{"id":6773,"date":"2019-05-28T00:43:49","date_gmt":"2019-05-27T22:43:49","guid":{"rendered":"http:\/\/lemotdujour.fr\/?p=6773"},"modified":"2020-11-15T16:03:29","modified_gmt":"2020-11-15T15:03:29","slug":"mardi-28-mai-2019","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lemotdujour.fr\/?p=6773","title":{"rendered":"Mardi 28 mai 2019"},"content":{"rendered":"<div class=\"mdjTexte\">\t\u00abLa peur de l\u2019immigration est une crise de la fraternit\u00e9 humaine\u00bb<\/div>\n<div class=\"mdjAuteur\">\tFran\u00e7ois Gemenne<\/div>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">R\u00e9cemment, nous avons eu une discussion sur l&rsquo;immigration avec Annie. Peu de temps apr\u00e8s, elle m&rsquo;a tendu une revue et m&rsquo;a dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;tu devrais lire cet article&nbsp;\u00bb.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft\" src=\"https:\/\/lemotdujour.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/052719_2142_Mardi28mai21.jpg\" alt=\"\" width=\"208\" height=\"271\" align=\"left\"><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">La revue Kaizen est un bimestriel fond\u00e9 en 2012, entre autre, par Cyril Dion, l&rsquo;auteur du film \u00ab&nbsp;<strong>Demain<\/strong>&nbsp;\u00bb.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Selon &lt;<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Kaizen\"><span style=\"color: #0000ff;\">Wikipedia<\/span><\/a>&gt; :<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">Le mot&nbsp;<strong><em>kaizen<\/em><\/strong>&nbsp;est la fusion des deux mots japonais&nbsp;<strong><em>kai<\/em><\/strong>&nbsp;et&nbsp;<strong><em>zen<\/em>&nbsp;<\/strong>qui signifient respectivement \u00ab&nbsp;changement&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;meilleur&nbsp;\u00bb [<span style=\"color: #777777;\">ou \u00ab&nbsp;bon&nbsp;\u00bb<span style=\"color: #c00000;\">]. La traduction fran\u00e7aise courante est \u00ab&nbsp;am\u00e9lioration continue&nbsp;\u00bb. En fait, par extension, on veut signifier \u00ab&nbsp;analyser pour rendre meilleur&nbsp;\u00bb.<br \/>\n<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Dans cette <a href=\"https:\/\/kaizen-magazine.com\/decouvrir-kaizen\/\"><span style=\"color: #0000ff;\">&lt;pr\u00e9sentation&gt;<\/span><\/a> du magazine, les auteurs expliquent&nbsp;:<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u00ab&nbsp;L&rsquo;humanit\u00e9 vit des heures d\u00e9cisives : d\u00e9r\u00e8glements climatiques, \u00e9puisement des terres arables, disparition en masse des esp\u00e8ces et pollutions g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9es, crises \u00e9conomiques, sociales, financi\u00e8res. Et plus grave encore : abandon de l&rsquo;\u00eatre humain. Face \u00e0 ce constat nous aurions toutes les raisons du monde de d\u00e9sesp\u00e9rer et pourtant, silencieusement, un nouveau monde est en marche : intelligent, sobre, mettant au premier rang de ses priorit\u00e9s l&rsquo;\u00e9panouissement de la Vie sur notre plan\u00e8te. C&rsquo;est \u00e0 ce monde que nous choisissons de donner la parole, \u00e0 ces personnes qui portent les (r)\u00e9volutions que nous attendons, courageusement\u2026 A ces initiatives pionni\u00e8res qui, par leur simplicit\u00e9 et leur bon sens, nous offrent de nouveaux horizons, de v\u00e9ritables raisons de croire en l&rsquo;avenir. Plus que tout, nous croyons qu&rsquo;il ne peut y avoir de r\u00e9elle m\u00e9tamorphose de nos soci\u00e9t\u00e9s sans un profond changement de ceux qui la constituent : NOUS.