{"id":16953,"date":"2026-10-30T02:29:23","date_gmt":"2026-10-30T01:29:23","guid":{"rendered":"https:\/\/lemotdujour.fr\/?p=16953"},"modified":"2026-10-30T02:40:31","modified_gmt":"2026-10-30T01:40:31","slug":"mercredi-4-septembre-2024","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lemotdujour.fr\/?p=16953","title":{"rendered":"Mercredi 4 septembre 2024"},"content":{"rendered":"<div class=\"mdjTexte\">\u00ab Un mystique gothique, \u00e9gar\u00e9 par erreur dans le XIXe si\u00e8cle \u00bb<\/div>\n<div class=\"mdjAuteur\">Wilhelm Furtw\u00e4ngler d\u00e9crivant Anton Bruckner<\/div>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: arial;\"><strong>Anton Bruckner<\/strong> est n\u00e9 le 4 septembre 1824, <strong>il y a 200 ans<\/strong>. <span style=\"color: #777777; font-family: arial;\">Ce fut dans un petit village de Haute-Autriche, Ansfelden, situ\u00e9 \u00e0 quelques kilom\u00e8tres de Linz. Son p\u00e8re, Anton senior, y est instituteur, mais aussi, comme la l\u00e9gislation de l\u2019Empire austro-hongrois le pr\u00e9voyait, chantre, sacristain et organiste \u00e0 l\u2019\u00e9glise. <\/span><\/span><\/p>\n<figure id=\"attachment_16955\" aria-describedby=\"caption-attachment-16955\" style=\"width: 397px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-16955\" src=\"https:\/\/lemotdujour.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/Abbaye-Saint-Florian.jpg\" alt=\"\" width=\"397\" height=\"211\" srcset=\"https:\/\/lemotdujour.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/Abbaye-Saint-Florian.jpg 764w, https:\/\/lemotdujour.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/Abbaye-Saint-Florian-300x159.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 397px) 100vw, 397px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-16955\" class=\"wp-caption-text\">Abbaye Saint Florian<\/figcaption><\/figure>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: arial;\">Son p\u00e8re meurt, en 1837. Peinant \u00e0 subvenir aux besoins de sa famille nombreuse, sa m\u00e8re confie le jeune gar\u00e7on de 13 ans aux moines de l\u2019abbaye de Saint-Florian, centre de rayonnement culturel et religieux d\u2019Autriche. Admis comme choriste, il y d\u00e9couvre la musique sacr\u00e9e savante et surtout l\u2019orgue, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019instrument monumental de la basilique, l\u2019un des plus beaux du pays.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: arial;\">Il embrassera comme son p\u00e8re le m\u00e9tier d\u2019instituteur et deviendra un immense organiste. Apr\u00e8s diverses postes, il reviendra \u00e0 l\u2019abbaye de Saint-Florian pour y tenir le pupitre d\u2019orgue.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: arial;\">Bruckner, bien qu\u2019unanimement reconnu tr\u00e8s t\u00f4t comme un organiste chevronn\u00e9, \u00e9crit peu pour son instrument. Il r\u00e9serve son \u00e9nergie cr\u00e9atrice \u00e0 la symphonie. Sur son instrument, il pr\u00e9f\u00e8re interpr\u00e9ter Bach et Mendelssohn et surtout improviser.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: arial;\">Mais il ne commence la grande affaire de sa vie qu\u2019\u00e0 presque quarante ans, sa premi\u00e8re symphonie : la Symphonie en fa mineur. Longtemps consid\u00e9r\u00e9e comme un simple morceau d\u2019\u00e9tude, on lui donne d\u00e9sormais le num\u00e9ro de double 0 : \u201c00\u201d. Parce qu\u2019il existe une autre symphonie \u00e0 qui on donnera le num\u00e9ro 0. <\/span><\/p>\n<figure id=\"attachment_16956\" aria-describedby=\"caption-attachment-16956\" style=\"width: 212px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-16956\" src=\"https:\/\/lemotdujour.