{"id":10055,"date":"2020-11-10T00:56:15","date_gmt":"2020-11-09T23:56:15","guid":{"rendered":"http:\/\/lemotdujour.fr\/?p=10055"},"modified":"2020-11-11T21:21:26","modified_gmt":"2020-11-11T20:21:26","slug":"mardi-10-novembre-2020","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lemotdujour.fr\/?p=10055","title":{"rendered":"Mardi 10 novembre 2020"},"content":{"rendered":"<div class=\"mdjTexte\">\u00ab En somme, je vais parler de ceux que j\u2019aimais. Et de cela seulement.<br \/>\nJoie profonde \u00bb<\/div>\n<div class=\"mdjAuteur\">Albert Camus, \u00ab Le premier homme \u00bb, Annexe page 312<\/div>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">La lecture de la derni\u00e8re \u0153uvre de Camus\u00a0: \u00ab\u00a0<strong>Le premier homme<\/strong> \u00bb me donna des moments d&rsquo;\u00e9motion et de r\u00e9flexion intenses.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Pas plus que pour la musique de Schubert, je ne suis capable de parler savamment de cette \u0153uvre, avec les outils et la connaissance des \u00e9rudits de la litt\u00e9rature.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Si une telle approche vous int\u00e9resse, vous pourrez regarder <strong>Agn\u00e8s Spiquel<\/strong>, pr\u00e9sidente de la soci\u00e9t\u00e9 des \u00e9tudes camusiennes, pr\u00e9senter son \u00e9clairage &lt;<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.franceculture.fr\/conferences\/universite-de-nantes\/le-premier-homme-de-camus-le-roman-de-sa-vie\">Le Premier Homme\u00a0\u00bb de Camus, le roman de sa vie<\/a><\/span>&gt; dans une conf\u00e9rence d&rsquo;une heure et demie, donn\u00e9e \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Nantes en 2014.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft\" src=\"https:\/\/lemotdujour.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/110920_2344_Mardi10nove1.jpg\" alt=\"\" width=\"350\" height=\"258\" align=\"left\" \/><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Mon approche ne saurait \u00eatre que le r\u00e9cit inspirant et \u00e9merveill\u00e9 de l&rsquo;histoire que raconte ce livre et les r\u00e9flexions de sagesse ou d&rsquo;observations de la vie qu&rsquo;Albert Camus a su concentrer dans des expressions d&rsquo;une justesse et d&rsquo;une clart\u00e9 peu commune.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Le manuscrit se trouvait dans sa serviette qu&rsquo;on a retir\u00e9 de la carcasse de la voiture qui avait conduit Camus \u00e0 la mort.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">C&rsquo;est une \u0153uvre sur laquelle il travaillait avec acharnement au cours de la derni\u00e8re ann\u00e9e de sa vie, l&rsquo;ann\u00e9e 1959. Il voulait en faire sa grande \u0153uvre. Son \u00ab\u00a0Guerre et paix\u00a0\u00bb.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Son prix Nobel lui avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9cern\u00e9 2 ans auparavant. Son discours de r\u00e9ception du prix commen\u00e7ait par ces mots\u00a0:<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u00ab\u00a0En recevant la distinction dont votre libre Acad\u00e9mie a bien voulu m&rsquo;honorer, ma gratitude \u00e9tait d&rsquo;autant plus profonde que je mesurais \u00e0 quel point cette r\u00e9compense d\u00e9passait mes m\u00e9rites personnels. Tout homme et, \u00e0 plus forte raison, tout artiste, d\u00e9sire \u00eatre reconnu. Je le d\u00e9sire aussi. Mais il ne m&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 possible d&rsquo;apprendre votre d\u00e9cision sans comparer son retentissement \u00e0 ce que je suis r\u00e9ellement. Comment un homme presque jeune, riche de ses seuls doutes et d&rsquo;une \u0153uvre encore en chantier [\u2026]\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\"><strong>Un homme presque jeune et une \u0153uvre encore en chantier.<br \/>\n<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Il semble bien qu&rsquo;\u00e0 ce moment de sa vie, Camus avait le sentiment qu&rsquo;il n&rsquo;avait pas encore \u00e9crit sa grande \u0153uvre.