{"id":6353,"date":"2019-03-08T00:08:15","date_gmt":"2019-03-07T23:08:15","guid":{"rendered":"http:\/\/lemotdujour.fr\/?p=6353"},"modified":"2021-06-24T00:07:54","modified_gmt":"2021-06-23T22:07:54","slug":"vendredi-8-mars-2019","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lemotdujour.fr\/?p=6353","title":{"rendered":"Vendredi 8 mars 2019"},"content":{"rendered":"<div class=\"mdjTexte\">\t\u00abHector Berlioz nous para\u00eet former, avec Hugo et Eug\u00e8ne Delacroix, la trinit\u00e9 de l\u2019art romantique.&nbsp;\u00bb<\/div>\n<div class=\"mdjAuteur\">\tTh\u00e9ophile Gautier<\/div>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Le 8 mars 1869, Hector Berlioz mourrait au 4 rue de Calais, dans le 9e arrondissement de Paris. <strong>C&rsquo;\u00e9tait il y a 150 ans<\/strong>.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"alignleft\" src=\"https:\/\/lemotdujour.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/030719_2130_Vendredi8ma1.jpg\" alt=\"\" align=\"left\"><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Il est n\u00e9 dans la petite ville de l&rsquo;Is\u00e8re de la C\u00f4te Saint Andr\u00e9, sous le r\u00e8gne de Napol\u00e9on 1<sup>er <\/sup>, le 11 d\u00e9cembre 1803.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">A la mort de Beethoven en 1827, il avait d\u00e9j\u00e0 24 ans.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Parmi les grands compositeurs romantiques, il ne fut pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 que par Franz Schubert (1797-1828). Les autres compositeurs de cette p\u00e9riode lui sont post\u00e9rieurs : Mendelssohn-Bartholdy (1809-1847), Chopin (1810-1849), Schumann (1810-1856) et Liszt (1811-1886). Brahms (1833-1897) refermera cette p\u00e9riode romantique.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">La &lt;<a href=\"http:\/\/www.hberlioz.com\/Scores\/pfantastique.htm\"><span style=\"color: #0000ff;\">symphonie fantastique<\/span><\/a>&gt; cr\u00e9\u00e9e le 5 d\u00e9cembre 1830, six ans apr\u00e8s la neuvi\u00e8me symphonie de Beethoven, fut un coup de tonnerre, une \u0153uvre r\u00e9volutionnaire, ouvrant de nouvelles perspectives \u00e0 la musique symphonique et annon\u00e7ant Bruckner et surtout Mahler.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">C&rsquo;\u00e9tait un compositeur extravagant, pr\u00e9curseur, g\u00e9nial, formidable orchestrateur.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Le nombre de ses \u0153uvres reste cependant limit\u00e9. Si on se lance dans une approche quantophr\u00e9nique de ce domaine et qu&rsquo;on prend comme unit\u00e9 de compte le CD, on pourra constater que si Warner vient de publier un coffret de l&rsquo;\u0153uvre int\u00e9grale de Berlioz en <strong>27<\/strong> CD, il est loin de Mozart (170 CD), Bach (155 CD), Beethoven (100 CD), Schubert (69 CD) et m\u00eame Brahms (60 CD).<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Peu avant de 18 ans, j&rsquo;avais achet\u00e9, en livre de poche, les \u00ab&nbsp;M\u00e9moires de Berlioz&nbsp;\u00bb et entrepris d&rsquo;en commencer la lecture. Je n&rsquo;ai pas fini, mais je me souviens encore d&rsquo;un \u00e9pisode qu&rsquo;il a racont\u00e9. Cet \u00e9pisode m&rsquo;a amus\u00e9 et me semble assez r\u00e9v\u00e9lateur de sa personnalit\u00e9.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Pour situer le contexte, il faut pr\u00e9ciser que <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Luigi_Cherubini\"><span style=\"color: #0000ff;\">Luigi Cherubini<\/span><\/a> venait d&rsquo;\u00eatre nomm\u00e9 directeur du Conservatoire de Paris. Cherubini \u00e9tait n\u00e9 \u00e0 Florence en 1760 soit 10 ans avant Beethoven, mais il v\u00e9cut beaucoup plus longtemps, jusqu&rsquo;\u00e0 81 ans. Il a compos\u00e9 un tr\u00e8s bel op\u00e9ra \u00ab&nbsp;<a href=\"https:\/\/musique.fnac.com\/a10881652\/Luigi-Cherubini-Cherubini-Medee-CD-album?omnsearchpos=2\"><span style=\"color: #0000ff;\">M\u00e9d\u00e9e<\/span><\/a>&nbsp;\u00bb magnifi\u00e9e dans une version chant\u00e9e par Maria Callas et dirig\u00e9e par Bernstein. Il \u00e9crivit aussi plusieurs messes et requiem de toute beaut\u00e9. Ce fut un grand compositeur, ce ne fut pas un g\u00e9nie. Berlioz l&rsquo;\u00e9tait.