Mardi 7 octobre 2014

Mardi 7 octobre 2014
« Les films sont plus harmonieux que la vie, […]
Il n’y a pas d’embouteillages dans les films, il n’y a pas de temps morts. »
François Truffaut, La nuit américaine.

François Truffaut est mort il y a 30 ans, le 21 octobre 1984 à 52 ans, d’une tumeur au cerveau.

C’était une encyclopédie vivante du cinéma et aussi un très grand réalisateur.

Dans la « nuit américaine » le sujet du film est un film en train d’être réalisé.

C’est dans ce film que Truffaut jouant le rôle du réalisateur dit à l’acteur principal de son film « Jean-Pierre Léaud », cette ode au cinéma :

« Je sais, il y a la vie privée, mais la vie privée, elle est boiteuse pour tout le monde. Les films sont plus harmonieux que la vie, Alphonse. Il n’y a pas d’embouteillages dans les films, il n’y a pas de temps morts. Les films avancent comme des trains, tu comprends ? Comme des trains dans la nuit. Les gens comme toi, comme moi, tu le sais bien, on est fait pour être heureux dans le travail de cinéma ».

La « nuit américaine » est le nom d’une technique qui consiste à tourner des scènes nocturnes en plein jour.

Patrick Cohen dans la matinale sur France Inter du vendredi 3 octobre, à l’occasion du trentième anniversaire de la disparition de François Truffaut, a reçu Serge Toubiana, directeur de la Cinémathèque française qui consacre actuellement une exposition au cinéma de Truffaut, et l’actrice Nathalie Baye.

La nuit américaine fut le premier film important de Nathalie Baye qui a dit dans cette émission, combien Truffaut arrivait à mettre ses acteurs en confiance et créer une ambiance unique sur le plateau.

Elle a avoué qu’elle a dû répéter de nombreuses fois cette réplique qu’elle a dans le film

« Moi je quitterai un homme pour un film, jamais un film pour un homme » parce qu’elle la disait toujours à l’envers.

Voici le lien vers cette émission : <http://www.franceinter.fr/emission-linvite-le-cinema-de-francois-truffaut>

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Lundi 10 mars 2014

« Il nous regardait comme si on était des diamants,
et forcément si on vous regarde comme ça,
vous devenez un diamant. »
Pierre Arditi rendant hommage à Alain Resnais
C’est en ce jour du 10 mars qu’aura lieu la cérémonie de l’Adieu à Alain Resnais.
J’ai eu ma première rencontre avec l’œuvre d’Alain Resnais, en 1978 à Strasbourg, en entrant par « Providence ». Dès les premières images je fus fasciné par la maîtrise du cinéaste qui filmait l’introspection et les fantasmes d’un vieil homme se penchant sur son passé.
Par suite j’ai suivi ce grand cinéaste souvent avec enthousiasme toujours avec intérêt que ce soit Mon oncle d’Amérique, On connaît la chanson, I want to go home ou cette extraordinaire performance d’acteurs que fût smoking / no smoking, et encore les herbes folles.
Des films si différents les uns des autres.
Et je trouve merveilleux cet hommage d’un de ses acteurs fétiches.
Il rappelle un point fondamental : le regard de l’autre est essentiel dans nos performances.
Des expériences l’ont montré : des élèves à qui on disait qu’ils étaient formidables avaient de meilleurs résultats que des élèves que l’on critiquait sans arrêt, alors qu’au départ les deux populations n’avaient pas des performances différentes.
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Lundi 3 février 2014

« La culture c’est la vie et la vie est belle »
Claudio Abbado

Claudio Abbado est mort Lundi 20 janvier 2014

Très jeune Claudio Abbado a été un chef d’orchestre remarquable et brillant.

Il a dirigé les plus grandes institutions musicales.

A 35 ans, il devint Directeur de la Scala de Milan, il le restera pendant 18 ans.

Après, il dirigera l’Opéra de Vienne et lorsqu’il fallut trouver un successeur à Herbert von Karajan, les musiciens de l’Orchestre Philharmonique de Berlin le désignèrent à l’unanimité en 1989.

Et puis…

En 2000, un terrible cancer l’assaillit, un cancer de l’estomac.

Il revint au bout de quelques mois, émacié et transfiguré.

Il dit alors : « J’ai souffert et j’ai lutté de toutes mes forces. Mais comme toujours, du mal peut naître quelque chose de bon ».

Il devint alors un chef génial et unique.

Il quitta l’institution de la Philharmonie de Berlin et recréa avec des musiciens venant de tous les horizons et notamment beaucoup de jeunes, l’Orchestre du Festival de Lucerne, qu’il dirigea tous les étés jusqu’en 2013.

Celui qui n’a pas vu des vidéos de ces concerts, ne connait pas l’émotion que la musique peut déclencher.

Claudio Abbado a alors construit une relation unique avec ces musiciens.

Arte a diffusé le Requiem de Mozart par Abbado et Lucerne interprété en août 2012 et que vous trouvez sur Youtube :

Requiem de Mozart par Abbado Festival de Lucerne 2012

A la fin de cette interprétation bouleversante, le public est resté silencieux pendant presque une minute avant d’applaudir.

Le silence était si intense qu’il était encore musique.

Nos mots sont trop pauvres pour décrire l’indicible et le sublime.

<Ce journal suisse lui rend hommage> et présente sa carrière. L’article se termine par cette conclusion :

[Claudio Abbado] disait que « la culture est un bien commun et primaire comme l’eau » et que « La culture c’est la vie et la vie est belle ». Place au silence.

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Jeudi 13 juin 2013

Jeudi 13 juin 2013
« Je vois la fin de vie comme j’ai vu la mer la première fois,
quelque chose qui s’impose à vous, majestueusement.»
Pierre Mauroy
Pendant longtemps, dans un monde qui était rural, où les générations vivaient les uns avec les autres, où l’espérance de vie à la naissance n’était pas celle d’aujourd’hui (en 1800 sous Napoléon, l’espérance de vie d’une fille née vivante était de 30 ans), où les gens mouraient à la maison, la mort était omniprésente.
Depuis bien des choses ont changé et on parlait peu de la mort, voire on n’en parlait plus du tout.
La mort a été médicalisée, l’espérance de vie s’est multipliée, la norme est la séparation des générations et le fantasme de l’éternelle jeunesse s’est déployé.
Aujourd’hui quelques humanistes en fin de vie (Hessel, mot du jour du 27/02/2013) ou Pierre Mauroy osent en reparler de manière simple et apaisée.
Pierre Mauroy sera inhumé cet après-midi à Lille.

http://www.francebleu.fr/politique/pierre-mauroy/pierre-mauroy-voyait-la-mort-comme-la-mer-la-premiere-fois-15

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