&nbsp;\u00bb<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Avec Annie, nous achetons r\u00e9guli\u00e8rement des num\u00e9ros de ce magazine qui souhaite \u00ab&nbsp;<strong>construire un autre monde pas \u00e0 pas<\/strong>&nbsp;\u00bb<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/boutique.kaizen-magazine.com\/bimestriels\/513-kaizen-38-migrants-changer-de-regard-changer-d-accueil.html\"><span style=\"font-family: Arial;\"><span style=\"color: #0000ff;\">&lt;Le num\u00e9ro 38&gt;<\/span><\/span><\/a><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\"> de mai-juin 2018 contenait un dossier sur les migrants. Et dans ce dossier<a href=\"https:\/\/kaizen-magazine.com\/article\/francois-gemenne-historiquement-les-migrants-etaient-des-aventuriers\/\">,<span style=\"color: #0000ff;\"> l&rsquo;article dont il est question ci-avant<\/span><\/a>, donnait la parole \u00e0 <strong>Fran\u00e7ois Gemenne<\/strong>, membre du GIEC (Groupe d&rsquo;experts intergouvernemental sur l&rsquo;\u00e9volution du climat) qui enseigne les politiques d&rsquo;environnement et les migrations internationales \u00e0 Sciences Po et \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 libre de Bruxelles.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Hier, le mot du jour \u00e9voquait l&rsquo;attitude de femmes, dans le cadre d&rsquo;une communaut\u00e9 \u00e9ducative, qui confront\u00e9es au d\u00e9nuement et \u00e0 l&rsquo;isolement d&rsquo;une famille de migrants s\u00e9n\u00e9galais ont agi, comme des humains dignes de leur humanit\u00e9 r\u00e9agissent quand ils voient d&rsquo;autres humains en souffrance.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Il n&rsquo;\u00e9tait plus question de migrants, mais d&rsquo;humains. Il n&rsquo;\u00e9tait plus question de discours politiques mais de regards qui se croisaient et qui se comprenaient, il n&rsquo;\u00e9tait plus question de quotas mais de d\u00e9tresse et d&rsquo;aide.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">En 1979, il y eut la crise des boat people d&rsquo;Indochine. A l&rsquo;\u00e9poque la France a recueilli sur son territoire plus de 120 000 r\u00e9fugi\u00e9s vietnamiens et cambodgiens qui fuyaient les r\u00e9gimes communistes. Deux grands intellectuels Raymond Aron et Jean-Paul Sartre s&rsquo;\u00e9taient lev\u00e9s pour d\u00e9fendre le principe de l&rsquo;accueil. Ce moment avait fait l&rsquo;objet du mot du jour du &lt;<a href=\"https:\/\/lemotdujour.fr\/?p=1096\"><span style=\"color: #0000ff;\">28 avril 2015<\/span><\/a>&gt; qui avait rappel\u00e9 cette phrase de Sartre&nbsp;:<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u00ab Parce que ce qui compte ici, c&rsquo;est que ce sont des hommes, des hommes en danger de mort. \u00bb<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Fran\u00e7ois Gemenne d\u00e9nonce des analyses \u00e9motives ou instrumentalis\u00e9es sur la crise migratoire et replace le contexte actuel dans l&rsquo;histoire des soci\u00e9t\u00e9s humaines et de leurs migrations.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Quand on lui parle d&rsquo;une \u00ab <strong>crise des migrants<\/strong> \u00bb, il r\u00e9pond&nbsp;:<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u00ab&nbsp;Plus qu&rsquo;une crise, il y a la perception d&rsquo;une crise. Si on regarde les chiffres bruts, il n&rsquo;y a pas d&rsquo;augmentation substantielle des migrations : le nombre de migrants internationaux reste stable, autour de 3 % de la population mondiale depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Avant 1940, les chiffres \u00e9taient beaucoup plus importants, environ 6 \u00e0 10 %. La France a connu une lente augmentation : environ 220 000 titres de s\u00e9jour sont accord\u00e9s chaque ann\u00e9e, chiffre globalement stable depuis quinze ans. Il n&rsquo;y a donc ni explosion, ni invasion.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">Par contre, il y a bien une crise de l&rsquo;accueil, dans la mesure o\u00f9 les migrants arrivent aujourd&rsquo;hui dans des conditions de plus en plus difficiles, avec des proc\u00e9dures de plus en plus inhumaines. C&rsquo;est une crise politique, qui n&rsquo;a rien \u00e0 voir avec les flux migratoires.&nbsp;\u00bb<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Il y a \u00e0 l&rsquo;\u00e9vidence, <strong>une crise de l&rsquo;accueil.