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Et voici ce que Berlioz raconte dans ses M\u00e9moires au chapitre 9&nbsp;:<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\"> \u00ab&nbsp;A peine parvenu \u00e0 la direction du Conservatoire, en remplacement de Perne qui venait de mourir, Cherubini voulut signaler son av\u00e8nement par des rigueurs inconnues dans l&rsquo;organisation int\u00e9rieure de l&rsquo;\u00e9cole, o\u00f9 le puritanisme n&rsquo;\u00e9tait pas pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 l&rsquo;ordre du jour. Il ordonna, pour rendre la rencontre des \u00e9l\u00e8ves des deux sexes impossible hors de la surveillance des professeurs, que les hommes entrassent par la porte du Faubourg-Poissonni\u00e8re, et les femmes par celle de la rue Berg\u00e8re ; ces diff\u00e9rentes entr\u00e9es \u00e9tant plac\u00e9es aux deux extr\u00e9mit\u00e9s oppos\u00e9es du b\u00e2timent.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">En me rendant un matin \u00e0 la biblioth\u00e8que, ignorant le d\u00e9cret moral qui venait d&rsquo;\u00eatre promulgu\u00e9, j&rsquo;entrai, suivant ma coutume, par la porte de la rue Berg\u00e8re, la porte f\u00e9minine, et j&rsquo;allais arriver \u00e0 la biblioth\u00e8que quand un domestique, m&rsquo;arr\u00eatant au milieu de la cour, voulut me faire sortir pour revenir ensuite au m\u00eame point en rentrant par la porte masculine. Je trouvai si ridicule cette pr\u00e9tention que j&rsquo;envoyai pa\u00eetre l&rsquo;argus en livr\u00e9e, et je poursuivis mon chemin.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">Le dr\u00f4le voulait faire sa cour au nouveau ma\u00eetre en se montrant aussi rigide que lui. Il ne se tint donc pas pour battu, et courut rapporter le fait au directeur. J&rsquo;\u00e9tais depuis un quart d&rsquo;heure absorb\u00e9 par la lecture d&rsquo;Alceste, ne songeant plus \u00e0 cet incident, quand Cherubini, suivi de mon d\u00e9nonciateur, entra dans la salle de lecture, la figure plus cadav\u00e9reuse, les cheveux plus h\u00e9riss\u00e9s, les yeux plus m\u00e9chants et d&rsquo;un pas plus saccad\u00e9 que de coutume.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">Ils firent le tour de la table o\u00f9 \u00e9taient accoud\u00e9s plusieurs lecteurs ; apr\u00e8s les avoir tous examin\u00e9s successivement, le domestique, s&rsquo;arr\u00eatant devant moi, s&rsquo;\u00e9cria : \u00ab Le voil\u00e0 ! \u00bb<br \/>\n<\/span><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">Cherubini \u00e9tait dans une telle col\u00e8re qu&rsquo;il demeura un instant sans pouvoir articuler une parole :<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u00ab Ah ! ah ! ah ! ah ! c&rsquo;est vous, dit-il enfin, avec son accent italien que sa fureur rendait plus comique, c&rsquo;est vous qui entrez par la porte, qu\u00e9, qu\u00e9, qu\u00e9 z\u00e9 ne veux pas qu&rsquo;on passe ! \u2014<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u2014 Monsieur, je ne connaissais pas votre d\u00e9fense, une autre fois je m&rsquo;y conformerai.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u2014 Une autre fois ! une autre fois ! Qu\u00e9-qu\u00e9-qu\u00e9 v\u00e9nez-vous faire ici ?<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u2014 Vous le voyez, monsieur, j&rsquo;y viens \u00e9tudier les partitions de Gluck.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u2014 Et qu&rsquo;est-ce qu\u00e9, qu&rsquo;est-ce qu\u00e9-qu\u00e9-qu\u00e9 vous regardent les partitions d\u00e9 Gluck ? et qui vous a permis d\u00e9 venir \u00e0-\u00e0-\u00e0 la biblioth\u00e8que ?