Mercredi 20 novembre 2013

Mercredi 20 novembre 2013
«Je n’ai rien à dire, je veux qu’on le sache ! Je veux en faire profiter les autres !»
Raymond Devos
C’est vrai que je n’ai rien à dire.
France Culture a consacré ses matins au football…
Nous vivons une époque moderne…
Le président de la République avait l’air content hier soir, les millionnaires sont arrivés à faire équipe et ils ont gagné à un jeu.
Il n’y a rien à dire.
Les scientifiques expliquent que le rien n’est pas le néant.
Dans le néant, il y a absence de tout, mais pas dans le rien.
Dans le rien, il y a quelque chose.
Mais Devos saura le dire bien mieux que moi, et finalement la fin « catastrophique » de son texte semble avoir été écrite hier :
«Mesdames et messieurs… Je vous signale tout de suite que je vais parler pour ne rien dire.
Oh ! Je sais ! Vous pensez : « S’il n’a rien à dire… il ferait mieux de se taire ! »
Evidemment ! Mais c’est trop facile !… c’est trop facile !
Vous voudriez que je fasse comme tous ceux qui n’ont rien à dire et qui le gardent pour eux ?
Eh bien non ! Mesdames et messieurs, moi, lorsque je n’ai rien à dire, je veux qu’on le sache !
Je veux en faire profiter les autres !
Et si, vous-mêmes, mesdames et messieurs, vous n’avez à rien dire, eh bien, on en parle, on en discute !
Je ne suis pas ennemi du colloque.
Mais, me direz-vous, si on en parle pour ne rien dire, de quoi allons-nous parler ?
Eh bien, de rien ! De rien !
Car rien… ce n’est pas rien.
La preuve c’est qu’on peut le soustraire.
Exemple : Rien moins rien = moins que rien !
Si l’on peut trouver moins que rien c’est que rien vaut déjà quelque chose !
On peut acheter quelque chose avec rien !
En le multipliant Une fois rien… c’est rien
Deux fois rien… c’est pas beaucoup !
Mais trois fois rien !… Pour trois fois rien on peut déjà acheter quelque chose !… Et pour pas cher !
Maintenant si vous multipliez trois fois rien par trois fois rien :
Rien multiplié par rien = rien.
Trois multiplié par trois = neuf.
Cela fait rien de neuf !
Oui… ce n’est pas la peine d’en parler !
Bon ! Parlons d’autres choses ! parlons de la situation, tenez !
Sans préciser laquelle !
Si vous le permettez, je vais faire brièvement l’historique de la situation, quelle qu’elle soit !
Il y a quelques mois, souvenez-vous la situation pour n’être pas pire que celle d’aujourd’hui n’en n’était pas meilleure non plus !
Déjà nous allions vers la catastrophe nous le savions…
Nous en étions conscients !
Car il ne faudrait pas croire que les responsables d’hier étaient plus ignorants de la situation que ne le sont ceux d’aujourd’hui !
Oui la catastrophe, nous le pensions, était pour demain !
C’est-à-dire qu’en fait elle devait être pour aujourd’hui !
Si mes calculs sont justes !
Or, que voyons-nous aujourd’hui ?
Qu’elle est toujours pour demain !
Alors je vous pose la question, mesdames et messieurs :
Est-ce en remettant toujours au lendemain la catastrophe que nous pourrions faire le jour même que nos l’éviterons ?
D’ailleurs je vous signale entre parenthèses que si le gouvernement actuel n’est pas capable d’assurer la catastrophe, il est possible que l’opposition s’en empare ! »
Raymond Devos.

Mardi 19 novembre 2013

Mardi 19 novembre 2013
« La devise de la Belgique, c’est « L’union fait la force » c’est surréaliste ! C’est comme si la devise de la France était : « Liberté, égalité, humilité ». »
Alex Vizorek
Alex Vizorek est belge et chroniqueur à France Inter.
Le 11 octobre, le 7-9 de France Inter était à Bruxelles pour s’intéresser à la vie politique belge.
L’émission s’est terminée par une chronique hilarante d’Alex Vizorek essayant d’expliquer la Belgique et Bruxelles aux Français.
Parmi ces perles, il y avait cette suggestion pour la devise française.
Elle me semble bienvenue dans beaucoup de domaines.
Il ne peut pas être ignoré que ce soir, alors que je serais à l’auditorium de Lyon pour entendre l’orchestre de Lyon avec le magnifique orgue Cavaillé-Coll, tout juste rénové, (ancien orgue du palais du Trocadéro) interpréter la lumineuse symphonie avec orgue de Saint-Saëns, onze millionnaires, prétendant former une équipe et courant après un ballon, essayeront de se qualifier pour la coupe du monde de football. (Oui la phrase est très longue !)
Peut-être y arriveront-ils, s’ils s’inspirent de la suggestion de devise de Vizorek.
Plus généralement, même le football montre combien les français ont aujourd’hui du mal à former « équipe ».
A propos, la Belgique est qualifiée pour la coupe du monde…

