Mercredi 5 novembre 2014

Mercredi 5 novembre 2014
« Chaque objet possède sa manière subtile d’imposer sa loi »
Charles Haquet et Bernard Lalanne
« Procès du grille-pain et autres objets qui nous tapent sur les nerfs »
Le premier salon consacré aux objets connectés en France a eu lieu à Paris du 29 octobre au 2 novembre 2014, Porte de Versailles
Il y a ainsi le bonnet connecté et surtout la montre connectée qui accessoirement donne l’heure.
Vous avez désormais des sites exclusivement dédiés aux objets connectés : http://www.les-objets-connectes.fr/ et http://webdesobjets.fr/
Mais le mot du jour qui a un lien  avec ce thème,  est issu d’un livre qui vient de paraître et que j’ai découvert grâce à Clara Dupont-Monod qui en parlant du salon des objets connectés dans l’émission <de France Inter : Si tu écoutes j’annule tout du 31 octobre>  a évoqué « Procès du grille-pain et autres objets qui nous tapent sur les nerfs » de Charles Haquet et Bernard Lalanne.
Ces auteurs posent la question  :  tous ces objets connectés sont-ils vraiment une bonne nouvelle ?
Ils trouvent que beaucoup d’objets pour lesquels on nous promettait qu’ils nous faciliteraient la vie, aujourd’hui nous tourmente.
Des exemples ?

Le rideau de douche qui se colle à vous comme un gros phoque en mal d’affection, en le repoussant du pied il se colle à vous comme un aimant.
Le grille-pain dont les agissements échapperont  toujours à la justice des hommes : gratuitement il fera jaillir les toasts pour les faire voler à travers la pièce, voire à travers la fenêtre ou les laissera coincés en attendant que vous vous bruliez pour les retirer.
Chaque objet possède sa manière subtile d’imposer sa loi disent-ils !
Changer sa housse de couette devient une aventure terrifiante.
Et qui est celui qui ne s’est jamais battu contre un caddie de supermarché qui refusait obstinément d’aller tout droit et avec lequel il fallait user de tout son poids pour espérer l’amener à peu près à l’endroit où on le voulait.
Prenons la chaussette. Rien ne semble plus sournois que cet accessoire moelleux, qui prend son pied à disparaître comme volatilisé dans le tambour de la machine à laver. Quoi de plus désolant, et de plus rageant, qu’une chaussette isolée, sans sa sœur jumelle « dont elle partageait le quotidien » ?
Ils consacrent un chapitre à « la notice Ikea » ! Est-il nécessaire de développer ? Ils s’en prennent au « cri de putois » du téléphone portable, qui se déclenche de préférence en public, pour notre plus grande gêne. On voit mal par ses mauvaises manières en quoi il est « smart ». Lalanne et Haquet règlent aussi son compte au maudit parapluie, « agressif et rancunier », qu’ils enverraient volontiers au « cimetière des baleines ». Les injonctions arbitraires et sans appel du GPS leur mettent les nerfs en pelote. Le ticket de métro démagnétisé aux heures de pointe les rend fous…
« Par leur description de cette forme d’enfer sur terre et leur dénonciation de l’absence de résistance, ces Dupond et Dupont des arts ménagers nous vengent de trop d’humiliations, encaissées en secret » écrit un journaliste de « la Croix » qui lui consacre un article « http://www.la-croix.com/Culture/Actualite/Les-mauvaises-manieres-des-objets-par-Jean-Claude-Raspiengeas-2014-10-31-1257571
Je suis certain que l’un ou l’autre de ces exemples correspond à une expérience vécue chez vous…

