{"id":5573,"date":"2018-10-26T02:17:14","date_gmt":"2018-10-26T00:17:14","guid":{"rendered":"http:\/\/lemotdujour.fr\/?p=5573"},"modified":"2021-09-26T19:46:58","modified_gmt":"2021-09-26T17:46:58","slug":"vendredi-26-octobre-2018","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lemotdujour.fr\/?p=5573","title":{"rendered":"Vendredi 26 octobre 2018"},"content":{"rendered":"<div class=\"mdjTexte\">\t\u00ab&nbsp;Le pr\u00e9nom n\u2019a rien d\u2019anodin. Il touche \u00e0 l\u2019intime, et raconte infiniment plus que ce qu\u2019on pourrait croire.&nbsp;\u00bb<\/div>\n<div class=\"mdjAuteur\">\tCatherine Vincent, journaliste du Monde<\/div>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Et dans l&rsquo;\u00e9mission de Thierry Ardisson qui aime le buzz, le pol\u00e9miste Eric Zemmour lan\u00e7a \u00e0 la chroniqueuse Hapsatou Sy&nbsp;:<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u00ab Votre pr\u00e9nom est une insulte \u00e0 la France. \u00bb<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Et une longue pol\u00e9mique s&rsquo;en suivit. Dans sa rh\u00e9torique, comme dans ses provocations Eric Zemmour est absolument insupportable. Dire \u00e0 quelqu&rsquo;un que son pr\u00e9nom, le nom par lequel, d\u00e8s son plus jeune \u00e2ge, sa m\u00e8re et son p\u00e8re l&rsquo;ont appel\u00e9 est une insulte ne peut qu&rsquo;\u00eatre que blessant.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Auparavant, il y avait eu ces \u00e9changes&nbsp;:<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">Hapsatou Sy : \u00ab\u00a0Je m&rsquo;appelle Hapsatou\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u00c9ric Zemmour : \u00ab\u00a0Eh bien votre m\u00e8re a eu tort\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">Hapsatou Sy : \u00ab\u00a0Vous vouliez qu&rsquo;elle m&rsquo;appelle Marie ?\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u00c9ric Zemmour : \u00ab\u00a0Absolument, c&rsquo;est exactement ce que je veux. Votre m\u00e8re a eu tort (&#8230;) Corinne, \u00e7a vous irait tr\u00e8s bien.\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Eric Zemmour voudrait que Hapsatou Sy s&rsquo;appel\u00e2t Corinne Sy.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Venant de lui c&rsquo;est absolument in\u00e9coutable.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Mais quand Marceline Loridan-Ivens dit exactement la m\u00eame chose, est-ce \u00e9coutable&nbsp;?<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Dans cet extrait de l&rsquo;\u00e9mission <\/span><span style=\"color: #0000ff;\"><span style=\"font-family: Arial;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=dXEtzrLm47A\">&lt;de la Grande Librairie&gt;<\/a><\/span><span style=\"font-family: Arial;\">,<\/span><\/span><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\"> elle raconte certes sur un autre ton et dans un tout autre esprit que son p\u00e8re a tenu \u00e0 donner des noms fran\u00e7ais \u00e0 ses filles pour qu&rsquo;elles soient pleinement fran\u00e7aises : Marceline, Henriette, Jacqueline et elle valide ce choix. Son p\u00e8re ajoutait qu&rsquo;elles pourraient aussi s&rsquo;appeler Sarah, Myriam, mais dans l&rsquo;intime, dans la famille non dans l&rsquo;espace public. Et en plus dans cet extrait, elle dit, que selon elle, c&rsquo;est une erreur de ne pas le faire.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">C&rsquo;est une vraie question que celle de donner un pr\u00e9nom de la tradition du pays o\u00f9 on habite ou de donner un pr\u00e9nom conforme \u00e0 ses origines ethniques ou religieuses.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Je n&rsquo;ai pas d&rsquo;avis tranch\u00e9 sur ce sujet.