{"id":1588,"date":"2016-01-26T01:00:00","date_gmt":"2016-01-25T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/lemotdujour.fr\/?p=1588"},"modified":"2018-01-10T22:15:50","modified_gmt":"2018-01-10T21:15:50","slug":"mardi-26-janvier-2016","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lemotdujour.fr\/?p=1588","title":{"rendered":"Mardi 26 Janvier 2016"},"content":{"rendered":"<div class=\"mdjDate\">Mardi 26 Janvier 2016<\/div>\n<div class=\"mdjTexte\">\u00ab The fallacy of the superior virtue of the oppressed\u00bb<br \/>\n\u00ab L\u2019erreur qui consiste \u00e0 croire dans la sup\u00e9riorit\u00e9 morale des opprim\u00e9s \u00bb<\/div>\n<div class=\"mdjAuteur\">Bertrand Russell (math\u00e9maticien et philosophe britannique 1872-1970)<br \/>\n(Titre du chapitre 5 des \u00ab Unpopular Essays\u00a0 \u00bb(Essais impopulaires ouvrage de 1950)<\/div>\n<div class=\"mdjComplements\">R\u00e9cemment, j\u2019ai lu \u00ab Une vie\u00bb de Simone Veil qui raconte la vie de cette grande dame qui a tant fait pour la cause des femmes et qui a \u00e9t\u00e9 aussi survivante des camps nazis.<\/div>\n<div class=\"mdjComplements\">C\u2019est un livre passionnant. Un extrait m\u2019a particuli\u00e8rement marqu\u00e9, il se situe aux pages 82 et 83 du livre.<\/div>\n<div class=\"mdjComplements\">Il s\u2019agit d\u2019un \u00e9pisode qui se situe \u00e0 la fin de la guerre, l\u2019arm\u00e9e rouge d\u00e9borde partout l\u2019arm\u00e9e allemande, les nazis s\u2019affolent et \u00e9vacuent les camps de la mort dans la panique et une horreur encore accentu\u00e9e.<\/div>\n<div class=\"mdjComplements\">Ils m\u00e9langent les femmes et les hommes et :<\/div>\n<div class=\"mdjCiter\">\u00ab Le 18 janvier 1945, le commandant de Bobrek, re\u00e7ut l\u2019ordre de d\u00e9part. Nous sommes donc partis \u00e0 pied pour l\u2019usine Buna, situ\u00e9e dans l\u2019enceinte d\u2019Auschwitz\u2013Birkenau.\u00a0Nous y avons rejoint tous les autres d\u00e9tenus des camps d\u2019Auschwitz, environ 40 000 personnes, et avons entam\u00e9 cette m\u00e9morable longue marche de la mort, v\u00e9ritable cauchemar des survivants, par un froid de quelque 30 degr\u00e9s en dessous de z\u00e9ro. Ce fut un \u00e9pisode particuli\u00e8rement atroce. Ceux qui tombaient \u00e9taient aussit\u00f4t abattus. Les SS et\u00a0 les vieux soldats de la Wehrmacht qu\u2019ils encadraient jouaient leur peau et le savaient.<\/div>\n<div class=\"mdjCiter\">Il leur fallait \u00e0 tout prix fuir l\u2019avance des Russes, tenter d\u2019\u00e9chapper co\u00fbte que co\u00fbte \u00e0 la mort qui les poursuivait. Enfin, nous sommes parvenus \u00e0 Gleiwitz, \u00e0 70 km plus \u00e0 l\u2019ouest, je dis bien 70, o\u00f9 s\u2019op\u00e9rait le regroupement des d\u00e9port\u00e9s qui avaient r\u00e9ussi \u00e0 survivre. La proximit\u00e9 croissante des troupes sovi\u00e9tiques affolait tellement les Allemands que nous nous sommes alors demand\u00e9 si nous n\u2019allions pas tous \u00eatre extermin\u00e9s. Nous attendions notre sort, hommes et femmes m\u00e9lang\u00e9es dans ce camp \u00e9pouvantable o\u00f9 il n\u2019y avait plus rien, aucune organisation, aucune nourriture, aucune lumi\u00e8re.<\/div>\n<div class=\"mdjCiter\">Certains hommes exer\u00e7aient sur les femmes un chantage \u00e9pouvantable : \u00ab Comprenez nous, on n\u2019a pas vu de femmes depuis des ann\u00e9es. \u00bb C\u2019\u00e9tait l\u2019enfer de Dante. Je me souviens d\u2019un petit Hongrois tr\u00e8s gentil. Il avait dans les treize ans et son d\u00e9sarroi \u00e9tait tel que nous l\u2019avions recueillie par piti\u00e9. Il disait : \u00ab les hommes, ils m\u2019ont abandonn\u00e9. Je suis tout seul. Je ne sais pas o\u00f9 aller. Je ne sais pas trop comment trouver \u00e0 manger. N\u2019emp\u00eache que les hommes ils seront bien contents tout de m\u00eame de nous retrouver quand il n\u2019y aura plus de femmes \u00bb. C\u2019\u00e9tait \u00e0 fendre le c\u0153ur. Je me demandais en mon fort int\u00e9rieur : \u00ab que vont devenir ces jeunes s\u2019ils parviennent \u00e0 \u00e9chapper \u00e0 cet enfer ? \u00bb.<\/div>\n<div class=\"mdjComplements\">C\u2019\u00e9tait l\u2019enfer de Dante !