Mardi 4 novembre 2014

Mardi 4 novembre 2014
« J’espère que vous trouverez plus de bonheur dans l’altruisme que dans l’individualisme »
Jacques Attali
Conclusion de sa conférence à l’Ecole Polytechnique du 18/02/2014
Peut-on penser le monde en 2030 ?
Le lien que je vous donne en fin de message montre à la fois l’extraordinaire apport d’Internet, mais aussi le côté noir de la toile.
D’abord le positif, début 2014 l’Ecole Polytechnique invite pour éclairer la future élite française, Jacques Attali pour qu’il leur parle de sa vision à 20 ans du monde et des défis qu’il aura à affronter.
Vous et moi pouvons entrer dans la salle de conférence de l’X et écouter aussi cette conférence.
Le côté obscur : des commentaires des internautes d’une médiocrité et d’une haine sans pareil.
Attali est critiquable et a toute vocation à être critiqué, mais sur des arguments sur des contre-propositions non des attaques personnelles et de la simple méchanceté.
Pour ma part j’ai trouvé cette conférence tout à fait remarquable. Il s’agit d’un esprit hyper brillant qui s’exprime sans note et qui décrit le monde en quelques mots justes, précis, qui analyse et concentre l’évolution de la société mondiale avec une acuité extraordinaire. Quand il cherche à donner sa vision pour 2030, c’est bien entendu plus problématique (la prévision est très compliquée surtout quand il s’agit de l’avenir) mais ce qu’il raconte est vraisemblable et argumentée.
En tout cas on aimerait que nos hommes politiques nous présentent des visions de cette hauteur et de cette qualité.
En résumé que dit-il ?
Au bout d’une bataille indécise, une valeur dominante s’est imposée en Occident la recherche de la liberté individuelle (la valeur dominante aurait pu être différente : la recherche religieuse de l’éternité, l’égalité comme beaucoup de théories utopistes l’avaient développée)
C’est aujourd’hui une banalité, mais cette victoire n’était pas évidente. La liberté individuelle s’est imposée comme l’utopie majeure : je veux être libre de faire ce que j’ai envie.
C’est de cette valeur que découle la plus grande partie de ce qui nous arrive aujourd’hui de façon positive comme de façon négative.
L’humanité s’est ainsi développée dans cette recherche de la liberté individuelle dans un contexte de rareté. Pour les biens, le mécanisme qui s’est imposé c’est le marché et du point de vue politique c’est la démocratie. Ce sont des mécanismes sommaires, mais c’est le meilleur bricolage pour tenter de réaliser la quête de la valeur préconisée.
Le marché est par nature mondiale et la démocratie par nature est locale, nationale. Il y a donc là une confrontation.
Mais ce qu’il y a de plus prégnant c’est que la liberté individuelle repose sur la faculté de changer d’avis, elle entraîne la précarité des liens et des relations.
Je peux décider que je ne suis plus d’accord avec celui que j’emploie, je le licencie. Je ne suis plus d’accord avec celui qui m’emploie je m’en vais. Je ne suis plus d’accord avec l’homme politique que j’ai élu, j’en change. Je change de produit, de fournisseur, de lieu d’habitation, de partenaire sentimental et même de sexe.
Je veux être libre tout le temps et en permanence.
Quelque part l’apologie de la liberté individuelle, c’est l’apologie de la déloyauté
Tout, tout de suite, pour mon seul intérêt.
Une société qui repose essentiellement sur cette seule valeur, cette seule pulsion va au-devant de grandes difficultés. Pour Attali, elle est clairement condamnée.
Je résume cette conférence très riche, en quelques mots.
Il donne une solution qui est celle de l’altruisme qu’il développe sous cette idée simple qui moi me parle : j’ai intérêt que l’autre, que mon voisin aille bien : parce qu’alors il peut être mon ami, mon client, mon partenaire et tout simplement parce que je peux trouver du plaisir à ce que mon voisin soit heureux. C’est un altruisme rationnel.
D’où le mot du jour qui est la conclusion de cette conférence : « J’espère que vous trouverez plus de bonheur dans l’altruisme que dans l’individualisme. »
Ces quelques mots simplement pour vous inciter à écouter une petite heure de conférence ​: https://www.youtube.com/watch?v=baWfd-vRIqM

