{"id":10455,"date":"2020-12-18T00:46:22","date_gmt":"2020-12-17T23:46:22","guid":{"rendered":"http:\/\/lemotdujour.fr\/?p=10455"},"modified":"2021-06-22T10:33:20","modified_gmt":"2021-06-22T08:33:20","slug":"vendredi-18-decembre-2020","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lemotdujour.fr\/?p=10455","title":{"rendered":"Vendredi 18 d\u00e9cembre 2020"},"content":{"rendered":"<div class=\"mdjTexte\">\u00ab Beethoven, Bonaparte, Napol\u00e9on, des \u0153uvres, des d\u00e9dicataires et des m\u00e9c\u00e8nes \u00bb<\/div>\n<div class=\"mdjAuteur\">Un r\u00e9cit simple qui cache une grande complexit\u00e9<\/div>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Apr\u00e8s la famille et les ma\u00eetres, il me faut parler des m\u00e9c\u00e8nes et des d\u00e9dicataires que Beethoven a eu tout au long de sa vie de compositeur.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Je m&rsquo;arr\u00eaterai un peu plus longuement sur l&rsquo;histoire que l&rsquo;on raconte \u00e0 propos de la 3<sup>\u00e8me<\/sup> symphonie \u00ab\u00a0Ero\u00efca\u00a0\u00bb et surtout du d\u00e9dicataire.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Hier, j&rsquo;ai parl\u00e9 de l&rsquo;importance du Comte von Waldstein pour Beethoven\u00a0: son premier s\u00e9jour \u00e0 Vienne et la rencontre avec Mozart, sa rencontre avec Haydn qui accepte de lui donner des cours, son d\u00e9part pour Vienne, la rente que lui a octroy\u00e9 le Prince Electeur pour le s\u00e9jour viennois, tout cela il le doit \u00e0 Waldstein.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft\" src=\"https:\/\/lemotdujour.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/121720_2329_Vendredi18d1.jpg\" alt=\"\" width=\"252\" height=\"375\" align=\"left\" \/><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Et\u00a0:<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u00ab Recommand\u00e9 par le Prince \u00c9lecteur Max Franz, par Waldstein, introduit par Zmeskall, il est adopt\u00e9 par l&rsquo;aristocratie m\u00e9lomane de Vienne : La comtesse von Thun, Lichnowsky, Razumovsky, Lobkowitz, van Swieten, von Browne [\u2026]. Nous retrouvons tous ces noms [\u2026] au long des ann\u00e9es, dans les d\u00e9dicaces des \u0153uvres de Beethoven. Jusqu&rsquo;en 1796 Beethoven loge chez le prince Karl von Lichnowsky, non dans l&rsquo;\u00e9tat de domesticit\u00e9 qu&rsquo;ont connu Haydn et Mozart, mais en ami entour\u00e9, soutenu, respect\u00e9. Le prince assume pour lui le r\u00f4le d&rsquo;un v\u00e9ritable impr\u00e9sario et s&rsquo;\u00e9vertue, au piano, \u00e0 lui prouver que ses compositions sont, malgr\u00e9 leur difficult\u00e9, parfaitement ex\u00e9cutables. \u00bb<br \/>\n<\/span><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\"><em>Bourcourechliev, \u00ab\u00a0Beethoven\u00a0\u00bb Page 163<br \/>\n<\/em><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Beethoven ne manquera jamais, tout au long de sa vie, de riches m\u00e9c\u00e8nes qui le soutiendront financi\u00e8rement. Il dispose aussi de nombreux amis fid\u00e8les. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs un homme plein d&rsquo;\u00e9nergie qui aime rire et qui aime boire. Il aime aussi la compagnie des femmes et a de nombreuses ma\u00eetresses, c&rsquo;est un jouisseur. Je ne m&rsquo;attarderai pas sur ses d\u00e9sillusions de mariage parce que dans le monde aristocrate dans lequel il vit, les femmes qu&rsquo;il veut \u00e9pouser sont d&rsquo;essence noble, souvent d\u00e9j\u00e0 promises \u00e0 d&rsquo;autres. Et puis ce tabou ne pourra \u00eatre franchi : il n&rsquo;obtiendra jamais de rentrer dans ces familles par les liens du mariage.