Mercredi 31 janvier 2018

« Vous vous étonnez que les autres aient encore quelque chose à dire quand vous avez fini de parler. »
Philippe Meyer à propos de Valéry Giscard d’Estaing
Pointes sèches, page 118.

Cette phrase qui se trouve dans l’ouvrage cité, avait été initialement prononcée par Philippe Meyer lors du portrait qu’il réalisait de l’invité qui était reçu dans L’Heure de Vérité, émission politique de la télévision que les moins de 35 ans ne peuvent connaître puisqu’elle s’est achevée en 1995. Elle avait débutée en 1982.

En réalité, l’exergue est une antithèse à ce que je souhaite développer aujourd’hui dans ce mot du jour. Je me sens dans une disposition d’esprit totalement différente de celle de Valéry Giscard d’Estaing :

Je suis heureux et je trouve stimulant que les autres aient encore quelque chose à dire quand j’ai fini d’écrire.

Je suis donc très satisfait quand je lis les commentaires que certains font l’effort de poster sur le blog des mots du jour.

Je veux particulièrement remercier Daniel qui accompagne fidèlement beaucoup d’articles de ses remarques, observations et pensées.

J’ai aimé son commentaire au mot du jour récent : « C’était mieux avant » ?

« Si on remplace « c’était mieux avant » par « je comprenais mieux le monde d’avant » la réplique retrouve du sens. Je crois qu’il y a rien de plus déstabilisant que de ne pas comprendre le monde dans lequel on vit au regard de sa propre culture et de ses valeurs fussent-elles très relatives, ne pas savoir quel sera son avenir même très proche dans un contexte d’emballement du changement, d’entendre quotidiennement tout et son contraire… il y a largement de quoi masquer les bienfaits de la nouvelle société. »

 

Lucien a réalisé un commentaire sur ce même mot et son propos interpelle :.

« J’y étais aussi, et vraisemblablement j’ai peu de chance de participer à un avenir au-delà d’une dizaine d’années en étant optimiste.
Mais quand même ce qui est curieux, c’est que les partisans d’un futur différent (forcément différent si avant ce n’était pas mieux) nous proposent les solutions du dix neuvième siècle, avant les premières mises en pratiques des avancées sociales, comme si le progrès était dans la régression.
C’était tout de même mieux quand on ne licenciait pas à pleine porte au nom du progrès, quand on transformait les cochers pour les former en chauffeurs d’automobiles, ( beaucoup plus d’emplois à l’époque, la destruction créatrice à fond)
on nous dit, et je le crois, que le nombre de pauvres diminue globalement dans le monde, sur la base d’un seuil minimum, mais en même temps s’étend une grande pauvreté relative , telle que quelqu’un en France aujourd’hui, qui gagne sa vie en travaillant mais pas suffisamment pour être accepté dans une location , peut être amené à coucher dehors, ou dans sa voiture , ce qui est la même chose.
J’ai connu un temps ou on disait qu’il fallait aider les vieux dont les retraites était maigres, mais ils avaient au moins un toit,
même si leur logement n’était pas toujours de qualité.
J’aimerais que ce soit mieux maintenant ».

 

Michelle a répondu au mot du jour sur le « polygourouisme » et qui parlait un peu de Finkielkraut :

« Oui c’est intéressant cette posture qui consiste surtout à ne pas se fermer. Moi qui suis très éclectique et alors même que j’avais du mal avec certaines positions de Finkielkraut , j’écoute avec bq d’intérêt certaines de ces émissions « répliques » le samedi matin. En fait je me dis pour toi Alain qui cherche à penser le monde que  » penser c’est avant tout penser contre soi » . Exercice difficile s’il en fut. »

 

Jean-Philippe a quant à lui relativisé l’importance que je pouvais donner au millième mot :