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Il s&rsquo;est donc lanc\u00e9 dans cette aventure. Mails il a \u00e9crit fin 1959 qu&rsquo;il lui faudrait encore 8 mois de travail acharn\u00e9 dans sa maison du Lub\u00e9ron pour finir une premi\u00e8re version termin\u00e9e de ce livre.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Premi\u00e8re version qu&rsquo;il devait donc par la suite r\u00e9\u00e9crire, compl\u00e9ter, amender.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Le livre \u00e9tait pr\u00e9vue en 3 parties\u00a0:<br \/>\n<\/span><\/p>\n<ul>\n<li><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Recherche du p\u00e8re (d&rsquo;abord appel\u00e9 les nomades)<br \/>\n<\/span><\/li>\n<li><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Le fils ou le premier homme (d&rsquo;abord appel\u00e9 le premier homme)<br \/>\n<\/span><\/li>\n<li><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">La m\u00e8re<br \/>\n<\/span><\/li>\n<\/ul>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Il n&rsquo;a eu le temps que de finir une premi\u00e8re version de la premi\u00e8re partie, la seconde n&rsquo;est qu&rsquo;entam\u00e9e, la derni\u00e8re n&rsquo;existe pas.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Beaucoup disent que c&rsquo;est une autobiographie, Camus a toujours parl\u00e9 d&rsquo;un roman.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Le personnage principal s&rsquo;appelle \u00ab Jacques Cormery \u00bb et autour de lui tous les personnages ont un autre nom que celui que portait les proches et les personnes qui ont compt\u00e9 dans la vie de l&rsquo;\u00e9crivain. Ainsi son instituteur, M Germain, s&rsquo;appelle M Bernard. Quelquefois, le manuscrit laisse poindre l&rsquo;erreur du premier jet et le vrai pr\u00e9nom de tel oncle ou de tel ami est \u00e9crit \u00e0 la place du nom fictif.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Il est certain que l&rsquo;histoire qui est racont\u00e9e est tr\u00e8s proche de ce que le jeune Albert Camus a v\u00e9cue. <\/span><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Agn\u00e8s Spiquel appelle ce livre\u00a0: \u00ab\u00a0roman \u00e9crit \u00e0 partir d&rsquo;une base autobiographique\u00a0\u00bb.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">L&rsquo;\u00e9diteur Gallimard \u00e9crit\u00a0:<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u00ab\u00a0Il avait jet\u00e9 les bases de ce qui serait le r\u00e9cit de l&rsquo;enfance de son \u00abpremier homme\u00bb. Cette r\u00e9daction initiale a un caract\u00e8re autobiographique qui aurait s\u00fbrement disparu dans la version d\u00e9finitive du roman.\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Il est certain que le livre que nous tenons aujourd&rsquo;hui en main, est probablement tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9 de ce qu&rsquo;imaginait ou de ce que voulait faire Albert Camus. <\/span><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">On peut penser qu&rsquo;il voulait partir de sa vie pour en faire une \u0153uvre universelle qui aurait certainement gomm\u00e9 des aspects autobiographiques pour y ajouter des aspects fictifs.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Francine Faure, son \u00e9pouse, qui, \u00e0 sa mort, \u00e9tait devenu la responsable de la diffusion de l&rsquo;\u0153uvre n&rsquo;a pas publi\u00e9 cette \u0153uvre. Elle avait interrog\u00e9 un petit cercle d&rsquo;amis de Camus. Les avis \u00e9taient partag\u00e9s, mais finalement la d\u00e9cision fut de ne pas publier.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">A la mort de Francine en 1979, Catherine sa fille va reprendre le flambeau. Et c&rsquo;est elle qui va faire publier le livre en 1994. L&rsquo;\u0153uvre n&rsquo;avait pas de titre, Catherine Camus va choisir celui de la deuxi\u00e8me partie.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Quelquefois, un mot est rest\u00e9 illisible, alors le texte publi\u00e9 laisse un espace que le lecteur remplit comme il peut.