Vendredi 31 Octobre 2014

Vendredi 31 Octobre 2014
« Il paraît que la crise rend les riches plus riches et les pauvres plus pauvres.
Je ne vois pas en quoi c’est une crise. Depuis que je suis petit, c’est comme ça.  »
Coluche
Oxfam est une ONG qui agit contre les injustices et la pauvreté. Elle vient de publier un rapport sur les inégalités.
Voici quelques informations, quelques liens et deux images :
Entre mars 2013 et mars 2014, le patrimoine cumulé des 85 personnes les plus riches du monde a augmenté de 668 millions de dollars par jour, ou de près d’un demi-million par minute.
Par ailleurs, ces mêmes 85 personnes possèdent autant que la moitié la plus pauvre de la population mondiale.
Avec un dessin on comprend mieux :
Le nombre de milliardaires dans le monde a plus que doublé depuis la crise financière: ils étaient 793 en mars 2009, ils sont 1.645 aujourd’hui, selon Forbes. Parallèlement, le fossé entre ces riches et les plus pauvres s’est toutefois creusé dans la plupart des États du monde, atteignant un niveau sans précédent, estime Oxfam.
“Sept personnes sur dix vivent dans un pays où le fossé entre riches et pauvres s’est creusé au cours des trente dernières années”, indique l’organisation.
Le taux d’homicides est près de quatre fois plus élevé dans les pays dans lesquels sévissent des inégalités économiques extrêmes que dans les nations plus égalitaires rapporte Oxfam.
Pour illustrer l’importance de certaines fortunes et le rapport entre celles-ci et les besoins de base de la population, Le taux d’homicides est près de quatre fois plus élevé dans les pays dans lesquels sévissent des inégalités économiques extrêmes que dans les nations plus égalitaires rapporte Oxfam.
Pour illustrer l’importance de certaines fortunes et le rapport entre celles-ci et les besoins de base de la population,
Oxfam a calculé les dépenses possibles d’un des hommes les plus riches de la planète. “Si Bill Gates décidait de retirer la totalité de ses avoirs et dépensait 1 million de dollars par jour, il lui faudrait 218 ans pour venir à bout de sa fortune”, indique le rapport.
En réalité, il ne se retrouverait jamais à court d’argent: même un modeste retour d’à peine moins de 2% lui permettrait de percevoir 4,2 millions de dollars par jour uniquement en intérêts”.
Un petit tableau pour mieux comprendre ce que dit Oxfam :
“Oxfam propose quelques pistes : un impôt de 1,5% sur la fortune des milliardaires du monde permettrait, en 2014, de “combler les déficits annuels de financements nécessaires pour scolariser tous les enfants et fournir une couverture santé universelle dans les 49 pays les plus pauvres” de la planète, calcule l’ONG.
Un article intéressant <ICI> , un autre <ICI>

Jeudi 30 Octobre 2014

Jeudi 30 Octobre 2014
«Notre humanité commune nous invite à prendre soin les uns des autres.»
Denis Mukwege,
le médecin congolais qui vient de recevoir le Prix Sakharov décerné par le Parlement européen.
Denis Mukwege, 59 ans, «l’homme qui répare les femmes» selon le titre de la biographie que lui a consacré Colette Braeckman.
[Il dit] : «Depuis quinze ans, je suis témoin d’atrocités de masse commises sur le corps des femmes et contre les femmes et je ne peux pas rester les bras croisés, car notre humanité commune nous invite à prendre soin les uns des autres.»
Son combat vient en écho avec le mot du jour du Mardi 9 septembre 2014 où je reprenais cette phrase de la journaliste Annick Cojean : « C’est juste pas de chance d’être une femme dans la plupart des pays du Monde ». La violence faite aux femmes est et reste immense dans le monde.
Né en 1955 à Bukavu, dans l’Est du Congo belge, Denis Mukwege étudie la médecine au Burundi voisin. A la faveur d’une bourse il part étudier en France, à Angers pour se spécialiser en gynécologie-obstétrique. Le Dr Mukwege aurait pu alors rester vivre et travailler en France. Il a fait le choix de retourner dans son pays, la République démocratique du Congo (RDC), à l’hôpital de Lemera en 1989. En 1996, la guerre éclate: l’hôpital est dévasté. Il vit alors comme un déplacé de cette guerre qui déclencha des millions de réfugiés, des massacres et des viols de masse.
Denis Mukwege «répare les femmes» de son pays au péril de sa vie. Il a échappé de justesse à une tentative d’assassinat  en 2012, vraisemblablement parce que son engagement dérange, parce qu’il est un «témoin gênant» de ce qui se passe dans l’Est de la RDC, pour reprendre les termes de la journaliste belge Colette Braeckman, auteure d’un ouvrage sur le médecin et  sur l’hôpital de Panzi qu’il a ouvert au Congo.

