Lundi 15 janvier 2018

« Pas de mot du jour aujourd’hui, mais
vous pouvez en lire 1000 déjà écrits »
L’après mille 1

Les mille mots du jour écrits depuis octobre 2012 sont répertoriés (exergue et auteur) sur cette page : <Liste des mots>

Je vous invite à dérouler rapidement cette page et de vous arrêter sur un ou deux mots qui vous interpellent et de cliquer sur la date de ce mot. Ce qui vous renverra vers l’article.

Et n’hésitez pas à laisser un commentaire pour approfondir, nuancer, critiquer bref enrichir l’article.

Merci par avance.

<Article sans numéro>


Vendredi 30 juin 2017

« Le mot du jour d’Alain »
Le blog qui regroupe tous les mots du jour écrits par Alain K.

Pour garder de la consistance, de la pertinence et de la profondeur il faut savoir se taire, se reposer, se ressourcer.

Le flux quotidien de mots va donc s’interrompre quelque temps.

L’année dernière, j’avais initié cette pause par un mot sur « l’Histoire du silence » d’Alain Corbin.

Et puis j’avais ajouté, des « mots inachevés » qui avaient été imaginés mais non rédigés, pour éventuellement faire patienter celles et ceux qui étaient frustrés de mon long silence.

Cette année, je vous laisse avec le site sur lequel vous pouvez relire tous les 914 mots écrits jusqu’à présent et sur lequel je vais donner quelques précisions techniques dans le message d’aujourd’hui.

D’abord pour celles et ceux qui ne le sauraient pas encore l’adresse du blog est d’une grande simplicité : https://lemotdujour.fr/

Mais vous pouvez aussi le rechercher à l’aide d’un moteur de recherche, en cherchant « le mot du jour d’Alain »

Quand vous utilisez un moteur de recherche sérieux , c’est-à-dire pas celui qui appartient à une société qui a pour ambition de tout savoir sur vous et de ne surtout rien oublier, la recherche est immédiate.

Par exemple Qwant ou Lilo ou même Yahoo, la première réponse tombe sur ce blog.

L’autre malin, lui va vous renvoyer d’abord, vers une tentative de blog sur le site du Monde, mais ce blog n’existe plus. C’est bien d’avoir de la mémoire, mais actualiser ses connaissances est bien aussi.

 

1 Un peu de technique

Du point de vue technique sur ce blog il y a deux « type d’objets » : des articles et des pages.

Un message, ce que j’appelle « un mot du jour » est un article.

Quand vous allez sur le blog par l’adresse donnée ci-dessus vous vous trouvez sur la page « Accueil », sur cette page se trouve toujours le dernier article publié, c’est-à-dire le dernier mot du jour.

Chaque mot du jour possède un lien consubstantiel avec une date. Il n’est donc pas surprenant que le point d’entrée principal vers un article soit une date.

Vous trouverez, dès lors, comme entrée principale d’abord dans la rubrique « articles récents » les 5 dernières dates de publication d’articles et dans la rubrique « archives » une entrée par le mois de publication qui vous envoie vers une page qui comporte les derniers mots du jour de ce mois et au bout de la page vous trouvez un bouton précédent pour avoir accès aux mots précédents du mois.

Il faut comprendre, pour que l’accès immédiat soit vers les mots les plus récents, que le classement est par ordre chronologique inverse, ce qui quelquefois peut surprendre en naviguant entre les pages des archives.

Alexis a, sur ma demande, créé une page qui est appelée liste des mots. Cette page porte tous les éléments identifiants un mot du jour soit 3 éléments :

  • La date
  • L’exergue
  • L’auteur ou l’explication de l’exergue.

Cette page est générée automatiquement grâce à l’ingéniosité d’Alexis.

C’est une page qu’on pourrait dire infinie, elle n’a, en tout cas, pas de limite. Tout au bout, vous trouverez le premier mot du jour envoyé. Et tant que j’écrirais des mots du jour, cette page se rallongera pour les contenir tous. Étonnant non ?

Grâce au monde virtuel, nous pouvons mieux appréhender la notion d’infini.

Et sur cette page, que vous pouvez faire défiler à grande allure, si un article a attiré votre regard, c’est encore sur la date qu’il faut cliquer pour aller vers l’article.