« Il est toujours étonnant de voir comment les multiples de 10 génèrent pour nous des dates anniversaires importantes. Le 1000ème mot n’est en soi pas le plus important, pas plus que le 927ème ou le 146ème. Mais c’est ainsi, nous associons aux multiples de 10 des moments de commémoration. Ce sont des jalons, des événements, des repères.
On compte en base 10 certainement du fait de nos 10 doigts. On pourrait compter en base 20 en comptant en plus nos doigts de pied. C’est certainement la base de numération des singes et c’était celle des celtes (quatre-vingt). Apparemment, au cours de l’évolution, on a perdu des doigts, on avait 7 doigts en sortant de l’eau, on aurait donc pu compter en base 14.
Dans certains domaines, on compte en base 60 (les minutes et les secondes), en base 20 (les sous) et en base 12 (les deniers, les mois, les heures). Dans d’autres civilisations, on a compté en base 5 (les grecs anciens). De fait, la base la plus logique est la base 2, la base des ordinateurs. Elle s’appuie sur les notions de logique (vrai et faux). Par extension, les bases 8 et surtout16 (hexadécimal) sont des bases de référence pour l’informatique. Dans le monde numérisé vers lequel nous courrons à grand pas, il faudrait fêter le 1024ème mot. Pour information, 1024 correspond à 2^10 octets, soit un kilo octets, la base de mesure de la mémoire informatique. 1024 c’est 400 en hexadécimal, ou 10 000 000 000 en binaire (soit 10 zéros). Il faudrait peut être aussi penser à viser le 1000ème (en hexadécimal) mot , c’est à dire le 4096ème (en décimal) mot, cela nous laissera le plaisir de lire encore plus de mots. »

 

Fabien a justement réagi au millième mot : « Venue du cœur… »

« Essayer de comprendre la complexité du monde et de l’humain. « Essayer » est le terme juste car il n’y a pas de compréhension définitive possible où en d’autres termes le « sujet » ne peut par définition être épuisé . Nous sommes donc conviés de par notre condition et si nous en avons le désir à un cheminement parsemé de retours, de détours et d’imprévus. Oui il peut y avoir une certaine « vanité » au sens étymologique du terme, à vouloir progresser dans cette voie, MALRAUX fait dire à un personnage de la Condition Humaine que « connaître par l’intelligence est la tentation vaine de se passer du temps », ce à quoi Nietsche aurait pu répondre que « seuls les lambins de la connaissance se figurent qu’il faut du temps pour connaître » (Le Gai Savoir) .
Dans tout cela n’oublions pas la part occupée par nos instincts, nos expériences, nos passions et plus largement par nos affects, parts d’ombre et de lumière consubstantielles à notre être et à notre devenir et qui ont leur pleine part dans nos goûts, nos idées et nos aspirations.
Aussi transmettre et partager ce que l’on aime, ce que l’on découvre c’est transmettre qu’on le veuille ou non un peu de soi-même. »

 

Philippe a réagi au mot de Pablo Servigné : « Mais je suis persuadé qu’on arrive dans l’âge de l’entraide parce que ce sont les plus individualistes qui crèveront les premiers. » :

« Nos grandes métropoles nous donnent l’illusion qu’in vivre (nombreux) ensemble harmonieux est possible. Il reste un fond d’artificiel par l’éclatement geographique des structures affectives , famille ou amis éloignés … on se côtoie dans les bus, la rue, en ignorant au mieux ceux qui y dorment, ou y quémandent une solidarité perdue …. on a même du mal à se trouver un créneau pour partager un repas !!
On a tous envie de son village en Ardèche …
Sauf à retrouver la force de le bâtir ici. »

 

C’est aussi à l’entraide mais dans la phrase de Pierre Kropotkine, « Et de nos jours encore, c’est dans une plus large extension de l’entraide que nous voyons la meilleure garantie d’une plus haute évolution de notre espèce. » qu’Etienne réagissait :

« Mais la question qui demeure irrésolue est celle du périmètre de cette entraide sauf bien entendu à rester au niveau des principes » Je ne dirais pas que la question du périmètre est irrésolue. Il y a d’abord une loi naturelle, que l’entraide est proportionnelle au degré de proximité (clan, ami, famille, couple mère-enfant.) Mais elle peut s’en affranchir (exemples des sauvetages inter-espèces).
Et chez l’homme, l’entraide est une réalité. Voir ONG, Emmaüs, suites de tsunami, téléthon, comportements des gens en cas d’accident, de catastrophes… »

Et bien d’autres, je ne peux les citer tous, j’ai plutôt choisi les plus récents.

En tout cas merci pour tous ces enrichissements, ces questionnements, ces critiques positives qui permettent d’avancer et de faire la chose la plus essentielle pour progresser : douter..

Surtout continuez et n’hésitez pas à en mettre davantage encore.

Quelquefois j’en ajoute moi-même, comme celui-ci pour compléter le mot du jour : Nous devrions tous être féministe, après le fait divers qu’on continue à appeler le meurtre de la joggeuse.

Les commentaires font partie du blog et constituent un enrichissement de celui-ci.

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