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Au c\u0153ur du livre se trouve la recherche du p\u00e8re que Camus n&rsquo;a pas connu. Puisque Camus est n\u00e9 le 7 novembre 1913 et que son p\u00e8re Lucien Auguste Camus qui a v\u00e9cu toute sa vie en Alg\u00e9rie, n&rsquo;est venu qu&rsquo;une fois en M\u00e9tropole pour aller se battre sur les champs de bataille de la guerre 14-18 et qu&rsquo;il est mort d\u00e8s le d\u00e9but de la guerre, en septembre 1914. Atteint \u00e0 la t\u00eate par un \u00e9clat d&rsquo;obus qui l&rsquo;a rendu aveugle, il est \u00e9vacu\u00e9 sur l&rsquo;\u00e9cole du Sacr\u00e9-C\u0153ur, de Saint-Brieuc, transform\u00e9e en h\u00f4pital auxiliaire, et il meurt, moins d&rsquo;une semaine apr\u00e8s, le 11 octobre 1914, \u00e0 28 ans. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Dans le livre Jacques Cormery cherche la tombe de son p\u00e8re dans le carr\u00e9 militaire de Saint Brieuc.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Quand il la trouve, une chose le marque particuli\u00e8rement\u00a0:<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u00ab\u00a0\u00ab\u00a0 C&rsquo;est ici\u00a0\u00bb, dit le gardien. Ils \u00e9taient arriv\u00e9s devant un carr\u00e9 entour\u00e9 de petites bornes de pierre grise r\u00e9unies par une grosse cha\u00eene peinte en noir. Les pierres, nombreuses, \u00e9taient toutes semblables, de simples rectangles grav\u00e9s, plac\u00e9s \u00e0 intervalles r\u00e9guliers par rang\u00e9e successives. Toutes \u00e9taient orn\u00e9es d&rsquo;un petit bouquet de fleurs fra\u00eeches. \u00ab\u00a0C&rsquo;est le Souvenir fran\u00e7ais qui se charge de l&rsquo;entretien depuis quarante ans. Tenez, il est l\u00e0.\u00a0\u00bb Il montrait une pierre dans la premi\u00e8re rang\u00e9e. Jacques Cormery s&rsquo;arr\u00eata \u00e0 quelque distance de la pierre. \u00ab\u00a0Je vous laisse\u00a0\u00bb, dit le gardien. Cormery s&rsquo;approcha de la pierre et la regarda distraitement. Oui, c&rsquo;\u00e9tait bien son nom. Il leva les yeux. Dans le ciel plus p\u00e2le, des petits nuages blancs et gris passaient lentement, et du ciel tombait tour \u00e0 tour une lumi\u00e8re l\u00e9g\u00e8re puis obscurcie. Autour de lui, dans le vaste champ des morts, le silence r\u00e9gnait. Une rumeur sourde venait seule de la ville par-dessus les hauts murs. Parfois, une silhouette noire passait entre les tombes lointaines. Jacques Cormery, le regard lev\u00e9 vers la lente navigation des nuages dans le ciel, tentait de saisir derri\u00e8re l&rsquo;odeur des fleurs mouill\u00e9es la senteur sal\u00e9e qui venait en ce moment de la mer lointaine et immobile quand le tintement d&rsquo;un seau contre le marbre d&rsquo;une tombe le tira de sa r\u00eaverie. C&rsquo;est \u00e0 ce moment qu&rsquo;il lut sur la tombe la date de naissance de son p\u00e8re, dont il d\u00e9couvrit \u00e0 cette occasion qu&rsquo;il l&rsquo;ignorait. Puis il lut les deux dates, \u00ab\u00a01885-1914\u00a0\u00bb et il fit un calcul machinal\u00a0: vingt-neuf ans. Soudain une id\u00e9e le frappa qui l&rsquo;\u00e9branla jusque dans son corps. Il avait quarante ans.<strong> L&rsquo;homme enterr\u00e9 sous cette dalle, et qui avait \u00e9t\u00e9 son p\u00e8re, \u00e9tait plus jeune que lui.<\/strong><br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">Et le flot de tendresse et de piti\u00e9 qui d&rsquo;un coup vient lui emplir le c\u0153ur n&rsquo;\u00e9tait pas le mouvement d&rsquo;\u00e2me qui porte le fils vers le souvenir du p\u00e8re disparu, mais la compassion boulevers\u00e9e qu&rsquo;un homme fait ressent devant l&rsquo;enfant injustement assassin\u00e9 \u2013 quelque chose ici n&rsquo;\u00e9tait pas dans l&rsquo;ordre naturel et, \u00e0 vrai dire, il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;ordre mais seulement folie et chaos l\u00e0 o\u00f9 le fils \u00e9tait plus \u00e2g\u00e9 que le p\u00e8re. La suite du temps lui-m\u00eame se fracassait autour de lui\u00a0 immobile, entre ces tombes qu&rsquo;il ne voyait plus, et les ann\u00e9es cessaient de s&rsquo;ordonner suivant ce grand fleuve qui coule vers sa fin. Elles n&rsquo;\u00e9taient plus que fracas, ressac et remous o\u00f9 Jacques Cormery se d\u00e9battait maintenant aux prises avec l&rsquo;angoisse et la piti\u00e9. Il regardait les autres plaques du carr\u00e9 et reconnaissait aux dates que ce sol \u00e9tait jonch\u00e9 d&rsquo;enfants qui avaient \u00e9t\u00e9 les p\u00e8res d&rsquo;hommes grisonnants qui croyaient vivre en ce moment.