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/Joseph_Anton_Bruckner_1868.jpg\" alt=\"\" width=\"212\" height=\"286\" srcset=\"https:\/\/lemotdujour.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/Joseph_Anton_Bruckner_1868.jpg 318w, https:\/\/lemotdujour.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/Joseph_Anton_Bruckner_1868-222x300.jpg 222w\" sizes=\"auto, (max-width: 212px) 100vw, 212px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-16956\" class=\"wp-caption-text\">Anton Bruckner en 1868<\/figcaption><\/figure>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: arial;\">La symphonie N\u00b01 officielle sera cr\u00e9\u00e9e en 1866, il a 44 ans. Il en composera 8 autres, jusqu\u2019\u00e0 la symphonie N\u00b09, qu\u2019il ne parviendra pas \u00e0 achever avant sa mort, le 11 octobre 1896. Elle ne comportera que 3 mouvements. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: arial;\">Tout au long de sa carri\u00e8re si on reconnait ses talents d\u2019organiste, le public et surtout les critiques ne seront pas convaincus par ses symphonies, \u00e0 l\u2019exception de la quatri\u00e8me et de la septi\u00e8me. Jean-Claude Hulot dans un article de Diapason, publi\u00e9 le 17 juillet 2024 \u00e9crit : <\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: arial;\">\u00ab En f\u00e9vrier 1883, apr\u00e8s avoir appris la mort de Wagner survenue \u00e0 Venise, il transforme la fin de l\u2019Adagio de la 7e, alors en gestation, en une saisissante musique fun\u00e8bre pour celui qu\u2019il admirait tant. La cr\u00e9ation, d\u00e8s 1884, est un triomphe, gr\u00e2ce en particulier au chef Arthur Nikisch qui toute sa vie d\u00e9fendra l\u2019\u0153uvre de son ma\u00eetre. Aussit\u00f4t, cette symphonie devient l\u2019une des plus populaires du compositeur, \u00e0 \u00e9galit\u00e9 avec la Romantique. \u00bb<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: arial;\">Aujourd\u2019hui, la plus populaire est celle qui voit le jour en 1874, portera le num\u00e9ro 4 et le titre de \u00ab Romantique \u00bb. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: arial;\">Tout au d\u00e9but de notre vie commune avec Annie, lors de vacances en Autriche en 1989, pendant les trajets en voiture nous \u00e9coutions cette symphonie en boucle dans la version de <strong><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=fY7MYLGvh-4\"><span style=\"color: #0000ff;\">Daniel Barenbo\u00efm<\/span><\/a><\/strong> avec l\u2019orchestre de Chicago. J\u2019essayais d\u2019accompagner par le chant, le d\u00e9but de l\u2019\u0153uvre : un tr\u00e9molo de cordes sur lequel surgit un appel de cor, simple quinte au rythme inoubliable. De ce simple intervalle va na\u00eetre une symphonie plus grandiose que jamais.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: arial;\">Annie me raconte, que c\u2019est ainsi qu\u2019elle a commenc\u00e9 \u00e0 aimer ce compositeur que tant de m\u00e9lomanes fran\u00e7ais ont des difficult\u00e9s \u00e0 appr\u00e9cier. <span style=\"color: #777777; font-family: arial;\">Bruckner eut, en effet, beaucoup de mal \u00e0 s\u2019imposer en France, comme le fait remarquer <strong>Christophe Huss<\/strong>, dans un journal canadien :<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: arial;\">\u00ab La m\u00e9fiance fut d&rsquo;ailleurs tr\u00e8s largement de mise en France, o\u00f9 public et critique affich\u00e8rent une franche hostilit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard d&rsquo;une musique \u00ab cyclop\u00e9enne \u00bb [selon les termes du musicologue] Bernard Gavoty jusque dans