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Mais ce qui est certain, c&rsquo;est comme l&rsquo;\u00e9crit la journaliste du Monde, Catherine Vincent dans son article au sujet du pr\u00e9nom&nbsp;: <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.lemonde.fr\/long-format\/article\/2018\/10\/11\/mon-prenom-est-un-indic_5368064_5345421.html\">\u00ab&nbsp;Le pr\u00e9nom n&rsquo;a rien d&rsquo;anodin&nbsp;\u00bb<\/a>&nbsp;<\/span>:<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u00ab&nbsp;Moins anodin qu&rsquo;on ne pourrait le croire, le pr\u00e9nom en dit long sur l&rsquo;\u00e9poque et le lieu o\u00f9 nous sommes n\u00e9s et sur ceux qui nous l&rsquo;ont donn\u00e9. [\u2026] <strong>le pr\u00e9nom n&rsquo;a rien d&rsquo;anodin. Il touche \u00e0 l&rsquo;intime, et raconte infiniment plus que ce qu&rsquo;on pourrait croire.<\/strong> Sur nous-m\u00eames, sur ceux qui nous l&rsquo;ont donn\u00e9, sur l&rsquo;\u00e9poque et le lieu o\u00f9 nous sommes n\u00e9s, sur la classe \u00e0 laquelle nous appartenons \u2013 en un mot, sur notre histoire priv\u00e9e et publique.&nbsp;\u00bb<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Pendant longtemps, en Occident, le choix du pr\u00e9nom suivait des r\u00e8gles et des contraintes fortes<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u00ab&nbsp;Dans notre culture occidentale, le choix fut longtemps plus restreint. Le pr\u00e9nom avait pour r\u00f4le de porter un message familial et \u00adsocial. Et surtout, de d\u00e9signer le descendant qui assurerait la survie \u00e9conomique de la \u00adlign\u00e9e \u2013 ce qui impliquait la sauvegarde du patrimoine et la concentration des capitaux.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">Dans une \u00e9tude men\u00e9e au d\u00e9but des ann\u00e9es 1980, l&rsquo;anthropologue Bernard Vernier a montr\u00e9 comment \u00e9tait autrefois r\u00e9gi le syst\u00e8me de parent\u00e9 de Karpathos, une \u00eele grecque du Dod\u00e9can\u00e8se. Dans chaque famille, le premier-n\u00e9 des gar\u00e7ons h\u00e9ritait de son p\u00e8re et portait le pr\u00e9nom de son grand-p\u00e8re paternel, tandis que la premi\u00e8re-n\u00e9e des filles h\u00e9ritait de sa m\u00e8re et portait le pr\u00e9nom de sa grand-m\u00e8re maternelle \u2013 les pr\u00e9noms attribu\u00e9s aux suivants provenant ensuite alternativement du stock paternel ou maternel.\u00bb<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">La r\u00e9volution fran\u00e7aise a cr\u00e9\u00e9 un service d&rsquo;\u00e9tat civil ind\u00e9pendant de l\u2019\u00c9glise et a vraiment cr\u00e9\u00e9 le \u00ab&nbsp;pr\u00e9nom&nbsp;\u00bb. Avant il s&rsquo;appelait \u00ab&nbsp;le nom de bapt\u00eame&nbsp;\u00bb. D&rsquo;ailleurs les gens du peuple ne f\u00eataient pas l&rsquo;anniversaire de leur naissance car il n&rsquo;en connaissait pas la date. La date qui \u00e9tait port\u00e9e dans les registres de l&rsquo;\u00e9glise \u00e9tait la date du bapt\u00eame. Et ce qui \u00e9tait f\u00eat\u00e9, c&rsquo;\u00e9tait la f\u00eate du Saint dont on portait le nom&nbsp;:<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u00ab&nbsp;Qu&rsquo;il concerne l&rsquo;a\u00een\u00e9 ou les cadets, le choix du pr\u00e9nom, pendant longtemps, a donc \u00e9t\u00e9 \u00ad \u00e9troitement contraint par l&rsquo;histoire familiale \u2013 mais aussi par l\u2019\u00c9glise. En France, il faut d&rsquo;ailleurs attendre 1792, et la s\u00e9cularisation de l&rsquo;\u00e9tat civil, pour que le terme m\u00eame de \u00ab pr\u00e9nom \u00bb commence \u00e0 s&rsquo;imposer : on parlait jusqu&rsquo;alors de \u00ab nom de bapt\u00eame \u00bb.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">Historiquement, le nom de bapt\u00eame avait \u00e9t\u00e9 impos\u00e9 par l\u2019\u00c9glise chr\u00e9tienne d\u00e8s les premiers si\u00e8cles de notre \u00e8re, rempla\u00e7ant ainsi l&rsquo;usage romain des noms multiples. Dans un premier temps, les parents purent choisir \u00adlibrement le nom de bapt\u00eame de leurs \u00adenfants. Puis, \u00e0 partir du Xe si\u00e8cle, il leur fallut exclusivement piocher dans le registre des saints, le martyrologe.