Jeudi 25 novembre 2021

« Pause (il n’y a pas qu’une bonne façon de réfléchir) »
Un jour sans mot du jour nouveau

Annie, après la lecture du mot du jour d’hier, m’a rappelé un mot ancien : il avait été publié en 2013 et portait le numéro 202. Je trouve pertinent de le rappeler aujourd’hui.

Je vais résumer cette histoire et renvoyer vers le mot du jour original, en fin d’article.

Un jour Ernest Rutherford, prix Nobel de chimie en 1908, reçut la visite d’un de ses confrères accompagné d’un de ses étudiants ; Ils voulaient faire appel à lui pour un arbitrage entre eux.

En effet, l’étudiant avait donné une réponse à une question du professeur qui lui avait donné 0, alors que l’étudiant prétendait mériter 20.

Le problème posé était le suivant : «Vous disposez d’un baromètre et vous devez mesurer la hauteur d’un immeuble, comment procédez-vous ? »

La réponse attendue était : «A l’aide du baromètre, je mesure la pression atmosphérique en haut de l’immeuble, puis je mesure la pression au niveau du sol. Puis avec un savant calcul je détermine la hauteur de l’immeuble en fonction de la différence de pression.»

L’étudiant avait répondu :

«J’attache le baromètre à une grande corde. Je monte sur le toit de l’immeuble et je laisse descendre le baromètre à l’aide de la corde jusqu’au sol. Arrivé au sol je fais une marque sur la corde puis je remonte la corde et je mesure du baromètre jusqu’à la marque, c’est la hauteur de l’immeuble.»

Le professeur a donné 0, parce qu’il prétendait que ce n’était pas une méthode scientifique. Ce que contestait l’étudiant qui rappelait qu’en outre il trouvait bien le résultat souhaité et qu’il avait utilisé le baromètre, la corde seule ne suffisant pas !

L’impétrant  sur une invitation de Rutherford de donner une autre solution, en proposa 10 nouvelles, mais jamais la réponse attendue. Par exemple ces trois solutions :

1) On monte sur l’immeuble, on lâche le baromètre. On chronomètre la durée de la chute, on en déduit la longueur de la chute qui est la hauteur de l’immeuble.

2) On place le baromètre verticalement dehors quand il y a du soleil. On mesure la hauteur du baromètre, la longueur de son ombre et la longueur de l’ombre de l’immeuble. Et avec un simple calcul de proportion, on détermine la hauteur de l’immeuble.

3) Et celle qui est la plus rapide : on frappe à la porte du gardien de l’immeuble et on lui dit : «Monsieur, si vous me donnez la hauteur de votre immeuble je vous donne ce baromètre»

Interloqué, Rutherford demanda alors à l’étudiant : «Mais dites-moi, connaissez-vous la réponse attendue par votre professeur ? »

L’étudiant répondit qu’il la connaissait bien sûr, mais qu’il en avez assez de l’université et de ses professeurs qui prétendait qu’il n’y avait qu’une bonne façon de réfléchir.

Cet étudiant s’appelait Niels Bohr, génie scientifique qui fut lauréat du prix Nobel de physique de 1922.

Le mot du jour original était celui du <5 décembre 2013>


<Mot du jour sans numéro>

Vendredi 5 novembre 2021

« Pause (série sur Lhasa) »
Un jour sans mot du jour nouveau

Dans l’album la Llhorona il y a aussi cette chanson : <Los Peces>.

Un mois après la sortie de son album, Lhasa avec Yves Desrosiers et un second guitariste, Mario Legaré vont jouer pour les détenus dans une prison de Montréal <Chez les Souverains 6 mars 1997> et en 1999, elle chante à la télévision française la même chanson <avec le groupe français Bratsch>

Je finissais le mot du jour d’hier en citant Bertrand Dicale. Voici l’intégralité de son petit billet de 4 minutes <Lhasa de Sela, heureuse en trois langues>


<Mot du jour sans numéro>


Vendredi 29 octobre 2021

« Pause (Dans 20 ans, la demande de main-d’œuvre sera substantiellement plus faible)»
Un jour sans mot du jour nouveau

Le jour, avant un grand week-end devrait être férié.

C’est ce que me dit mon corps et mon esprit.

Il faut toujours écouter son corps.

Le 29 octobre 2014, je reprenais une prévision de Bill Gates :

« Dans 20 ans, la demande de main-d’œuvre pour beaucoup de compétences sera substantiellement plus faible. »

Si je compte bien dans 20 ans en 2014, signifie que c’est dans 13 ans aujourd’hui.

Et il ajoutait :

« Je ne pense pas que ce soit intégré dans le modèle mental des gens ».

C’est peut être mieux intégré aujourd’hui, car Amazon nous a montré que les entrepôts pouvaient se vider des humains.