J’ai voulu créer un peu de chronologie dans le bon sens (en allant de l’ancien vers le récent) en créant une entrée au menu appelée : « Série de mots ». Cette fonction n’est pas générée automatiquement, elle demande donc plus de temps à être réalisée et se constituera au fil du temps.

Elle renvoie vers des pages comportant les séries de mots que j’ai écrites quelquefois.

A la date d’aujourd’hui, elle comporte deux séries :

Ces pages sont écrites dans l’ordre dans lequel les mots ont été écrits et comporte le début du message, c’est alors un lien <lire l’article> qui emmène vers l’article complet.

 

2 Pourquoi est-il plus pertinent de lire les mots du jour sur le blog que dans la messagerie ?

Pour de multiples raisons :

  • D’abord parce qu’ergonomiquement, c’est beaucoup plus facile à lire sur tous les écrans et encore davantage sur les smartphones et les tablettes ;
  • Ensuite parce que dès que je constate une erreur, je la corrige. Ce qui n’est pas le cas lorsque vous conservez le message envoyé, je ne peux pas le mettre à jour. Ainsi un lien qui ne fonctionne pas ne fonctionnera jamais
  • Enfin, je mets à jour les articles publiés.

Dans un des derniers mots, une réponse de Marc m’a fait comprendre qu’il y avait une ambigüité. J’ai donc pu préciser les choses pour lever toute ambigüité.

Le mot du 15 juin évoquait le grand remplacement de Renaud Camus, or le 24 juin l’émission Répliques avait invité Renaud Camus mais aussi le démographe Hervé le Bras pour lui apporter la contradiction. J’ai donc pu compléter l’article par un lien vers cette émission que je vous recommande.

 

3 Bienvenue sur Internet

Voilà ce que m’a répondu Alexis quand je lui ai fait part de ce que je constatais sur mon blog.

Il y a un outil statistique et de suivi dans le tableau de bord du blog.

Et donc j’ai été surpris que le N° IP : 103.229.124.198 venait de consulter 867 articles de mon blog, en un seul jour, le 15/06/2017. A ce niveau de consommation, il était clair qu’il s’agissait d’un robot qui scannait le blog. En tentant de localiser ce N° IP, il est apparu qu’il était implanté à Hong Kong. Les chinois s’intéressent, enfin les robots chinois s’intéressent à mon blog.

Et puis j’ai, à nouveau, constaté qu’un même numéro IP a consulté 149 articles le 23 juin, 161 le 24, 166 le 25, 105 le 26.

C’était aussi probablement un robot, même si à ce niveau, un passionné peut éventuellement y arriver, en allant très vite sur certains articles.
Et où était implanté cette adresse IP, me demanderez-vous ?
La réponse est : le centre de la Serbie !

Sur les bons conseils d’Alexis, j’ai accepté les commentaires mais en les modérant, ce qui signifie qu’avant qu’il soit publié je dois donner mon accord. Il y a actuellement 3 commentaires sur le blog. Mais j’en ai refusé une vingtaine, un était écrit en allemand, tous les autres en anglais. Souvent pour dire que le blog était très bien mais invariablement pour donner des liens vers des sites dont l’adresse ne laissait pas de doute quant au caractère pornographique de leur contenu.

C’est probablement dans ce monde virtuel, que nous pouvons le mieux toucher cette réalité que nous cohabitons désormais avec les robots.

Nous vivons dans « un monde d’humains et de robots ». Franz de Waal dirait plutôt « un monde d’animaux et de robots ».

C’est sur cette pensée que je vous laisse.

Le prochain mot du jour est prévu lundi 28 août 2017.

D’ici là, bonnes vacances à tous.

<article sans numéro>

Vendredi 9 juin 2017

« Retour sur les mots du jour du 801ème au 900ème (3 et fin)»
Rétrospective

Souvent le mot du mot du jour aborde des sujets économiques. Quelquefois des sujets de fond comme celui évoqué par Louis Chauvel dans « La spirale du déclassement » ( jeudi 22 décembre 2016). Je reconnais que parfois ces mots et aussi les articles auxquels ils renvoient sont un peu longs. Après l’envoi de cet article mon ami Jean-François de Dijon m’a fait un reproche dans ce sens : « C’est pas gentil de m’envoyer des articles passionnants qui me détourne pendant 45 mn de mon travail…. ».