&nbsp;\u00bb<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u00ab&nbsp;Avec l&rsquo;\u00e9cole obligatoire, le service militaire et l&rsquo;\u00e9tablissement de carnets d&rsquo;identit\u00e9, le XIXe si\u00e8cle instaure progressivement l&rsquo;usage d&rsquo;un seul nom et d&rsquo;un seul pr\u00e9nom \u2013 lequel nous d\u00e9finit d\u00e9sormais dans toutes les situations.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">S&rsquo;il n&rsquo;est plus forc\u00e9ment tir\u00e9 du martyrologe, il n&rsquo;en reste pas moins, \u00e0 cette \u00e9poque, encadr\u00e9 de fa\u00e7on stricte par la loi du 11 germinal an XI (1er avril 1803), qui autorise seulement \u00ab les noms en usage dans les diff\u00e9rents calendriers, et ceux des personnages connus de l&rsquo;histoire ancienne \u00bb.&nbsp;\u00bb<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u00ab&nbsp;Deux si\u00e8cles plus tard, la situation a chang\u00e9 du tout au tout ! Les pr\u00e9noms s&rsquo;inventent, se composent, viennent d&rsquo;ailleurs, prennent des consonances exotiques au libre choix des \u00adparents. Il faut attendre 1993 pour que cette \u00e9volution soit inscrite dans notre code civil, qui ne restreint d\u00e9sormais ce choix qu&rsquo;a posteriori, sur intervention du procureur de la \u00ad R\u00e9publique, lorsque ces pr\u00e9noms paraissent \u00e0 l&rsquo;officier de l&rsquo;\u00e9tat civil \u00ab contraires \u00e0 l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de l&rsquo;enfant ou au droit des tiers \u00e0 voir prot\u00e9ger leur patronyme \u00bb. Mais la lib\u00e9ralisation du droit a commenc\u00e9 bien avant, qui donne progressivement, depuis les ann\u00e9es 1950, la ma\u00eetrise du choix aux parents plut\u00f4t qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;Etat.&nbsp;\u00bb<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Le pr\u00e9nom dit aussi quelque chose de la classe sociale&nbsp;:<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u00ab&nbsp;Certains \u2013 Astrid, Diane, Stanislas \u2013 restent majoritairement cantonn\u00e9s aux beaux quartiers, d&rsquo;autres sont pl\u00e9biscit\u00e9s par les classes populaires : ce sont souvent des pr\u00e9noms anglo-saxons rendus c\u00e9l\u00e8bres par les s\u00e9ries am\u00e9ricaines, comme Dylan ou Kevin.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">Baptiste Coulmont, qui calcule chaque ann\u00e9e le taux de mentions \u00ab tr\u00e8s bien \u00bb obtenues par les \u00adcandidats au baccalaur\u00e9at, observe ainsi qu&rsquo;en 2016, plus d&rsquo;un quart des candidates pr\u00e9nomm\u00e9es Esther ou Diane ont obtenu une mention \u00ab tr\u00e8s bien \u00bb, soit dix fois plus que les candidats pr\u00e9nomm\u00e9s Steven ou Sofiane.&nbsp;[\u2026]<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">Le pr\u00e9nom refl\u00e8te partiellement la hi\u00e9rarchie sociale, et donc la chance de r\u00e9ussite des uns et des autres. Et si nombre d&rsquo;entre eux traversent toutes les couches \u00adsociales, ils ne le font pas au hasard, mais \u00adselon une dynamique bien pr\u00e9cise.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">Dans un article publi\u00e9 en 1986 sous le titre \u00ab Les enfants de Michel et Martine Dupont s&rsquo;appellent Nicolas et C\u00e9line \u00bb, Guy Desplanques, d\u00e9mographe \u00e0 l&rsquo;Insee, montrait ainsi, sur la base des pr\u00e9noms \u00e0 la mode, une stratification sociale des go\u00fbts. \u00ab La diffusion d&rsquo;un pr\u00e9nom commence dans les couches sociales \u00e9lev\u00e9es et moyennes, notait-il. Puis les autres groupes sociaux embo\u00eetent le pas : d&rsquo;abord les professions interm\u00e9diaires et les artisans et commer\u00e7ants, puis