{"id":16381,"date":"2025-04-17T01:52:33","date_gmt":"2025-04-16T23:52:33","guid":{"rendered":"https:\/\/lemotdujour.fr\/?p=16381"},"modified":"2025-05-25T23:43:38","modified_gmt":"2025-05-25T21:43:38","slug":"jeudi-17-avril-2025","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lemotdujour.fr\/?p=16381","title":{"rendered":"Jeudi 17 avril 2025"},"content":{"rendered":"<div class=\"mdjTexte\">\u00ab Le drapeau de la r\u00e9sistance flotte sur Phnom Penh. \u00bb<\/div>\n<div class=\"mdjAuteur\">\u00a0 Une du journal Lib\u00e9ration le 17 avril 1975, au moment de la prise de Phnom Penh par les Khmers rouges<\/div>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: arial;\">Il y a cinquante ans, le 17 avril 1975, de jeunes soldats Khmers rouges entrent dans la capitale du Cambodge : Phnom Penh. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: arial;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-16387 alignleft\" src=\"https:\/\/lemotdujour.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/Les-khmers-rouges-entre-dans-Pnomh-Penh.jpg\" alt=\"\" width=\"477\" height=\"320\" srcset=\"https:\/\/lemotdujour.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/Les-khmers-rouges-entre-dans-Pnomh-Penh.jpg 477w, https:\/\/lemotdujour.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/Les-khmers-rouges-entre-dans-Pnomh-Penh-300x201.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 477px) 100vw, 477px\" \/>Ils ont eu cette victoire finale sans combat, les forces gouvernementales du mar\u00e9chal Lon Nol se sont enfuis. Le mar\u00e9chal Lon Nol avait renvers\u00e9 le roi Sihanouk, 5 ans auparavant avec l&rsquo;aide des am\u00e9ricains. Gangren\u00e9 par la corruption, le r\u00e9gime est tomb\u00e9 comme un fruit mur, Lon Nol avait fui le pays d\u00e8s le 1er avril. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: arial;\">En face il y avait les khmers rouges de Pol Pot, de Khieu Samph\u00e2n, de Nuon Chea, de Ieng Sary. Le mot \u00ab khmer \u00bb d\u00e9signe le groupe ethnique majoritaire (90 %) de la nation cambodgienne. Le surnom \u00ab Khmers rouges \u00bb (c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00ab Cambodgiens communistes \u00bb) leur a \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9 par Norodom Sihanouk vers la fin des ann\u00e9es 1950. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: arial;\">Ce mouvement politique et militaire cambodgien, ultranationaliste et communiste radical est d&rsquo;inspiration mao\u00efste, soutenu par la Chine communiste. Ce r\u00e9gime, un des plus cruels de l&rsquo;histoire de l&rsquo;humanit\u00e9 tombera le 7 janvier 1979, apr\u00e8s une d\u00e9faite militaire contre l&rsquo;arm\u00e9e du Viet Nam. Le Viet Nam est communiste, alli\u00e9 des sovi\u00e9tiques et ennemi de la Chine. En moins de 4 ans, pr\u00e8s de 2 millions de cambodgiens p\u00e9riront, soit un quart de la population, \u00e0 cause des mesures et de l&rsquo;organisation mise en place par l&rsquo;Angkar qui est nom que les Khmers rouges se sont donn\u00e9s.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: arial;\">En 1975, une grande partie de la Gauche fran\u00e7aise s&rsquo;est fourvoy\u00e9e. Les vainqueurs \u00e9taient communistes, les vaincus \u00e9taient des supp\u00f4ts de l&rsquo;imp\u00e9rialisme am\u00e9ricain, il n&rsquo;en fallait pas davantage pour distinguer \u00ab le camp du bien \u00bb et \u00ab le camp du mal. \u00bb<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: arial;\">Aujourd\u2019hui, les journaux de droite, rappellent cet \u00e9garement. Le Figaro a publi\u00e9 \u00ab <a href=\"https:\/\/www.lefigaro.fr\/vox\/histoire\/le-drapeau-de-la-resistance-flotte-sur-phnom-penh-quand-la-presse-de-gauche-encensait-les-khmers-rouges-20250416\"><span style=\"color: #0000ff;\">Quand la presse de gauche encensait les Khmers rouge<\/span><\/a> \u00bb, Le Point : \u00ab <a href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/histoire\/50-ans-du-genocide-cambodgien-des-les-premiers-jours-les-khmers-rouges-ont-chasse-2-millions-de-personnes-de-phnom-penh-17-04-2025-2587551_1615.php\"><span style=\"color: #0000ff;\">Les premiers jours, 2 millions de personnes ont \u00e9t\u00e9 chass\u00e9es<\/span><\/a> \u00bb et l\u2019Express interroge le cin\u00e9aste Rithy Panh qui a perdu sa famille dans le g\u00e9nocide : \u00ab <a href=\"https:\/\/www.lexpress.fr\/monde\/asie\/rithy-panh-a-lepoque-des-khmers-rouges-la-gauche-francaise-ne-voulait-rien-savoir-B73MUZPUJRGONN77SG7LOU5Y6I\/\"><span style=\"color: #0000ff;\">A l\u2019\u00e9poque des Khmers rouges, la gauche fran\u00e7aise ne voulait pas savoir<\/span><\/a> \u00bb.