Lundi 3 novembre 2014

Lundi 3 novembre 2014
« Elle est à toi, cette chanson,
Toi, l’Auvergnat qui, sans façon,
M’as donné quatre bouts de bois
Quand, dans ma vie, il faisait froid »
Georges Brassens
Ce mot du jour est dédié à Betty qui  vendredi 05/10/2012 à la fin d’une journée de formation qu’elle animait et dans laquelle j’étais stagiaire a émis cette idée farfelue que je propose quotidiennement un mot du jour.
Betty vient de quitter quelques temps Lyon pour poser ses bagages  en Auvergne, la Région qui devrait épouser bientôt Rhône-Alpes.
Tout début est toujours compliqué, même si affronter de nouveaux défis est enthousiasmant. 
Brassens a créé cette chanson qui célèbre à la fois l’auvergnat mais surtout l’empathie sans préjugé pour celui qui a faim, qui a froid ou qui traverse des épreuves.
Car dans ce monde de la compétitivité, de la pression quotidienne nous ne pourrons résister et surtout nous épanouir que si nous savons pouvoir compter sur d’autres, sur la solidarité, sur la bienveillance.
Bien entendu, chacun doit assumer sa part de responsabilité, sa part d’efforts et de persévérance pour rester debout. Mais sans les autres nous ne sommes pas grand-chose, cette chanson nous le rappelle opportunément.
J’ai trouvé sur Youtube un groupe qui chante cette chanson avec talent >  https://www.youtube.com/watch?v=dw6wUfHRmeQ
Bien sûr rien ne saurait dépasser le créateur > https://www.youtube.com/watch?v=wk4NPukvnIM
Elle est à toi, cette chanson,
Toi, l’Auvergnat qui, sans façon,
M’as donné quatre bouts de bois
Quand, dans ma vie, il faisait froid,
Toi qui m’as donné du feu quand
Les croquantes et les croquants,
Tous les gens bien intentionnés,
M’avaient fermé la porte au nez…
Ce n’était rien qu’un feu de bois,
Mais il m’avait chauffé le corps,
Et dans mon âme il brûle encor’
A la manièr’ d’un feu de joi’.
Toi, l’Auvergnat quand tu mourras,
Quand le croqu’-mort t’emportera,
Qu’il te conduise, à travers ciel,
Au Père éternel.
Elle est à toi, cette chanson,
Toi, l’hôtesse qui, sans façon,
M’as donné quatre bouts de pain
Quand dans ma vie il faisait faim,
Toi qui m’ouvris ta huche quand
Les croquantes et les croquants,
Tous les gens bien intentionnés,
S’amusaient à me voir jeûner…
Ce n’était rien qu’un peu de pain,
Mais il m’avait chauffé le corps,
Et dans mon âme il brûle encor’
A la manièr’ d’un grand festin.
Elle est à toi, cette chanson,
Toi, l’Auvergnat qui, sans façon,
M’as donné quatre bouts de bois
Quand, dans ma vie, il faisait froid,
Toi qui m’as donné du feu quand
Les croquantes et les croquants,
Tous les gens bien intentionnés,
M’avaient fermé la porte au nez…
Ce n’était rien qu’un feu de bois,
Mais il m’avait chauffé le corps,
Et dans mon âme il brûle encor’
A la manièr’ d’un feu de joi’.
Toi, l’Auvergnat quand tu mourras,
Quand le croqu’-mort t’emportera,
Qu’il te conduise, à travers ciel,
Au Père éternel.
Elle est à toi, cette chanson,
Toi, l’hôtesse qui, sans façon,
M’as donné quatre bouts de pain
Quand dans ma vie il faisait faim,
Toi qui m’ouvris ta huche quand
Les croquantes et les croquants,
Tous les gens bien intentionnés,
S’amusaient à me voir jeûner…
Ce n’était rien qu’un peu de pain,
Mais il m’avait chauffé le corps,
Et dans mon âme il brûle encor’
A la manièr’ d’un grand festin.
Toi l’hôtesse quand tu mourras,
Quand le croqu’-mort t’emportera,
Qu’il te conduise à travers ciel,
Au Père éternel.
Elle est à toi cette chanson,
Toi, l’Etranger qui, sans façon,
D’un air malheureux m’as souri
Lorsque les gendarmes m’ont pris,
Toi qui n’as pas applaudi quand
Les croquantes et les croquants,
Tous les gens bien intentionnés,
Riaient de me voir emmené…
Ce n’était rien qu’un peu de miel,
Mais il m’avait chauffé le corps,
Et dans mon âme il brûle encore
A la manièr’ d’un grand soleil.
Toi l’Etranger quand tu mourras,
Quand le croqu’-mort t’emportera,
Qu’il te conduise, à travers ciel,
Au Père éternel.
Brassens