«Au cas où il aurait archivé les témoignages de toutes les femmes violées, mutilées qui se sont présentés à lui, il aurait là un volumineux dossier dans lequel la justice internationale pourrait certainement puiser des indications et des témoignages. Rien que pour cela, tous les chefs de guerre de la région auraient intérêt à le voir disparaître ou se taire ou partir en exil», nous expliquait Colette Braeckman en 2013.
Et c’est ce qui avait fini par se produire: il a été un temps contraint à l’exil en Belgique depuis cette tentative d’assassinat. Pourtant, malgré ces menaces, malgré la distance, l’hôpital de Panzi, près de Bukavu, continue de vivre et Denis Mukwege veut poursuivre son combat et mobiliser davantage de soutiens pour aider les femmes de son pays. Un plaidoyer que l’on retrouve dans Panzi, un livre de témoignages paru en début de cette année, dans lequel il relate l’histoire qui a vu près de 40.000 femmes, victimes de viol de guerre, êtres «réparées» en RDC.

Mercredi 29 octobre 2014

Mercredi 29 octobre 2014
« Dans 20 ans, la demande de main-d’œuvre pour beaucoup de compétences sera substantiellement plus faible.
Je ne pense pas que ce soit intégré dans le modèle mental des gens ».
Bill Gates
Fondateur de Microsoft
Bill Gates n’est pas le seul à le dire, mais lui le dit de manière très abrupte : “vous ne réalisez pas à quel point les robots prendront votre travail.” Il dit en toute simplicité “de grands changements auxquels les gens et les gouvernements ne sont pas préparés arrivent sur le marché du travail.”
Lors d’un discours à Washington D.C. auprès d’un groupe de réflexion économique The American Enterprise Institute on Thursday, Bill Gates a déclaré ” “La substitution logicielle, qu’elle concerne les chauffeurs, les serveurs ou les infirmières, progresse. Sur la durée, la technologie va réduire la demande en emplois, particulièrement au bas de l’échelle des compétences. Dans 20 ans, la demande de main-d’œuvre pour beaucoup de compétences sera substantiellement plus faible. Je ne pense pas que ce soit intégré dans le modèle mental des gens”. < Ici le journal du net qui parle de ce discours>
Les libéraux optimistes reviennent toujours à ce concept de l’économiste autrichien de la « destruction créatrice » qui désigne le processus continuellement à l’œuvre dans les économies et qui voit se produire de façon simultanée la disparition de secteurs d’activité économique conjointement à la création de nouvelles activités économiques.
Dans la vision de Joseph Schumpeter du capitalisme, l’innovation portée par les entrepreneurs est la force motrice de la croissance économique sur le long terme. Schumpeter emploie l’image d’un « ouragan perpétuel » : dans l’immédiat, il peut impliquer pour certaines entreprises présentes sur le marché une destruction de valeur spectaculaire. Le phénomène affecte tout type d’organisations mêmes les plus importantes ou celles censées jouir jusque-là d’une position apparemment forte ou dominante (y compris sous la forme d’une rente de situation ou d’un monopole).
Il est possible, c’est une hypothèse raisonnable, que nous ne soyons plus à ce stade de l’évolution libérale.
Si cette hypothèse crédible se réalise, c’est peu dire que nous ne sommes pas sur le chemin pour nous y préparer.
Dans ce que dit Bill Gates, ce n’est pas la première partie qui me parait la plus importante : la destruction massive de l’emploi, au sens actuel de l’économie,  pour les humains.
C’est la seconde partie Je ne pense pas que ce soit intégré dans le modèle mental des gens.
Aujourd’hui quand ceux qui ont le pouvoir économique ou politique parle, il parle d’un modèle qu’il ne conçoive pas de dépasser. Ce modèle où le travail donne du travail. Où les capitalistes  investissent, où l’investissement donne de l’emploi rémunéré et de la croissance qui dans un cercle vertueux permet plus ou moins à chacun de trouver son compte dans un monde essentiellement mû par la cupidité et l’appât du gain.
Mais que devient ce modèle si le ressort se casse : la croissance ne donne plus suffisamment d’emploi rémunéré pour que le plus grand nombre trouve une place dans la société économique ?
Si vous êtes courageux voici une conférence très intéressante, plus longue mais assez mal enregistrée où Bernard Stiegler développe un concept en réponse à Schumpeter la “destruction destructrice” >https://www.youtube.com/watch?v=CRibNTz-W7I