Lundi 18 novembre 2013

Lundi 18 novembre 2013
« Tant que durera l’automne,
je n’aurai pas assez de mains,
de toile et de couleurs pour
peindre ce que je vois de beau. »
Vincent Van Gogh
J’ai découvert ce poème de Van Gogh, parce que Henri Dutilleux l’a mis en musique dans son œuvre « Correspondances »
Henri Dutilleux est mort le 22 mai 2013. (Il était né en 1916)
C’était un des plus grands compositeurs vivants, connus et appréciés dans le monde entier de la Culture.
La ministre de la Culture n’a pas trouvé le temps pour aller à son enterrement ni l’opportunité d’envoyer un de ses proches collaborateurs.
Cette même ministre qui a fait chevalier des arts et lettres Bruce Willis !!!
Moi j’aime bien Bruce Willis quand je veux regarder un film d’action pour me détendre.
On pourrait peut-être le faire chevalier de la détente et des loisirs. Mais des Arts et lettres…
Quand je vous disais tantôt que nous vivions une époque moderne…
Revenons plutôt au poème de Van Gogh :
Tant que durera l’automne, je n’aurai pas
assez de mains, de toile et de couleurs pour
peindre ce que je vois de beau.
J’ai un besoin terrible de religion. Alors, je
vais la nuit, dehors, pour peindre les étoiles.
Sentir les étoiles et l’infini, en haut, clairement,
alors, la vie est tout de même presque enchantée.
Tout et partout, la coupole du ciel est d’un bleu
admirable, le soleil a un rayonnement de soufre pâle et
c’est doux et charmant comme la combinaison des
bleus célestes et des jaunes dans les Vermeer de Delft.
Malheureusement, à côté de soleil du Bon Dieu il y a,
trois quarts du temps, le Diable Mistral.
Dans mon tableau « café de nuit », j’ai cherché à exprimer
que le café est un endroit où l’on peut se ruiner, devenir fou,
commettre des crimes. Enfin, j’ai cherché par des
contrastes de rose tendre et de rouge sang et lie de vin,
avec les verts-jaunes et les verts-bleus durs, tout cela dans
une atmosphère de fournaise infernale, de soufre pâle, à
exprimer comme la puissance des ténèbres d’un assommoir.
Vincent Van Gogh