Vendredi 31 Octobre 2014

Vendredi 31 Octobre 2014
« Il paraît que la crise rend les riches plus riches et les pauvres plus pauvres.
Je ne vois pas en quoi c’est une crise. Depuis que je suis petit, c’est comme ça.  »
Coluche
Oxfam est une ONG qui agit contre les injustices et la pauvreté. Elle vient de publier un rapport sur les inégalités.
Voici quelques informations, quelques liens et deux images :
Entre mars 2013 et mars 2014, le patrimoine cumulé des 85 personnes les plus riches du monde a augmenté de 668 millions de dollars par jour, ou de près d’un demi-million par minute.
Par ailleurs, ces mêmes 85 personnes possèdent autant que la moitié la plus pauvre de la population mondiale.
Avec un dessin on comprend mieux :
Le nombre de milliardaires dans le monde a plus que doublé depuis la crise financière: ils étaient 793 en mars 2009, ils sont 1.645 aujourd’hui, selon Forbes. Parallèlement, le fossé entre ces riches et les plus pauvres s’est toutefois creusé dans la plupart des États du monde, atteignant un niveau sans précédent, estime Oxfam.
« Sept personnes sur dix vivent dans un pays où le fossé entre riches et pauvres s’est creusé au cours des trente dernières années », indique l’organisation.
Le taux d’homicides est près de quatre fois plus élevé dans les pays dans lesquels sévissent des inégalités économiques extrêmes que dans les nations plus égalitaires rapporte Oxfam.
Pour illustrer l’importance de certaines fortunes et le rapport entre celles-ci et les besoins de base de la population, Le taux d’homicides est près de quatre fois plus élevé dans les pays dans lesquels sévissent des inégalités économiques extrêmes que dans les nations plus égalitaires rapporte Oxfam.
Pour illustrer l’importance de certaines fortunes et le rapport entre celles-ci et les besoins de base de la population,
Oxfam a calculé les dépenses possibles d’un des hommes les plus riches de la planète. « Si Bill Gates décidait de retirer la totalité de ses avoirs et dépensait 1 million de dollars par jour, il lui faudrait 218 ans pour venir à bout de sa fortune », indique le rapport.
En réalité, il ne se retrouverait jamais à court d’argent: même un modeste retour d’à peine moins de 2% lui permettrait de percevoir 4,2 millions de dollars par jour uniquement en intérêts ».
Un petit tableau pour mieux comprendre ce que dit Oxfam :
« Oxfam propose quelques pistes : un impôt de 1,5% sur la fortune des milliardaires du monde permettrait, en 2014, de « combler les déficits annuels de financements nécessaires pour scolariser tous les enfants et fournir une couverture santé universelle dans les 49 pays les plus pauvres » de la planète, calcule l’ONG.
Un article intéressant <ICI> , un autre <ICI>

Jeudi 30 Octobre 2014

Jeudi 30 Octobre 2014
«Notre humanité commune nous invite à prendre soin les uns des autres.»
Denis Mukwege,
le médecin congolais qui vient de recevoir le Prix Sakharov décerné par le Parlement européen.
Denis Mukwege, 59 ans, «l’homme qui répare les femmes» selon le titre de la biographie que lui a consacré Colette Braeckman.
[Il dit] : «Depuis quinze ans, je suis témoin d’atrocités de masse commises sur le corps des femmes et contre les femmes et je ne peux pas rester les bras croisés, car notre humanité commune nous invite à prendre soin les uns des autres.»
Son combat vient en écho avec le mot du jour du Mardi 9 septembre 2014 où je reprenais cette phrase de la journaliste Annick Cojean : « C’est juste pas de chance d’être une femme dans la plupart des pays du Monde ». La violence faite aux femmes est et reste immense dans le monde.
Né en 1955 à Bukavu, dans l’Est du Congo belge, Denis Mukwege étudie la médecine au Burundi voisin. A la faveur d’une bourse il part étudier en France, à Angers pour se spécialiser en gynécologie-obstétrique. Le Dr Mukwege aurait pu alors rester vivre et travailler en France. Il a fait le choix de retourner dans son pays, la République démocratique du Congo (RDC), à l’hôpital de Lemera en 1989. En 1996, la guerre éclate: l’hôpital est dévasté. Il vit alors comme un déplacé de cette guerre qui déclencha des millions de réfugiés, des massacres et des viols de masse.
Denis Mukwege «répare les femmes» de son pays au péril de sa vie. Il a échappé de justesse à une tentative d’assassinat  en 2012, vraisemblablement parce que son engagement dérange, parce qu’il est un «témoin gênant» de ce qui se passe dans l’Est de la RDC, pour reprendre les termes de la journaliste belge Colette Braeckman, auteure d’un ouvrage sur le médecin et  sur l’hôpital de Panzi qu’il a ouvert au Congo.