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Il n&rsquo;est pas beau, mais il a un charisme \u00e9poustouflant. <\/span><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Sur le site de &lt;<\/span><span style=\"font-family: Arial;\"><a href=\"https:\/\/www.francemusique.fr\/musique-classique\/les-10-petites-choses-que-vous-ne-saviez-peut-etre-pas-sur-beethoven-90\"><span style=\"color: #0000ff;\">France Musique<\/span><\/a><\/span><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">&gt; on peut lire\u00a0:<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u00abIl est petit, brun, marqu\u00e9 de petite v\u00e9role, [\u2026] des cheveux noirs, tr\u00e8s longs, qu&rsquo;il rejette en arri\u00e8re [\u2026] ses v\u00eatements sont d\u00e9chir\u00e9s, il a l&rsquo;air compl\u00e8tement d\u00e9guenill\u00e9 \u00bb\u00a0: voici ce qu&rsquo;\u00e9crit Bettina Brentano \u00e0 propos de Beethoven alors qu&rsquo;elle avoue dans le m\u00eame temps \u00eatre litt\u00e9ralement hypnotis\u00e9e par le compositeur. Car Beethoven ne laisse jamais indiff\u00e9rent. Quand il se met au piano ou compose, \u00ab <em>les muscles de son visage se gonflent<\/em> \u00bb et son \u00ab <em>regard farouche roule avec violence<\/em> \u00bb\u00a0: Beethoven est tel un magicien \u00e9trange et effrayant, mais qu&rsquo;on se fait un doux plaisir d&rsquo;observer.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Le mythe d&rsquo;un Beethoven solitaire toujours hargneux, triste et col\u00e9reux ne correspond pas \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9. Les choses changeront, bien s\u00fbr, \u00e0 partir du moment o\u00f9 sa terrible surdit\u00e9 deviendra de plus en plus pr\u00e9gnante.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">A Vienne, c&rsquo;est d&rsquo;abord en tant que pianiste et improvisateur que Beethoven se fera conna\u00eetre. <\/span><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">C&rsquo;est un virtuose exceptionnel. Il participe r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 des joutes musicales, fort appr\u00e9ci\u00e9es \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, dans lesquels il faut improviser et jouer du piano de la mani\u00e8re la plus \u00e9blouissante que possible.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\"><strong>Carl Czerny<\/strong> qui est un des grands ma\u00eetres du piano, de jeunes pianistes jouent encore ses \u00e9tudes et ses exercices, fut \u00e0 la fois l&rsquo;\u00e9l\u00e8ve de Beethoven et le professeur de Frantz Liszt. <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.symphozik.info\/ludwig_van+beethoven,15.html\">Il \u00e9crit\u00a0<\/a><\/span>:<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u00ab Son improvisation \u00e9tait on ne peut plus brillante et \u00e9tonnante ; dans quelque soci\u00e9t\u00e9 qu&rsquo;il se trouv\u00e2t, il parvenait \u00e0 produire une telle impression sur chacun de ses auditeurs qu&rsquo;il arrivait fr\u00e9quemment que les yeux se mouillaient de larmes, et que plusieurs \u00e9clataient en sanglots. Il y avait dans son expression quelque chose de merveilleux, ind\u00e9pendamment de la beaut\u00e9 et de l&rsquo;originalit\u00e9 de ses id\u00e9es et de la mani\u00e8re ing\u00e9nieuse dont il les rendait. \u00bb<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright\" src=\"https:\/\/lemotdujour.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/121720_2329_Vendredi18d2.jpg\" alt=\"\" width=\"339\" height=\"265\" align=\"left\" \/><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Sa maladie va le conduire \u00e0 d\u00e9laisser cette part de son talent pour se concentrer sur la composition de ses \u0153uvres.