Jeudi 14 novembre 2013

Jeudi 14 novembre 2013
« Je ne sais si c’est un malheur ou une bénédiction, car ce n’est qu’un fragment.
Qui sait ce qui va suivre ? »
Sagesse Soufi
Il y avait dans un village un vieil homme qui était très pauvre.
Même les rois le jalousaient car il possédait un magnifique cheval blanc.
Ils lui offraient des sommes fabuleuses pour ce cheval, mais l’homme refusait à chaque fois : « Ce cheval n’est pas un cheval pour moi, disait- il, c’est une personne. Et comment pouvez- vous vendre une personne, un ami ? ».
Il était pauvre, mais jamais il ne vendit son beau cheval.
1 – Un matin, il s’aperçut que le cheval n’était plus dans son écurie. Tous les villageois se rassemblèrent et s’exclamèrent : « Pauvre fou de vieillard ! Nous savions qu’un jour ce cheval serait volé. Il aurait mieux valu le vendre. Quel malheur ! »
Le vieillard répondit : « N’allez pas si loin. Dites simplement que le cheval n’est pas dans l’écurie. Ceci est un fait, tout le reste est un jugement. Je ne sais si c’est un malheur ou une bénédiction, car ce n’est qu’un fragment. Qui sait ce qui va suivre ? »
Les gens se moquaient de lui, en fait, ils avaient toujours pensé qu’il était un peu fou.
2 – Mais quinze jours après, soudain, une nuit, le cheval revint. Il n’avait pas été volé, il s’était simplement échappé. Et il ramenait avec lui une douzaine de chevaux sauvages !
Les gens s’assemblèrent à nouveau : « Vieil homme, tu avais raison, dirent-ils, ce n’était pas un malheur. En réalité cela s’est avéré être une bénédiction. »
Le vieillard répondit : « De nouveau, vous allez trop loin. Dites simplement que le cheval est de retour. Qui sait si c’est une bénédiction ou non ? Ce n’est qu’un fragment.
Vous lisez un seul mot dans une phrase – comment pouvez-vous juger du livre tout entier ? » Cette fois, ils ne purent ajouter grand – chose, mais en eux-mêmes ils savaient qu’ils avaient tort. Douze magnifiques chevaux étaient arrivés !
3 – Le vieil homme avait un fils unique qui commença à dresser les chevaux sauvages. À peine une semaine plus tard, il tomba de cheval et se brisa les jambes. À nouveau les gens se réunirent et, à nouveau, ils jugèrent. « Tu avais encore raison, c’était un malheur ! dirent-ils. Ton fils unique a perdu l’usage de ses jambes, et il était le seul soutien de ta vieillesse. Maintenant, te voilà plus pauvre que jamais. »
« Vous êtes obsédés par le jugement, répondit le vieil homme. N’allez pas si loin. Dites seulement que mon fils s’est brisé les jambes. Personne ne sait si c’est un malheur ou une bénédiction. La vie vient par fragments et vous ne pouvez tout connaître à l’avance. »
4 – Quelques semaines plus tard, il advint que le pays entra en guerre et tous les jeunes gens de la ville furent réquisitionnés de force par l’armée. Seul le fils du vieil homme ne fut pas pris, car il était infirme.
La ville entière se lamentait et pleurait : c’était une guerre perdue d’avance et tous savaient que la plupart des je unes gens ne reviendraient jamais.
Ils se rendirent auprès du vieil homme : « Tu avais raison, reconnurent-ils, cet accident s’est avéré être une bénédiction pour toi. Il se peut que ton fils soit infirme, mais il est encore avec toi. Nos fils, eux, sont partis pour toujours. ».
Conte Soufi

Mercredi 13 novembre 2013

Mercredi 13 novembre 2013
«Dans l’Union, des pays comme la France ont résolu leurs problèmes comme s’ils n’avaient ni jeunesse, ni vieillesse.»
Jacques Delors
Propos tenu lors de l’émission de France Inter à Bruxelles le 11/10/2013
Et il a ajouté :
« Et ce sont les jeunes et les vieux qui ont trinqué.
Et par conséquent on s’est endetté pour résoudre cela.
Je l’avais dit dans un libre blanc en 1993 qui n’avait pas plu au gouvernement :
Nous les classes adultes nous réglons les problèmes entre nous.
On ne s’occupe pas de l’avenir. »
Nous savons cela. Mais il est intéressant que ce soit Jacques Delors qui a été le ministre des Finances de 1981 puis qui en tant que Président de la commission européenne a participé à cela :
à savoir :

Pas d’anticipation sur le vieillissement massif de la population européenne ;

Une faible ouverture du marché de travail rémunérateur aux jeunes ;

le fantasme d’une économie sans usine et sans industrie, c’est à dire d’une économie de service alors que les services sont peu rémunérateurs ;

un appel massif aux emprunts et en plus aux emprunts extérieurs à la nation, emprunts aux marchés financiers.

Et voilà pourquoi votre nièce est muette aurait ajouté Molière….

Mardi 12 novembre 2013

Mardi 12 novembre 2013
« Si l’aventure vous fait peur,
essayer la routine,
c’est mortelle. »
Paulo Coelho
Samedi, un soleil d’automne bas et chaleureux illuminait les rues de Lyon. Après être allé dans la sympathique librairie « La voie aux chapitres », rue saint Jérôme dans le septième, Annie et moi étions à la recherche d’un café accueillant pour nous asseoir.
Nous l’avons trouvé rue d’Anvers. Sur le trottoir, une ardoise sur laquelle nous pensions trouver le menu proposé. De menu, il n’y en avait pas, mais la présence d’une citation m’a donné le mot du jour d’aujourd’hui. Sur internet, cette citation est attribuée à Paulo Coelho (Rio de Janeiro, 24 août 1947) qui est un romancier brésilien.
En prenant notre café, nous avons pu voir le verso de l’ardoise. Toujours pas de menu mais une suggestion de mise à jour de la cérémonie du mariage en mairie : « Vous êtes désormais mari et femme, vous pouvez mettre à jour votre statut Facebook. »
Nous vivons une époque moderne…