les employ\u00e9s et les ouvriers, enfin, avec un peu de retard, les agriculteurs. \u00bb&nbsp;\u00bb<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Et la journaliste en arrive enfin \u00e0 la mani\u00e8re dont les parents issus de l&rsquo;immigration nomment leurs enfants&nbsp;:<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u00abC&rsquo;est dans ce contexte touffu qu&rsquo;il faut analyser la mani\u00e8re dont les immigr\u00e9s, les enfants d&rsquo;immigr\u00e9s et petits-enfants d&rsquo;immigr\u00e9s nomment leur descendance. [&#8230;]<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">Dans un num\u00e9ro de la revue Annales de \u00add\u00e9mographie historique (\u00ab Nommer : enjeux symboliques, sociaux et politiques \u00bb, 2016, n\u00b0 131), Cyril Grange, enseignant-chercheur \u00e0 l&rsquo;Ecole des hautes \u00e9tudes en sciences sociales (EHESS) et sp\u00e9cialiste de la parent\u00e9, rappelle les quatre sc\u00e9narios principaux auxquels peuvent \u00eatre confront\u00e9es les populations \u00e9trang\u00e8res dans leur pays d&rsquo;accueil : <\/span><\/p>\n<ul>\n<li style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">l&rsquo;acculturation forc\u00e9e (exemple : en 1984, la \u00addirection du Parti communiste bulgare \u00adobligea tous les Turcs \u00e0 \u00ab bulgariser \u00bb leurs noms) ; <\/span><\/li>\n<li style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">la s\u00e9gr\u00e9gation forc\u00e9e (dans l&rsquo;Allemagne nazie, les juifs n&rsquo;ayant pas un pr\u00e9nom permettant de les distinguer comme tels \u00addurent y adjoindre le pr\u00e9nom Isra\u00ebl pour les hommes, Sarah pour les femmes) ; <\/span><\/li>\n<li style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">l&rsquo;acculturation volontaire (adoption sans contrainte de pr\u00e9noms issus du groupe ethnique dominant) ; <\/span><\/li>\n<li style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">la s\u00e9gr\u00e9gation volontaire (d\u00e9sir d&rsquo;une minorit\u00e9 d&rsquo;exprimer son identit\u00e9 au travers de pr\u00e9noms ethniques).<br \/>\n<\/span><\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">Dans nos soci\u00e9t\u00e9s lib\u00e9rales, le sc\u00e9nario de l&rsquo;acculturation volontaire est, de loin, le plus fr\u00e9quent : en une g\u00e9n\u00e9ration, deux tout au plus, les familles choisissent majoritairement des pr\u00e9noms en vigueur dans leur pays d&rsquo;accueil.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Et la journaliste conclut avec une histoire particuli\u00e8re qui concerne le \u00ab&nbsp;<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=MQfVn9feHtQ\">m\u00e9t\u00e8que<\/a><\/span>&nbsp;\u00bb Moustaki et son admiration pour Brassens<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u00ab&nbsp;Dans un entretien donn\u00e9 \u00e0 Lib\u00e9ration \u00e0 l&rsquo;occasion de la sortie de son ouvrage La M\u00e9diterran\u00e9e. Mer de nos langues (CNRS Editions, 2016), le linguiste Louis-Jean Calvet \u00e9voquait ainsi les p\u00e9r\u00e9grinations de celui de son ami Moustaki. \u00ab N\u00e9 \u00e0 Alexandrie d&rsquo;une famille juive grecque mais de langue italienne, baptis\u00e9 Giuseppe par ses parents, inscrit \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat civil \u00e9gyptien sous le nom de Youssef, appel\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole fran\u00e7aise Joseph, puis Jo, un diminutif qui a fait croire, lorsqu&rsquo;il est arriv\u00e9 en France, qu&rsquo;il s&rsquo;appelait Georges, ce qu&rsquo;il a laiss\u00e9 faire par admiration pour Brassens. \u00bb&nbsp;\u00bb<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #800000;\">&lt;1134&gt;<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab&nbsp;Le pr\u00e9nom n\u2019a rien d\u2019anodin. 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