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Mais c&rsquo;est d&rsquo;abord, gr\u00e2ce \u00e0 sa r\u00e9putation de virtuose accompli qu&rsquo;il va encore \u00e9largir son cercle de connaissances et rencontrer des aristocrates qui accepteront de le financer, tout en le laissant libre de composer ce qu&rsquo;il veut.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Sur ce point, sa libert\u00e9 de composer, il est intransigeant. Sa musique s\u00e9duit, bouleverse m\u00eame. Beethoven le sait et son g\u00e9nie musical se d\u00e9double d&rsquo;un talent commercial qui le place parmi les premiers compositeurs \u00e0 vivre de leur musique.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Il \u00e9crit ainsi \u00e0 son ami Wegeler\u00a0:<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u00ab\u00a0Tu veux savoir quelque chose de ma position ? Eh bien, elle n&rsquo;est pas si mauvaise. Depuis l&rsquo;ann\u00e9e pass\u00e9e, quelque incroyable que cela puisse para\u00eetre, Lichnowsky a \u00e9t\u00e9 et est rest\u00e9 mon ami le plus chaud. De petites m\u00e9sintelligences ont bien eu lieu entre nous, et n&rsquo;ont-elles pas affermi notre amiti\u00e9 ? Il m&rsquo;a r\u00e9serv\u00e9 une somme de six cents florins que je puis toucher tant que je n&rsquo;aurai pas trouv\u00e9 une place qui me convienne. Mes compositions me rapportent beaucoup et je puis dire que j&rsquo;ai beaucoup plus de commandes que j&rsquo;en puis faire. J&rsquo;ai six ou sept \u00e9diteurs pour chacune de mes oeuvres, et j&rsquo;en aurais beaucoup plus si je voulais.\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"alignright\" src=\"https:\/\/lemotdujour.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/121720_2329_Vendredi18d3.jpg\" alt=\"\" align=\"left\" \/><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">La musicologue <strong>Tia de Nora <\/strong>fait le constat suivant<strong>\u00a0: <\/strong><br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u00ab\u00a0Durant les quatre premi\u00e8res ann\u00e9es de Beethoven \u00e0 Vienne, de novembre 1792 \u00e0 1796 (p\u00e9riode qui le vit s&rsquo;imposer comme pianiste-compositeur), son ascension se refl\u00e8te dans le nombre croissant de ses m\u00e9c\u00e8nes et protecteurs. [&#8230;] Ni la popularit\u00e9 de Beethoven dans sa p\u00e9riode m\u00e9diane, ni sa reconnaissance finale comme le plus grand de tous les ma\u00eetres n&rsquo;auraient pu avoir lieu si en ses d\u00e9buts, dans les ann\u00e9es 90 et aux d\u00e9buts des ann\u00e9es 1800, la soci\u00e9t\u00e9 aristocratique ne l&rsquo;avait pas plac\u00e9 sur un v\u00e9ritable pi\u00e9destal\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Cette &lt;<a href=\"http:\/\/ludwigvanbeethoven.fr\/content\/m%C3%A9c%C3%A9nat\"><span style=\"color: #0000ff;\">page<\/span><\/a>&gt; consacr\u00e9 au m\u00e9c\u00e9nat dont va profiter Beethoven \u00e0 Vienne apporte d&rsquo;autres \u00e9l\u00e9ments encore.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Une autre page &lt;<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/ludwigvanbeethoven.fr\/mecenes\">Les m\u00e9c\u00e8nes<\/a><\/span>&gt; pr\u00e9sente les principaux m\u00e9c\u00e8nes et leur interaction avec Beethoven.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Mais qui dit m\u00e9c\u00e8ne, dit aussi d\u00e9dicace d&rsquo;une \u0153uvre de Beethoven. Et de cette mani\u00e8re ces hommes resteront dans l&rsquo;Histoire, gr\u00e2ce aux \u0153uvres de Beethoven.