<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u2014 Monsieur ! (je commen\u00e7ais \u00e0 perdre mon sang-froid), les partitions de Gluck sont ce que je connais de plus beau en musique dramatique et je n&rsquo;ai besoin de la permission de personne pour venir les \u00e9tudier ici. Depuis dix heures jusqu&rsquo;\u00e0 trois la biblioth\u00e8que du Conservatoire est ouverte au public, j&rsquo;ai le droit d&rsquo;en profiter.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u2014 L\u00e9-l\u00e9-l\u00e9-l\u00e9 droit ?<br \/>\n<\/span><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u2014 Oui, monsieur.<br \/>\n<\/span><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u2014 Z\u00e9 vous d\u00e9fends d&rsquo;y revenir, moi !<br \/>\n<\/span><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u2014 J&rsquo;y reviendrai, n\u00e9anmoins.<br \/>\n<\/span><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u2014 Co-comme-comment-comment vous appelez-vous ? \u00bb crie-t-il, tremblant de fureur.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">Et moi p\u00e2lissant \u00e0 mon tour : \u00ab Monsieur ! mon nom vous sera peut-\u00eatre connu quelque jour, mais pour aujourd&rsquo;hui&#8230; vous ne le saurez pas !<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u2014 Arr\u00eate, a-a-arr\u00eate-le, Hottin (le domestique s&rsquo;appelait ainsi), qu\u00e9-qu\u00e9-qu\u00e9 z\u00e9 l\u00e9 fasse zeter en prison ! \u00bb<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">Ils se mettent alors tous les deux, le ma\u00eetre et le valet, \u00e0 la grande stup\u00e9faction des assistants, \u00e0 me poursuivre autour de la table, renversant tabourets et pupitres, sans pouvoir m&rsquo;atteindre, et je finis par m&rsquo;enfuir \u00e0 la course en jetant, avec un \u00e9clat de rire, ces mots \u00e0 mon pers\u00e9cuteur :<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u00ab Vous n&rsquo;aurez ni moi ni mon nom, et je reviendrai bient\u00f4t ici \u00e9tudier encore les partitions de Gluck ! \u00bb<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\"> Voil\u00e0 comment se passa ma premi\u00e8re entrevue avec Cherubini. Je ne sais s&rsquo;il s&rsquo;en souvenait quand je lui fus ensuite pr\u00e9sent\u00e9 d&rsquo;une fa\u00e7on plus officielle. Il est assez plaisant en tout cas, que douze ans apr\u00e8s, et malgr\u00e9 lui, je sois devenu conservateur et enfin biblioth\u00e9caire de cette m\u00eame biblioth\u00e8que d&rsquo;o\u00f9 il avait voulu me chasser. Quant \u00e0 Hottin, c&rsquo;est aujourd&rsquo;hui mon gar\u00e7on d&rsquo;orchestre le plus d\u00e9vou\u00e9, le plus furibond partisan de ma musique ; il pr\u00e9tendait m\u00eame, pendant les derni\u00e8res ann\u00e9es de la vie de Cherubini, qu&rsquo;il n&rsquo;y avait que moi pour remplacer l&rsquo;illustre ma\u00eetre \u00e0 la direction du Conservatoire. Ce en quoi M. Auber ne fut pas de son avis.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\"> J&rsquo;aurai d&rsquo;autres anecdotes semblables \u00e0 raconter sur Cherubini, o\u00f9 l&rsquo;on verra que s&rsquo;il m&rsquo;a fait avaler bien des couleuvres, je lui ai lanc\u00e9 en retour quelques serpents \u00e0 sonnettes dont les morsures lui ont cuit.&nbsp;\u00bb<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Berlioz, comme en lui-m\u00eame. Il savait ce qu&rsquo;il voulait, ne se sous estimait pas, rebelle \u00e0 l&rsquo;autorit\u00e9 qui ne lui paraissait pas l\u00e9gitime ou professant des normes qui lui semblaient stupide.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Dans le langage d&rsquo;aujourd&rsquo;hui on dirait&nbsp;: \u00ab&nbsp;<strong>Il aimait casser les codes<\/strong>&nbsp;\u00bb. Je vous invite \u00e0 \u00e9couter <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.franceinter.fr\/emissions\/la-revue-de-presse-du-week-end\/la-revue-de-presse-du-week-end-24-fevrier-2019\">&lt;La revue de Presse de Bernard Pommier&gt;<\/a><\/span> du 24 f\u00e9vrier qui n&rsquo;a rien \u00e0 voir avec Berlioz mais qui explique la vogue actuelle de tous ceux qui veulent \u00ab&nbsp;casser les codes&nbsp;\u00bb.