<br \/>\n<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Les pouvoirs publics laissent faire. Je veux dire&nbsp;; laissent les migrants s&rsquo;installer dans des conditions d&rsquo;hygi\u00e8ne indigne, souvent dans les quartiers populaires. Cette mani\u00e8re de faire conduit les habitants de ces quartiers \u00e0 constater les nuisances de ces installations, constats qui conduisent \u00e0 l&rsquo;exasp\u00e9ration.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Est-ce cela qui est souhait\u00e9&nbsp;?<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">L&rsquo;accueil des immigr\u00e9s n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 simple, particuli\u00e8rement en France. L&rsquo;immigration italienne, par exemple, a fait l&rsquo;objet d&rsquo;un rejet qui est all\u00e9 jusque dans les plus grandes violences&nbsp;: &lt;<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Massacre_des_Italiens_d%27Aigues-Mortes\">Le massacre des Italiens d&rsquo;Aigues-Mortes des 16 et 17 ao\u00fbt 1893<\/a><\/span>&gt; constitue un fait parmi d&rsquo;autres.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Mais que dire, lorsqu&rsquo;on laisse des dizaines ou des centaines de personnes s&rsquo;entassaient dans des tentes sur des lieux non pr\u00e9par\u00e9s \u00e0 cet accueil, au milieu d&rsquo;habitants qui pour certains puisent dans leur humanit\u00e9 pour aider au mieux mais qui pour la plupart sont effray\u00e9s, angoiss\u00e9s ou simplement d\u00e9sempar\u00e9s.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">En tout cas, si on souhaitait cr\u00e9er des tensions et un profond rejet \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des migrants, on n&rsquo;agirait pas autrement.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Lorsque le journaliste oppose \u00e0 Fran\u00e7ois Gemenne le fait que les proc\u00e9dures d&rsquo;asile ont doubl\u00e9 en dix ans, selon les derniers chiffres officiels de l&rsquo;Ofpra, avec plus de 100 000 demandes en 2017 dont \u00e0 peine 30 % sont accept\u00e9es. Voici sa r\u00e9ponse&nbsp;:<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u00ab&nbsp;Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;\u00e9volution lin\u00e9aire des demandes d&rsquo;asile : certaines ann\u00e9es, il y en a beaucoup, d&rsquo;autres tr\u00e8s peu. Il y a eu un creux historique en 2007, ce qui explique que l&rsquo;augmentation ait l&rsquo;air spectaculaire sur dix ans, mais les chiffres \u00e9taient quasi identiques (65 000 demandes) entre 2004 et 2014, par exemple. Le nombre de demandes d&rsquo;asile tient surtout \u00e0 des conditions exog\u00e8nes au pays d&rsquo;accueil : les crises qui frappent certains pays, l&rsquo;organisation des fili\u00e8res de passeurs qui privil\u00e9gient telles r\u00e9gions, etc. L&rsquo;asile reste un instrument humanitaire, cela ne doit pas \u00eatre un outil de contr\u00f4le et de r\u00e9gulation : la France peut d\u00e9cider du nombre de titres de s\u00e9jour qu&rsquo;elle donne, pas du nombre de demandes d&rsquo;asile auxquelles elle acc\u00e8de.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">C&rsquo;est bien l\u00e0 qu&rsquo;il y a probl\u00e8me : comme on ne pense plus du tout une politique d&rsquo;immigration, ceux qui veulent venir en France n&rsquo;ont plus gu\u00e8re que l&rsquo;asile comme moyen d&rsquo;y parvenir. Cela cr\u00e9e un engorgement des proc\u00e9dures d&rsquo;asile, et de l&rsquo;accueil. Ce qui cr\u00e9e de l&rsquo;injustice, car beaucoup de gens qui devraient pouvoir recevoir l&rsquo;asile n&rsquo;y parviennent plus. C&rsquo;est comme cela qu&rsquo;on d\u00e9voie l&rsquo;outil qu&rsquo;est l&rsquo;asile.&nbsp;\u00bb<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Il constate que d\u00e9sormais on n&rsquo;aborde ce sujet des migrants que sous l&rsquo;aspect \u00e9motionnel&nbsp;:<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\"> \u00ab&nbsp;Mais on n&rsquo;aborde plus la situation migratoire que sous cet angle \u00e9motionnel, sur un registre de peur ou d&#8217;empathie, ce qui cr\u00e9e ce sentiment qu&rsquo;il y a un probl\u00e8me \u00e0 r\u00e9gler. On ne voit jamais les migrants dans des situations normales, en train de conduire leurs enfants \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole ou de faire \u00e0 manger en famille, car ce n&rsquo;est pas un \u00e9l\u00e9ment d&rsquo;actualit\u00e9. On continue de les voir comme un groupe social particulier plut\u00f4t que comme partie int\u00e9grante de la soci\u00e9t\u00e9.