Jeudi 07 novembre 2013

Jeudi 07 novembre 2013
<Le défi de l’égalité, c’est l’altérité qui conduit à accepter l’autre différent comme étant à la fois soi et un autre.»
Christiane Taubira
Christiane Taubira cristallise les haines comme l’écrit « Le Monde ».
C’est une femme politique, on peut être en désaccord avec elle, trouver que ses idées ne sont pas pertinentes les critiquer, les réfuter.
Cela ne doit bien sûr jamais se traduire par des insultes et encore moins des insultes racistes, totalement indigne.
Et cela ne doit pas non plus cacher que cette femme est une femme d’une grande culture, dont les discours bien éloignés des technocrates sont empreints d’humanisme et de hauteur de vue.
Elle cite d’ailleurs fréquemment les grands auteurs.
Le discours qu’elle a tenu le 28 janvier à l’assemblée nationale pour ouvrir le débat du mariage pour tous, sans note, est simplement remarquable.
Même si on n’est pas d’accord avec le fond, il est possible de le reconnaître.
Christiane Taubira écrit aussi un blog dont j’ai extrait le mot du jour qui me parait à la fois beau et profond.
Voici ce mot remis dans un contexte plus large :
« La question de l’égalité est majeure. La parité est plus facile à atteindre,
elle se traduit par un plus une.
L’égalité, c’est une égale un.
Elle ramène chacun d’entre nous à la fois à sa singularité et à son intégrité.
Le défi de l’égalité c’est l’altérité, qui conduit à accepter l’autre différent comme étant à la fois soi et un autre. »
Le blog de Christiane Taubira : http://chtaubira.tumblr.com/page/7

Mercredi 06 novembre 2013

Mercredi 06 novembre 2013
« Une chasse d’eau de WC doit contenir 5 litres »
La commission européenne
C’est quoi ce mot du jour à la con, Alain ?
Ben, c’est le « Times » qui l’a révélé puis d’autres journaux qui ont emboîté le pas.
On apprend donc que la commission européenne va proposer de normaliser les contenances des chasses d’eau des WC européens à 5 litres et puis les urinoirs à 1 litre etc.
Pour ce faire, il a fallu réaliser un rapport de 122 pages, 3 ans de réflexion pour un coût estimé à 89 300 euros.
Donc ce mot du jour contribue à vous faire poser des questions sur l’intérêt des sujets qu’aborde la commission européenne dans la situation actuelle de l’Union.
Un des articles consacrés à cette belle question :

Mardi 05 novembre 2013

«Le président « normal » est uruguayen.»
Daniel Cohn Bendit

Ce propos a été tenu par Daniel Cohn Bendit lors de son émission sur Europe 1 du 04/11/2013.

Il parle de José Mujica Cordano, surnommé « Pepe Mujica » qui est né à Montevideo le 20 mai 1935 et a été élu président le 29 novembre 2009.

Ex-guérillero des Tupamaros dans les années 1960-1970, il a été détenu en tant qu’otage par la dictature (1973-1985).

Dès son arrivée au pouvoir il a décidé de reverser 87 % des 250 000 pesos mensuels (9 400 euros) de son salaire de chef d’État à des organismes d’aide au logement social.

Son secrétaire, Julio Martinez, affirme :

«Pour Mujica, la carrière politique ne doit pas être un moyen de se servir des ressources de l’État, mais de rendre service au citoyen»,

Depuis qu’il est président, il a dépénalisé l’avortement, légaliser la vente de cannabis, autoriser le mariage homo sexuel.


Dans Courrier international : la presse d’Amérique du sud reste ébahie par le style de Pepe Mujica. Le président refuse d’habiter le palais présidentiel. Il préfère vivre dans une ferme, avec son épouse qui est sénatrice.

La maison est sommaire : une seule chambre et un toit en zinc.

Est-ce de la démagogie ? Apparemment non. Le seul « luxe » du président est une Coccinelle bleue, achetée en 1987. Pepe Mujica refuse la société de consommation. Il cite les philosophes de l’antiquité : « le pauvre, c’est celui qui a besoin de beaucoup ».