«Au cas où il aurait archivé les témoignages de toutes les femmes violées, mutilées qui se sont présentés à lui, il aurait là un volumineux dossier dans lequel la justice internationale pourrait certainement puiser des indications et des témoignages. Rien que pour cela, tous les chefs de guerre de la région auraient intérêt à le voir disparaître ou se taire ou partir en exil», nous expliquait Colette Braeckman en 2013.
Et c’est ce qui avait fini par se produire: il a été un temps contraint à l’exil en Belgique depuis cette tentative d’assassinat. Pourtant, malgré ces menaces, malgré la distance, l’hôpital de Panzi, près de Bukavu, continue de vivre et Denis Mukwege veut poursuivre son combat et mobiliser davantage de soutiens pour aider les femmes de son pays. Un plaidoyer que l’on retrouve dans Panzi, un livre de témoignages paru en début de cette année, dans lequel il relate l’histoire qui a vu près de 40.000 femmes, victimes de viol de guerre, êtres «réparées» en RDC.

Mercredi 29 octobre 2014

« Dans 20 ans, la demande de main-d’œuvre pour beaucoup de compétences sera substantiellement plus faible.
Je ne pense pas que ce soit intégré dans le modèle mental des gens ».
Bill Gates
Fondateur de Microsoft

Bill Gates n’est pas le seul à le dire, mais lui le dit de manière très abrupte :

« Vous ne réalisez pas à quel point les robots prendront votre travail. »

Il dit en toute simplicité

« De grands changements auxquels les gens et les gouvernements ne sont pas préparés arrivent sur le marché du travail. »

Lors d’un discours à Washington D.C. auprès d’un groupe de réflexion économique The American Enterprise Institute on Thursday, Bill Gates a déclaré :

« La substitution logicielle, qu’elle concerne les chauffeurs, les serveurs ou les infirmières, progresse. Sur la durée, la technologie va réduire la demande en emplois, particulièrement au bas de l’échelle des compétences. Dans 20 ans, la demande de main-d’œuvre pour beaucoup de compétences sera substantiellement plus faible. Je ne pense pas que ce soit intégré dans le modèle mental des gens »

< Ici le journal du net qui parle de ce discours>

<Le JDD vient de publier un article : Les robots vont-ils tuer la classe moyenne ?>

<BFM TV sur le même sujet>

Les libéraux optimistes reviennent toujours à ce concept de l’économiste autrichien de la « destruction créatrice » qui désigne le processus continuellement à l’œuvre dans les économies et qui voit se produire de façon simultanée la disparition de secteurs d’activité économique conjointement à la création de nouvelles activités économiques.

Dans la vision de Joseph Schumpeter du capitalisme, l’innovation portée par les entrepreneurs est la force motrice de la croissance économique sur le long terme. Schumpeter emploie l’image d’un « ouragan perpétuel » : dans l’immédiat, il peut impliquer pour certaines entreprises présentes sur le marché une destruction de valeur spectaculaire. Le phénomène affecte tout type d’organisations mêmes les plus importantes ou celles censées jouir jusque-là d’une position apparemment forte ou dominante (y compris sous la forme d’une rente de situation ou d’un monopole).

Il est possible, c’est une hypothèse raisonnable, que nous ne soyons plus à ce stade de l’évolution libérale.

<Bernard Stiegler défend aussi ce point de vue de la fin de l’emploi>

Si cette hypothèse crédible se réalise, c’est peu dire que nous ne sommes pas sur le chemin pour nous y préparer.