Souvent les réflexions que je mets en avant sont une contestation de la vision orthodoxe des économistes ou de la pensée dominante. Ainsi la contestation de la théorie du ruissellement qui prétend que pour que les gens modestes se portent mieux il faut permettre aux riches d’être de plus en plus riches. Il faut être honnête, il y eut un temps où cela n’était pas faux, mais la globalisation, l’automatisation et la financiarisation de l’économie ont rendu cette croyance vaine : « Trickle down Economic » ( mercredi 25 janvier 2017)

Beaucoup nous vante l’économie allemande mais Catherine Chatignoux nous explique qu’« Un salarié allemand sur quatre a un bas salaire, contre un sur dix en France » ( mercredi 1 février 2017).

Les orthodoxes continuent à « croire » à une vision Shumpeterienne de l’économie et à son concept de « destruction créatrice » mais de plus en plus d’économistes comme Christian Chavagneux ont des doutes : « Innovation Automatisation et emplois, et si cette fois c’était différent ? » ( jeudi 6 avril 2017)

Ces contestataires peuvent mettre en avant certains nouveaux emplois créés par le numérique et qui sont des « bullshit jobs » qu’on traduit en bon français par « boulots de merde » :«clickworkers ou les travailleurs du clic » ( vendredi 24 février 2017)

J’ai aussi, après avoir lu un article de l’hebdomadaire « Le Point », évoqué le concept de « La guerre civile globale » ( mercredi 22 février 2017) extrait de « Age of Anger » qui est un livre d’un romancier d’origine indienne, Mishra Pankaj qui serait l’essai le plus commenté, en début d’année 2017, dans le monde anglo-saxon et qui décrit comment l’économie crée des antagonismes au sein des sociétés et une grande colère de ceux qui estiment être les perdants de la compétition. Mishra Pankaj était l’invité des matins de France Culture, ce jour lors de l’émission réalisé à Londres, le lendemain des élections législatives britanniques https://www.franceculture.fr/emissions/linvite-des-matins-2eme-partie/pankaj-mishra-de-la-montee-des-populismes-la-guerre-civile .

Est évoqué de plus en plus souvent l’analyse de la fin de la rente de civilisation dont bénéficiait l’Occident au XIXème et XXème siècle et qui profitait à ses classes moyennes et populaires. Zaki Laïdi l’explique : «La mondialisation c’est la fin de la rente que l’Occident avait sur le monde depuis la révolution industrielle.» ( mardi 21 février 2017). Et Peter Sloterdijk dans l’article « [Cette élection] : voilà bien la preuve que la France possède encore un esprit ouvert à la surprise. » ( jeudi 11 mai 2017) explique la même chose.

Mais il n’y a pas que l’économie, l’Histoire est aussi inspirante. Nous sommes encore dans le centenaire de la première guerre mondiale et les cents ans de la bataille du chemin des dames ont conduit à rappeler «La Chanson de Craonne » ( mardi 18 avril 2017). Le cinéma fait aussi l’Histoire Thierry Frémaux a réalisé un documentaire sur le début du cinéma et a expliqué que « Le cinéma de Lumière avait pour fonction de dire qui nous sommes et ce qu’est le monde : c’est la même chose aujourd’hui » ( jeudi 16 février 2017)

Le billet quotidien peut aussi évoquer un récit, une personne ainsi de cette médecin qui avait vécu l’enfer dans son enfance à cause d’un père fou d’ambition et d’esprit de compétition : Céline Raphael «La Démesure» ( mercredi 21 décembre 2016) ou cette jeune artiste qui a brusquement été stoppée dans son ascension par un cancer : Marine de Nicola. « Le baiser de l’ouragan » ( vendredi 21 avril 2017) et qui évoque sa maladie comme un cadeau mal emballé qui lui a permis de murir et de grandir.

Depuis longtemps je portais l’idée de faire un mot sur « Le divertissement Pascalien » ( mercredi 17 mai 2017). Je l’ai réalisé au milieu de deux mots évoquant des émissions et un livre de Christophe André sur «La méditation en pleine conscience » ( lundi 15 mai 2017). J’ai particulièrement apprécié l’émission consacré à « Rien que » ( mardi 16 mai 2017)

Il est important de se rappeler aussi que les choses vont plutôt bien et qu’il y a des raisons d’espérer comme l’explique Johan Norberg «Ten Reasons to Look Forward to the Future Progrès : dix raisons de se réjouir de l’avenir» ( lundi 19 décembre 2016)

Lundi prochain, nous reprendrons le fil de nouveaux mots du jour.