les ann\u00e9es 1960. Un lent virage ne se fit qu&rsquo;avec la pr\u00e9sentation de la 8e Symphonie par Herbert von Karajan \u00e0 la cath\u00e9drale de Chartres et la cr\u00e9ation fran\u00e7aise, par Eugen Jochum, de la 5e Symphonie, en octobre 1969 ! \u00bb<em>Journal \u00ab Le Devoir \u00bb, samedi 7 avril 2018<\/em> <\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: arial;\">Quand Daniel Barenbo\u00efm est venu interpr\u00e9ter, sur deux saisons de la Philharmonie de Paris, l\u2019int\u00e9grale des symphonies du compositeur avec son orchestre de la Staatskapelle de Berlin, <strong>Christian Merlin<\/strong> a pr\u00e9sent\u00e9 ces concerts dans Le Figaro du 13 septembre 2016 par cette introduction : <\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: arial;\"> \u00ab Cela para\u00eetra \u00e9trange \u00e0 certains d&rsquo;entre vous qui sont d\u00e9j\u00e0 convaincus, mais en programmant sur deux saisons une int\u00e9grale des symphonies de Bruckner \u00e0 la Philharmonie de Paris, Daniel Barenbo\u00efm ne vole pas au secours de la victoire. Aux yeux de nombreux m\u00e9lomanes fran\u00e7ais, Anton Bruckner passe encore pour un raseur germanique pompeux et bavard. Alors qu&rsquo;il est tout simplement l&rsquo;un des trois plus grands symphonistes de l&rsquo;histoire. Les grands chefs allemands du XXe si\u00e8cle ne juraient que par les \u00ab 3 B \u00bb : Beethoven, Brahms et Bruckner. \u00bb<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: arial;\">Je me souviens encore d\u2019un ami, grand admirateur de <strong>Faur\u00e9,<\/strong> qui en entendant une symphonie de Bruckner que j\u2019essayais de lui faire d\u00e9couvrir, m\u2019a dit son rejet de \u00ab cette musique authentiquement teutonne \u00bb.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: arial;\">Pour ma part, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 introduit dans cette musique par mon ami Bertrand, vers mes 14 ans, par la septi\u00e8me symphonie. Je fus rapidement saisi par la dimension spirituelle de cette musique. Et quand j\u2019ai entendu des musicologues \u00e9voquer le terme de \u00ab <strong>Cath\u00e9drale sonore<\/strong> \u00bb, j\u2019ai tout de suite \u00e9t\u00e9 convaincu de la justesse de cette m\u00e9taphore.<\/span><\/p>\n<figure id=\"attachment_16958\" aria-describedby=\"caption-attachment-16958\" style=\"width: 267px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-16958\" src=\"https:\/\/lemotdujour.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/Anton-Bruckner-peint-par-lautrichien-Ferry-Beraton-en-1889.jpg\" alt=\"\" width=\"267\" height=\"304\" srcset=\"https:\/\/lemotdujour.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/Anton-Bruckner-peint-par-lautrichien-Ferry-Beraton-en-1889.jpg 442w, https:\/\/lemotdujour.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/Anton-Bruckner-peint-par-lautrichien-Ferry-Beraton-en-1889-263x300.jpg 263w\" sizes=\"auto, (max-width: 267px) 100vw, 267px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-16958\" class=\"wp-caption-text\">Anton Bruckner, peint par l\u2019autrichien Ferry B\u00e9raton, en 1889<\/figcaption><\/figure>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: arial;\">Cette musique agit sur moi, comme lorsque assis dans une cath\u00e9drale, je me laisse porter par la spiritualit\u00e9 et l\u2019\u00e9l\u00e9vation qu\u2019on sut donner les b\u00e2tisseurs de ces ouvrages de foi.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: arial;\">Et je crois qu\u2019une des meilleures illustrations de cette musique de \u00ab cath\u00e9drale sonore \u00bb se trouve au \u00ab <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=kp9oHF8bkwA&amp;t=584s\"><span style=\"color: #0000ff;\">milieu du premier mouvement de la symphonie N\u00b0 4<\/span><\/a> \u00bb.