Dans ce que dit Bill Gates, ce n’est pas la première partie qui me parait la plus importante : la destruction massive de l’emploi, au sens actuel de l’économie,  pour les humains.

C’est la seconde partie Je ne pense pas que ce soit intégré dans le modèle mental des gens.

Aujourd’hui quand ceux qui ont le pouvoir économique ou politique parle, il parle d’un modèle qu’il ne conçoive pas de dépasser. Ce modèle où le travail donne du travail.

Où les capitalistes  investissent, où l’investissement donne de l’emploi rémunéré et de la croissance qui dans un cercle vertueux permet plus ou moins à chacun de trouver sa place dans un monde essentiellement mû par la cupidité et l’appât du gain.

Mais que devient ce modèle si le ressort se casse : la croissance ne donne plus suffisamment d’emploi rémunéré pour que le plus grand nombre trouve une place dans la société économique ?

Si vous êtes courageux voici une conférence très intéressante, plus longue mais assez mal enregistrée où Bernard Stiegler développe un concept en réponse à Schumpeter  : <La destruction destructrice>

<381>

Mardi 28 octobre 2014

Mardi 28 octobre 2014
« Vivre libre en travaillant ou mourir en combattant ! »
Devise des canuts
Si en venant de la méditerranée, vous remontez le Rhône, vous arriverez au confluent où la Saône venant de l’Ouest va se dissoudre dans le Rhône qui vient de l’Est.
Dans ce lieu, émerge de l’eau un bout de terre : la presqu’ile de Lyon, le cœur de cette ville.
A peine engagé sur la Presqu’ile vous tombez sur le tout nouveau quartier « Confluence » qui permet à des architectes venant de tout horizon d’exprimer leur créativité mais aussi leur fantasme et leur délire.
Puis vous arrivez à la gare historique de Lyon : Perrache. Là où le tunnel de Fourvière vomit chaque jour des milliers de voiture s’engageant sur l’autoroute A7 qui commence par une plaie traversant la presqu’ile pour défigurer son versant est, avant de retraverser la Saône finissante pour s’élancer vers le sud.
En continuant au-delà de la place Carnot vous arrivez à l’abbaye d’Ainay, merveilleuse basilique romane achevée en 1107. A cette époque le confluent se situait en ce lieu.
Puis vous arriverez successivement à la place Bellecour, au théâtre des Célestins, à la Place des Jacobins pour enfin arriver à la Place des Terreaux où se trouve la façade ouest de l’Hôtel de Ville qui voit sa façade est faire face à l’Opéra.
C’est à la Place des Terreaux que Richelieu fit décapiter Cinq-Mars qui avait conspiré contre lui, le 12 septembre 1642
Et c’est là au nord de la Presqu’ile que se dresse la colline de la Croix Rousse.
Colline de la Croix Rousse
Initialement commune indépendante sur le plateau, à l’extérieur des fortifications lyonnaises du XVIème siècle, la Croix-Rousse n’a été rattachée à Lyon qu’en 1852. Les pentes en revanche faisaient partie de Lyon.
Aujourd’hui encore les Croix Roussiens ne se sentent que modérément lyonnais et en toute hypothèse quand il décide de descendre de leur colline vers la Presqu’ile ils disent « je vais en ville » ou « je vais à Lyon ».
C’est à la Croix Rousse, principalement, qu’œuvraient au XIXe siècle, les canuts qui étaient les ouvriers tisserands de la soie sur les machines à tisser.
Les canuts, surtout par leurs révoltes, vont influencer les grands mouvements de pensée sociale du XIXe siècle, des saint-simoniens à Karl Marx, en passant par Fourier ou Proudhon
Les canuts étaient soumis à de rudes conditions de travail (ils travaillaient dix-huit heures par jour), et ils sont révoltés à de nombreuses reprises. Leur première révolte, en novembre 1831, est considérée comme l’une des premières révoltes ouvrières. Ils occupent Lyon aux cris de : « Vivre libre en travaillant ou mourir en combattant ! ». Le roi Louis-Philippe envoie 20 000 hommes de troupe et 150 canons pour réprimer l’émeute.
Le 14 février 1834, les canuts se révoltent de nouveau, en occupant les hauteurs de Lyon, et ils font face pendant six jours à 12 000 soldats, en mettant à profit les traboules, passages obscurs qui permettent d’aller d’une rue à l’autre à travers les immeubles.
Une troisième insurrection a lieu en 1848, au moment de la proclamation de la Seconde République. Elle est menée par la société ouvrière des « Voraces ». La république permettra aux sociétés ouvrières de sortir de la clandestinité en autorisant les associations de type mutualiste ou coopératif.
Les mêmes Voraces mènent une quatrième insurrection en 1849, en écho au soulèvement des républicains parisiens. Circonscrite sur le faubourg de la Croix-Rousse, elle est violemment réprimée.
C’est en pensant au destin de la médecin mexicaine évoquée lors du mot du jour du 24 octobre, elle qui a préféré mourir debout que vivre à genou que m’est revenu à l’esprit cette devise des canuts de la Croix Rousse.