<article sans numéro>

Jeudi 8 juin 2017

« Retour sur les mots du jour du 801ème au 900ème (2)»
Rétrospective

Comme d’habitude, dans cette série de mots du jour, plusieurs thèmes ont regroupé plusieurs articles. En général, ces thèmes durent une semaine.

Parfois comme pour les articles consacrés au « Sapiens » d’Hariri, c’est beaucoup plus long.

Ainsi, lors de cette série, un long moment a été consacré à Michel Serres et à plusieurs de ses ouvrages, principalement à « Darwin, Bonaparte et le samaritain ». Ces articles ont été envoyés entre le lundi 27 février 2017 et le vendredi 17 mars 2017.

Au cœur de ce livre qui distingue 3 âges, d’abord celui de l’apparition de la vie dans notre univers, le deuxième l’âge de la guerre et le troisième notre temps depuis la dernière guerre mondiale, se trouve ce constat de Michel Serres : « Le premier âge est plus long qu’on ne le croit ; Le deuxième pire qu’on ne le pense ; Le dernier meilleur qu’on ne le dit. » (mardi 7 mars 2017)

Cette fréquentation de l’œuvre et de la philosophie de Michel Serres m’a conduit aussi à deux digressions : la première pour évoquer le livre de Pascal Richet « L’âge du monde » (vendredi 3 mars 2017) qui relate la perception de l’âge de l’univers aux différentes étapes du développement des humains, et la seconde pour revenir sur le décryptage de « La parabole du bon samaritain » par Françoise Dolto (mercredi 8 mars 2017).

L’Histoire du Monde racontée par Michel Serres et qu’il appelle «Le Grand Récit » constitue une leçon d’intelligence. (jeudi 2 mars 2017)

Comme les deux pensées philosophiques finales : « Il n’y a pas qu’une vérité. Il y a des milliards de vérité» et « C’est le chemin le plus important.» mots des jeudi 16 mars 2017 et vendredi 17 mars 2017

La première semaine de mots du jour de 2017 fut consacrée au thème de la Paix.

En commençant par un ouvrage de Jean-Claude Carrière « La paix » (lundi 9 janvier 2017) pour finir par le livre de Belinda Cannone «S’émerveiller » (vendredi 13 janvier 2017)

Entre temps, j’avais évoqué le sombre destin de cet extraordinaire médecin obstétricien hongrois qui œuvra pour l’hygiène dans un grand climat d’hostilité (1818-1865) « Ignace Philippe Semmelweis » (mercredi 11 janvier 2017) et un article de la grande préhistorienne Marylène Patou-Mathis « Non, les hommes n’ont pas toujours fait la guerre » (jeudi 12 janvier 2017)

La semaine suivante, chaque mot du jour de la semaine était consacré à une photo réalisée en 2016 du lundi 16 janvier 2017 au vendredi 20 janvier 2017. La plus poétique étant celle du jeudi : « Homo sapiens d’hier et d’aujourd’hui : Solar Impulse survole les pyramides»

Et puis, sans être une thématique structurée et inscrit dans une semaine précise, beaucoup de mots du jour de cette série ont été consacrés à la présidentielle française dont le déroulement comme le résultat furent inattendus.

Si le plus souvent le mot du jour cite surtout des auteurs et leurs réflexions assorties de quelques commentaires de ma part, il m’arrive aussi de rédiger certains articles de manière plus personnelle. Il en fut ainsi d’un premier consacré à la « La cinquième République » (mercredi 8 février 2017) dans son ensemble. Puis un second consacré à « L’article 16 de la constitution » en particulier (mercredi 19 avril 2017).

Mais la présidentielle française conduisit les journalistes étrangers à poser des questions sur la France, questions dont Robert Zaretsky journaliste du Foreign Policy a fait la synthèse : « Why Is France So Corrupt ? » «Pourquoi la France est-elle si corrompue ?» (lundi 6 février 2017)

Cette présidentielle a montré que le clivage droite/gauche n’était plus aussi efficient que ce soit en France comme dans les autres pays occidentaux

C’est pourquoi l’article de Thomas Friedman dans le New York times « Web people vs wall people – Le peuple du web contre le peuple du mur», qui montrait qu’une partie des occidentaux est particulièrement à l’aise avec la mondialisation alors qu’une autre en a peur et veut s’en protéger, m’a paru particulièrement pertinent. (vendredi 14 avril 2017)

Cette présidentielle m’a conduit aussi à aller voir et à vous parler d’un documentaire que Régis Sauder a consacré à ma ville natale, particulièrement sensible aux sirènes du Front National : « Retour à Forbach » (jeudi 27 avril 2017).

