE.
La proportion de fumeurs réguliers chez les adultes a baissé de 30 % en 1980 à 23 % en 2010 mais reste au-dessus de la moyenne de l’OCDE (21 %).
La consommation d’alcool a diminué, mais reste aussi la plus élevée de l’OCDE avec 12, 6 litres d’alcool pur par adulte en 2011 contre une moyenne de 9, 4 litres.
Que le ciel vous tienne en joie longtemps puisque vous devriez être amené à vivre encore de longues années

Vendredi 10/01/2014

Vendredi 10/01/2014
« Siemens E15 »
Internet
Nous terminerons cette semaine avec une histoire simple et moderne.
Après l’envolée lyrique d’Ariane Mnouchkine, la poésie de John Lennon et la longue méditation de Michel Serres, le concept d’antifragilité de Taleb voici un moment de pur pragmatisme : une histoire d’aujourd’hui.
Notre lave-vaisselle Siemens ne fonctionnait plus et affichait E15… samedi soir 🙁
Nous avons comme des « vieux » regardé longuement la notice que nous avions bien rangée.
Il n’était pas question de l’erreur E15 mais d’autres erreurs et de dizaine de conseils.
Au bout de 2 heures de tentatives infructueuses où nous avons essayé de comprendre la notice et de faire diverses choses, nous avons raisonné en « jeune » et nous avons saisi sur un moteur de recherche « Siemens E15 » (pas un mot de plus)
Et hop il y avait la solution, il fallait pencher le lave-vaisselle vers l’avant pour qu’un surplus d’eau qui se trouvait dans un bac de récupération s’écoule. Ce surplus d’eau enclenchait un capteur qui avait pour fonction d’éviter des dégâts des eaux et qui pour faire face à ce risque potentiel, arrêtait l’arrivée d’eau.
Peu importe la technique, ce qui est extraordinaire pour des « vieux » qui jouent aux » jeunes » c’est qu’en tapant simplement le code d’erreur avec la marque sur internet, ils trouvent en 2 mn une solution simple qui permet de réparer immédiatement le problème qui nous mettait dans l’embarras le samedi soir, en nous demandant à quel réparateur faire appel et ce que cela nous couterait ?
Nous vivons une époque moderne et formidable.
Pour ceux qui ne le savent pas, mon Administration a entendu mon désir et plus encore mon besoin de faire autre chose que le travail qu’on me demandait de faire.
J’ai donc été appelé à un autre métier, et pour cela il faut que je me forme.
Donc la semaine prochaine, je serai à partir de Mardi et jusqu’à Vendredi à Nevers.
Il n’y aura donc pas de mot du jour à partir de mardi.

Jeudi 09/01/2014

Jeudi 09/01/2014
« Antifragile »
Nassim Nicholas Taleb
Antifragile est un concept, plein de sens, inventé par Taleb.
Vous savez que ce qui est fragile casse tout de suite.
Vous comprenez que ce qui est solide résiste au choc. « L’antifragile dépasse la résistance et la solidité. Ce qui est résistant supporte les chocs et reste pareil ; ce qui est antifragile s’améliore. Cette qualité est propre à tout ce qui est modifié avec le temps » et Taleb de citer l’innovation technologique, les réussites culturelles et économiques, les recettes de cuisine, et notre propre existence en tant qu’espèce sur cette planète. Et « l’antifragile aime le hasard et l’incertitude », nous avons besoin d’une dose de stress et de volatilité pour nous améliorer.
Taleb prend l’exemple de deux frères, l’un travaille dans une grande banque, l’autre est chauffeur de taxi. Le premier bénéficie de revenus réguliers contrairement au second, mais en moyenne sur l’année ils sont équivalents. Avec la crise bancaire le premier perd son emploi et voit ses revenus tomber à zéro tandis que l’autre se débrouille et maintient son activité. Les artisans, les professions indépendantes ont des revenus instables mais cette volatilité les oblige à mieux « sentir » le marché et à s’adapter en permanence, ce qui n’est pas le cas d’un salarié d’une grosse société (ou de l’administration…) qui se croit à l’abri. Taleb conclut : « Telle est l’illusion principale de la vie : croire que le hasard est risqué et néfaste, et qu’on l’élimine en s’appliquant à l’éliminer. »
Plus grave : « quand on supprime artificiellement la volatilité, ce n’est pas seulement que le système tend à devenir extrêmement fragile ; c’est qu’il ne présente en même temps aucun risque visible. » Et Taleb de rappeler Alan Greenspan qui voulait éliminer les cycles économiques et faisait l’éloge d’une « grande modération » qui n’aura finalement servi qu’à masquer la crise qui explosa en 2008.
Nassim Nicholas Taleb s’est fait connaître dans le monde entier avec son livre « Le Cygne noir » paru en 2007. Juste avant le déclenchement de la crise des subprimes, il expliquait la fragilité des modèles utilisés dans la finance et leur aveuglement face aux événements extrêmes, imprévisibles, mais qui se produisent toujours plus souvent qu’on ne le croit. Son livre a été l’essai le plus vendu dans le monde avec 3 millions d’exemplaires.
« Antifragile » (Les Belles Lettres, en librairie depuis le 23 août) est son nouveau livre qui veut apporter une réponse aux défis posés par son précédent ouvrage.
Il répète, « le hasard dans le domaine du Cygne Noir est insoluble. La limite est mathématique, voilà tout. Ce qui est non mesurable et non prévisible demeure non mesurable et non prévisible, si nombreux que soient les experts diplômés qui se consacrent à l’affaire. »
Le problème des prévisions est leur dimension iatrogène (1). Ainsi « ceux qui tablent sur les prévisions courent davantage de risques, s’attireront des ennuis et feront même peut être faillite. Pourquoi ? Quelqu’un qui fait des prévisions se fragilise face aux erreurs de prévision. Un pilote trop sûr de lui finira par s’écraser. Et les prévisions chiffrées incitent les gens à prendre davantage de risques. »
Alors que faire ? Se laisser aller au gré du hasard ? Pas du tout. S’appuyant sur la sagesse des Anciens, notamment Sénèque et les stoïciens, Taleb explique que « la sagesse en matière de décision est infiniment plus importante que la connaissance ». En somme, il faut se rendre antifragile. La fragilité implique que l’on a plus à perdre qu’à gagner en cas de volatilité importante, l’antifragilité que l’on a plus à gagner qu’à perdre dans la même situation.
Et Taleb d’expliquer : « Selon moi, le stoïcien moderne est quelqu’un qui transforme la peur en prudence, la douleur en information, les erreurs en une initiation, et le désir en entreprise. »
(1) iatrogène se dit d’un trouble, d’une maladie provoqués par un acte médical ou par les médicaments, même en l’absence d’erreur du médecin.
Ci-après quelques liens :
Que le ciel continue à vous tenir en joie