Lundi 27 octobre 2014

Lundi 27 octobre 2014
«Je voudrais également savoir comment la France prévoit de se conformer à ses obligations de politique budgétaire en 2015, conformément au pacte de stabilité et de croissance. »
Jyrki Katainen, commissaire européen aux affaires économiques et monétaires
Lettre à la France et à son Ministre des Finances Michel Sapin
Notre président contrairement au premier Ministre italien pour la lettre à l’Italie, n’a pas souhaité publier la lettre de la commission qui interroge la France sur le non-respect de ses engagements.
Mediapart la publie et je vous l’envoie en pièce jointe.
Vous constaterez que quand Bruxelles parle à la France, elle le fait en anglais…
Ceci ne peut aussi nous rassurer, beaucoup avait peur que Bruxelles parle allemand.
Un peu d’érudition ne saurait nuire.
En droit, il faut revenir au latin : « Pacta sunt servanda » dont la traduction est « Les conventions doivent être respectées ». Cela signifie que les parties sont désormais liées au contrat venant d’être conclu et qu’à ce titre elles ne sauraient déroger aux obligations issues de cet accord. C’est un principe de droit des obligations et de droit international public.
L’article 1134 du Code civil français y fait référence expressément : « Les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites. Elles ne peuvent être révoquées que de leur consentement mutuel, ou pour les causes que la loi autorise. Elles doivent être exécutées de bonne foi. »
En matière de droit international, c’est l’article 26 de la Convention de Vienne de 1969 qui l’énonce : « Tout traité en vigueur lie les parties et doit être exécuté par elles de bonne foi. »
C’est ainsi, quand on a pris des engagements, on se doit de les respecter !
En l’espèce, peut-être aurait-il ne pas fallu les prendre ?