Plusieurs fois j’ai fait appel, pendant cette période, à Edgar Morin qui fustige ces partis qui en appellent à la régression et à la xénophobie mais qui a des mots tout aussi durs pour le monde de l’argent roi et du libéralisme financier omnipotent : « Partout, deux barbaries se conjuguent, la vieille barbarie de la haine, du mépris, de la cruauté, et la barbarie glacée du calcul qui veut contrôler tout ce qui est humain. » (mardi 2 mai 2017)

Et je ne peux passer sous silence, cette intervention pleine d’énergie et de de passion de Fatou Diome lors de l’émission du Gros Journal de Canal + du 22 mars 2017 « Je crois à une France lumineuse qui se battra toujours pour ses valeurs. » (vendredi 5 mai 2017)

<article sans numéro>

Mercredi 7 juin 2017

« Retour sur les mots du jour du 801ème au 900ème (1)»
Rétrospective

J’avais débuté cette dernière série de 100 mots par une réflexion personnelle « Ce n’est qu’en tournant autour du pot qu’on peut en voir tous ses aspects !» qui a suscité des réactions étonnées et même réprobatrices.

L’existence du blog permet désormais de renvoyer systématiquement au mot concerné par un lien qui vous permet de le relire intégralement. C’était le mot du jeudi 8 décembre 2016

Donc surprise et réprobation, car dans le langage courant cette expression signifie la difficulté ou même la lâcheté de ne pas oser dire les choses clairement ou encore constitue une apologie de l’indécision. Mais ce n’est pas ce sens primaire que j’entendais donner à cette formule, mais bien la capacité de nuancer : tourner autour du pot permet d’observer le même pot sous différents éclairages.

Un jour, peut- être, j’essayerai de tourner autour du pot de la « dette » si présente dans le langage politique et économique contemporain.

Vous pouvez analyser la dette sous le regard de l’économiste classique : la dette est la conséquence d’un emprunt qui permet de différer le paiement d’un bien ou d’un service dont vous pouvez disposer immédiatement.

Et puis vous pouvez analyser la dette avec le regard du peuple allemand, ce peuple qui utilise dans sa langue le même mot pour dire « faute » et pour dire « dette », un mot du jour a été consacré à ce substantif germain : « Die Schuld » (lundi 4 novembre 2013). Pour les allemands, le prêt est avant tout une question de confiance, le prêteur prête parce qu’il a confiance en celui à qui il prête. Dès lors, envisager ne pas rembourser une dette constitue une trahison de cette confiance, une faute morale.

Et puis, vous pouvez suivre le regard de Paul Jorion qui vous expliquera que la dette c’est le fait que quelqu’un, qui dispose d’argent dont il n’a pas besoin, a prêté une somme d’argent à une autre personne qui en avait besoin et qui ne l’avait pas. La dette s’analyse de ce point de vue comme une mauvaise allocation des ressources dans le monde.

Vous pouvez aussi entendre l’analyse de David Graeber qui vous dira que l’expérience de l’Histoire montre que les très grosses dettes des Etats ne sont jamais remboursées. Soit la dette est annulée, soit l’inflation la réduit en peau de chagrin soit d’autres procédés sont mis en œuvre pour l’annihiler.

Le pot de la dette n’est pas simple à analyser, il ne peut se résumer à la seule vision allemande, ni à la seule vision « égalitaire » de Paul Jorion. Mais ces deux éclairages se fécondent et rendent davantage justice à la complexité du monde.

Notre Président a rendu populaire une expression qui exprime à peu près cette même nuance : « En même temps… »

Mais je m’égare, ce message avait pour objet de faire une rétrospective sur les 100 derniers mots du jour.

J’ai rapidement mise en œuvre cette faculté de tourner autour du pot en évoquant Fidel Castro qui venait de mourir.

