{"id":5378,"date":"2018-09-21T01:16:36","date_gmt":"2018-09-20T23:16:36","guid":{"rendered":"http:\/\/lemotdujour.fr\/?p=5378"},"modified":"2022-10-04T00:57:18","modified_gmt":"2022-10-03T22:57:18","slug":"vendredi-21-septembre-2018","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lemotdujour.fr\/?p=5378","title":{"rendered":"Vendredi 21 septembre 2018"},"content":{"rendered":"<div class=\"mdjTexte\">\u00ab The God of Small Things (Le Dieu des Petits Riens) \u00bb<\/div>\n<div class=\"mdjAuteur\">Arundhati Roy<\/div>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u00ab\u00a0Ayemenem en mai est chaud et maussade. Les journ\u00e9es y sont longues et humides. Le fleuve s&rsquo;\u00e9tr\u00e9cit, les corneilles se gorgent de mangues lustr\u00e9es dans l&rsquo;immobilit\u00e9 des arbres vert olive. Les bananes rouges m\u00fbrissent. Les jaques \u00e9clatent. Les grosses mouches bleues sont ivres et bourdonnent sans but dans l&rsquo;air lourd et fruit\u00e9. Pour finir par aller s&rsquo;assommer contre les vitres transparentes et mourir, pansues et effar\u00e9es, dans le <img decoding=\"async\" class=\"alignleft\" src=\"https:\/\/lemotdujour.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/092018_1931_Vendredi21s1.jpg\" alt=\"\" align=\"left\" \/>soleil.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">Les nuits sont claires mais baign\u00e9es de paresse et d&rsquo;attente chagrine.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">Mais d\u00e8s le d\u00e9but du mois de juin \u00e9clate la mousson du sud-ouest, et suivent alors trois mois de vents et de pluies, entrecoup\u00e9s de brefs intervalles de soleil, d&rsquo;une lumi\u00e8re vive, ac\u00e9r\u00e9e, que les enfants tout excit\u00e9s saisissent au vol pour jouer. La campagne se couvre d&rsquo;un vert impudique. Les d\u00e9marcations s&rsquo;estompent au fur et \u00e0 mesure que s&rsquo;enracinent et fleurissent les haies de manioc. Les murs de brique prennent des tons vert mousse. Les vignes vierges montent \u00e0 l&rsquo;assaut des poteaux \u00e9lectriques. Les pousses rampantes vrillent la lat\u00e9rite des talus et envahissent les chemins inond\u00e9s. On circule en barque dans les bazars. Et des petits poissons font leur apparition dans l&rsquo;eau qui remplit les nids-de-poule des Ponts et Chauss\u00e9es.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">Il pleuvait le jour o\u00f9 Rahel revint \u00e0 Ayemenem. Des cordes argent\u00e9es frappaient en s\u00e9ton la terre meuble, labour\u00e9e comme sous le feu de la mitraille. La vieille maison sur la colline portait son toit \u00e0 pignons pentu enfonc\u00e9 jusqu&rsquo;aux yeux. L&rsquo;humidit\u00e9 qui montait du sol avait fait gonfler les murs spongieux et stri\u00e9s de mousse. Le jardin revenu \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat sauvage bruissait des murmures et des courses d&rsquo;innombrables petites b\u00eates. Dans les fourr\u00e9s, une couleuvre se frottait contre une pierre luisante. De grosses grenouilles jaunes parcouraient la mare boueuse dans l&rsquo;espoir de trouver l&rsquo;\u00e2me s\u0153ur. Une mangouste tremp\u00e9e traversa comme une fl\u00e8che l&rsquo;all\u00e9e jonch\u00e9e de feuilles.\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">C&rsquo;est ainsi que commence \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.gallimard.fr\/Catalogue\/GALLIMARD\/Folio\/Folio\/Le-Dieu-des-Petits-Riens\"><span style=\"color: #0000ff;\"><strong>Le Dieu des Petits Riens<\/strong><\/span>\u00a0<\/a>\u00bb d&rsquo;Arundhati Roy.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">C&rsquo;est un r\u00e9cit bouleversant dont l&rsquo;action se situe au Kerala, en Inde du Sud. Il s&rsquo;agit de l&rsquo;histoire de jumeaux dizygotes, Estha et Rahel<em>,<\/em> de leur m\u00e8re Ammu, au milieu d&rsquo;une famille indienne chr\u00e9tienne et du syst\u00e8me des castes qui continue \u00e0 \u00eatre la r\u00e8gle dans le sous-continent.