Et hier, c’était Xavier qui remplaçait la force publique à Singapour.

J’ai hésité de mettre à l’affiche un chat robot comme celui que vous trouvez dans cet article de 2020 : <Votre prochain chat sera peut-être un robot>

Finalement j’ai préféré ce chat bougon car je préférerai toujours le vivant aux machines.

Car comme l’écrit Alain Damasio

« Le vivant n’est pas une propriété, un bien qu’on pourrait acquérir ou protéger.
C’est un milieu, c’est un chant qui nous traverse dans lequel nous sommes immergés, fondus ou électrisés.
Si bien que s’il existe une éthique en tant qu’être humain.
C’est d’être digne de ce don sublime d’être vivant.
Et d’en incarner, d’en déployer autant que faire se peut les puissances.
Qu’est-ce qu’une puissance ?
Une puissance de vie !
C’est le volume de liens, de relations qu’un être est capable de tisser et d’entrelacer sans se porter atteinte.
Ou encore c’est la gamme chromatique des affects dont nous sommes capables
Vivre revient alors à accroitre notre capacité à être affecté.
Donc notre spectre ou notre amplitude à être touché, changé, ému.
Contracter une sensation, contempler, habiter un instant ou un lieu. »

<Mot du jour sans numéro>

Mardi 10 août 2021

« Le mot du jour est en congé.»
Il reviendra probablement le 18 octobre 2021

Il faut savoir faire silence, se reposer, se régénérer, lire, flâner, méditer, pour revenir pour de nouveaux partages, réflexions et questionnements.

Hier, je finissais cette saison avec «Demain» une chanson de Moustaki , d’une beauté ineffable mais aussi ouverture vers la réflexion sur le demain de l’humanité.

Cet article faisait suite à une semaine pendant laquelle je m’étais arrêté à des destins particuliers.

Par exemple Angélique Ionatos la chanteuse de la lumière qui magnifiait la poésie grecque : <C’est toujours un rêve quand la poésie tombe dans les filets de la musique.>, Frédérique Lemarchand dont l’existence même constitue un hymne à la vie <Je ne suis pas née vivante, je le deviens >, Pour finir avec le poète de la tendresse et de la révolte qui nous vient du Rwanda Gaël Faye <Traverser la vie en se sentant digne de cette petite parenthèse qui est l’existence.>

Lors de cette saison plusieurs séries de mots du jour ont été écrites :

D’autres séries n’ont pas encore leur page dans la liste des séries : <L’inceste, cet acte ignoble longtemps resté tabou> et aussi <Amazon>

Et bien d’autres mots du jour : comme « La diaspora des cendres » qui parle de la shoah.

Ou ce moment de grâce poétique «Ce n’est qu’alors qu’il peut arriver qu’en une heure très rare, du milieu d’eux, se lève le premier mot d’un vers.».

Et aussi sur les vertus quasi miraculeuse de la musique « Le pansement Schubert ». 

Cet article qui parle du destin de la scientifique hongroise passionnée de l’ARN messager et qui a créé le vaccin de Pfizer <Katalin Kariko>.

Tous ces mots du jour et tous les autres peuvent être trouvés sur la page <La liste des mots>

<mot sans numéro>

Vendredi 23 juillet 2021

« Pause »
Un jour sans mot du jour nouveau

Je souhaite continuer la série sur l’année 1979..

La dernière partie sera consacrée à des évènements qui impliquent tous à un degré divers l’Union Soviétique.

Amin Maalouf nous rappelle qu’en ce début de l’année 1979, l’Union Soviétique semblait toute puissante et l’Amérique en déclin.

Notre mémoire nous joue souvent des tours. Nous connaissons la fin de l’Histoire : la chute du mur de Berlin en 1989 et la dissolution de l’Union Soviétique en 1991.

Mais en 1979, nous ne pouvions penser que cela se passerait ainsi, surtout pas aussi vite.

Il me faut un peu de temps pour écrire la suite.

<Mot du jour sans numéro>

Mardi 20 juillet 2021

« Pause (La prise de la grande mosquée de la Mecque) »
Un jour sans mot du jour nouveau

Quelquefois, il faut plus de temps et d’énergie que prévu pour l’écriture du mot du jour..

Le prochain sera consacré à l’attaque par un groupe de sunnites intégristes de la grande Mosquée de la Mecque.

Si vous souhaitez anticiper vous pouvez écouter deux émissions de France Inter sur ce sujet :

Émission de 2018 < Affaires sensibles – Mic-Mac à la Mecque > par Fabrice Drouelle.