D’abord en laissant Noam Chomsky expliquer que beaucoup de ce qui était arrivé à Cuba provenait de l’hostilité des Etats-Unis : «Imaginez ce que serait la situation aux États-Unis si, dans la foulée de son indépendance, une superpuissance avait infligé pareil traitement : jamais des institutions démocratiques n’auraient pu y prospérer. » (mercredi 14 décembre 2016)

Puis en rappelant un épisode rapporté par Jean Daniel, dans lequel Fidel Castro, après la crise des missiles, voulait exprimer un message de paix à John Kennedy et aux Etats-Unis : «Puisque vous allez revoir Kennedy, soyez un messager de paix. » (jeudi 15 décembre 2016. Hélas, cette invitation a été suivie quelques heures après par l’assassinat du Président Kennedy à Dallas, rendant cette proposition obsolète.

Mais j’ai aussi évoqué le cri de colère et de détresse d’Ileana de la Guardia, fille d’un des plus proches collaborateurs de Fidel Castro que ce dernier a fait exécuter pour de sombres manœuvres politiques, montrant ainsi la face sombre de ce régime : «On ne lui a même pas accordé un nom sur une tombe dans le cimetière de La Havane. Il est gommé de l’Histoire. Oublié, jeté dans la fosse commune. Comme les hérétiques du Moyen Âge. […] Aujourd’hui, je clame son nom, pour que jamais on ne l’oublie : Tony de la Guardia, mon père bien-aimé.» (vendredi 16 décembre 2016)

C’est encore dans cette recherche de la nuance que j’ai écrit l’article «« Des chiffres et des hommes » (lundi 30 janvier 2017) dans lequel j’essayais de montrer que si les chiffres sont indispensables pour décrire certaines réalités, la place qu’on leur donne aujourd’hui est exagérée et surtout perverse. Je concluais par cette phrase détournée de la Préface de La Dame aux Camélias (1848), d’Alexandre Dumas fils : « N’estime le chiffre ni plus ni moins qu’il ne vaut : c’est un bon serviteur et un mauvais maître ».

Cette mise au point était nécessaire après plusieurs mots consacrés à parler uniquement de l’aspect obscur du chiffre, notamment:

  • Le concept du sociologue américain Pitirim Sorokin (1889-1968) «La quantophrénie» (jeudi 6 octobre 2016)
  • Ou le thème développé par Alain Supiot : «La Gouvernance par les nombres» (vendredi 3 juillet 2015)

Et je conclurai la première partie de cette rétrospective par cette pensée d’une grande sagesse de Rachid Benzine : « Le contraire de la connaissance, ce n’est pas l’ignorance mais les certitudes.» (mardi 24 janvier 2017)

Cette réflexion, qui se situe dans un échange entre un père et sa fille partie faire le djihad et qui est le sujet du roman de Rachid Benzine <Nour, pourquoi n’ai-je rien vu venir ?>, peut s’inscrire dans un contexte beaucoup plus large d’une compréhension du monde.

<article sans numéro>

Mercredi 7 décembre 2016

« Retour sur les mots du jour 701 à 800 (2) »
Rétrospective

Je vous rassure, je ne ferais pas la liste de tous les mots du jour qui n’ont pas fait l’objet des 4 thématiques rappelées hier.

Mais il me semble qu’il y a eu 3 mots qui ont abordé des sujets de première importance dans notre monde économique et quotidien :

D’abord le concept de «quantophrénie» (763) inventé par le sociologue Pitirim Sorokin qui nous explique que le chiffre n’est jamais la vérité, au plus une simple indication. Et que la pratique qui consiste à remplacer l’argumentation et la réflexion par un chiffre constitue une perversion ou une maladie qui nous entraîne vers de mauvais rivages.

Puis me parait aussi très fécond pour notre compréhension du monde la réflexion que Nancy Fraser a développé lors de la 38ème conférence Marc Bloch « Les contradictions sociales du capitalisme contemporain » (769) où elle explique que pour que les échanges marchands puissent avoir lieu, il faut qu’en coulisse des personnes, le plus souvent des femmes s’occupent de ce qu’elle appelle « la reproduction sociale », c’est-à-dire l’éducation des enfants, les soins aux malades par exemple. Et elle montre que le capitalisme financier moderne s’attaque à l’équilibre qui avait été peu à peu obtenu pour s’abîmer dans des contradictions.

Enfin, le Brexit puis l’élection de Donald Trump ont conduit à l’émergence d’un mot que le dictionnaire d’Oxford a classé comme mot de l’année : « Post-truth » post-vérité (784). C’est la rédactrice en chef du Guardian, Katharine Viner qui a rendu populaire ce mot qui décrit un monde où la vérité n’est plus qu’une « opinion parmi d’autres ».