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Le r\u00e9cit est racont\u00e9, le plus souvent, \u00e0 travers les yeux des deux enfants.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">C&rsquo;est un livre \u00e0 lire, un livre \u00e0 vivre, un chef d&rsquo;\u0153uvre que j&rsquo;ai d\u00e9vor\u00e9 avec passion au courant du dernier \u00e9t\u00e9.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">C&rsquo;est un livre d\u00e9j\u00e0 assez ancien puisqu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 en 1997, mais je n&rsquo;en ai eu connaissance que lorsque j&rsquo;ai entendu parler pour la premi\u00e8re fois d&rsquo;Arundhati Roy, lors d&rsquo;une \u00e9mission de radio o\u00f9 elle \u00e9tait venue pr\u00e9senter son second roman, \u00e9crit 20 ans apr\u00e8s le premier. C&rsquo;\u00e9tait dans \u00ab\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.franceinter.fr\/emissions\/boomerang\/boomerang-16-janvier-2018\">Boomerang<\/a>\u00a0<\/span>\u00bb d&rsquo;Augustin Trapenard du 16 janvier 2018 et 2 jours plus tard elle \u00e9tait l&rsquo;invit\u00e9e d&rsquo;Olivia Gesbert pour l&rsquo;\u00e9mission de \u00ab\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=5D0YxBKKI88\">La Grande Table\u00a0<\/a><\/span>\u00bb. Apr\u00e8s ces deux \u00e9missions et avoir entendu parler cette femme, de ses combats, de son Inde natal, j&rsquo;ai d\u00e9cid\u00e9 d&rsquo;acheter le livre \u00ab\u00a0<strong>Le Dieu des Petits Riens<\/strong>\u00a0\u00bb et de le lire.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Arundhati Roy est n\u00e9e en Inde, son p\u00e8re est Rajib Roy, bengali hindou, gestionnaire d&rsquo;une plantation de th\u00e9. Sa m\u00e8re Mary Roy est une chr\u00e9tienne syriaque, militante des droits des femmes originaire du Kerala. Ses parents divorcent quand elle a deux ans et elle retourne vivre avec sa m\u00e8re et son fr\u00e8re au Kerala, l\u00e0 o\u00f9 se passe le \u00ab\u00a0Dieu des Petits Riens\u00a0\u00bb et o\u00f9 sa m\u00e8re cr\u00e9e une \u00e9cole.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Ce roman, honor\u00e9 par le Booker Prize le prix le plus prestigieux pour la litt\u00e9rature anglo-saxonne, lui apporte la gloire. Adul\u00e9e par les altermondialistes, consid\u00e9r\u00e9e comme un porte-parole du tiers-monde, elle prend la d\u00e9fense des plus faibles et d\u00e9nonce la tradition des castes, prend position contre les grands travaux du gouvernement indien, lutte contre le fondamentalisme hindou&#8230;<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Et entre ses deux romans, elle a \u00e9crit des essais, des articles et poursuivit ses combats politiques qui lui valent beaucoup d&rsquo;inimiti\u00e9 et de haine.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.courrierinternational.com\/revue-de-presse\/inde-vingt-ans-apres-arundhati-roy-fait-un-retour-fracassant-la-fiction\"><span style=\"font-family: Arial;\"><span style=\"color: #0000ff;\">Courrier international du 07\/06\/2017<\/span><\/span><\/a><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\"> qui consacrait aussi un article \u00e0 son second roman \u00ab\u00a0The Ministry of Utmost Happiness Le Minist\u00e8re du bonheur extr\u00eame\u00a0\u00bb \u00e9crit\u00a0:<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u00ab\u00a0Tous les journaux lui consacrent de longs articles. Il faut dire que l&rsquo;auteure originaire de Shillong, capitale du Meghalaya, un petit \u00c9tat du nord-est de l&rsquo;Inde coll\u00e9 au Bangladesh, \u00ab\u00a0n&rsquo;est pas tant une \u00e9crivaine qu&rsquo;un fer de lance politique\u00a0\u00bb, rappelle India Today.