Mardi 28 octobre 2014

Mardi 28 octobre 2014
« Vivre libre en travaillant ou mourir en combattant ! »
Devise des canuts
Si en venant de la méditerranée, vous remontez le Rhône, vous arriverez au confluent où la Saône venant de l’Ouest va se dissoudre dans le Rhône qui vient de l’Est.
Dans ce lieu, émerge de l’eau un bout de terre : la presqu’ile de Lyon, le cœur de cette ville.
A peine engagé sur la Presqu’ile vous tombez sur le tout nouveau quartier “Confluence” qui permet à des architectes venant de tout horizon d’exprimer leur créativité mais aussi leur fantasme et leur délire.
Puis vous arrivez à la gare historique de Lyon : Perrache. Là où le tunnel de Fourvière vomit chaque jour des milliers de voiture s’engageant sur l’autoroute A7 qui commence par une plaie traversant la presqu’ile pour défigurer son versant est, avant de retraverser la Saône finissante pour s’élancer vers le sud.
En continuant au-delà de la place Carnot vous arrivez à l’abbaye d’Ainay, merveilleuse basilique romane achevée en 1107. A cette époque le confluent se situait en ce lieu.
Puis vous arriverez successivement à la place Bellecour, au théâtre des Célestins, à la Place des Jacobins pour enfin arriver à la Place des Terreaux où se trouve la façade ouest de l’Hôtel de Ville qui voit sa façade est faire face à l’Opéra.
C’est à la Place des Terreaux que Richelieu fit décapiter Cinq-Mars qui avait conspiré contre lui, le 12 septembre 1642
Et c’est là au nord de la Presqu’ile que se dresse la colline de la Croix Rousse.
Colline de la Croix Rousse
Initialement commune indépendante sur le plateau, à l’extérieur des fortifications lyonnaises du XVIème siècle, la Croix-Rousse n’a été rattachée à Lyon qu’en 1852. Les pentes en revanche faisaient partie de Lyon.
Aujourd’hui encore les Croix Roussiens ne se sentent que modérément lyonnais et en toute hypothèse quand il décide de descendre de leur colline vers la Presqu’ile ils disent « je vais en ville » ou « je vais à Lyon ».
C’est à la Croix Rousse, principalement, qu’œuvraient au XIXe siècle, les canuts qui étaient les ouvriers tisserands de la soie sur les machines à tisser.
Les canuts, surtout par leurs révoltes, vont influencer les grands mouvements de pensée sociale du XIXe siècle, des saint-simoniens à Karl Marx, en passant par Fourier ou Proudhon
Les canuts étaient soumis à de rudes conditions de travail (ils travaillaient dix-huit heures par jour), et ils sont révoltés à de nombreuses reprises. Leur première révolte, en novembre 1831, est considérée comme l’une des premières révoltes ouvrières. Ils occupent Lyon aux cris de : « Vivre libre en travaillant ou mourir en combattant ! ». Le roi Louis-Philippe envoie 20 000 hommes de troupe et 150 canons pour réprimer l’émeute.
Le 14 février 1834, les canuts se révoltent de nouveau, en occupant les hauteurs de Lyon, et ils font face pendant six jours à 12 000 soldats, en mettant à profit les traboules, passages obscurs qui permettent d’aller d’une rue à l’autre à travers les immeubles.
Une troisième insurrection a lieu en 1848, au moment de la proclamation de la Seconde République. Elle est menée par la société ouvrière des « Voraces ». La république permettra aux sociétés ouvrières de sortir de la clandestinité en autorisant les associations de type mutualiste ou coopératif.
Les mêmes Voraces mènent une quatrième insurrection en 1849, en écho au soulèvement des républicains parisiens. Circonscrite sur le faubourg de la Croix-Rousse, elle est violemment réprimée.
C’est en pensant au destin de la médecin mexicaine évoquée lors du mot du jour du 24 octobre, elle qui a préféré mourir debout que vivre à genou que m’est revenu à l’esprit cette devise des canuts de la Croix Rousse.