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">C&rsquo;est au <strong>Prince Karl von Lichnowsky<\/strong>, celui lui accordera le logis au d\u00e9but de son s\u00e9jour \u00e0 Vienne et un soutien continue que Beethoven d\u00e9diera son <strong>Opus.1<\/strong> ainsi que plusieurs \u0153uvres majeurs dont la <strong>sonate n\u00b08 \u00ab Path\u00e9tique<\/strong> \u00bb et <strong>la symphonie n\u00b02<\/strong>.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Il n&rsquo;oubliera pas ceux de Bonn, <strong>Stephan von Breuning, <\/strong>sera le d\u00e9dicataire du sublime<strong> concerto de violon.<\/strong><br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Le <strong>prince Lobkowitz<\/strong> re\u00e7oit un grand nombre de d\u00e9dicaces de la part de Beethoven, parmi les plus grands chefs-d&rsquo;\u0153uvre du ma\u00eetre : <strong>les Quatuors \u00e0 cordes Op.18<\/strong>, le <strong>Triple Concerto<\/strong>.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Les <strong>cinqui\u00e8me et sixi\u00e8me Symphonie<\/strong> lui seront aussi d\u00e9di\u00e9es mais conjointement avec le comte Razumovsky).<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Le <strong>comte Andrey Kirillovich Razumowski<\/strong> qui sera le seul d\u00e9dicataire de ces 3 quatuors <strong>opus 59<\/strong> que l&rsquo;Histoire d\u00e9signera sous le nom\u00a0: \u00ab\u00a0<strong>les Quatuors Razumowski<\/strong>\u00a0\u00a0\u00bb. A <strong>Gottfried van Swieten<\/strong> qui fut aussi un de ses premiers soutiens, il d\u00e9diera <strong>sa premi\u00e8re symphonie<\/strong>.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">L&rsquo;Archiduc Rodolphe, le plus jeune fils de l&#8217;empereur L\u00e9opold II et qui devient, 1803, l&rsquo;\u00e9l\u00e8ve de Beethoven. C&rsquo;est \u00e0 lui \u00e0 qu&rsquo;il d\u00e9dicacera son immense<strong> Missa Solemnis<\/strong>, et aussi son trio pour piano, violon et violoncelle opus 97 qui restera pour l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 <strong>le Trio \u00ab\u00a0\u00e0 l&rsquo;Archiduc<\/strong>\u00a0\u00bb. Il aura aussi droit \u00e0 la Sonate pour piano <strong>N\u00b0 26 des \u00ab\u00a0Adieux\u00a0\u00bb<\/strong> et d&rsquo;autres \u0153uvres majeures encore.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Et nous en venons \u00e0 la <strong>Troisi\u00e8me symphonie<\/strong> opus 55 qui aurait pu avoir pour nom : \u00ab Symphonie Bonaparte \u00bb. <\/span><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Bonaparte n&rsquo;\u00e9tait pourtant pas un m\u00e9c\u00e8ne de Beethoven. Mais on lit partout ce m\u00eame r\u00e9cit\u00a0:<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Beethoven est profond\u00e9ment \u00e9pris de l&rsquo;id\u00e9al r\u00e9publicain d\u00e9fendu par la r\u00e9volution fran\u00e7aise. Et Bonaparte est consid\u00e9r\u00e9 comme le sauveur des id\u00e9aux de la R\u00e9volution fran\u00e7aise\u00a0; comme l&rsquo;incarnation de ces id\u00e9aux.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Beethoven est tellement conquis qu&rsquo;il voudrait aller vivre \u00e0 Paris et il a donc cette id\u00e9e de d\u00e9dier sa nouvelle symphonie \u00e9crite entre 1802 et 1804, \u00e0 Bonaparte.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Et puis il apprend que Bonaparte s&rsquo;est fait couronner empereur. Son c\u0153ur r\u00e9publicain ne fait qu&rsquo;un tour, il entre dans une rage folle et d\u00e9chire la d\u00e9dicace. La symphonie sera d\u00e9di\u00e9e \u00e0 un grand homme, sans plus de pr\u00e9cision.