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">Celle qui s&rsquo;est fait conna\u00eetre dans le monde entier, il y a vingt ans, avec son premier roman Le Dieu des petits riens (Gallimard, 1998) \u2013 un ouvrage \u00e9coul\u00e9 \u00e0 six millions d&rsquo;exemplaires, imm\u00e9diatement remarqu\u00e9 par The New York Times et r\u00e9compens\u00e9 par le Booker Prize \u2013 est pourtant r\u00e9guli\u00e8rement \u00ab\u00a0tourn\u00e9e en ridicule\u00a0\u00bb dans son propre pays. En cause : ses prises de position pacifistes, \u00e9cologistes et altermondialistes. Dans un pays de plus en plus en proie au sectarisme <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright\" src=\"https:\/\/lemotdujour.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/092018_1931_Vendredi21s2.jpg\" alt=\"\" width=\"379\" height=\"213\" align=\"left\" \/>politique et religieux, \u00ab\u00a0on la traite de sympathisante terroriste, de communiste et de s\u00e9cessionniste\u00a0\u00bb, souligne India Today.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">Signe de l&rsquo;aversion qu&rsquo;elle suscite, la parution de son deuxi\u00e8me roman (chez Penguin en Inde, Hamish Hamilton au Royaume-Uni et Knopf aux \u00c9tats-Unis) a valu \u00e0 l&rsquo;auteure un tweet mena\u00e7ant (retir\u00e9 depuis) d&rsquo;un d\u00e9put\u00e9 du BJP [Parti du peuple indien], le parti nationaliste hindou au pouvoir : \u00ab\u00a0Au lieu de lancer des pierres contre les Jeeps de l&rsquo;arm\u00e9e\u00a0\u00bb, a \u00e9crit Paresh Rawal, dans une allusion aux violentes manifestations qui se d\u00e9roulent depuis plusieurs semaines au Cachemire, lapidez Arundhati Roy\u00a0\u00bb.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">En 2010, Courrier International avait publi\u00e9 un article explicite\u00a0: \u00ab<span style=\"color: #0000ff;\">\u00a0<a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.courrierinternational.com\/article\/2010\/11\/10\/arundhati-roy-la-voix-qui-derange\">Inde. Arundhati Roy, la voix qui d\u00e9range\u00a0<\/a><\/span>\u00bb.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">D&rsquo;autres mots du jour seront consacr\u00e9s \u00e0 cette femme d&rsquo;exception, mais revenons \u00e0 notre sujet d&rsquo;aujourd&rsquo;hui \u00ab\u00a0<strong>Le Dieu des Petits Riens<\/strong>\u00a0\u00bb.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">On lit partout qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un roman semi-autobiographique, mais on ne sait pas bien quelle est la part d&rsquo;autobiographie dans ce livre.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Le premier paragraphe qu&rsquo;on lit quand on ouvre le livre commence ainsi\u00a0:<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u00ab\u00a0Ceci est une \u0153uvre de fiction. Tous les personnages sont imaginaires\u00a0\u00bb.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Jusqu&rsquo;ici cela para\u00eet clair mais la suite est \u00e9nigmatique et sa formulation d\u00e9cal\u00e9e semble remettre en cause les deux phrases pr\u00e9c\u00e9dentes.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u00ab\u00a0La situation des fleuves, des passages \u00e0 niveau, des \u00e9glises et des cr\u00e9matoriums n&rsquo;est pas exacte.\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Ammu la m\u00e8re dans le roman est chr\u00e9tienne et vivait au Kerala comme la m\u00e8re de l&rsquo;auteure.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">On sait qu&rsquo;il lui a fallu 5 ans pour \u00e9crire ce livre.