&nbsp;\u00bb<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Il d\u00e9nonce aussi l&rsquo;opposition entre les r\u00e9fugi\u00e9s et les migrants \u00e9conomiques&nbsp;:<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\"> \u00ab&nbsp;Je suis n\u00e9 en Belgique et venu travailler en France : je suis donc un migrant, \u00e0 Paris. Mais quand on parle des migrants dans les m\u00e9dias, on ne parle jamais de moi \u2013 ni de tous les chercheurs, cadres dans les multinationales ou \u00e9poux de conjoint fran\u00e7ais. Pourquoi ? Probablement car je suis blanc et catholique. Le mot \u00ab migrant \u00bb est devenu un terme racialis\u00e9, qui d\u00e9signe par-l\u00e0 les noirs, les Arabes et les musulmans. C&rsquo;est comme cela qu&rsquo;on en fait un th\u00e8me qui va cristalliser un certain nombre d&rsquo;angoisses, alors que c&rsquo;\u00e9tait jadis un terme connot\u00e9 tr\u00e8s positivement : les migrants \u00e9taient des aventuriers, ceux qui avaient le courage de partir et de chercher une vie meilleure. D&rsquo;ailleurs, en Afrique ou en Asie, cela reste un terme plut\u00f4t \u00e9logieux pour d\u00e9signer ceux qui ont r\u00e9ussi \u00e0 d\u00e9passer les difficult\u00e9s en allant voir plus loin.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">Mais en Europe, le terme a \u00e9t\u00e9 compl\u00e8tement d\u00e9voy\u00e9 depuis au moins trente ans pour \u00eatre assimil\u00e9 \u00e0 une anomalie. Avec la crise des r\u00e9fugi\u00e9s syriens, face \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 humanitaire de les accueillir, les gouvernements ont mont\u00e9 en \u00e9pingle une vieille dichotomie entre d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 le \u00ab bon \u00bb migrant, qui serait le r\u00e9fugi\u00e9 politique, pers\u00e9cut\u00e9 dans son pays et dont la pr\u00e9sence en Europe est de ce fait l\u00e9gitime, et de l&rsquo;autre, le \u00ab mauvais \u00bb migrant, celui qui d\u00e9cide volontairement de migrer pour des raisons \u00e9conomiques et qu&rsquo;il faut donc renvoyer chez lui. Comme si, pour renforcer l&rsquo;acceptabilit\u00e9 sociale des r\u00e9fugi\u00e9s aux yeux de l&rsquo;opinion publique, il fallait forc\u00e9ment le faire aux d\u00e9pens des migrants. Alors qu&rsquo;en r\u00e9alit\u00e9, les r\u00e9fugi\u00e9s sont simplement une cat\u00e9gorie particuli\u00e8re de migrants, n\u00e9cessitant une protection particuli\u00e8re.&nbsp;\u00bb<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Il explique pourquoi selon lui cette distinction \u00ab&nbsp;r\u00e9fugi\u00e9s&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;migrants \u00e9conomiques&nbsp;\u00bb n&rsquo;est plus pertinente&nbsp;:<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u00ab&nbsp;Parce qu&rsquo;elle est h\u00e9rit\u00e9e d&rsquo;une histoire qui n&rsquo;offre plus les bonnes lunettes pour comprendre le monde actuel. L&rsquo;essentiel de notre r\u00e9gime politique et juridique sur les migrations vient de la Seconde Guerre mondiale : la Convention de Gen\u00e8ve est cr\u00e9\u00e9e en 1951 pour prot\u00e9ger les Juifs d\u00e9plac\u00e9s en Europe. Il y avait une condition de temps et d&rsquo;espace. Par la suite, en 1967, un protocole additionnel ouvre le concept de r\u00e9fugi\u00e9s \u00e0 des populations touch\u00e9es par d&rsquo;autres guerres ou violences, ailleurs, \u00e0 la suite des crises de la d\u00e9colonisation notamment. Mais on reste sur ce vieil instrument. Dans le m\u00eame temps, les ann\u00e9es 1950 et 1960 connaissent d&rsquo;importantes migrations \u00e9conomiques : les pays du Nord \u2013 la France, la Belgique, l&rsquo;Allemagne \u2013 ach\u00e8tent des travailleurs en Espagne, en Italie, au Maroc