Lundi 27 octobre 2014

Lundi 27 octobre 2014
«Je voudrais également savoir comment la France prévoit de se conformer à ses obligations de politique budgétaire en 2015, conformément au pacte de stabilité et de croissance. »
Jyrki Katainen, commissaire européen aux affaires économiques et monétaires
Lettre à la France et à son Ministre des Finances Michel Sapin
Notre président contrairement au premier Ministre italien pour la lettre à l’Italie, n’a pas souhaité publier la lettre de la commission qui interroge la France sur le non-respect de ses engagements.
Mediapart la publie et je vous l’envoie en pièce jointe.
Vous constaterez que quand Bruxelles parle à la France, elle le fait en anglais…
Ceci ne peut aussi nous rassurer, beaucoup avait peur que Bruxelles parle allemand.
Un peu d’érudition ne saurait nuire.
En droit, il faut revenir au latin : “Pacta sunt servanda” dont la traduction est “Les conventions doivent être respectées”. Cela signifie que les parties sont désormais liées au contrat venant d’être conclu et qu’à ce titre elles ne sauraient déroger aux obligations issues de cet accord. C’est un principe de droit des obligations et de droit international public.
L’article 1134 du Code civil français y fait référence expressément : « Les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites. Elles ne peuvent être révoquées que de leur consentement mutuel, ou pour les causes que la loi autorise. Elles doivent être exécutées de bonne foi. »
En matière de droit international, c’est l’article 26 de la Convention de Vienne de 1969 qui l’énonce : « Tout traité en vigueur lie les parties et doit être exécuté par elles de bonne foi. »
C’est ainsi, quand on a pris des engagements, on se doit de les respecter !
En l’espèce, peut-être aurait-il ne pas fallu les prendre ?