Le cinéaste et musicien d’origine serbe, détenteur de deux palmes d’or cannoises Emir Kusturica a décidé de consacrer un documentaire à cet homme étonnant.

Courrier international lui a consacré un numéro en août qu’il a intitulé déjà : « Le vrai président normal »

Il a tenu un discours très remarqué à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU, le 24 septembre 2013, en disant notamment :

« Je suis du Sud, je viens du Sud » […] « Si l’humanité entière aspirait à vivre comme un Américain moyen, nous aurions besoin de trois planètes » [c’est ] « une civilisation contre la simplicité, contre la sobriété, contre tous les cycles naturels, et, ce qui est pire, une civilisation contre la liberté de disposer du temps de vivre les relations humaines, l’amour, l’amitié, l’aventure, la solidarité, la famille. »

Lien vers l’émission de Cohn Bendit : <Le président normal est uruguayen>

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Lundi 04 novembre 2013

Lundi 04 novembre 2013
« Die Schuld »
Langue allemande, La dette en langue allemande
Nous savons combien « la dette » occupe de place dans le langage d’aujourd’hui et aussi justifie des pans entiers de la politique économique menée dans l’Union européenne.
Nous connaissons aussi la place que joue l’Allemagne dans cette politique.
La sortie d’un livre particulièrement documentée sur la dette et dont les médias français se font l’écho, m’ont rappelé ce qu’un commentateur avait souligné il y a quelques mois, le mot qui signifie dette en allemand « Schuld » est le même mot qui signifie « Faute ». En allemand dire « tu es coupable » se traduit « du bist schuldig »
Evidemment si on considère que celui qui a des dettes est coupable ou a commis une faute, on comprend beaucoup de chose dans la manière de réagir des allemands.
Or un anthropologue américain, David Graeber a écrit un pavé de 624 pages : Dette : 5000 ans d’histoire , Les liens qui libèrent, 2013, où il explique que la dette est un mécanisme consubstantiel au capitalisme.
Voici ce qui est écrit sur la quatrième page de couverture :
Voici un livre capital, best-seller aux États-Unis – près de 100 000 exemplaires vendus – écrit par l’un des intellectuels les plus influents selon le New York Times et initiateur d’Occupy Wall Street à New York.
Un livre qui, remettant en perspective l’histoire de la dette depuis 5 000 ans, renverse magistralement les théories admises. Il démontre que le système de crédit, apparu dès les premières sociétés agraires, précède de loin l’invention des pièces de monnaie. Quant au troc, il n’a été qu’un pis-aller et ne s’est réellement développé que dans des situations particulières ou de crise.
La dette a donc toujours structuré nos économies, nos rapports sociaux et jusqu’à nos représentations du monde. David Graeber montre que le vocabulaire des écrits juridiques et religieux de l’Antiquité (des mots comme « culpabilité », « pardon » ou « rédemption ») est issu en grande partie des affrontements antiques sur la dette. Or il fonde jusqu’à nos conceptions les plus fondamentales du bien et du mal, jusqu’à l’idée que nous nous faisons de la liberté. Sans en avoir conscience, nous livrons toujours ces combats… Selon l’auteur, l’endettement est une construction sociale fondatrice du pouvoir.
Si autrefois les débiteurs insolvables ont nourri l’esclavage, aujourd’hui les emprunteurs pauvres – qu’il s’agisse de particuliers des pays riches ou d’Etats du tiers-monde – sont enchaînés aux systèmes de crédit. « L’histoire montre, explique Graeber, que le meilleur moyen de justifier des relations fondées sur la violence, de les faire passer pour morales, est de les recadrer en termes de dettes – cela crée aussitôt l’illusion que c’est la victime qui commet un méfait. » Trop d’économistes actuels perpétuent cette vieille illusion d’optique, selon laquelle l’opprobre est forcément à jeter sur les débiteurs, jamais sur les créanciers. Ils oublient aussi une leçon déjà connue de la civilisation mésopotamienne : si l’on veut éviter l’explosion sociale, il faut savoir « effacer les tablettes »… Un essai essentiel et foisonnant qui nous permet de mieux comprendre l’histoire du monde, la crise du crédit en cours et l’avenir de notre économie.
où il parle aussi de la « Schuld ».