ou en Alg\u00e9rie pour aller dans les mines. Il y avait donc des parcours tr\u00e8s lin\u00e9aires et relativement simples : les r\u00e9fugi\u00e9s d\u00e9plac\u00e9s par les guerres, et [\u2026] les travailleurs invit\u00e9s qu&rsquo;on faisait venir volontairement. Aujourd&rsquo;hui, cela ne se passe plus du tout comme \u00e7a. Les flux sont compl\u00e8tement \u00e9clat\u00e9s dans le temps, avec diff\u00e9rents motifs de migrations qui s&rsquo;imbriquent les uns dans les autres. Non seulement les gens ne bougent plus directement d&rsquo;un pays vers un autre, puisqu&rsquo;ils passent par toute une s\u00e9rie de pays, mais en plus ils ne migrent plus pour un seul motif. Les raisons politiques, \u00e9conomiques et environnementales se m\u00ealent les unes aux autres : l&rsquo;environnement est devenu un enjeu g\u00e9opolitique majeur, et les tensions \u00e9conomiques d\u00e9bouchent sur des crises politiques.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">Le probl\u00e8me, c&rsquo;est qu&rsquo;on ne s&rsquo;int\u00e9resse pas du tout aux parcours des migrants avant qu&rsquo;ils n&#8217;embarquent sur un bateau en direction de l&rsquo;Europe : on ne se rend pas compte qu&rsquo;il y a des mois, parfois des ann\u00e9es, d&rsquo;errance \u00e0 travers plusieurs pays. Souvent, le pays qui termine le parcours n&rsquo;est pas celui qui \u00e9tait pens\u00e9 comme destination finale, \u00e0 l&rsquo;origine. La plupart des migrants de la Corne de l&rsquo;Afrique n&rsquo;ont pas pour projet de terminer en Europe : ils quittent leur campagne pour trouver un boulot dans la ville la plus proche, mais n&rsquo;en trouvant pas, ils franchissent la fronti\u00e8re pour aller dans le pays voisin, dans lequel ils tombent sous la coupe d&rsquo;un gang de passeurs, qui leur ont fait miroiter un job en Libye, o\u00f9 ils finissent pers\u00e9cut\u00e9s, r\u00e9duits en esclavage, violent\u00e9s ou tortur\u00e9s\u2026 [\u2026]. Cette distinction sur le motif des migrations n&rsquo;a plus de sens aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est juste une fa\u00e7on, en Europe, de rationaliser un discours politique face \u00e0 ce qui est per\u00e7u comme une crise insurmontable. Or non seulement cette cat\u00e9gorisation n&rsquo;a gu\u00e8re de sens de mani\u00e8re empirique, mais elle pose toute une s\u00e9rie de probl\u00e8mes \u00e9thiques.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">Prenons le cas de la population africaine : la moiti\u00e9 d\u00e9pend de l&rsquo;agriculture qui est sa principale source de revenus. \u00c7a veut dire que toute variation de temp\u00e9rature ou de pluviom\u00e9trie peut avoir une incidence consid\u00e9rable sur les r\u00e9coltes et donc sur ses conditions de vie. Pour elle, l&rsquo;environnement et l&rsquo;\u00e9conomie, c&rsquo;est la m\u00eame chose ! En Europe, nos bulletins de salaire \u00e0 la fin du mois ne d\u00e9pendent quasiment plus du climat, mais on ne se rend pas compte que dans le reste du monde, les revenus restent directement affect\u00e9s par les conditions environnementales. Et qu&rsquo;\u00e0 ce titre, un migrant \u00e9conomique est aussi souvent un migrant environnemental. [\u2026]<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><img decoding=\"async\" class=\"alignleft\" src=\"https:\/\/lemotdujour.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/052719_2142_Mardi28mai22.jpg\" alt=\"\" align=\"left\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">C&rsquo;est l&rsquo;histoire de la famille Joad que Steinbeck raconte dans Les Raisins de la col\u00e8re. Dans les ann\u00e9es 1930, la grande s\u00e9cheresse appel\u00e9e le \u00ab Dust bowl \u00bb en Oklahoma, en Arkansas et au Texas a pouss\u00e9 entre 200 000 et 300 000 personnes, essentiellement des paysans, \u00e0 tout quitter pour aller vers la Californie. \u00c0 l&rsquo;\u00e9poque, il n&rsquo;y a rien en Californie, \u00e0 part quelques chercheurs d&rsquo;or. L&rsquo;exode est un calvaire, les conditions sont extr\u00eamement difficiles et les migrants sont tr\u00e8s mal accueillis. Pourtant, si c&rsquo;est devenu aujourd&rsquo;hui l&rsquo;\u00c9tat le plus prosp\u00e8re et le plus peupl\u00e9 des \u00c9tats-Unis \u2013 et la 5e \u00e9conomie mondiale, devant la France ! \u2013 c&rsquo;est \u00e0 ce peuplement migratoire que la Californie doit cette richesse.