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Cette fois, l&rsquo;histoire n&rsquo;est pas rapport\u00e9e par le biographe contest\u00e9, c&rsquo;est-\u00e0-dire Schindler, mais par un \u00e9l\u00e8ve et collaborateur de Beethoven <strong>Ferdinand Ries<\/strong> qui rapporta apr\u00e8s la mort de Beethoven que ce fut lui qui annon\u00e7a le couronnement de Napol\u00e9on et que Beethoven d\u00e9chira la d\u00e9dicace et s&rsquo;exclama\u00a0:<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u00ab\u00a0Ainsi, il n&rsquo;est rien de plus que le commun des mortels\u00a0!\u00a0Maintenant il va pi\u00e9tiner les droits des hommes et ne songera plus qu&rsquo;\u00e0 son ambition. Il pr\u00e9tendra s&rsquo;\u00e9lever au dessus de tous et deviendra un tyran\u00a0! \u00a0\u00bb<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Lors des \u00e9missions de la radio t\u00e9l\u00e9vision belge dont j&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9, j&rsquo;entendis l&rsquo;historienne Elisabeth Brisson remettre en cause ce r\u00e9cit. D&rsquo;abord parce que la d\u00e9dicace d\u00e9chir\u00e9e du r\u00e9cit de Ries fut retrouv\u00e9e intact.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">J&rsquo;ai retrouv\u00e9 des informations similaires sur <a href=\"https:\/\/www.napoleon.org\/histoire-des-2-empires\/articles\/une-chronique-de-thierry-lentz-napoleon-beethoven-et-lheroique\/\"><span style=\"color: #0000ff;\">le site de la fondation Napol\u00e9on<\/span><\/a> qui par la plume de son directeur Thierry Lentz rapporte\u00a0:<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u00ab\u00a0Donc, Beethoven d\u00e9chira la page de titre qu&rsquo;il avait pr\u00e9par\u00e9e\u2026 Alors comment expliquer que soit conserv\u00e9e au Archives de la Soci\u00e9t\u00e9 philarmonique de Vienne une partition de L&rsquo;H\u00e9ro\u00efque o\u00f9 le nom de Bonaparte a \u00e9t\u00e9 rageusement biff\u00e9, jusqu&rsquo;\u00e0 faire un trou dans le papier. Il semble bien qu&rsquo;il s&rsquo;agisse d&rsquo;une copie contemporaine, qui n&rsquo;est pas de la main du compositeur, dont on peut supposer qu&rsquo;elle \u00e9tait destin\u00e9e \u00e0 \u00eatre envoy\u00e9e\u2026 \u00e0 Napol\u00e9on. Elle fut conserv\u00e9e par Beethoven qui s&rsquo;en servit pour inscrire des corrections post\u00e9rieures. Quant \u00e0 la rature, les sp\u00e9cialistes pensent qu&rsquo;elle est bien post\u00e9rieure et pas de son fait. En clair : la copie est vraie et la rature est (probablement) fausse.\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Elisabeth Brisson fait remarquer qu&rsquo;en outre, juste apr\u00e8s \u00eatre devenu empereur, la France de Napol\u00e9on a d\u00e9clar\u00e9 la guerre \u00e0 l&rsquo;Empire d&rsquo;Autriche et qu&rsquo;un habitant de Vienne devait probablement \u00e9viter de d\u00e9dier une de ses \u0153uvres au souverain de la puissance ennemie.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Et j&rsquo;ai trouv\u00e9 sur le site de &lt;<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.maisondelaradio.fr\/article\/la-symphonie-heroique-de-beethoven\">la Maison de Radio France<\/a><\/span>&gt; une pr\u00e9sentation d&rsquo;un concert dans laquelle Ariane Herbay pr\u00e9tendait que<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u00ab\u00a0Mais derri\u00e8re cette noble histoire s&rsquo;en cache une autre. Toute r\u00e9volution ayant besoin d&rsquo;\u00eatre financ\u00e9e, si Beethoven renon\u00e7a \u00e0 sa d\u00e9dicace, en r\u00e9alit\u00e9, ce fut pour 400 florins. Somme que son m\u00e9c\u00e8ne, le prince Lobkowitz, lui proposait, afin d&rsquo;avoir l&rsquo;exclusivit\u00e9 de cette symphonie pendant six mois.