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Avec une telle mentalit\u00e9, il a eu du mal \u00e0 s&rsquo;imposer en France. Cet homme qui fut le seul grand compositeur \u00e0 avoir comme instrument d&rsquo;origine, la guitare, aurait d\u00fb devenir m\u00e9decin comme son p\u00e8re Louis Berlioz qui a la r\u00e9putation d&rsquo;avoir introduit l&rsquo;acupuncture en France. Son p\u00e8re ne trouvait pas le m\u00e9tier de musicien tr\u00e8s s\u00e9rieux. Et la premi\u00e8re ambition de Berlioz fut de convaincre ses parents du contraire.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Il eut du mal parce qu&rsquo;il ne parvint jamais \u00e0 vivre de ce m\u00e9tier de musicien. S&rsquo;il eut un revenu convenable, c&rsquo;est gr\u00e2ce \u00e0 un travail de journaliste et de critique musical.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Et en g\u00e9n\u00e9ral, il eut du mal \u00e0 s&rsquo;imposer en France. Il \u00e9crivit&nbsp;:<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u00ab&nbsp;Il faut avoir un drapeau tricolore sur les yeux pour ne pas voir que la musique est morte en France maintenant, et que c&rsquo;est le dernier des arts dont nous gouvernants voudrons s&rsquo;occuper. On me dit que je boude la France, non je ne boude pas, le terme est trop l\u00e9ger&nbsp;: je la fuis comme on fuit les pays barbares quand on cherche la civilisation, et ce n&rsquo;est pas depuis la r\u00e9volution seulement. Il y a longtemps que j&rsquo;avais \u00e9touff\u00e9 en moi l&rsquo;amour de la France. [\u2026] Sans l&rsquo;Allemagne, la Boh\u00eame, la Hongrie et surtout la Russie, je serais mort de faim en France mille fois. [\u2026] Il y a un seul th\u00e9\u00e2tre lyrique \u00e0 Paris, l&rsquo;Op\u00e9ra et il est dirig\u00e9 par un cr\u00e9tin et il m&rsquo;est ferm\u00e9.&nbsp;\u00bb<br \/>\n<em>1848, Correspondance g\u00e9n\u00e9rale, III<\/em><br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Et cette r\u00e9serve, il la conservera longtemps en France. Ainsi <a href=\"https:\/\/www.francemusique.fr\/emissions\/le-meilleur-des-concerts-radio-france\/le-meilleur-des-concerts-de-radio-france-du-samedi-25-mars-2017-32763\"><span style=\"color: #0000ff;\">pour Debussy<\/span>,<\/a> il \u00e9tait le \u00ab&nbsp;<span style=\"color: #c00000;\">musicien pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 de ceux qui ne connaissaient pas tr\u00e8s bien la musique<span style=\"color: #777777;\">&nbsp;\u00bb, mais Debussy a dit beaucoup de b\u00eatises dans sa vie.<br \/>\n<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Beaucoup plus r\u00e9cemment, lors de l&rsquo;essor du microsillon, celui qui entreprit d&rsquo;enregistrer une int\u00e9grale des \u0153uvres de Berlioz, ne fut pas un fran\u00e7ais, mais un anglais <a href=\"https:\/\/www.letemps.ch\/culture\/sir-colin-davis-champion-berlioz-sest-eclipse\"><strong><span style=\"color: #0000ff;\">Colin Davis<\/span><\/strong><\/a><strong><br \/>\n<\/strong>avec pour l&rsquo;essentiel l&rsquo;Orchestre Symphonique de Londres. Ce cycle Berlioz de Colin Davis continue \u00e0 faire r\u00e9f\u00e9rence dans sa globalit\u00e9.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"alignright\" src=\"https:\/\/lemotdujour.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/030719_2130_Vendredi8ma2.jpg\" alt=\"\" align=\"left\"><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Il y a quand m\u00eame des fran\u00e7ais qui ont su reconna\u00eetre ce musicien \u00e0 sa juste dimension.