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Dans cet article de<span style=\"color: #0000ff;\"> <a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.lexpress.fr\/actualites\/1\/styles\/arundhati-roy-la-mauvaise-conscience-de-l-inde_1973012.html\">l&rsquo;EXPRESS <\/a><\/span> \u00e0 la question de savoir pourquoi tant d&rsquo;ann\u00e9es ont s\u00e9par\u00e9 ses deux romans, elle fait cette r\u00e9ponse venue du fond de l&rsquo;intime :<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u00ab\u00a0J&rsquo;ai mis du temps \u00e0 me remettre du \u00ab\u00a0Dieu des Petits Riens\u00a0\u00bb, pas seulement \u00e0 cause de son succ\u00e8s mat\u00e9riel, mais parce que d&rsquo;une certaine mani\u00e8re<strong>, je l&rsquo;ai excav\u00e9 des profondeurs de moi-m\u00eame.\u00a0\u00bb<\/strong><br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">L&rsquo;Inde est un pays d&rsquo;une richesse historique et culturelle inou\u00efe. Elle a donn\u00e9 naissance \u00e0 des sages qui ont inspir\u00e9 le monde entier.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">C&rsquo;est aussi un pays d&rsquo;une violence inou\u00efe, avec des traditions d&rsquo;une cruaut\u00e9 sans \u00e9gale, comme cette <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Sati_(hindouisme)\">coutume fun\u00e9raire du sati<\/a><\/span>.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Et c&rsquo;est la folie de ce pays d&rsquo;avoir cr\u00e9\u00e9 le syst\u00e8me de la s\u00e9paration, de la justification des in\u00e9galit\u00e9s par l&rsquo;organisation des castes.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">C&rsquo;est aussi ce qui est d\u00e9nonc\u00e9 dans ce roman de l&rsquo;amour et du drame.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Au d\u00e9but, la structure du livre est \u00e0 la fois d\u00e9stabilisante et fascinante et on peut s&rsquo;y perdre.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Mais cette structure cr\u00e9e aussi son unit\u00e9 car le livre commence par le retour de Rahel, vers le lieu du drame pour retrouver son fr\u00e8re dont elle a \u00e9t\u00e9 s\u00e9par\u00e9e toute jeune. Et le roman entrelace le r\u00e9cit qui raconte ce retour et la rencontre avec son fr\u00e8re dont l&rsquo;esprit est absent et le r\u00e9cit qui peu \u00e0 peu laisse \u00e9merger le drame qui explique le r\u00e9cit contemporain. Quand l&rsquo;histoire pass\u00e9e rencontre l&rsquo;histoire du pr\u00e9sent, le chef d&rsquo;\u0153uvre est achev\u00e9.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">L&rsquo;article de Courrier International d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9 rapporte cette d\u00e9claration d&rsquo;Arundhati Roy\u00a0:<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u00ab\u00a0<strong>Un roman, c&rsquo;est presque comme une pri\u00e8re. Il est compos\u00e9 de plusieurs couches qui ne sont pas destin\u00e9es \u00e0 \u00eatre consomm\u00e9es, mais \u00e0 dessiner un univers.<\/strong>\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #800000;\">&lt;1114&gt;<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab The God of Small Things (Le Dieu des Petits Riens) \u00bb Arundhati Roy \u00ab\u00a0Ayemenem en mai est chaud et maussade. Les journ\u00e9es y sont longues et humides. Le fleuve s&rsquo;\u00e9tr\u00e9cit, les corneilles se gorgent de mangues lustr\u00e9es dans l&rsquo;immobilit\u00e9<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[54,110,9],"class_list":["post-5378","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-motdujour","tag-humanisme","tag-inde","tag-litterature"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5378","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=5378"}],"version-history":[{"count":19,"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5378\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14162,"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5378\/revisions\/14162"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=5378"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=5378"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=5378"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}