Vendredi 24 octobre 2014

Vendredi 24 octobre 2014
«Mon vrai nom est María del Rosario Fuentes Rubio.
Je suis médecin.
Aujourd’hui, ma vie prend fin.»
L’auteur de cette phrase ne mérite pas qu’on cite son nom.
Dans l’Etat mexicain de Tamaulipas, deux cartels de trafiquants de drogue rivaux  ont pris le contrôle du gouvernement, de la police et des médias.
Les journalistes qui osent parler des kidnappings, du racket et d’autres formes de violence exercées par les cartels sont assassinés.
Les journalistes n’évoquent donc plus ces sujets.
C’est dans ce contexte que s’est développée une organisation de journalisme participatif gérée par des anonymes.
A Reynosa, la ville principale de l’Etat, le réseau Valor por Tamaulipas (Courage pour Tamaulipas) a une page Facebook (plus de 500.000 abonnés) et un compte Twitter (plus de 100.000 followers) qui tiennent lieu de médias indépendants.
Une contributrice parmi ce groupe avait pris pour nom Felina.
Felina […] «était connue pour ses posts qui donnaient la localisation exacte d’incidents violents en temps réel, explique le journaliste Jason McGahan dans The Daily Beast. http://www.thedailybeast.com/articles/2014/10/21/she-tweeted-against-the-mexican-cartels-they-tweeted-her-murder.html
Les gens lui envoyaient des informations car c’était une manière pour eux de résister à l’hégémonie des cartels.
Elle écrivait pour supplier les victimes de crimes de ne pas rester silencieuses et d’en parler à la police… Elle postait des numéros de téléphone à utiliser en cas d’urgence.»
Il y a plus d’un an, les cartels avaient offert une récompense de 48.000 dollars à tout individu qui dévoilerait l’identité des administrateurs de ces comptes.
Le jeudi 16 octobre, les trafiquants ont trouvé et enlevé cette femme.
Ils ont utilisé le compte Twitter de Felina pour annoncer sa mort:     «Mon vrai nom est María del Rosario Fuentes Rubio. Je suis médecin. Aujourd’hui, ma vie prend fin.»
Ont suivi deux photos une où elle est vivante aux mains de ces criminels et une autre de son cadavre une balle en pleine tête. Puis ils ont publiés des menaces aux autres contributeurs de Valor por Tamaulipas. Malgré tout, les comptes Facebook et Twitter sont toujours actifs.
Le Mexique est désormais un des pays les plus dangereux pour les journalistes, et pour toute personne qui veut dénoncer ces criminels.
Un journal canadien analyse un peu et décrit cette terrible violence pour semer la terreur pour que personne ne s’oppose aux syndicats du crime> http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/403594/narcotrafic-une-violence-glorifiee-gangrene-le-mexique
Récemment des étudiants mexicains qui manifestaient ont été enlevés et des indices semblent indiquer que des groupes d’assassins les ont massacrés : >   http://www.courrierinternational.com/article/2014/10/21/les-etudiants-disparus-auraient-ete-brules-vifs
Ce que je vous raconte là n’est pas un simple fait divers.
Je vous rappelle que l’Union européenne veut intégrer le business de la drogue dans le PIB des Pays de l’Union.
Que ce qui arrive au Mexique est aussi la conséquence d’un Etat faible qui ne dispose pas d’une administration forte et intègre. Que lorsque l’Etat recule, la nature ayant horreur du vide, les mafias prennent vite la place.
Et tout commence par une corruption endémique et générale.
Sur ce dernier point notre continent européen est sur une très mauvaise pente.
Je vous ai parlé du séminaire organisé par Mediapart sur la corruption au Théâtre de la ville. Vous le trouverez sur Youtube « <Corruption ça suffit>
Maria del Rosario Fuentes Rubio, une femme qui a fait sienne cette parole d’Emiliano Zapata qui fut l’un des principaux acteurs de la révolution mexicaine de 1910 : « Mieux vaut mourir debout que de vivre à genoux »
Né en 1879, lui aussi fut assassiné le 10 avril 1919.
Maria del Rosario Fuentes Rubio est une femme parmi d’autres femmes et hommes mexicains qui ne se résolvent pas de vivre à genoux.
Ce mot du jour n’est pas poétique, ne décèle pas un gramme d’humour, il n’est qu’un cri de révolte et de colère. > http://www.slate.fr/story/93735/cartel-mexique-felina

Jeudi 23 octobre 2014

Jeudi 23 octobre 2014
« “Nous sommes responsable de notre liberté
[…] Disons non, tous ensemble, à l’ombre
et femmes et hommes de bonne volonté inventons une nouvelle lumière »
Edwy Plenel
Lundi 6 octobre à 18h30 en salle Roger-Planchon, le TNP a accueilli les 10 ans de l’Université Populaire de Lyon.
L’invité principal était Edwy Plenel.
J’y étais avec Annie et d’autres destinataires de ce mot du jour.
Vous trouverez cette conférence sur Youtube : “https://www.youtube.com/watch?v=DYNm8BDEpKA#t=393
Le mot du jour est la conclusion de cette magnifique conférence.
Conclusion dans laquelle il avait inclus (ici remplacé par […]) un propos d’Aimé Césaire, que j’avais choisi comme mot du jour du 25 octobre 2013
« Nous sommes de ceux qui disent non à l’ombre. Nous savons que le salut du monde dépend de nous aussi.
Que la terre a besoin de n’importe lesquels d’entre ses fils. Les plus humbles.
L’Ombre gagne.
Ah ! Tout l’espoir n’est pas de trop pour regarder [le siècle] en face !
Les hommes de bonne volonté feront au monde une nouvelle lumière, mais il n’est plus temps de parasiter le monde, c’est de le sauver plutôt qu’il s’agit.
Il est temps de se ceindre les reins comme un vaillant homme. »”