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: arial;\">De son vivant Bruckner n\u2019a jamais entendu d\u2019interpr\u00e9tation orchestrale de ses symphonies 5, 6 et 9. Si pour cette derni\u00e8re, le fait qu\u2019il soit mort avant de l\u2019avoir achev\u00e9, permet d\u2019expliquer factuellement ce manque, pour les deux autres symphonies, cela montre la difficult\u00e9 qu\u2019a eu Anton Bruckner d\u2019imposer son \u0153uvre symphonique, de son vivant. Pour les symphonies qui ont \u00e9t\u00e9 jou\u00e9es, les musiciens se plaignaient souvent de la difficult\u00e9 de leur ex\u00e9cution, exigeant des r\u00e9visions auquel se pr\u00eatait Bruckner qui manquait singuli\u00e8rement de confiance en soi.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: arial;\">Tel n\u2019est plus le cas, les grands chefs d\u2019orchestre expriment d\u00e9sormais une pr\u00e9dilection pour jouer ces symphonies et de sculpter ces constructions musicales dans un immense \u00e9lan mystique, dans lequel les cuivres jouent un r\u00f4le essentiel, comme dans le \u00ab <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=OMhCfrJpL7Q&amp;t=1275s\"><span style=\"color: #0000ff;\">final de la 5\u00e8me symphonie<\/span><\/a> \u00bb<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: arial;\">Chefs et musiciens le reconnaissent aujourd&rsquo;hui comme l&rsquo;un des plus grands symphonistes de l&rsquo;histoire.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: arial;\">Le grand chef d\u2019orchestre <strong>Wilhelm Furtw\u00e4ngler<\/strong> le d\u00e9crivait comme :<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: arial;\"> \u00ab Un mystique gothique, \u00e9gar\u00e9 par erreur dans le XIXe si\u00e8cle \u00bb<\/span><\/p>\n<p><strong>Fran\u00e7ois-Xavier Roth<\/strong>, le chef fran\u00e7ais de l&rsquo;Orchestre du G\u00fcrzenich de Cologne \u00e9voque la passion du public allemand pour ses \u0153uvres :<\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: arial;\"> \u00ab Il y a en Allemagne une fascination pour ses symphonies depuis leur cr\u00e9ation, qui fr\u00f4le parfois le culte. G\u00fcnther Wand, mon pr\u00e9d\u00e9cesseur \u00e0 Cologne, qui dirigea aussi \u00e0 Hambourg, me disait que chaque fois qu&rsquo;il dirigeait Bruckner l\u00e0-bas, il laissait toujours une \u00e0 deux minutes de silence total apr\u00e8s avoir pos\u00e9 le dernier accord ! En France, en revanche, on trouve toujours, comme dans les pays latins ou anglo-saxons, une guerre entre mahl\u00e9riens et bruckn\u00e9riens, et c&rsquo;est souvent les premiers qui l&#8217;emportent. \u00bb<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: arial;\">Outre ses 9 symphonies plus les deux qu\u2019il n\u2019a pas voulu num\u00e9roter (la 00 et la 0), Anton Bruckner a compos\u00e9 une dizaine d\u2019\u0153uvres de musique sacr\u00e9e dont un chef d\u2019oeuvre le \u00ab Te Deum \u00bb et trois messes, un quintette \u00e0 cordes, un quatuor et quelques tr\u00e8s rares pi\u00e8ces pour piano.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: arial;\">Comme je l\u2019ai \u00e9crit pr\u00e9c\u00e9demment, il devint l\u2019organiste de l\u2019abbaye de Saint Florian en 1850. Un poste qu\u2019il occupera plusieurs ann\u00e9es jusqu\u2019\u00e0 s\u2019installer \u00e0 Vienne quand son m\u00e9tier de compositeur prend le dessus, mais c\u2019est dans la crypte de l\u2019Abbaye, sous les grands orgues, qu\u2019il demandera \u00e0 \u00eatre enterr\u00e9.