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: arial;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-16385 alignleft\" src=\"https:\/\/lemotdujour.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/La-Une-de-Libe.jpg\" alt=\"\" width=\"512\" height=\"360\" srcset=\"https:\/\/lemotdujour.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/La-Une-de-Libe.jpg 512w, https:\/\/lemotdujour.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/La-Une-de-Libe-300x211.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 512px) 100vw, 512px\" \/>C\u2019est le journal Lib\u00e9ration qui \u00e9tait le plus enthousiaste en \u00e9crivant le 17 avril 1975 : \u00ab <strong>Le drapeau de la r\u00e9sistance flotte sur Phnom Penh.<\/strong> \u00bb Le correspondant du quotidien, Patrick Sabatier \u00e9crit : <\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: arial;\"> \u00ab Phnom Penh est donc tomb\u00e9e \u201ccomme un fruit m\u00fbr\u201d, sans combats violents. Le \u201cbain de sang\u201d pr\u00e9dit par certains, souhait\u00e9 par d\u2019autres, n\u2019a pas eu lieu. Bien au contraire, la protection des civils est apparue comme la pr\u00e9occupation principale des forces de lib\u00e9ration. \u00bb <\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: arial;\">Le lendemain, le quotidien r\u00e9cidive, avec un titre encore plus ronflant : \u00ab <strong>Sept jours de f\u00eate pour une lib\u00e9ration.<\/strong> \u00bb et le journaliste continue \u00e0 encenser les vainqueurs : <\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: arial;\">\u00ab La lib\u00e9ration de Phnom Penh aura \u00e9t\u00e9, plus qu\u2019un succ\u00e8s militaire, une immense victoire politique pour le Funk (Front uni national du Kampuch\u00e9a, coalition anti-Lon Nol dont les Khmers rouges \u00e9taient la branche communiste \u00bb <\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: arial;\"> Dans \u00ab Le Point \u00bb Jean-Fran\u00e7ois Bouvet qui a \u00e9crit en 2018, le livre \u00ab Havre de guerre, Phnom Penh, Cambodge \u00bb (Fayard) reconnait que Patrick Sabatier finira par s&rsquo;excuser de son aveuglement. Bouvet explicite ce a commenc\u00e9 imm\u00e9diatement dans le Cambodge dirig\u00e9 par l\u2019Angkar : <\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: arial;\"> \u00ab Avec leurs v\u00e9hicules munis de haut-parleurs, [les khmers rouges] sillonnent la capitale en pr\u00e9tendant que les Am\u00e9ricains vont la bombarder et qu&rsquo;il faut l&rsquo;\u00e9vacuer pour trois jours. Imaginez : 700 000 habitants plus 1,3 million de r\u00e9fugi\u00e9s. C&rsquo;est un pi\u00e8ge. D\u00e8s les premiers jours, les Khmers rouges chassent ces 2 millions de personnes. Ils d\u00e9portent dans les campagnes une population dont ils sont incapables d&rsquo;assurer l&rsquo;approvisionnement. D&rsquo;o\u00f9 un exode hallucinant, m\u00eame les bless\u00e9s sont pouss\u00e9s le long des avenues sur leurs lits d&rsquo;h\u00f4pital. Les villes moyennes subiront le m\u00eame sort, car c&rsquo;est la ville en tant que telle, berceau de tous les vices, qui doit \u00eatre purg\u00e9e. Le Cambodge va devenir pour trois ans, huit mois, vingt jours un gigantesque camp de travail \u00e0 ciel ouvert.\u00bb <\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: arial;\"> Dans le journal Le Monde, la une est plus factuelle : \u00ab <strong>Phnom Penh est tomb\u00e9e<\/strong>. \u00bb. Les commentaires \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du journal ressemblent \u00e0 celles de Lib\u00e9ration :<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: arial;\">\u00ab La ville est lib\u00e9r\u00e9e [\u2026] L\u2019enthousiasme populaire est \u00e9vident. \u00bb <\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: arial;\">La veille de l\u2019entr\u00e9e des troupes communistes, un journaliste du Monde \u00e9crivait : :<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: arial;\"> \u00ab Une soci\u00e9t\u00e9 nouvelle sera cr\u00e9\u00e9e ; elle sera d\u00e9barrass\u00e9e de toutes les tares qui emp\u00eachent un rapide \u00e9panouissement : suppression des m\u0153urs d\u00e9pravantes, de la