Jeudi 16 avril 2015

Jeudi 16 avril 2015
« La culture du bien-être nous rend insensibles aux cris d’autrui [et] aboutit à une globalisation de l’indifférence. »
Pape François
Le Monde du 15 avril 2015 annonce que « 400 migrants auraient disparu dans le naufrage d’une embarcation de fortune, dimanche 12 avril, aux dires des 150 survivants, débarqués mardi matin en Italie et interrogés par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et l’ONG Save the Children. Sur l’échelle de l’horreur, cet accident se situerait donc au-dessus des 366 noyés de Lampedusa, [d’octobre 2013] qui était à ce jour la plus grande tragédie de la Méditerranée en ce début de XXIe siècle.
Depuis ce week-end, et l’amélioration des conditions météorologiques, les passages entre la Libye ou la Tunisie et les côtes italiennes se multiplient. Le week-end a été très chargé, puisque les garde-côtes italiens auraient porté secours à 42 bateaux chargés au total de plus de 6 500 migrants dimanche et lundi. Lundi, ils annonçaient avoir sauvé 144 personnes et récupéré neuf corps après le naufrage de l’une des embarcations. Les informations sont encore insuffisantes pour comprendre si ces neuf corps sont une partie des 400 noyés ou sont issus d’un autre accident. […] Si le naufrage de ce week-end se confirme, ce sont 900 personnes qui auront péri sur cette route la plus meurtrière du monde en deux mois et demi, selon les comptages de l’OIM. A la même époque en 2014, 47 migrants y avaient perdu la vie. La fin de l’opération « Mare Nostrum » – un vaste programme de sauvetage pris en charge par les Italiens – et son remplacement par une patrouille de surveillance européenne des frontières, qui n’a pas mission première de sauver mais de surveiller, expliquent en partie cette hécatombe.»
Depuis l’an 2000, plus de 22.000 migrants ont perdu leur vie en Méditerranée.
La Méditerranée est devenue «la route la plus mortelle du monde» en 2014, avec au moins 3.419 migrants qui ont perdu la vie en tentant de la traverser en quête d’un avenir meilleur, a annoncé mercredi l’agence des Nations Unies en charge des réfugiés. En 2014, ce sont plus de 207 000 migrants qui ont tenté de traverser la Méditerranée, un chiffre presque trois fois plus élevé que le précédent record de 2011 lorsque 70 000 migrants avaient fui leur pays lors du printemps arabe.
Le pape François qui a du mal avec <la liberté sexuelle> et aussi avec <la liberté d’expression>, trouve les mots qui touchent quand il s’agit de parler de la misère et de l’attitude de nos pays riches devant la pression des opprimés et des pauvres qui sont prêts à mourir pour débarquer sur nos côtes européennes.
Il était allé en juillet 2013 à Lampedusa et avait tenu ce discours : «  La culture du bien-être nous rend insensibles aux cris d’autrui [et] aboutit à une globalisation de l’indifférence. […] Nos frères et sœurs cherchaient à sortir de situations difficiles pour trouver un endroit meilleur pour eux et leur famille mais ils ont trouvé la mort […] Qui est responsable du sang de ces frères et sœurs ? […] nous avons perdu le sens de la responsabilité fraternelle. »
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Mercredi 28 novembre 2012

Mercredi 28 novembre 2012
« Si la décision était entre mes mains, je sais qu’entre ce qu’il faudrait faire et ce que les circonstances me permettraient de faire (souvent presque rien) il y a d’énormes distances.
La France subira, hélas, plus qu’elle ne construira son destin.
Je le regrette, à l’avance. »
Fernand Braudel
Pour échapper au monde des bisounours, je vous ai relaté, hier, les propos privés et lucides d’un homme politique habile et démagogue qui en public magnifiait la grandeur de la France.
Je complète aujourd’hui par ce commentaire de Fernand Braudel écrit dans les mêmes années 80, dans cet ouvrage de référence qu’est l’Identité de la France et que j’ai eu le plaisir de lire pendant mon hospitalisation, il y a un an.
L’identité de la France Tome 2