<\/span><\/p>\n<figure id=\"attachment_16957\" aria-describedby=\"caption-attachment-16957\" style=\"width: 210px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-16957\" src=\"https:\/\/lemotdujour.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/Orgue-de-labbay-de-Saint-FLorian.jpg\" alt=\"\" width=\"210\" height=\"334\" srcset=\"https:\/\/lemotdujour.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/Orgue-de-labbay-de-Saint-FLorian.jpg 401w, https:\/\/lemotdujour.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/Orgue-de-labbay-de-Saint-FLorian-189x300.jpg 189w\" sizes=\"auto, (max-width: 210px) 100vw, 210px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-16957\" class=\"wp-caption-text\">Orgue de l&rsquo;Abbaye de Saint Florian sous lequel est enterr\u00e9 Bruckner<\/figcaption><\/figure>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: arial;\">La Libre Belgique \u00e9crit dans son \u00e9dition du 3 septembre 2024 :<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: arial;\"> \u00ab M\u00eame s\u2019il est mort dans une petite d\u00e9pendance du ch\u00e2teau du Belv\u00e9d\u00e8re \u00e0 Vienne, c\u2019est l\u00e0, sur un promontoire dominant le fleuve mythique, qu\u2019on peut rendre hommage aujourd\u2019hui \u00e0 ce compositeur que d\u2019aucuns n\u2019ont pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 qualifier peu aimablement de \u201cpaysan du Danube\u201d. \u00bb<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: arial;\">Philippe Herreweghe, qui a souvent dirig\u00e9 sa musique et a initi\u00e9 et pr\u00e9fac\u00e9 un ouvrage collectif consacr\u00e9 au compositeur (Actes Sud) \u00e9crit :<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: arial;\"> \u00ab Comme celle de Schubert, la musique de Bruckner est profond\u00e9ment m\u00e9lancolique, elle pleure le paradis perdu, elle \u00e9voque comme nulle autre l\u2019apaisement dans la nature maternelle. Dans ce sens-l\u00e0, elle est profond\u00e9ment religieuse et nous fait entendre l\u2019essentiel. Ces gigantesques cath\u00e9drales symphoniques chantent Dieu et pleure son absence. Bach exalte la confiance de l\u2019homme en Dieu et en son \u00e9glise, Bruckner au contraire dit avec une force aux limites du soutenable la tristesse de l\u2019homme moderne face \u00e0 sa solitude dans un monde que Dieu s\u2019appr\u00eate \u00e0 quitter, et sa soif d\u2019une r\u00e9demption d\u00e9sormais impossible. \u00bb<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: arial;\">Pour ma part, c\u2019est un compositeur que je mets dans mon panth\u00e9on musical. Mon \u0153uvre pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e reste \u00ab la 8\u00e8me symphonie \u00bb. Le concert au Th\u00e9\u00e2tre des Champs Elys\u00e9es, le Mercredi 27 janvier 1988, dans lequel l\u2019Orchestre Philharmonique de Munich dirig\u00e9 par <strong>Sergiu Celibidache<\/strong> joua cette \u0153uvre, reste pour l\u2019instant, ma plus grande exp\u00e9rience musicale v\u00e9cue.<br \/>\n<span style=\"color: #777777; font-family: arial;\">Avec le m\u00eame orchestre et le m\u00eame chef, il existe sur internet, la video d\u2019un concert du \u00ab <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=AEh6SS1X9lg\"><span style=\"color: #0000ff;\">20 octobre 1990 \u00e0 Tokyo<\/span><\/a> \u00bb<\/span><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab Un mystique gothique, \u00e9gar\u00e9 par erreur dans le XIXe si\u00e8cle \u00bb Wilhelm Furtw\u00e4ngler d\u00e9crivant Anton Bruckner Anton Bruckner est n\u00e9 le 4 septembre 1824, il y a 200 ans. 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