corruption, des trafics de toutes sortes, des contrebandes, des moyens d\u2019exploitation inhumaine du peuple (\u2026). Le Cambodge sera d\u00e9mocratique, toutes les libert\u00e9s seront respect\u00e9es. \u00bb<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: arial;\"> Et Jean Lacouture, dans Le Nouvel Obs, \u00e9crit : <\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: arial;\"> \u00ab Peut-on dire qu\u2019encercl\u00e9e par les masses rurales la cit\u00e9 soit tomb\u00e9e \u201ccomme un fruit m\u00fbr\u201d ? M\u00fbr, Phnom Penh ? Ou ab\u00eem\u00e9, souill\u00e9, avari\u00e9 par cinq ann\u00e9es de guerre civile, d\u2019interventions \u00e9trang\u00e8res et d\u2019intrigues men\u00e9es par un quarteron d\u2019aventuriers ? Ainsi le Cambodge entre-t-il, au son des roquettes et du canon, dans l\u2019\u00e8re du socialisme. \u00bb<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: arial;\">Je laisse le mot de la fin \u00e0 un homme qui a v\u00e9cu cette horreur : <strong>Rithy Panh<\/strong> qui s\u2019exprime dans l\u2019Express : <\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: arial;\"> \u00ab A l&rsquo;\u00e9poque, j&rsquo;\u00e9tais dans les rizi\u00e8res, en train d&rsquo;essayer de survivre. Je me souviens d&rsquo;avoir vu quelques rares fois une tra\u00een\u00e9e d&rsquo;avion dans le ciel, et je me disais : \u00ab il va nous voir ! \u00bb. Apr\u00e8s tout, l&rsquo;homme avait d\u00e9j\u00e0 march\u00e9 sur la lune&#8230; Je ne comprenais pas pourquoi personne n&rsquo;entendait rien, ne disait rien.<br \/>\nEt puis un jour, on nous a dit que certains \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger f\u00e9licitaient le petit pays qui avait vaincu le r\u00e9gime soutenu par l&rsquo;imp\u00e9rialiste am\u00e9ricain.<br \/>\nLa gauche fran\u00e7aise et mondiale ne voulait pas savoir. Pourtant, d\u00e8s 1976-1977, des r\u00e9fugi\u00e9s cambodgiens t\u00e9moignaient de ce qu&rsquo;il se passait \u00e0 la fronti\u00e8re tha\u00eflandaise : il y avait quand m\u00eame des informations qui arrivaient. Mais m\u00eame apr\u00e8s le d\u00e9part des Khmers rouges, en 1979, lorsqu&rsquo;on d\u00e9couvre l&rsquo;ampleur des crimes, certains intellectuels continuent \u00e0 d\u00e9fendre le r\u00e9gime, comme le philosophe fran\u00e7ais Alain Badiou, qui conclut ainsi sa tribune dans Le Monde, en janvier 1979 : \u00ab Kampuch\u00e9a vaincra ! \u00bb. Ou \u00e0 relativiser ses crimes, comme le linguiste am\u00e9ricain Noam Chomsky, qui se montre tr\u00e8s ambigu. \u00ab On a pratiquement fini par tenir pour un dogme, en Occident, que le r\u00e9gime [des Khmers rouges] \u00e9tait l&rsquo;incarnation m\u00eame du mal, sans aucune qualit\u00e9 qui puisse le sauver \u00bb, \u00e9crit-il en 1980 dans un texte cosign\u00e9 avec Edward S. Herman.<br \/>\nPar la suite beaucoup de chercheurs de gauche qui \u00e9taient tr\u00e8s favorables aux Khmers rouges lorsqu&rsquo;il \u00e9tait au pouvoir ont chang\u00e9 d&rsquo;avis. Mais, sur le moment, ils \u00e9taient enferm\u00e9s dans leur aveuglement, par id\u00e9ologie. Il s&rsquo;est pass\u00e9 la m\u00eame chose pour l&rsquo;URSS de Staline, quand des po\u00e8tes fran\u00e7ais comme Louis Aragon y allaient et ne se rendaient compte de rien, ou pour la r\u00e9volution culturelle de Mao, qui a \u00e9galement fascin\u00e9 la gauche fran\u00e7aise. \u00bb<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab Le drapeau de la r\u00e9sistance flotte sur Phnom Penh. \u00bb \u00a0 Une du journal Lib\u00e9ration le 17 avril 1975, au moment de la prise de Phnom Penh par les Khmers rouges Il y a cinquante ans, le 17 avril<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[250,158,15,17],"class_list":["post-16381","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-motdujour","tag-cambodge","tag-communisme","tag-france","tag-histoire"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/16381","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=16381"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/16381\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":16450,"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/16381\/revisions\/16450"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=16381"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=16381"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=16381"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}