&nbsp;\u00bb<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Il consid\u00e8re qu&rsquo;il serait illusoire de vouloir fixer les populations humaines&nbsp;:<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u00ab&nbsp;C&rsquo;est \u00e0 rebours de l&rsquo;Histoire. Les flux migratoires sont comme le jour et la nuit : on peut \u00e9clairer les rues tant qu&rsquo;on veut avec des projecteurs, on n&#8217;emp\u00eachera pas la nuit de succ\u00e9der au jour. Idem, on peut mettre tous les barbel\u00e9s et les garde-fronti\u00e8res du monde, l&rsquo;immigration continuera d&rsquo;exister. Cette id\u00e9e qu&rsquo;on ne contr\u00f4le pas les flux est tr\u00e8s difficile \u00e0 faire passer. [\u2026]<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">Les fronti\u00e8res sont devenues des totems symboliques. On reste encore p\u00e9n\u00e9tr\u00e9s par cette id\u00e9e que le degr\u00e9 d&rsquo;ouverture d\u00e9termine les flux migratoires mondiaux : si on ouvre, tout le monde va venir, si on ferme, plus personne ne viendra. C&rsquo;est une m\u00e9connaissance totale de la r\u00e9alit\u00e9 du projet migratoire : jamais un migrant ne va se d\u00e9cider \u00e0 partir parce qu&rsquo;une fronti\u00e8re est ouverte en Europe. Et \u00e0 l&rsquo;inverse, il ne renoncera pas parce qu&rsquo;une fronti\u00e8re est ferm\u00e9e.&nbsp;\u00bb<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Il pr\u00e9tend que \u00ab&nbsp;l&rsquo;appel d&rsquo;air&nbsp;\u00bb est un mythe&nbsp;:<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u00abL&rsquo;appel d&rsquo;air est un concept d&rsquo;extr\u00eame droite qui est entr\u00e9 dans le vocabulaire courant : toutes les recherches sont unanimes depuis des ann\u00e9es pour affirmer que cela n&rsquo;existe pas. Les conditions d&rsquo;accueil et d&rsquo;aides sociales ne d\u00e9terminent absolument pas le pays de destination pour un migrant : personne ne vient \u00e0 Calais parce qu&rsquo;on y installe des douches\u2026 C&rsquo;est une d\u00e9cision extr\u00eamement difficile de migrer, \u00e7a implique de quitter sa famille, c&rsquo;est aussi un investissement qui co\u00fbte tr\u00e8s cher et c&rsquo;est donc une possibilit\u00e9 qui s&rsquo;offre \u00e0 une toute petite minorit\u00e9 de la population mondiale.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">Tout le monde ne veut pas venir ici, c&rsquo;est une vision tr\u00e8s eurocentr\u00e9e. Quand on regarde un panorama mondial des flux migratoires, on n&rsquo;a pas du tout cette impression de crise : il y a un certain \u00e9quilibre entre les r\u00e9gions du monde, et la plupart des migrations africaines vont vers l&rsquo;Afrique, et non vers l&rsquo;Europe comme on se l&rsquo;imagine souvent. Le plus grand flux d&rsquo;\u00e9migration, il est du sud vers le sud \u2013 soit environ 35 % des migrations mondiales. D&rsquo;ailleurs, un flux migratoire en forte augmentation ces derni\u00e8res ann\u00e9es, c&rsquo;est celui du nord vers le sud \u2013 et non l&rsquo;inverse. De plus en plus d&rsquo;Europ\u00e9ens pensent qu&rsquo;ils vont avoir une meilleure vie s&rsquo;ils migrent dans des pays africains ou asiatiques. Malgr\u00e9 tout, ce sentiment de crise et d&rsquo;invasion est tr\u00e8s vivace, en Europe.