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Ainsi, pour <a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-d-histoire-litteraire-de-la-france-2004-3-page-515.htm\"><span style=\"color: #0000ff;\">l&rsquo;inauguration du monument \u00e9lev\u00e9 \u00e0 Monte-Carlo<\/span>,<\/a> le samedi 7 mars 1903, en l&rsquo;honneur du centenaire de la naissance d&rsquo;H. Berlioz, Jules Massenet commen\u00e7a ainsi son discours&nbsp;:<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u00ab&nbsp;C&rsquo;est le propre du g\u00e9nie d&rsquo;\u00eatre de tous les pays. A ce titre Berlioz est partout chez lui. Il est le citoyen de l&rsquo;enti\u00e8re humanit\u00e9. Et pourtant il passa sa vie sans joie et sans enchantement. On peut dire que sa gloire pr\u00e9sente est faite de douleurs pass\u00e9es. Incompris, il ne connut gu\u00e8re que des amertumes. On ne vit pas la flamme de cette \u00e9nergique figure d&rsquo;artiste&nbsp;; on ne fut pas \u00e9bloui par l&rsquo;aur\u00e9ole qui le couronnait d\u00e9j\u00e0&nbsp;\u00bb.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Il est vrai que Massenet est n\u00e9 \u00e0 Saint Etienne qui se trouve dans la m\u00eame r\u00e9gion que l&rsquo;is\u00e9rois Berlioz<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">George Sand a \u00e9crit&nbsp;:<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u00ab&nbsp;Je parle s\u00e9rieusement. Berlioz est un grand compositeur, un homme de g\u00e9nie, un v\u00e9ritable artiste. Il est tr\u00e8s pauvre, tr\u00e8s brave et tr\u00e8s fier&nbsp;\u00bb<br \/>\n<em>G. Sand, \u00ab&nbsp;Lettre \u00e0 Everard&nbsp;\u00bb, Lettres d&rsquo;un voyageur, VI, 26\u2026.<\/em><br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Th\u00e9ophile Gautier qui est le po\u00e8te des \u00ab&nbsp;<strong>Nuits d&rsquo;\u00e9t\u00e9<\/strong>&nbsp;\u00bb, chef d&rsquo;\u0153uvre de Berlioz rapproche Berlioz de Victor Hugo&nbsp;:<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u00ab&nbsp;Comme le po\u00e8te a doubl\u00e9 la richesse des rimes pour que le vers regagn\u00e2t en couleur ce qu&rsquo;il perdait en cadence, le novateur musicien a nourri et serr\u00e9 son orchestration; il a fait chanter les instruments beaucoup plus qu&rsquo;on ne l&rsquo;avait fait avant lui&nbsp;\u00bb<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\"><em>T. Gautier, La Presse, 17 septembre 1838. On sait que les Nuits\u2026<br \/>\n<\/em><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Et c&rsquo;est dans l&rsquo;ouvrage d&rsquo;Emmanuel Reibel, \u00ab&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.fayard.fr\/musique\/comment-la-musique-est-devenue-romantique-9782213678498\"><span style=\"color: #0000ff;\">Comment la musique est devenue romantique : De Rousseau \u00e0 Berlioz<\/span>&nbsp;<\/a>\u00bb paru chez Fayard, que j&rsquo;ai lu la phrase de Th\u00e9ophile Gautier, datant de 1846, mis en exergue de ce mot du jour&nbsp;: <strong><br \/>\n<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u00ab&nbsp;<strong>Hector Berlioz nous para\u00eet former, avec Hugo et Eug\u00e8ne Delacroix, la trinit\u00e9 de l&rsquo;art romantique<\/strong>&nbsp;\u00bb.<strong><br \/>\n<\/strong><\/span><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"alignleft\" src=\"https:\/\/lemotdujour.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/030719_2130_Vendredi8ma3.jpg\" alt=\"\" align=\"left\"><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Berlioz repose au cimeti\u00e8re de Montmartre.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">L&rsquo;Association Nationale Hector Berlioz qui a son adresse dans la commune de naissance du musicien, La C\u00f4te Saint Andr\u00e9, poss\u00e8de <a href=\"http:\/\/berlioz-anhb.com\/AnHB-accueil.html\"><span style=\"color: #0000ff;\">&lt;un site&gt;<\/span><\/a> qui pr\u00e9sente l&rsquo;\u0153uvre de Berlioz<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Vous trouverez aussi <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"http:\/\/www.hberlioz.com\/\">&lt;ICI&gt;<\/a><\/span> un site consacr\u00e9 enti\u00e8rement \u00e0 Hector Berlioz. Sur ce site sont publi\u00e9s, l&rsquo;int\u00e9gral des M\u00e9moires de Berlioz.