Mercredi 22 octobre 2014

Mercredi 22 octobre 2014
« l’essentiel est que nous agissions selon notre idéal,
que nous donnions notre force d’un jour à ce que nous croyons la justice,
et que nous fassions œuvre d’hommes en attendant d’être couchés à jamais dans le silence de la nuit »
Jean Jaurès
Toujours, encore, Jaurès, surtout pour un mot rayonnant, un mot d’espoir, un mot de courage.
Dans une émission d’une heure de Mediapart (réservé aux abonnés) sur le sujet “Pourquoi ont-ils tué Jaurès”, un texte a été évoqué que Jaurès a prononcé à l’Assemblée Nationale en 1895 où il évoque sa fin et où il prononce cette phrase prémonitoire que je choisis comme mot du jour d’aujourd’hui.
Extrait publié par Mediapart : ce texte prémonitoire de Jaurès en 1895 :
« Un jour viendra peut-être où nous serons abattus précisément par un de ceux que nous voulons affranchir.
C’est du même peuple souffrant que sortent, selon le vent qui souffle, les violences des révolutions ou les violences des réactions, et la même mer, brisant les navires qui se combattent, en a plus d’une fois réconcilié les débris dans ses profondeurs.
Qu’importe après tout !
L’essentiel n’est pas qu’à travers les innombrables accidents de la vie nous soyons épargnés par la faveur des hommes ou par la grâce des choses ; l’essentiel est que nous agissions selon notre idéal, que nous donnions notre force d’un jour à ce que nous croyons la justice, et que nous fassions œuvre d’hommes en attendant d’être couchés à jamais dans le silence de la nuit. »

Mardi 21 octobre 2014

Mardi 21 octobre 2014
«My government is pro-business»
Manuel Vals
C’est devenu son idée fixe. Manuel Valls veut déclarer sa flamme à l’entreprise dans toutes les langues. Après son «Moi, j’aime l’entreprise» ovationné par les dirigeants d’entreprise français à l’université d’Été du Medef en août et son «Ich liebe die Unternehmen» en allemand devant la Fédération de l’industrie fin septembre, le premier ministre français a cru bon de réitérer l’exercice en anglais, cette fois-ci à la City.
Pro business oui, bien sûr, si le business crée des emplois et va dans le sens du progrès.
Mais de quel business parle-t-on ?
Pour en savoir plus j’ai écouté” L’économie en question du 11 octobre 2014″, une émission de France Culture qui invite des économistes qui ne sont pas de “Gauche” Comme Nicolas Baverez ou Olivier Pastré.
On y apprend que :
Si on regarde en France la distribution des dividendes dans les entreprises sur plusieurs années, on constate que 50 à 60 % des bénéfices ont été donnés aux actionnaires avec un pic en 2009.
Si on regarde les entreprises financières c’est encore beaucoup plus, près de 90%.
Selon Jézabel Couppey-Soubeyran cela implique trois choses :
« 1/ Cela traduit un manque de confiance en l’avenir.
2/ C’est la conséquence d’une pression très forte des actionnaires ;
3/ Cela constitue un frein énorme à l’investissement. »
« En matière de gouvernance les boites sont repartis comme en 14 » a ajouté Olivier Pastré, il veut dire comme avant la crise de 2008.
« La raison en est » a ajouté Benjamin Coriat que « Les rentabilités financières que peuvent produire l’argent investit par les hedges funds et les fonds de pension n’ont aucune commune mesure avec le rendement que produirait l’argent investit dans les entreprises. On court vers la catastrophe, nous avons une masse de profit qui est redevenu importante et qui tourne sur elle-même au lieu d’aller vers l’investissement. »
Ces interventions commencent un peu  après 30 mn de l’émission que vous trouverez ci-après « http://www.franceculture.fr/emission-l-economie-en-questions-ebola-impact-de-l-epidemie-sur-les-economies-de-l-afrique-de-l-oues
Le gouvernement de Manuel Valls est-il pour ce business-là ?
Bien évidemment non ! Qu’allez-vous penser ?
Toutefois le fait que ce propos ait été tenu à la City, centre de toute cette dérégulation financière, est plus que troublant.
Pendant ce temps on apprend  que la commission européenne a décidé de changer les règles de la comptabilité publique des États membres. À partir de 2015, Eurostat, l’institut européen de statistiques, demande aux États d’inclure dans leurs calculs de PIB l’argent tiré de la vente de la drogue, de la prostitution, du trafic de cigarettes ou d’alcool.
Et Mediapart d’ajouter : “On se demande pourquoi les experts se sont arrêtés en si bon chemin : pourquoi ne pas y inclure aussi l’argent des enlèvements, des trafics d’armes ou d’organes et toutes les activités sur lesquelles prospèrent les mafias ? Ce sera pour une prochaine fois, peut-être…”
En tout cas, la commission européenne se prononce aussi de manière résolue “pro-business”
« Il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark. » écrivait Shakespeare dans “Hamlet”. S’il devait le dire aujourd’hui, il ne s’arrêterait pas au Danemark.