&nbsp;\u00bb<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Sa conclusion est que la peur de l&rsquo;immigration est nourrie par nos craintes devant notre identit\u00e9 collective et constitue une crise de la fraternit\u00e9 humaine&nbsp;:<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u00ab&nbsp; L&rsquo;immigration interroge des peurs autour de notre propre identit\u00e9 collective, ce qui d\u00e9finit le \u00ab nous \u00bb et ce qui d\u00e9finit l&rsquo;autre, le \u00ab eux \u00bb \u2013 Sarkozy a tr\u00e8s bien senti cela quand il cr\u00e9e un minist\u00e8re de l&rsquo;immigration et de l&rsquo;identit\u00e9 nationale, en 2007. C&rsquo;est pour cela qu&rsquo;il y a une telle obsession autour des fronti\u00e8res actuellement, parce que c&rsquo;est le moyen de marquer concr\u00e8tement, sur le territoire, le \u00ab nous \u00bb et le \u00ab eux \u00bb. Il y a une logique de repli o\u00f9 chacun voudrait \u00eatre une petite Grande-Bretagne, \u00e0 g\u00e9rer ses propres affaires sur son territoire, sans prendre en compte l&rsquo;impact que cela a partout dans le monde. C&rsquo;est pour \u00e7a que l&rsquo;enjeu environnemental rejoint directement celui des migrations. Cette crise de l&rsquo;identit\u00e9 collective est une crise du cosmopolitisme, dans laquelle on n&rsquo;arrive plus \u00e0 se penser comme des humains habitant la m\u00eame plan\u00e8te. <strong>C&rsquo;est une crise de la fraternit\u00e9 humaine<\/strong>.&nbsp;\u00bb<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Voil\u00e0 ce que dit et \u00e9crit Fran\u00e7ois Gemenne.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Cependant comme je l&rsquo;\u00e9crivais ci-avant, l&rsquo;immigration et l&rsquo;accueil des immigrants n&rsquo;ont jamais \u00e9t\u00e9 simples. En plus, aujourd&rsquo;hui, s&rsquo;il n&rsquo;y a pas de crise de l&rsquo;immigration, il y a au moins une crise de notre \u00c9tat social.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Nos gouvernants ne cessent de marteler que notre \u00c9tat social co\u00fbte trop cher. Alors m\u00eame si dans les faits, il peut \u00eatre affirm\u00e9 que l&rsquo;immigration ne co\u00fbte quasi rien \u00e0 notre \u00c9tat social, comment ne pas comprendre que cette crainte d&rsquo;un co\u00fbt excessif puisse exister.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Il y a aussi une crise de notre soci\u00e9t\u00e9, crise du ch\u00f4mage et crise de l&rsquo;int\u00e9gration, crise de la fragmentation de notre soci\u00e9t\u00e9. Toutes difficult\u00e9s qui augmentent la crainte d&rsquo;accueillir.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">La th\u00e8se d&rsquo;ouvrir totalement les fronti\u00e8res comme le pr\u00e9conise Fran\u00e7ois Gemenne me pose question. La vieille formule de Michel Rocard&nbsp;: \u00ab&nbsp;La France ne peut pas accueillir toute la mis\u00e8re du monde, mais elle doit prendre sa part&nbsp;\u00bb, ne serait-elle pas plus appropri\u00e9e ?<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">C&rsquo;est pourquoi la mani\u00e8re dont on traite aujourd&rsquo;hui les migrants qui sont sur notre territoire est indigne et ne r\u00e8gle en rien le probl\u00e8me. Sur ce point comme sur d&rsquo;autres, je rejoins Fran\u00e7ois Gemenne.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\"><span style=\"color: #800000;\">&lt;1243&gt;<\/span><br \/>\n<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00abLa peur de l\u2019immigration est une crise de la fraternit\u00e9 humaine\u00bb Fran\u00e7ois Gemenne R\u00e9cemment, nous avons eu une discussion sur l&rsquo;immigration avec Annie. Peu de temps apr\u00e8s, elle m&rsquo;a tendu une revue et m&rsquo;a dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;tu devrais lire cet article&nbsp;\u00bb.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[15,54,95],"class_list":["post-6773","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-motdujour","tag-france","tag-humanisme","tag-immigration"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6773","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=6773"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6773\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":10094,"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6773\/revisions\/10094"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=6773"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=6773"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=6773"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}