<\/div>\n<div class=\"mdjComplements\">Simone Veil dit en quelques mots, de mani\u00e8re pudique la violence \u00e0 l\u2019endroit des femmes et aussi des enfants, dans un univers de violence g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e. La violence contre les femmes s\u2019ajoute \u00e0 la violence g\u00e9n\u00e9rale : \u00ab Certains hommes exer\u00e7aient sur les femmes un chantage \u00e9pouvantable.\u00bb<\/div>\n<div class=\"mdjComplements\">Ces \u00ab certains hommes \u00bb ont v\u00e9cu l\u2019horreur, ils sont des opprim\u00e9s de l\u2019extr\u00eame et l\u2019\u00e9pisode comme le d\u00e9crit Simone Veil est terrifiant, ils marchent la faim au ventre, par -30\u00b0, la moindre faiblesse signifie la mort que les nazis distribuent sans \u00e9tat d\u2019\u00e2me \u00e0 tous les d\u00e9port\u00e9s qui les retardent dans cette course vers l\u2019ab\u00eeme.<\/div>\n<div class=\"mdjComplements\">Et ces mis\u00e9rables m\u00e2les trouvent plus faibles qu\u2019eux et essayent de justifier leurs actes par cette supplique ignoble \u00ab comprenez-nous, on n\u2019a pas vu de femmes depuis des ann\u00e9es. \u00bb<\/div>\n<div class=\"mdjComplements\">Michelle Perrot dans les matins de France Culture du 20 janvier explique :<\/div>\n<div class=\"mdjCiter\">\u00ab Au XIX\u00e8me si\u00e8cle, les ouvriers battaient leurs femmes. Il y avait une violence contre les femmes que le mouvement ouvrier a ni\u00e9es pendant longtemps.<\/div>\n<div class=\"mdjCiter\">C\u2019est toujours plus difficile \u00e0 penser. Moi je crois qu\u2019il ne faut surtout pas la nier. \u00bb<\/div>\n<div class=\"mdjCiter\">Et elle ajoute : \u00ab Que reste-t-il \u00e0 dominer pour un homme particuli\u00e8rement domin\u00e9 sinon les femmes ? Et c\u2019est pourquoi dans ces situations o\u00f9 on pourrait penser qu\u2019il y a solidarit\u00e9 entre les hommes et les femmes. Eh bien non !\u00a0 Il y a une domin\u00e9e de plus c\u2019est la femme ! \u00bb<\/div>\n<div class=\"mdjComplements\">Ainsi, ce n\u2019est pas parce qu\u2019on est migrant qu\u2019on cesse de dominer les femmes.<\/div>\n<div class=\"mdjComplements\">Parmi les migrants opprim\u00e9s, il y a plus opprim\u00e9 encore : ce sont les femmes qui vivent la m\u00eame oppression que les hommes et en sus l\u2019oppression sexuelle de certains hommes.<\/div>\n<div class=\"mdjComplements\">Un article de lib\u00e9ration raconte : <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"http:\/\/www.liberation.fr\/planete\/2016\/01\/18\/agressions-exploitation-harcelement-sexuel-le-lot-des-femmes-refugiees-en-europe_1427201\">&lt;Agressions, exploitation, harc\u00e8lement sexuel, le lot des femmes r\u00e9fugi\u00e9es en Europe.&gt;<\/a><\/span><\/div>\n<div class=\"mdjComplements\">Je crois que rien ne peut mieux d\u00e9crire cette r\u00e9alit\u00e9 que la formule de Bertrand Russell : L\u2019\u00aberreur qui consiste \u00e0 croire dans la sup\u00e9riorit\u00e9 morale des opprim\u00e9s \u00bb<\/div>\n<div class=\"mdjComplements\"><span style=\"color: #800000;\">&lt;635&gt;<\/span><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mardi 26 Janvier 2016 \u00ab The fallacy of the superior virtue of the oppressed\u00bb \u00ab L\u2019erreur qui consiste \u00e0 croire dans la sup\u00e9riorit\u00e9 morale des opprim\u00e9s \u00bb Bertrand Russell (math\u00e9maticien et philosophe britannique 1872-1970) (Titre du chapitre 5 des \u00ab<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[36,17,7],"class_list":["post-1588","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-motdujour","tag-feminisme","tag-histoire","tag-societe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1588","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1588"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1588\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3869,"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1588\/revisions\/3869"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1588"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1588"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1588"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}