Cette période a encore était marquée par des attentats et la crainte du terrorisme, comme d’une cassure au sein de notre société.

J’ai consacré deux mots du jour à la première victime de l’attentat du 14 juillet 2016 à Nice d’abord simplement pour rappeler ce fait que la première victime de ce tueur se réclamant de l’islamisme était une musulmane «La première victime du carnage de Nice, le 14 juillet 2016, était une musulmane.» (760) ensuite pour revenir à hauteur d’homme et d’empathie pour parler de cette mère, croyante et citoyenne française : Fatima Charrihi racontée par ses enfants. Elle aimait dire cette parole de sagesse : « Il faut connaître le goût du vinaigre pour apprécier celui du miel. » (771)

Ces actes de violence aveugle font découvrir des fous et des assassins mais révèle aussi des gens formidables comme Antoine Leiris, journaliste qui a perdu au Bataclan l’amour de sa vie et mère de ses enfants et qui a écrit ce texte admirable d’humanité : «Vous n’aurez pas ma haine» (739).

Il existe ces voix qui s’élèvent ou écrivent comme Abdennour Bidar : «Les tisserands : réparer ensemble le tissu déchiré du monde» (724) pour recréer des liens là où la violence et le fanatisme les ont déchirés.

Et puis il faut chercher du côté de l’historien Patrick Boucheron qu’avant d’être un problème militaire et de police, ces combats relèvent prioritairement de la bataille des idées et qu’il faut placer des mots, des mots justes sur ce qui se passe. Et Boucheron fait appel à Machiavel : «  Quand quelque chose arrive, quand ce quelque chose on n’en n’a pas idée, quand on ne l’a pas souhaité, ni espéré, ni craint, alors la première chose à faire, est [d’user] de l’exactitude des mots constater ce qui arrive sans se laisser intimider ni émerveiller par les mots anciens. » (738)

La politique n’a pas été absente notamment, dans le contexte de l’économie numérique, le conflit entre les multinationales et le pouvoir politique étatique : « Une course à mort est engagée entre la technologie et la politique. »  (703) avis de Peter Thiel un des fondateurs de Paypal cité par Marc Dugain et Christophe Labbé dans leur livre «L’Homme nu ».

Et puis des regards critiques sur la vie politique française où des grandes voix s’expriment et constatent avec regret ou irritation que l’on ne parle des vrais enjeux ou que nos gouvernants ou ceux qui y aspirent n’expliquent pas ce qui se passe et quelles sont les perspectives pour les générations futures :

«Je suis énervé, je suis irrité, parce que je trouve qu’il y a une absence de conscience dans ce pays de ce qui est en jeu (720) Alain Touraine, lors de l’émission de France Culture « Dimanche et après du 29/05/2016 ». Le grand sociologue n’était pas très bienveillant pour le gouvernement dont faisait partie sa fille.

«En haut on parle technique et en bas on ressent le changement du monde et on ressent l’absence de perspective à l’égard de ce changement.» (721) Marcel Gauchet dans les matins de France Culture du 30/05/2016

Et aussi cette réflexion récurrente, ce conflit qui se situe autant à l’intérieur de notre personnalité qu’à l’extérieur entre le consommateur que nous sommes et le citoyen que nous aspirons être : « Le libre-échange et le protectionnisme : le consommateur contre le citoyen » (789) Jean-Marc Daniel et François Ruffin lors d’un débat

Et encore cette réflexion sociologique à hauteur d’homme et de la vie au quotidien : « Personne au monde, ni en Algérie, ni au Sénégal, ni en Chine, ne souhaite devenir minoritaire dans son village. » (764) Christophe Guilluy, lors des matins de France Culture du 13 septembre

Ces 100 mots ont aussi abordé plusieurs fois les fraudes ou les manquements des laboratoires ou d’autres acteurs dans la santé : «Malscience, De la fraude dans les labos» (766) Nicolas Chevassus-au-Louis

«Projet 226»(767) Nom d’une manipulation de l’industrie sucrière aux Etats-Unis en 1965

Et à l’occasion de la sortie du film « la fille de Brest » : «Ce que j’ai ressenti, ce n’est pas l’empathie habituelle du médecin : c’est l’effroi face au crime » (795) Irène Frachon pour l’affaire du Mediator