Vendredi 24 octobre 2014

Vendredi 24 octobre 2014
«Mon vrai nom est María del Rosario Fuentes Rubio.
Je suis médecin.
Aujourd’hui, ma vie prend fin.»
L’auteur de cette phrase ne mérite pas qu’on cite son nom.
Dans l’Etat mexicain de Tamaulipas, deux cartels de trafiquants de drogue rivaux  ont pris le contrôle du gouvernement, de la police et des médias.
Les journalistes qui osent parler des kidnappings, du racket et d’autres formes de violence exercées par les cartels sont assassinés.
Les journalistes n’évoquent donc plus ces sujets.
C’est dans ce contexte que s’est développée une organisation de journalisme participatif gérée par des anonymes.
A Reynosa, la ville principale de l’Etat, le réseau Valor por Tamaulipas (Courage pour Tamaulipas) a une page Facebook (plus de 500.000 abonnés) et un compte Twitter (plus de 100.000 followers) qui tiennent lieu de médias indépendants.
Une contributrice parmi ce groupe avait pris pour nom Felina.
Felina […] «était connue pour ses posts qui donnaient la localisation exacte d’incidents violents en temps réel, explique le journaliste Jason McGahan dans The Daily Beast. http://www.thedailybeast.com/articles/2014/10/21/she-tweeted-against-the-mexican-cartels-they-tweeted-her-murder.html
Les gens lui envoyaient des informations car c’était une manière pour eux de résister à l’hégémonie des cartels.
Elle écrivait pour supplier les victimes de crimes de ne pas rester silencieuses et d’en parler à la police… Elle postait des numéros de téléphone à utiliser en cas d’urgence.»
Il y a plus d’un an, les cartels avaient offert une récompense de 48.000 dollars à tout individu qui dévoilerait l’identité des administrateurs de ces comptes.
Le jeudi 16 octobre, les trafiquants ont trouvé et enlevé cette femme.
Ils ont utilisé le compte Twitter de Felina pour annoncer sa mort:     «Mon vrai nom est María del Rosario Fuentes Rubio. Je suis médecin. Aujourd’hui, ma vie prend fin.»
Ont suivi deux photos une où elle est vivante aux mains de ces criminels et une autre de son cadavre une balle en pleine tête. Puis ils ont publiés des menaces aux autres contributeurs de Valor por Tamaulipas. Malgré tout, les comptes Facebook et Twitter sont toujours actifs.
Le Mexique est désormais un des pays les plus dangereux pour les journalistes, et pour toute personne qui veut dénoncer ces criminels.
Un journal canadien analyse un peu et décrit cette terrible violence pour semer la terreur pour que personne ne s’oppose aux syndicats du crime> http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/403594/narcotrafic-une-violence-glorifiee-gangrene-le-mexique
Récemment des étudiants mexicains qui manifestaient ont été enlevés et des indices semblent indiquer que des groupes d’assassins les ont massacrés : >   http://www.courrierinternational.com/article/2014/10/21/les-etudiants-disparus-auraient-ete-brules-vifs
Ce que je vous raconte là n’est pas un simple fait divers.
Je vous rappelle que l’Union européenne veut intégrer le business de la drogue dans le PIB des Pays de l’Union.
Que ce qui arrive au Mexique est aussi la conséquence d’un Etat faible qui ne dispose pas d’une administration forte et intègre. Que lorsque l’Etat recule, la nature ayant horreur du vide, les mafias prennent vite la place.
Et tout commence par une corruption endémique et générale.
Sur ce dernier point notre continent européen est sur une très mauvaise pente.
Je vous ai parlé du séminaire organisé par Mediapart sur la corruption au Théâtre de la ville. Vous le trouverez sur Youtube « <Corruption ça suffit>
Maria del Rosario Fuentes Rubio, une femme qui a fait sienne cette parole d’Emiliano Zapata qui fut l’un des principaux acteurs de la révolution mexicaine de 1910 : « Mieux vaut mourir debout que de vivre à genoux »
Né en 1879, lui aussi fut assassiné le 10 avril 1919.
Maria del Rosario Fuentes Rubio est une femme parmi d’autres femmes et hommes mexicains qui ne se résolvent pas de vivre à genoux.
Ce mot du jour n’est pas poétique, ne décèle pas un gramme d’humour, il n’est qu’un cri de révolte et de colère. > http://www.slate.fr/story/93735/cartel-mexique-felina

Jeudi 23 octobre 2014

Jeudi 23 octobre 2014
« « Nous sommes responsable de notre liberté
[…] Disons non, tous ensemble, à l’ombre
et femmes et hommes de bonne volonté inventons une nouvelle lumière »
Edwy Plenel
Lundi 6 octobre à 18h30 en salle Roger-Planchon, le TNP a accueilli les 10 ans de l’Université Populaire de Lyon.
L’invité principal était Edwy Plenel.
J’y étais avec Annie et d’autres destinataires de ce mot du jour.
Vous trouverez cette conférence sur Youtube : « https://www.youtube.com/watch?v=DYNm8BDEpKA#t=393« 
Le mot du jour est la conclusion de cette magnifique conférence.
Conclusion dans laquelle il avait inclus (ici remplacé par […]) un propos d’Aimé Césaire, que j’avais choisi comme mot du jour du 25 octobre 2013
« Nous sommes de ceux qui disent non à l’ombre. Nous savons que le salut du monde dépend de nous aussi.
Que la terre a besoin de n’importe lesquels d’entre ses fils. Les plus humbles.
L’Ombre gagne.
Ah ! Tout l’espoir n’est pas de trop pour regarder [le siècle] en face !
Les hommes de bonne volonté feront au monde une nouvelle lumière, mais il n’est plus temps de parasiter le monde, c’est de le sauver plutôt qu’il s’agit.
Il est temps de se ceindre les reins comme un vaillant homme. » »