Lundi 20 octobre 2014

Lundi 20 octobre 2014
« Aujourd’hui nous sommes dignes.
Plus jamais nous ne serons mendiants, ni humiliés »,
Evo Morales, Président bolivien.
Il existe des présidents de gauche… en Amérique du Sud.
Il existe même un président de gauche, qui mène une politique de gauche et qui  a été réélu triomphalement (61 %) au premier tour d’une élection sans fraude le 12 octobre en Bolivie.
Et alors, vous allez être épaté !  même “Le Figaro” n’a que des louanges à lui adresser :
« Evo Morales est aussi un pragmatique. S’il a nationalisé à tour de bras depuis son arrivée au pouvoir en 2006 (hydrocarbures, électricité, télécoms, aéroports, mines), il est parvenu à se réconcilier avec le patronat de la riche région de Santa Cruz. Il sera même reçu à la Foire commerciale de la ville, Expocruz, en 2011. Les entrepreneurs ont alors compris qu’il est de leur intérêt de collaborer avec un président qui, malgré un programme économique peu orthodoxe et un discours proche de celui d’Hugo Chavez, parvient à assurer une croissance annuelle moyenne de 5% et un recul de la pauvreté (la population en dessous du seuil de pauvreté est passée de 33 à 20%). Le PIB a été multiplié par trois entre 2005 et 2013, passant de 9,5 à 30,3 milliards de dollars. »
“Le Monde écrit : “
« La majorité des six millions d’électeurs se sont montrés reconnaissants envers cet ancien berger de lamas qui a su amener la Bolivie à une stabilité politique et économique sans précédent.
« Aujourd’hui nous sommes dignes. Plus jamais nous ne serons mendiants, ni humiliés », aime-t-il à répéter après neuf ans à la tête de ce pays enclavé, aux finances dopées par la nationalisation des hydrocarbures.
[…] Il est le plus ancien président en exercice du continent. Le premier chef de l’Etat amérindien de Bolivie a affronté les électeurs fort d’une stabilité politique inédite dans un pays qui a connu 160 coups d’Etat depuis l’indépendance, en 1825.»
C’est aussi ce président, Evo Morales qui a vu son avion contraint d’atterrir à Vienne après une demande d’atterrissage en urgence car le Portugal, puis l’Espagne, la France (juste avant le passage de la frontière) et l’Italie lui interdirent le survol de leur territoire. Il fut retenu à l’aéroport de Vienne durant plus de 13 heures au motif qu’il pouvait peut-être transporter Edward Snowden. De retour en Bolivie dans la nuit du 3 juillet 2013, le président Morales est chaleureusement accueilli par son peuple lors de son arrivée à l’aéroport de La Paz où il exprime au nom de toute l’Amérique Latine son indignation et sa colère sur la façon dont il a été traité en mépris du droit international.
Non seulement nos politiques ne sont pas très appréciés des citoyens de leur pays, mais en plus ils traitent de manière indigne ceux qui sont aimés, à juste titre, par leur peuple.
Et pour celles et ceux qui souhaiteraient voir une photo de Evo Morales et se rappeler la situation géographique de la Bolivie