\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">D&rsquo;abord un peu indiff\u00e9rent, Camus r\u00e9pond au gardien qui lui demande si c&rsquo;est dur de se retrouver devant la tombe de son p\u00e8re\u00a0: \u00ab\u00a0<span style=\"color: #c00000;\">Mais non. Je n&rsquo;avais pas un an quand il est mort. Alors, vous comprenez<span style=\"color: #777777;\"> \u00bb. <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Mais il est rempli d&rsquo;\u00e9motion quand il se rend compte que la guerre c&rsquo;est la mort de jeunes hommes, dans la fleur de l&rsquo;\u00e2ge.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Certains sont morts encore plus jeunes, si jeune qu&rsquo;il n&rsquo;avait m\u00eame pas eu d&rsquo;enfants.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Camus ne trouvera pas grand-chose sur son p\u00e8re, sauf deux \u00e9pisodes essentiels dont il nourrira sa vie et ses valeurs profondes. Le premier a d\u00e9j\u00e0 fait l&rsquo;objet d&rsquo;un mot du jour, le<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Albert_Camus\">\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\">&lt;<\/span><\/a><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/lemotdujour.fr\/?p=3245\">2 octobre 2017<\/a>&gt;<\/span> <strong>: \u00ab Non, un homme \u00e7a s&#8217;emp\u00eache. Voil\u00e0 ce qu&rsquo;est un homme, ou sinon\u2026 \u00bb <\/strong>(<em>Page 66<\/em>)<strong><br \/>\n<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Un homme \u00e7a s&#8217;emp\u00eache et m\u00eame s&rsquo;il y a des causes \u00e0 d\u00e9fendre, elles ne peuvent justifier l&rsquo;abomination.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Le second lui a \u00e9t\u00e9 r\u00e9p\u00e9t\u00e9 par sa m\u00e8re : Son p\u00e8re \u00e9tait all\u00e9 voir ex\u00e9cuter un assassin et quand il est revenu il \u00e9tait malade \u00e0 en vomir. Camus a toujours \u00e9t\u00e9 visc\u00e9ralement contre la peine de mort.<\/span><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft\" src=\"https:\/\/lemotdujour.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/110920_2344_Mardi10nove2.png\" alt=\"\" width=\"418\" height=\"434\" align=\"left\" \/><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Mais si le livre raconte une qu\u00eate pour retrouver un peu de son p\u00e8re, c&rsquo;est aussi un cri d&rsquo;amour vers sa m\u00e8re quasi sourde, analphab\u00e8te, pauvre qui a toujours fait de son mieux dans un monde injuste et violent qu&rsquo;elle subissait.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Il n&rsquo;a pu \u00e9crire la troisi\u00e8me partie qui lui \u00e9tait consacr\u00e9, mais sur la premi\u00e8re page du manuscrit, il \u00e9crit<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u00ab\u00a0A toi qui ne pourras jamais lire ce livre\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Bien s\u00fbr, puisqu&rsquo;elle ne savait pas lire. <\/span><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Et dans les notes qui accompagnaient le manuscrit se trouve cette phrase que j&rsquo;ai mis en exergue :<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u00ab\u00a0En somme, je vais parler de ceux que j&rsquo;aimais. Et de cela seulement. Joie profonde\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">Et dans une autre note<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 28pt;\"><span style=\"color: #c00000; font-family: Arial;\">\u00ab\u00a0Dans l&rsquo;id\u00e9al, si le livre \u00e9tait \u00e9crit \u00e0 la m\u00e8re, d&rsquo;un bout \u00e0 l&rsquo;autre \u2013 et l&rsquo;on apprendrait seulement \u00e0 la fin qu&rsquo;elle ne sait pas lire \u2013 oui ce serait cela.\u00a0\u00bb<br \/>\n<em>Annexe page 292<\/em><br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: maroon; font-family: Arial;\">&lt;1485&gt;<span style=\"color: #777777;\"><br \/>\n<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #777777; font-family: Arial;\">\u00a0<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab En somme, je vais parler de ceux que j\u2019aimais. Et de cela seulement. 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