Et plus étrange plus secret <L’attentat à la Mecque du 20 nov 1979> qui fut un des épisodes de cette émission incroyable, désormais supprimé : «Rendez-vous avec Mr X du 18 juin 2015 »

<Mot du jour sans numéro>

Jeudi 15 juillet 2021

« Pause (La révolution iranienne) »
Un jour sans mot du jour nouveau

L’idée féconde qui considère qu’il serait judicieux que le lendemain d’un jour férié fût férié, a beaucoup de mal à se concrétiser.

Mais l’écriture du mot du jour est libre et peut par conséquent appliquer les idées fécondes.

Ce lendemain de fête nationale peut donc être un moment de repos.

Demain je devrai parler de la révolution iranienne.

Si vous souhaitez anticiper vous pouvez visionner ces deux documentaires qui me semblent très intéressants pour comprendre comment le régime du Shah s’est écroulé et a été remplacé par la république islamique de Khomeiny.

<Le Shah et l’Ayatollah – Le duel iranien> Documentaire réalisé en 2019 par Holger Preuβe pour la chaîne de télévision Arte.

Documentaire sur France 3 : <Reportage sur la révolution Islamique en Iran>

<Mot du jour sans numéro>

Jeudi 8 juillet 2021

« Pause (Edgar Morin a 100 ans) »
Un jour sans mot du jour nouveau

Edgar Morin est né le 8 juillet 1921.

Il a publié une tribune dans le monde à cette occasion dans laquelle il retrace l’aventure humaine pendant les cents ans de sa période de vie : < Cette pensée humaine capable de créer les plus formidables machines est incapable de créer la moindre libellule >
Il y écrit notamment :

« Nous vivons donc en 2021 une étape nouvelle de la phase extraordinaire de l’aventure humaine où culmine le paradoxe de la toute-puissance et de la toute-faiblesse humaine.

L’infirmité ne vient pas seulement de la fragilité humaine (le malheur, la mort, l’inattendu) mais aussi des effets destructeurs de la toute-puissance scientifique-technique-économique, elle-même animée par la démesure accrue de la volonté de puissance et de la volonté de profit.

Cette pensée humaine capable de créer les plus formidables machines est incapable de créer la moindre libellule. Cette intelligence capable de lancer dans le cosmos fusées et stations spatiales, capable de créer une intelligence artificielle capable de toutes les computations, est incapable de concevoir la complexité de la condition humaine, du devenir humain. Cette intelligence capable de découper le réel en petits morceaux et de les traiter logiquement et rationnellement est incapable de rassembler et d’intégrer les éléments du puzzle et de traiter une réalité qui exige une rationalité complexe concevant les ambivalences, la complémentarité des antagonismes et les limites de la logique du tiers exclu.

Quand saurons-nous que tout ce qui est séparable est inséparable ?

Quand saurons-nous que tout ce qui est autonome est dépendant de son environnement, depuis l’autonomie du vivant qui doit renouveler son énergie en s’alimentant pour vivre et en information pour agir jusqu’à mon autonomie présente sur mon ordinateur, qui dépend d’électricité et de Wi-Fi ?

Aussi devons-nous comprendre que tout ce qui émancipe techniquement et matériellement peut en même temps asservir, depuis le premier outil devenu en même temps arme, jusqu’à l’intelligence artificielle en passant par la machine industrielle. N’oublions pas que la crise formidable que nous vivons est aussi une crise de la connaissance (où l’information remplace la compréhension et où les connaissances isolées mutilent la connaissance), une crise de la rationalité close ou réduite au calcul, une crise de la pensée. »

<Le Figaro> nous apprend que Emmanuel Macron le reçoit aujourd’hui à l’Elysée.
Le chef de l’État selon un communiqué de l’Elysée :

«prononcera un discours pour célébrer ce centième anniversaire et saluer le parcours de celui qui entra dans la Résistance alors qu’il n’avait pas encore 20 ans, ses engagements, en faveur de la “Terre-Patrie” depuis près de 50 ans et ses contributions à la compréhension des hommes et du monde en tant qu’humaniste et européen convaincu»

Et le Figaro de rappeler que :

« En février 2018, Edgar Morin signait dans Le Monde une tribune élogieuse à l’égard d’Emmanuel Macron, dont il saluait la capacité à «être un intellectuel littérairement et philosophiquement cultivé et un homme qui fait carrière aux antipodes de la philosophie, dans la banque et la finance».

Et en même temps

« Mais dans son dernier livre paru en juin, on lit aussi sa sympathie pour les opposants les plus farouches au chef de l’État. Selon lui, « bien des protestations, colères et révoltes populaires, comme le mouvement des “Gilets jaunes”, comportent chez leurs participants, pas uniquement certes, mais incontestablement, le besoin d’être reconnus dans leur pleine qualité humaine – ce qu’on appelle dignité».

<mot du jour sans numéro>