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Le Minist\u00e8re de la culture consacre aussi plusieurs pages au &lt;<a href=\"http:\/\/www.culture.gouv.fr\/Thematiques\/Musique\/150e-anniversaire-de-la-mort-d-Hector-Berlioz\"><span style=\"color: #0000ff;\">150<sup>\u00e8me<\/sup> anniversaire de sa mort<\/span><\/a><span style=\"color: #0000ff;\">&gt;<\/span><br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Il faut bien s\u00fbr finir avec quelques liens musicaux&nbsp;:<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">&lt;<a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=3HrRrTl88FM&amp;t=29s\"><span style=\"color: #0000ff;\">Les nuits d&rsquo;\u00e9t\u00e9 par l&rsquo;admirable et rayonnante V\u00e9ronique Gens<\/span><\/a>&gt;<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Une autre perle &lt;<a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=TovSXnNFLQI\"><span style=\"color: #0000ff;\">La captive<\/span><\/a>&gt; toujours par V\u00e9ronique Gens, il n&rsquo;y a pas mieux.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Le duo d&rsquo;amour des troyens&nbsp;: &lt;&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=ZQEFkVuBXtU\"><span style=\"color: #0000ff;\">Didon et En\u00e9e&nbsp;: Nuit d&rsquo;ivresse<\/span><\/a>&gt;<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Mais l\u00e0 il y a beaucoup mieux, sans la vid\u00e9o &lt;<a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=GRJ8gi1R2ZI\"><span style=\"color: #0000ff;\">Jon Vickers et Jos\u00e9phine Veasey<\/span><\/a>&gt;<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Pour la symphonie fantastique, je propose ce concert \u00e9tonnant \u00e0 Paris o\u00f9 Gustave Dudamel dirigeait \u00e0 la fois l&rsquo;orchestre Philharmonique de Radio France et ce qui \u00e9tait \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque son orchestre Simon Bolivar du Venezuela&nbsp;: &lt;<a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=HDHPgqv4hsw\"><span style=\"color: #0000ff;\">Symphonie fantastique par Gustavo Dudamel<\/span><\/a>&gt;<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Et pour finir, parce qu&rsquo;Annie et moi avions assist\u00e9 en 2012 \u00e0 ce concert m\u00e9morable \u00e0 l&rsquo;Auditorium de Lyon &lt;<a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=hZfDbANFL88\">L<span style=\"color: #0000ff;\">e Requiem avec l&rsquo;Orchestre National de Lyon sous la direction de Leonard Slatkin<\/span><\/a><span style=\"color: #0000ff;\">&gt;<\/span><br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #800000;\">&lt;1208&gt;<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00abHector Berlioz nous para\u00eet former, avec Hugo et Eug\u00e8ne Delacroix, la trinit\u00e9 de l\u2019art romantique.&nbsp;\u00bb Th\u00e9ophile Gautier Le 8 mars 1869, Hector Berlioz mourrait au 4 rue de Calais, dans le 9e arrondissement de Paris. C&rsquo;\u00e9tait il y a 150<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[15,29,20],"class_list":["post-6353","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-motdujour","tag-france","tag-hommage","tag-musique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6353","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=6353"}],"version-history":[{"count":14,"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6353\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":11632,"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6353\/revisions\/11632"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=6353"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=6353"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=6353"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}