\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-10460 alignleft\" src=\"https:\/\/lemotdujour.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Beethoven-en-1803.png\" alt=\"\" width=\"216\" height=\"299\" \/>Beethoven \u00e9tait un humaniste et il aimait la libert\u00e9, surtout la sienne en mati\u00e8re d&rsquo;art. <\/span><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Il \u00e9tait peut-\u00eatre sinc\u00e8rement int\u00e9ress\u00e9 par l&rsquo;exp\u00e9rience fran\u00e7aise, mais elle g\u00e9n\u00e9rait beaucoup de d\u00e9sordres et de violences en Europe, ce qu&rsquo;il devait beaucoup moins appr\u00e9cier. En outre, il \u00e9tait entour\u00e9 d&rsquo;aristocrates qui devaient peu gouter l&rsquo;ambition r\u00e9volutionnaire de les mettre \u00e0 bas. Enfin, nous savons que Beethoven cherchait une place stable, comme son grand p\u00e8re, place qui ne lui a jamais \u00e9t\u00e9 accord\u00e9e \u00e0 Vienne. Il semble bien que la premi\u00e8re d\u00e9dicace visait \u00e0 obtenir une telle place \u00e0 Paris.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">La page sur le m\u00e9c\u00e9nat d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9 va dans ce sens\u00a0: \u00ab\u00a0<span style=\"color: #c00000;\">\u00c0 partir de 1800, le prince Lichnowsky lui procure \u00e0 une rente annuelle tr\u00e8s confortable de 600 florins par an. De ce fait, Beethoven devient relativement ind\u00e9pendant. Cela l&rsquo;encourage \u00e0 poursuivre des buts esth\u00e9tiques d&rsquo;une plus grande ampleur. Mais cela n&#8217;emp\u00eache pas Beethoven de chercher un emploi stable \u00e0 la cour imp\u00e9riale. Comme tous les compositeurs, il est \u00e0 la recherche d&rsquo;une situation stable qui pourrait le mettre \u00e0 l&rsquo;abri des besoins mat\u00e9riels<span style=\"color: #777777;\">.\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Et puis s&rsquo;il est f\u00e2ch\u00e9 avec Napol\u00e9on, il ne le restera pas longtemps. Thierry Lenz explique que\u00a0:<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u00ab\u00a0Beethoven se \u00ab r\u00e9concilia \u00bb plus tard avec l&rsquo;Empereur. En 1809, lors de la seconde occupation de Vienne, il confia \u00e0 un de ses amis fran\u00e7ais qu&rsquo;il ne refuserait pas d&rsquo;\u00eatre convoqu\u00e9. Il ne le fut pas. Il rappela par la suite \u00e0 plusieurs reprises \u00e0 ses amis et correspondants que c&rsquo;est \u00e0 lui qu&rsquo;il pensait en composant L&rsquo;H\u00e9ro\u00efque, d\u00e9clarant m\u00eame, en apprenant la mort de Napol\u00e9on et parlant de la marche fun\u00e8bre du deuxi\u00e8me mouvement : \u00ab Il y a dix-sept ans que j&rsquo;ai \u00e9crit la musique qui convient \u00e0 ce triste \u00e9v\u00e9nement \u00bb.\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Il semble m\u00eame qu&rsquo;il avait envisag\u00e9 \u00e0 \u00e9crire une messe en l&rsquo;honneur de Napol\u00e9on.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Et puis plus concr\u00e8tement, il y a un autre \u00e9pisode qui montre que si Beethoven a pu \u00eatre f\u00e2ch\u00e9, cela lui \u00e9tait pass\u00e9. Le propre fr\u00e8re du Tyran, J\u00e9r\u00f4me Bonaparte, Roi de Westphalie non par le choix libre des citoyens de Westphalie mais par la conqu\u00eate militaire des arm\u00e9es imp\u00e9riales, invite Beethoven \u00e0 rejoindre sa cour. Et Beethoven \u00e9crira une lettre \u00e0 ses amis viennois\u00a0:<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u00ab\u00a0Enfin, je me vois contraint, par des intrigues, cabales et bassesses de toute nature, \u00e0 quitter la seule patrie allemande qui nous reste. Sur l&rsquo;invitation de S.M. le roi de Westphalie, je pars comme chef d&rsquo;orchestre.