Quelquefois ce fut des livres qui ont été inspirants : « Histoire du silence » (733) d’Alain Corbin ou «Avant cela, avant qu’il ne faille quitter cette vie pour nous fondre dans l’autre, nous sommes responsables de notre destinée. Je ne serai pas accusée de m’être dérobée.» (759) Leonora Miano, Crépuscule du tourment

Ou un film « La tortue rouge » (736) de Michael Dudok de Wit

Mardi 6 décembre 2016

« Retour sur les mots du jour 701 à 800 (1) »
Rétrospective


Voici donc une nouvelle série de 100 mots du jour, du 701ème qui concernait les accords Sykes – Picot qui ont durablement conditionné les relations entre les arabes et les pays occidentaux au 800ème qui caractérisait l’intelligence par son caractère imprévisible et novateur.


Mais cette série a surtout été marquée par deux séries thématiques :

La première, en mai, qui du mot N° 706 au N°718 avait pour objet unique un livre passionnant et érudit que plusieurs d’entre vous ont acheté ou emprunté, selon ce que vous m’avez dit ou écrit : « Sapiens » de Yuval Noah Harari.

Cet ouvrage qui a pour sujet l’histoire de notre espèce : « L’homo sapiens », comment sapiens s’est imposé par rapport aux autres espèces du genre « homo », puis s’est comporté avec les autres espèces du règne animal. Comment il a colonisé la terre, inventé l’agriculture, imaginé les religions, créé des villes puis les empires, développé le capitalisme, enfin, bouleversé la nature, la vie, la société par la révolution scientifique et industrielle.


La vision assez pessimiste de Harari nous conduit des premiers pas de sapiens qui colonise la terre à la vision des transhumanistes de la silicon valley, où cet homme étrange et inquiétant, Ray Kurzweil, un des hommes les plus influents de Google prédit la singularité technologique et rêve d’immortalité. J’ai pris pour premier exergue cette phrase prophétique d’Harari :« L’Histoire commença quand les humains inventèrent les dieux et se terminera quand les humains deviendront des dieux.»
Et pour clore cette série, j’ai fait appel à Kant : « «Sapere aude ! Ose savoir ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement !»

La seconde, en septembre, N° 750 à 754, consacrée à 5 conférences de Régis Debray sur la croyance, le sacré, la religion, Dieu, la Laïcité, réflexion d’une rare consistance.

Je relèverai deux propos tenus par le philosophe : « quand on dit à un croyant : c’est idiot ce que vous croyez, d’ailleurs ce que l’on croit n’est jamais vrai, c’est Valéry qui l’a dit, il vous répondra peut être : Je sais bien, mais quand même, j’ai un toit pour m’abriter et des frères et des sœurs pour me tenir chaud, j’ai un parti, j’ai une église, j’ai une confrérie […]. Votre vérité, elle est froide, elle ne me rapporte rien, alors que ma croyance m’augmente. Elle me rend fier d’être ce que je suis, parce qu’elle m’assure une appartenance. Elle m’insère dans un « nous » beaucoup plus grand et plus fort que moi, le « nous » de tous les croyants, à la même croyance que moi. »

Et cette phrase où, il donne ce conseil, plus exactement une injonction à tous les hérauts de la laïcité : « Il ne faut pas demander à la laïcité, ce qu’elle ne peut nous donner […] La laïcité est une construction juridique et une législation ne donne pas un sentiment d’appartenance, d’entraide mutuelle et de fierté collective. La laïcité ne répond pas aux questions fondamentales : d’où venons-nous, où allons-nous ? […] La laïcité ne peut pas remplacer la religion sinon elle devrait devenir elle-même une religion. Et si elle devenait une religion, elle ne serait plus ce qu’elle est : elle serait la religion de certains contre d’autres et non pas un cadre de coexistence de plusieurs valeurs, simplement une valeur parmi d’autres. »

Il y eut encore deux autres thématiques durant une semaine : Au retour des vacances d’été, une semaine consacrée à Michel Rocard (N°740 à 744) qui venait de mourir au début de l’été et qui était l’homme politique français dont je me sentais le plus proche depuis que j’ai accédé à la réflexion. Et enfin, il y eut 5 mots de jour (790 à 794) qui interrogeaient la méritocratie, ses limites et surtout ses dérives.

Mais il n’y eut pas que des thématiques, il y eut aussi des mots isolés qui à la relecture me semblent très intelligents au sens de ce que Michel Serres expliquait dans le 800ème mot du jour.

Mais je vous en parlerai demain.

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