\u00a0\u00bb. Cit\u00e9 par <em>Boucourechliev \u00ab\u00a0Beethoven\u00a0\u00bb page 181.<\/em><br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Ceci ne se fera cependant pas. En effet, Rudolph Kinsky, l&rsquo;Archiduc Rodolphe et le prince Lobkowitz, s\u2019associent pour assurer une rente annuelle de 4000 florins \u00e0 Beethoven, afin qu\u2019il puisse composer entour\u00e9 de toute la s\u00e9curit\u00e9 mat\u00e9rielle. A ce prix, Beethoven restera \u00e0 Vienne.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Mais Beethoven \u00e9tait un personnage complexe et qui n&rsquo;acceptait pas la soumission. Il se trouve qu&rsquo;en automne 1806, l&rsquo;Autriche est occup\u00e9e par les troupes imp\u00e9riales de Napol\u00e9on Ier. Il habite alors dans la demeure de Sil\u00e9sie du prince Karl Alois von Lichnowsky. Et celui-ci, accueille quelques invit\u00e9s, dont plusieurs officiers fran\u00e7ais. Il invite alors Beethoven \u00e0 jouer du piano pour les troupes d&rsquo;occupation.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Beethoven refuse tout net et repart imm\u00e9diatement \u00e0 Vienne. Et il \u00e9crit ce message c\u00e9l\u00e8bre \u00e0 son m\u00e9c\u00e8ne\u00a0:<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u00ab\u00a0Prince, ce que vous \u00eates, vous l&rsquo;\u00eates par le hasard de la naissance. Ce que je suis, je le suis par moi-m\u00eame. Des princes, il y en a et il y en aura encore des milliers. Il n&rsquo;y a qu&rsquo;un Beethoven. \u00bb<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Par la lecture du Diapason de mars 2015, j&rsquo;ai appris que je partageais l&rsquo;avis du grand Chef Mariss Jansons\u00a0: \u00ab\u00a0<span style=\"color: #c00000;\">Si on m&rsquo;oblige \u00e0 en choisir une, ce serait la 3\u00e8me\u00a0: elle me touche encore plus profond\u00e9ment que les autres qui font toute partie de mon univers personnel\u00a0<span style=\"color: #777777;\">\u00bb<br \/>\n<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Je vous propose donc &lt;<a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=HrmCu9FAm3A\"><span style=\"color: #0000ff;\">La 3<sup>\u00e8me<\/sup> symphonie Eroica avec la radio Bavaroise et Jansons<\/span><\/a>&gt;<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">&lt;1510&gt;<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab Beethoven, Bonaparte, Napol\u00e9on, des \u0153uvres, des d\u00e9dicataires et des m\u00e9c\u00e8nes \u00bb Un r\u00e9cit simple qui cache une grande complexit\u00e9 Apr\u00e8s la famille et les ma\u00eetres, il me faut parler des m\u00e9c\u00e8nes et des d\u00e9dicataires que Beethoven a eu tout<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[47,148,17,20],"class_list":["post-10455","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-motdujour","tag-allemagne","tag-autriche","tag-histoire","tag-musique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/10455","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=10455"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/10455\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":11575,"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/10455\/revisions\/11575"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=10455"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=10455"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lemotdujour.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=10455"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}